01 juillet 2021

Quelles solutions pour le Tire-Bouchon ?

Juillet commence, et pour beaucoup, cela commence à sentir les vacances... si la météo veut bien être clémente. Pour illustrer cette période, pendant laquelle on espère que le train tirera son épingle du jeu avec une fréquentation importante et une exploitation la plus fiable possible (les chats noirs sont priés de prendre la voiture, l'autocar ou de rester sagement chez eux...), la desserte pour l'instant saisonnière entre Auray et Quiberon, surnommée Tire-Bouchon, constitue une des meilleures démonstrations du rôle du train. L'appellation de cette ligne n'a pas de rapport avec l'abus de quelconque boisson, mais fait allusion à la capacité du train à extirper une partie des touristes, et de la population locale, des encombrements, voire de la saturation de la route menant à la presqu'île de Quiberon : elle accueille en moyenne durant l'été plus de 25 000 véhicules par jour, ce qui en fait un des axes les plus fréquentés de Bretagne.

La saison 2021 s'annonce intéressante à suivre pour de multiples raisons : on pense évidemment à l'économie touristique après quasiment 18 mois profondément marqués par la crise sanitaire, mais aussi à l'évolution des destinations de prédilection, tant par la recherche d'un peu moins de concentration que de températures un peu moins assommantes. Il est encore trop tôt pour savoir si la côte sud de la Bretagne sera un nouvel Eldorado (en espérant qu'il échappe à la bétonnisation massive subie par la côte méditerranéenne et en partie par la côte Atlantique), mais déjà, depuis quelques années, on assiste à un ajustement des curseurs entre la Bretagne, l'arc Atlantique (comprendre au sud de la Loire) et la Méditerranée.

Le nouveau dossier de transportrail questionne le devenir de cette ligne qui a besoin à court terme d'être renouvelée : c'est l'occasion de réfléchir à l'articulation entre le service ferroviaire, pour l'instant limité à l'été, et l'organisation des déplacements sur ce territoire si particulier, et à bien des aspects fragiles. Même si après Quiberon, c'est l'océan, il faut aussi s'interroger sur l'articulation potentielle entre la desserte ferroviaire et l'accès aux îles, car Houat et Belle-Ile attirent des foules parfois considérables et l'usage du train n'est pas forcément simple en raison d'un court hiatus entre la gare et le port. D'où notre comparaison entre des solutions ferroviaires traditionnelles et un scénario en rupture en tramway, afin de pouvoir traverser Quiberon, mais, disons-le tout de suite, la balance est très équilibrée entre les avantages et les inconvénients du train et du tramway. La concertation qui devrait débuter cet automne sera peut-être le moyen d'éclairer les futures orientations... en espérant qu'on évite non seulement un scénario purement routier, mais aussi le florilège des concepts du moment...

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26 mai 2021

Rennes - Châteaubriant : désaccords sur la desserte

A la fin du mois d'août, les travaux de renouvellement de la section Retiers - Châteaubriant seront terminés et la totalité de la ligne Rennes - Châteaubriant sera rétablie. Cependant, le projet de desserte suscite l'incompréhension des élus locaux et des utilisateurs de la ligne puisqu'il n'est pas prévu de restaurer l'offre préexistante, déjà pas très riche, comprenant 5 allers-retours de bout en bout. Seuls 3 allers-retours seraient rétablis et le complément sera assuré... par autocars. C'est incompréhensible. La Région Bretagne, qui a la compétence sur cette offre, explique que la majorité des voyageurs se situent entre Rennes et Retiers.

Soit, mais de toute façon, qu'il s'agisse de 3 ou de 5 allers-retours, c'est insuffisant. La voie rapide entre Nantes et Rennes accueille en moyenne 25 000 véhicules par jour et on constate un flux de près de 10 000 véhicules générés par le secteur de Châteaubriant en direction de Rennes. En outre, depuis l'ouverture de la LGV BPL, il est plus intéressant, en temps de parcours, de passer par Rennes pour rejoindre Paris, mais aussi d'autres villes par le biais des liaisons intersecteurs. Qui plus est, le confort est tout de même meilleur que par le tram-train vers Nantes.

