La ligne de Marseille à Miramas par Port de Bouc, dite ligne de la « côte bleue » a été inaugurée en 1915 : elle dessert le sud de l’étang de Berre et son tracé, entre L’Estaque et Martigues est construit à flanc de falaise, bordant la Méditerranée et ses calanques escarpées. Elle comprend pas moins de 21 tunnels et 17 viaducs, dont le plus impressionnant franchit le canal de Caronte, reliant la mer à l’étang de Berre.

Le viaduc de Caronte est un ouvrage métallique particulier, long de 943 m, et comprenant 10 travées de 51 à 82 m de portée et une travée pivotante de 114 m. Celle-ci permet le passage des navires à grand gabarit devant desservir les ports situés le long de l’étang.

050813_viaduc-caronte1Le viaduc de Caronte vu vers le nord, en direction de Miramas. Il y a encore deux travées à gauche du cliché. La travée pivotante permet de dégager le gabarit du chenal d'accès à l'étang de Berre. © transportrail

050813_viaduc-caronte2Coup de zoom sur la travée pivotante supportant l'ouvrage type Warren et sa pile cylindrique qui accueille la machinerie. © transportrail

En 1944, face à la progression des Alliés, les occupants organisaient le sabotage les principaux axes de communication : le viaduc était dynamité et la traverse pivotante bloquait le chenal d’accès. A la fin de la guerre, la priorité était donnée à la réouverture du chenal et la ligne de la Côte Bleue dut attendre, l’effort étant concentré sur la ligne de Rognac.

Cependant, la SNCF accéléra la réhabilitation de la ligne, envisageant dans un premier temps une travée levante à voie unique, avant de revenir à la solution de la traverse pivotante du fait de la force du Mistral. En avril 1952, la construction du nouvel ouvrage, par les Forges et Aciers du Creusot, débutait. La mise en service intervenait le 9 novembre 1954, et se singularisait par une forte réduction du temps de manœuvre, qui s’établissait désormais à 90 secondes contre 7 minutes pour l’ouvrage primitif.