Après la remise du rapport « avenir des TET » par le député du Calvados Philippe Duron, l'Etat a continué à tergiverser et a fini par engager une nouvelle convention avec la SNCF, adossée au lancement de plusieurs démarches combinées. 

Dans un premier temps, l'Etat a demandé au préfet François Philizot de discuter avec les Régions pour engager de nouveaux transferts de compétence portant principalement sur les liaisons du bassin parisien mais aussi les dessertes du Massif Central, afin de ne conserver dans son giron que quelques trains de nuit, les liaisons Paris - Clermont-Ferrand, Paris - Toulouse, Nantes - Lyon, Nantes - Bordeaux, Bordeaux - Marseille et Toulouse - Hendaye.

Pour les dessertes du bassin parisien, l'Etat a mis dans la balance la prise en charge de l'investissement de renouvellement du matériel roulant avec l'utilisation du marché des Régio2N, Bombardier développant une version assez nettement améliorée (voir notre essai sur Caen - Paris).

Une commande de matériel roulant a été engagée pour les lignes non intégralement électrifiées en utilisant le marché du Régiolis. Alstom a développé la version Coradia Liner avec une amélioration du confort pour des trajets plus longs (voir notre essai sur Paris - Belfort). Ces rames ont été déployées sur Nantes - LyonNantes - Bordeaux et Paris - Belfort (avant sa régionalisation), puis sur Clermont - Nîmes et enfin sur Toulouse - Hendaye dans une version purement électrique.

Un marché a été lancé pour la fourniture de rames électriques remplaçant les voitures Corail, les BB7200 et les BB26000 sur les autres relations, et d'abord sur les radiales. CAF construira donc dans un premier temps 28 rames Confort 200.

Enfin, avec SNCF Réseau, des schémas directeurs sont engagés sur ces liaisons afin de coordonner les évolutions de la desserte, de l'infrastructure et du matériel roulant.

On pourrait croire que l'essentiel est fait. Il n'en est rien car entre les appétits de nouveaux opérateurs avec la libéralisation du marché intérieur, le regain d'intérêt (un brin calculé) de l'Etat et de la SNCF (avec des raisons pas toujours convergentes) pour le ferroviaire hors TGV, comme transportrail le titre dans le premier chapitre de cette série de dossiers sur les liaisons classiques, ces dessertes apparaissent quelque peu désordonnées.

Alors essayons de jeter quelques bases pour ranger cette armoire un brin poussiéreuse... mais qui suscite des convoitises !

Chapitre 1 : principes de service et gouvernance

Chapitre 2 : quelles dessertes ?

Chapitre 3 : quel matériel roulant ?