Pour cela, il faudra attendre une nouvelle étape de développement sur cette ligne : cela tombe bien, le financement est en cours de montage et devrait intégrer le prochain CPER 2022-2027, avec la combinaison d'un nouveau système de signalisation, notamment pour la partie pouvant intégrer le RER de Rennes, permettant d'augmenter le nombre de circulations, et d'un relèvement de la vitesse jusqu'à 110 km/h pour assurer un aller-retour Rennes - Châteaubriant en 2 heures, en visant un temps de parcours maximal de 52 minutes.

Mais en attendant, dans le pauvre régime de Voie Unique à Signalisation Simplifiée, si on pouvait quand même préserver une desserte à 5 allers-retours telle qu'elle existait en 2015, ce serait quand même un peu mieux et un peu plus cohérent avec la volonté d'élargir la chalandise du train au-delà des captifs...

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05 janvier 2021

Retiers - Châteaubriant en travaux

La section Rennes - Retiers a été traitée en 2019 mais le financement des 26 km entre Retiers et Châteaubriant avait été légèrement différé en attendant l'accord de la Région Pays de la Loire. Ainsi, jusqu'à la fin août, pour 20 M€, le chantier va donner un sacré coup de jeune à l'infrastructure, avec un renouvellement quasi complet et même préparer son avenir puisque, comme nous l'avions mis en évidence dans le dossier de transportrail consacré à la ligne Rennes - Châteaubriant, les vitesses avant ralentissement étaient inférieures au potentiel du tracé en courbe du parcours, d'environ 20 km/h. 

A l'époque où les taux ont été définis, les matériels du moment ne pouvaient guère faire mieux, en raison du profil en long assez casse-pattes, avec une succession de rampes de 15 / 1000. Avec des rames modernes, il ne sera pas difficile de rouler entre 90 et 110 km/h selon les sections, ce qui permettrait d'effectuer le parcours Rennes - Châteaubriant en environ 52 minutes, pour assurer par exemple une cadence aux 2 heures avec une seule rame, tandis qu'une seconde viendrait renforcer le service jusqu'à Janzé, à 22 minutes de Rennes. Un bon exemple de combinaison entre renouvellement et amélioration des performances...

Cependant, il faudra envisager une nouvelle phase de travaux, portant cette fois sur la signalisation : Rennes - Châteaubriant est aujourd'hui gérée en cantonnement téléphonique, ce qui, pour un potentiel maillon d'un RER rennais, n'est pas nécessairement ce qui se fait de mieux question débit. C'est avec cette nouvelle étape, qu'on espère à court terme, que seront relevées les vitesses de circulation des trains... qu'on espère rapidement plus nombreux tant cette ligne jouit d'un intéressant potentiel.

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03 janvier 2021

L'avenir du Tire-Bouchon en question

Elle fait partie d'un certain folklore ferroviaire français : la ligne Auray - Quiberon n'est ouverte au quotidien que durant les 8 semaines d'été, ainsi que pour quelques week-ends de juin et septembre, quand le trafic touristique est le plus intense. Elle est l'un des emblèmes du rôle du train dans l'économie du tourisme en France. La configuration de la presqu'île, avec une seule voie routière pour atteindre Quiberon, génère évidemment un trafic routier très important... et des encombrements récurrents à la clé. Il faut aussi ajouter la grande sensibilité du site, puisque l'isthme de Penthièvre n'est larque que de quelques dizaines de mètres... pour l'instant. Le site est évidemment des plus exposés à une élévation du niveau de l'océan.

Surnommée Tire-Bouchon, la desserte comprend 10 allers-retours par jour, avec un temps de parcours de 45 minutes. Les trains roulent à 60 km/h, mais le tracé permettrait de faire mieux : pour cela, il faudrait renouveler la voie obsolète. Mais finalement, on pourrait se poser plus largement la question du type de service et de sa périodicité, avec des hypothèses très ouvertes, car, à Auray, il serait particulièrement facile de rendre la ligne de Quiberon indépendante de l'axe Rennes - Quimper, moyennant la création d'une troisième voie sur environ 450 m, sur des terrains ferroviaires, ceux de l'ancien dépôt d'Auray. Seule contrainte : être capable d'absorber rapidement un flux de correspondance venant d'un TGV, et donc disposer d'une capacité maximale d'au moins 250 places (les formations actuelles de 3 X73500).

