Avec l’arrivée de l’X72500, l’idée d’une déclinaison électrique émerge rapidement dans plusieurs Régions, incitant la SNCF à demander la mise à l’étude des adaptations à opérer sur la plateforme existante pour disposer d’une automotrice interville. Quoique présentant de notables ressemblances, la version électrique diffère complètement de son ainé et n’a que peu d’éléments communs.

ZTER : une vitrine pour la qualité de service

La ZTER est une automotrice bicourant tricaisse apte à 200 km/h et offrant un niveau de confort très élevé, inconnu jusqu’alors sur les lignes régionales, et même sur les relations nationales.

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Avec les TER2N, elles viennent réduire les insuffisances du parc régional électrique. La ZTER constitue en quelque sorte l’aboutissement des réflexions menées sur la Z2, dont une version tricaisse avait été un temps envisagée tout comme une évolution à 200 km/h.

140306_21556larochelle1La Rochelle - 14 mars 2006 - La 21556/7 alors au parc Poitou Charentes sous la verrière en travaux d'une gare dans un état alors en décalage avec le matériel roulant (notez le rail à double champignon). © transportrail

210407_21531stcyrenval2Saint Cyr en Val - 21 avril 2007 - La ligne de Sologne entre Orléans et Vierzon est un des itinéraires de prédilection des ZTER où elles peuvent courir à 200 km/h sur ls trains les plus directs. © transportrail

Elle procure aussi une amélioration en matière d’accessibilité puisque la remorque centrale est équipée d’une plateforme surbaissée à hauteur des quais normalisés, autorisant un accès de plain-pied. Cette remorque dispose en outre d’une toilette adaptée, complétant l’équipement présent sur la motrice disposant de l’espace de première classe.

La ZTER s’avère plus à l’aise sur les relations intervilles rapides que sur les dessertes omnibus, où leur couple à 200 km/h les rend un peu moins performantes sur les mises en vitesse que les Z2. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une politique de développement des dessertes rapides pour concurrencer l’automobile. En outre, avec une seule porte par voiture, dont deux nécessitent le franchissement de deux marches, les échanges de voyageurs restent limités. ?

La ZTER est une automotrice de l’ouest : Centre (15 rames), Bretagne (17),  Pays de la Loire (14), Poitou Charente (5) et Aquitaine (6) constituent les cinq Régions titulaires de ZTER. Languedoc Roussillon a envisagé une commande mais l’absence de lignes aptes à 200 km/h l’en a dissuadé au profit des AGC.

En Région Centre, elle permet notamment de retirer du service les Z5300 venus de l’Ile de France sur les liaisons Orléans – Tours, Orléans – Bourges et Orléans – Châteauroux. Complétant l’effectif de Z2, les ZTER modernisent le service et procurent de notables gains de temps sur les relations qui leur sont confiées, au sud de Bordeaux, autour de Nantes, en Sologne et en Bretagne. Ainsi par exemple, le temps de parcours d’Orléans vers Tours et Bourges passe sous la barre symbolique d’une heure grâce aux sections à 200 km/h en val de Loire et en Sologne, et à la création de TER quasiment sans arrêts (Blois et Saint Pierre des Corps vers Tours, Vierzon vers Bourges).

310813_21530toursTours - 31 août 2013 - La gare de Tours est un bastion des ZTER qui officient essentiellement sur les relations vers Orléans, mais aussi vers Angers et Nantes. © transportrail

En Aquitaine, elles assurent les relations au sud de Bordeaux, vers Arcachon, Hendaye et Pau, où les longs trajets sont compatibles avec le confort de ces rames, dont le seul défaut est probablement le dessin trop vertical du dossier des sièges, même si la vitesse plafonne à 160 km/h. Le niveau de prestations offertes reste sensiblement plus élevé que celui des Z2, non pourvues de la climatisation.

031211_21612arcachonArcachon - 3 décembre 2011 - La Z21611/12 au terminus d'Arcachon en provenance de Bordeaux. Quoique très appréciées, les ZTER Aquitaine devraient quitter les rives de la Garonne pour celles de la Loire. © transportrail

Le petit parc de Poitou Charente est cédé en 2009 aux Pays de la Loire, corollaire de la commande d’AGC. Pourtant, la Région a financé la mise à 200 km/h d’une partie de l’itinéraire Poitiers – La Rochelle pour y faire circuler les ZTER à leur vitesse maximale. La Région Aquitaine envisage aussi de céder ses ZTER à la Région des Pays de la Loire, en compensant ces départs par l'arrivée de Régiolis. Ainsi, les 57 automotrices seraient concentreées sur 3 Régions : Bretagne, Centre et Pays de la Loire.

Les ZTER se singularisent par une fiabilité remarquable, en dépit d’une tendance au patinage sous la pluie, régulée par des anti-enrayeurs.

Les ZTER sur ligne à grande vitesse

L’aptitude des ZTER à 200 km/h va être mise à profit par la Région Pays de la Loire pour créer de nouvelles relations de Nantes à Laval en utilisant la ligne classique de Nantes à Sablé sur Sarthe, autorisant 200 km/h sur la quasi-totalité du parcours, puis la virgule de Sablé, fermant le triangle formé par les deux branches de la ligne à grande vitesse Bretagne – Pays de la Loire (BPL). Les ZTER vont donc être modifiées pour recevoir les équipements de signalisation requis pour la circulation sur la LGV BPL.

En revanche, les ZTER bretonnes pourront profiter des aménagements en cours de réalisation sur les radiales Rennes – Brest et Rennes – Quimper pour créer des sections à 200 km/h utilisées par les TGV et les TER assurés en ZTER.

Malheureusement, seules 57 ZTER ont été commandées, ce qui s’avère insuffisant pour couvrir les besoins de liaisons rapides dans les Régions dotées de ce matériel, mais aucune Région n’a souhaité relancer la production, alors que le potentiel de liaisons régionales à 200 km/h n’est pas encore épuisé.