Le devenir du Tire-Bouchon est aussi tributaire d'un choix des collectivités locales sur l'acceptation du trafic automobile : l'actuelle voie ferrée pourrait être un levier particulièrement efficace de report, nécessitant une organisation complète, comme on peut par exemple la connaître en Suisse à Zermatt, où les touristes ne peuvent accéder en voiture. Particularité de la presqu'île de Quiberon : ce n'est pas qu'une destination, c'est aussi un point de passage, pour aller vers Belle Ile et Houat.

Une étude est lancée par les collectivités locales pour définir différents scénarios : on peut ici sommairement esquisser 2 scénarios utilisant une voie ferrée, soit avec des trains classiques, soit avec des tramways, compte tenu de la possibilité d'isoler l'antenne du réseau principal. Nous essaierons d'y revenir dans un prochain dossier de transportrail...

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01 septembre 2019

Rennes - Châteaubriant : la sauvegarde bien engagée

Une de sauvée... Les trains sont revenus sur la ligne Rennes - Châteaubriant après 8 mois de travaux qui ont concerné la section purement bretonne jusqu'à Retiers. Les limitations de vitesse ont été levées, permettant le retour à des horaires plus corrects. La desserte reste constituée de 5 allers-retours : 2 pour Janzé et 4 pour Retiers. La desserte de Châteaubriant reste assurée par autocars en raison de l'état de la voie. Cependant, le principe de rénovation de ce dernier maillon est bien actée, la Région Pays de la Loire ayant approuvé le principe de financement de cette section à cheval sur les deux Régions.

Cette première étape en appelle donc d'autres : outre l'achèvement du renouvellement de la voie sur la totalité de la ligne, il faudra s'attaquer au sujet de l'offre. Les travaux réalisés anticipent un relèvement de la vitesse à 110 km/h sur les sections aujourd'hui aptes à 90 km/h. Entre Retiers et Châteaubriant, la vitesse pourrait être portée après rénovation de 70 à 90 km/h, avec pour principal effet de placer Châteaubriant à 52 minutes de Rennes. Une seule rame pourrait assurer une cadence aux 2 heures. Le bénéfice du relèvement de vitesse irait aussi aux missions partielles : Janzé serait à 22 minutes de Rennes, permettant à une deuxième rame de faire un aller-retour dans l'heure. Rennes - Châteaubriant fait partie de ces lignes de desserte fine du territoire qui sont des RER qui s'ignorent...et qui justement pourrait intégrer un futur RER autour de Rennes.

Au passage, le dossier de transportrail sur cette ligne a été mis à jour...

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10 juin 2019

Brest - Quimper promise à un bel avenir

A l'ouest, toujours à l'ouest ! Maillon de la longue ligne de Savenay à Landerneau, desservant notamment le versant sud de la Bretagne, la section de Landerneau à Quimper assure d'abord un rôle intra-finistérien, entre les deux principales agglomérations, Brest et Quimper.

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Quimper - 20 avril 2019 - Arrivée à Quimper du TER en provenance de Brest. Après le renouvellement de la ligne, il est maintenant temps de se pencher sur le renforcement de l'attractivité de la transversale finistérienne, d'abord sur la fréquence et ensuite sur le temps de parcours. © E. Fouvreaux

Handicapée par un détour de 28 km par rapport à une autoroute gratuite - particularisme breton - qui relie les deux villes en une heure, la liaison ferroviaire était aussi pénalisée par la faiblesse de l'offre et l'accumulation d'un important retard sur le renouvellement de l'infrastructure conduisant à la mise en place de ralentissement portant le temps de parcours des trains à 1h50. Un scénario très classique sur une ligne de desserte fine du territoire...

Pour l'instant, les travaux ont permis d'assurer la pérennité de la ligne en traitant la voie et les ouvrages d'art. La signalisation reste assez pénalisante, avec un Block Manuel qui coûte 9 minutes dans les opérations de croisement. L'important trafic routier, 25 000 véhicules par jour, sur la voie rapide, devrait légitimer une seconde étape de modernisation de la ligne pour augmenter sa capacité, assurer au moins une cadence horaire et rapprocher le temps de parcours de celui de la voiture.

La suite à découvrir dans le nouveau dossier de transportrail consacré à la liaison Brest - Quimper.

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17 mars 2019

Rennes - Châteaubriant totalement sauvée in extremis ?

Cela commence à ressembler à une bonne nouvelle. Si la Région Bretagne avait confirmé son engagement dans la pérennisation de la ligne Rennes - Châteaubriant sur son seul territoire, c'est à dire jusqu'à Retiers, le devenir des 26 km subsistants au-delà jusqu'à Châteaubriant demeurait incertain : la Région Bretagne considérait que le sujet était du ressort de sa voisine des Pays de la Loire, qui remarquait que la ligne était totalement dans le périmètre de conventionnement breton.

Finalement, face au risque de perdre la liaison entre Châteaubriant et Rennes, la Région Pays de la Loire a validé le principe d'un financement à hauteur de 6,4 M€, soit le tiers du besoin évalué à 18,9 M€. L'Etat contribuera à hauteur de 1,3 M€. Le solde sera versé par les collectivités locales et SNCF Réseau (à hauteur de 8,5% du coût du projet soit 1,6 M€).

Désormais, la ligne Rennes - Châteaubriant peut faire l'objet d'un véritable projet de service, au moins équivalent à celui du tram-train Nantes - Châteaubriant, soit pour commencer 8 allers-retours contre 5 avant la dégradation du service. N'oublions pas que depuis la mise en service de la LGV jusqu'à Rennes, le pays de Châteaubriant est d'accès plus rapide via Rennes si on considère juste le retour aux performances nominales de la ligne. N'oublions pas aussi que la ligne Rennes - Châteaubriant pourrait à peu de frais être significativement accélérée, pour amplifier son attractivité. Espérons qu'il soit assorti, avec l'engagement des communes et intercommunalités, d'un projet territorial pour faire des zones autour des gares des sites privilégiés pour les projets locaux de rénovation et de développement. Sans compter que cette ligne pourrait être un des maillons porteurs d'un RER rennais, au moins jusqu'à Janzé...

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23 février 2019

Bretagne : les suites du rapport Rol-Tanguy

Il n'avait pas fait beaucoup de bruit et ses conclusions étaient assez décevantes. Le rapport de la mission confiée à Francis Rol-Tanguy après la décision d'abandonner le projet d'aéroport Notre Dame des Landes a tout de même été l'occasion de quelques annonces de la part du Premier Ministre lors d'un déplacement en Bretagne au début du mois de février. Manifestement, les vieilles manies ont la vie dure...

Le domaine ferroviaire n'a pourtant pas été oublié, et Matignon n'a pas été avare en annonces symboliques. L'objectif d'une liaison depuis le Finistère (Brest et Quimper) vers Paris en 3 heures est réaffirmé. Cela suppose à court terme des trains sans aucun arrêt intermédiaire (sympa pour Saint Brieuc, Morlaix, Vannes et Lorient...) et donc au taux de remplissage des plus réduits. Qu'en pense SNCF Mobilités, qui en ce moment, fait de ce critère l'argument ultime de sa politique d'écrémage des dessertes ?

A plus long terme, l'Etat annonce la mise à l'étude d'une section nouvelle entre Rennes et Redon, recyclant les études réalisées dans le cadre de la démarche (Lignes Nouvelles Ouest Bretagne Pays de la Loire), et le débat public qui avait amené effectivement à prioriser cette section, bénéficiant au sud Bretagne mais aussi à la liaison Rennes - Nantes et au périurbain rennais (en vue d'un RER assez fortement soutenu par la Métropole). Mais voilà : le nord Bretagne se sent déconsidéré et demande une opération équivalente sur l'axe Rennes - Brest. Ou comment l'Etat a mis le doigt dans un engrenage dont il n'a peut-être pas vu la fin : méconnaissance de la géopolitique bretonne ?

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Morlaix - 26 juillet 2016 - Brest à 3 heures de Paris ? Possible soit au détriment du réseau de villes du nord Bretagne... soit à coup de milliards d'euros par la réalisation de nouvelles infrastructures. © transportrail

La Région Bretagne a également révélé qu'elle financerait 4 allers-retours supplémentaires de TGV Paris - Rennes prolongés jusqu'à la pointe du Finistère, représentant une dépense annuelle de 11 M€ par an. Rien que ça !

Mais que penser du soutien renouvelé à l'aéroport de Rennes (850 000 passagers sur l'année 2018) et à l'aide de l'Etat pour une liaison aérienne quotidienne vers Orly ? Sidérant alors que la capitale de la Région Bretagne est à 1h25 de la capitale par TGV, grâce à un investissement de plusieurs milliards d'euros. Sidérant compte tenu du bilan écologique du transport aérien, surtout sur une liaison aussi courte.

Dans ces conditions, l'engagement de l'Etat à achever la mise à 2x2 voies de la RN164 Rennes - Loudéac - Carhaix - Châteaulin apparait finalement assez logique, tout comme sa participation à hauteur de 50% de son coût prévisionnel de 40 M€.

Il ressort donc de ce catalogue des bonnes intentions que l'évaluation environnementale, la préservation de la qualité de l'air, des ressources naturelles et la réduction de la dépendance aux énergies fossiles ne fait pas franchement partie des critères de sélection de l'action publique.

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29 janvier 2019

Début des travaux sur Rennes - Châteaubriant

Les premiers travaux préliminaires à la rénovation de la section Rennes - Retiers, dont le financement à hauteur de 28 M€ a été bouclé, ont débuté cette semaine. Début mars, les trains seront remplacés par des autocars puisque la ligne sera impraticable jusqu'à la fin du mois d'août. Avec ces travaux, la partie la plus fréquentée de la ligne Rennes - Châteaubriant pourra retrouver ses performances initiales, soit une vitesse de 90 km/h.

En revanche, la section Retiers - Châteaubriant attend l'issue d'un accord, qui pourrait être imminent, entre les Régions Bretagne et Pays de la Loire pour le financement de cette section à cheval sur les deux collectivités, même si la Bretagne est autorité organisatrice du service de bout en bout. Le coût des travaux est de l'ordre de 20 M€ pour restaurer les performances nominales de cette section à 70 km/h. De la sorte, Châteaubriant pourrait être à nouveau à 1h07 de Rennes, avec 5 allers-retours par jour. Sachant que les temps de trajet en TGV sont plus courts depuis Rennes (33 minutes de gain par rapport à Nantes : exemple vers Paris en 1h25 depuis Rennes et au mieux 1h58 depuis Nantes), le bassin castelbriantais pourrait donc avoir intérêt à disposer d'une liaison commode vers Rennes. Rappelons les potentialités du tracé de cette ligne :

  • une vitesse de 110 km/h est possible de Rennes à Retiers, sans modification lourde de l'infrastructure : quelques passages à niveau seraient à équiper de barrières automatiques ;
  • une vitesse de 90 km/h est possible de Retiers à Châteaubriant avec la même consistance d'adaptations ;
  • de la sorte, une rotation Rennes - Châteaubriant pourrait être accélérée afin d'être effectuer en moins de 2 heures, mobilisant donc une seule rame pour un service qui pourrait comporter jusqu'à 8 allers-retours par jour, tandis qu'une navette périurbaine jusqu'à Janzé pourrait être assurée en 22 minutes, compatible avec un aller-retour dans l'heure, soit une rame pour une cadence horaire ou 2 rames pour une cadence à la demi-heure, afin d'atteindre le même niveau de desserte qu'entre Nantes et Châteaubriant aux flux très comparables.

En complément, l'installation d'une signalisation entre Rennes et Janzé, avec régime de navette au-delà, suffirait à assurer la gestion des circulations, donnant un bon exemple de revalorisation à moindre coût d'une ligne UIC 7 à 9 dans un objectif nettement orienté sur les déplacements périurbains dans le cadre d'un RER rennais !

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20 décembre 2018

Dol - Dinan : un petit mieux pour commencer...

Si le ciel ne s’assombrit pas au-dessus de cette section de la ligne Dol - Lamballe dont le renouvellement reste prévu en 2020, le scénario aurait quelque peu évolué puisqu’il n’est plus question de porter la desserte de 6 à 10 allers-retours mais de n’ajouter pour l’instant qu’une seule relation, un aller-retour Rennes – Dol – Dinan direct, qui sera mis en circulation courant janvier. Cette solution transitoire reporte le besoin de modernisation de la signalisation, le schéma à 7 allers-retours restant compatible avec les outils actuels d’exploitation, et notamment le Cantonnement Assisté par Informatique. Le volet signalisation serait donc reporté au prochain CPER. Ce décalage serait lié au besoin de traiter rapidement le viaduc situé à l’est de Dinan sur l’estuaire de la Rance. Le programme sur la voie semble toujours maintenir le relèvement de la vitesse à 120 km/h pour tirer profit du renouvellement et des aptitudes réelles du tracé.

En revanche, pour l’instant, pas d’avancées notables sur la section Dinan – Lamballe, les deux sections faisant l’objet d’études décalées dans le temps.

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