transportrail - Le webmagazine ferroviaire

24 avril 2019

Ponctualité 2018 : jugement critique de l'AQST

Il a fait les choux gras de la presse ces derniers jours : le rapport de l'Autorité de la Qualité de Service dans les Transports a pointé les médiocres résultats ferroviaires de l'année 2018. A commencer par une inflation de trains supprimés : 7,8% pour les TGV, contre 1% en 2017 et 0,3% en 2016. Ensuite, sur la ponctualité en elle-même avec 17,8% de trains retardés en 2018 contre 11,5% en 2016. Les évolutions suivent la même tendance mais de façon moins marquées pour TER et TET.

Pour mémoire, l'AQST utilise différents seuils pour définir les retards ferroviaires :

  • 15 minutes pour les trains internationaux et les liaisons intérieures d'un parcours de plus de 3h
  • 10 minutes pour les trains nationaux d'un parcours compris entre 1h30 et 3h
  • 5 minutes pour tous les parcours de moins de 1h3, TGV, TET, Transilien et TER

Assurément, la combinaison des effets de la grève perlée du printemps 2018 et des multiples aléas météorologiques a fortement impacté la production de l'année écoulée. On notera d'ailleurs que la situation du trafic aérien a suivi une tendance assez comparable, preuve que le chemin de fer n'est pas intrinsèquement responsable de la totalité des causes de perturbations.

Du côté du transport régional, la situation reste toujours aussi contrastée entre les bons élèves (Bretagne, Grand Est, Normandie) et les lanternes rouges (Auvergne Rhône-Alpes, PACA et Occitanie), avec là encore des origines différentes, entre des problématiques locales et les effets de l'intensité d'utilisation du train.

Le début de l'année 2019 semble nettement plus positif puisque le premier trimestre donne des chiffres de ponctualité en hausse :

  • 91,5 % sur les TGV
  • 82,4 % sur les Intercités
  • 92,9 % sur les TER
  • 90,9 % sur l'Ile de France

Comme disait la mère de Napoléon : « pourvu que ça dure ».

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21 avril 2019

Morteau - Le Locle : un petit mieux

Dès demain, un septième aller-retour est créé sur la liaison transfrontalière entre Morteau et La Chaux de Fonds en milieu de journée : depart de La Chaux de Fonds à 12h08 et de Morteau à 13h25. Financée par la Région Bourgogne - Franche-Comté, elle facilitera - un peu - la vie quotidienne dans cette partie du Haut Doubs où l'influence Suisse est manifeste. 

Cependant, face au trafic routier sur le col des Roches, il faudra un changement d'envergure pour que le train gagne du terrain sur la voiture.  La piste d'un transfert de la section de ligne entre Morteau et la frontière semble la plus pragmatique avec déplacement du point frontière en gare de Morteau. Une correspondance quai à quai pourrait être étudiée dans le cadre de la rénovation de la ligne des Horlogers entre des navettes suisses Morteau - La Chaux de Fonds et les trains français limités au parcours Besançon - Morteau.

Un schéma qui impliquerait quand même un accord entre les deux États pour entériner le transfert de gestion d'une partie de l'infrastructure de la ligne...

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19 avril 2019

Occitanie : offre accrue sur la transversale pyrénéenne

L'horaire 2020 sur l'axe Toulouse - Bayonne sera marqué, après la généralisation des Coradia Liner sur la liaison Intercités, par un renforcement substantiel de la desserte régionale au départ de Toulouse avec 10 allers-retours supplémentaires et un ajustement des circulations existantes pour équilibrer les missions et leur positionnement tout au long de la journée. Les améliorations portent d'ailleurs principalement sur les périodes d'extrême matinée et de soirée d'une part et l'heure creuse d'autre part puisque la Région n'ajoute que 2 allers-retours en pointe.  Elles portent aussi d'abord sur la desserte périurbaine, où le besoin capacitaire est le plus net.

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Valentine - 12 mai 2015 - L'exploitation des TER dans la haute vallée de la Garonne en Z2 et en unité simple est à reléguer au chapitre des images du passé : l'explosion démographique autour de Toulouse, et de plus en plus loin, entraine une hausse non moins soutenue du trafic ferroviaire. L'arrivée des Régio2N et des Régiolis risque cependant de rapidemnent s'avérer insuffisante... © S. Costes

La liaison Intervilles vers Tarbes et Pau gagne 2 allers et 3 retours, avec 11 rotations Toulouse - Tarbes dont 5 prolongés à Pau. S'y ajoutent ensuite :

  • 5 allers-retours pour Montréjeau (au lieu de 3 actuellement)
  • 8 allers-retours pour Boussens (au lieu de 5 actuellement)
  • 7 allers-retours pour Muret (au lieu de 6 actuellement)

Au total, sur la partie périurbaine, avec 20 allers et 19 retours, la trame de desserte, réduit assez nettement les creux de desserte en journée, sans totalement les effacer. L'intervalle au départ de Muret n'excède plus 74 minutes et la trame en pointe comprend 4 trains par heure : un Muret, un Boussens (tous deux omnibus), un semi-direct (pour Tarbes ou Pau ou Bayonne) et un omnibus pour Montréjeau. C'est mieux, mais les contraintes du tronc commun avec la ligne de l'Ariège entre Toulouse et Portet sur Garonne, tout comme celles exportées par la signalisation à faible débit entre sur la partie centrale de la transversale, restent encore assez nettes. Un pas de plus vers le RER de Toulouse.

Détail des horaires sur le site non ActuTER Occitanie.

En revanche, il semblerait que les travaux de renouvellement de la voie sur la transversale accusent un certain retard : la Région Occitanie a déjà accepté une forte massification des chantiers avec des périodes de fermeture diurne sur 9 heures, dans l'espoir de maximiser l'efficacité des opérations. Les nouvelles circulations risquent de faire les frais d'un report de l'achèvement des travaux si le retard venait à ne pas être comblé dans les délais initialement impartis.

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18 avril 2019

Un RER à Périgueux en 2021 ?

Serpent de mer qui coule depus des années dans les eaux de l'Isle, la valorisation du réseau ferroivaire pour améliorer la desserte de Périgueux et limiter l'afflux d'automobiles aboutira-t-elle enfin en 2021 ? Le projet consiste en une desserte à la demi-heure en pointe et à l'heure en journée entre Mussidan, Périgueux et Niversac, complétant la desserte voyageurs existante vers Bordeaux, Brive et Agen. A l'ouest, le projet couvre un large périmètre, lié aux possibilités de terminus à moindres frais.

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Périgueux - 25 septembre 2015 - Le projet déjà ancien de desserte périurbaine autour de la préfecture de la Dordogne va-t-il finalement aboutir ? L'amélioration de l'offre ferroviaire couplée à la réorganisation du réseau d'autobus pourrait rendre bien plus attractifs les transports en commun. Ne manque plus qu'un petit accord tarifaire... © transportrail

Une nouvelle station pour les TER sera mise en service à Boulazac en 2020, entre Périgueux et Niversac afin de renforcer le maillage de l'agglomération. Située à l'entrée sud-est de la commune, elle se situe cependant à l'écart du bassin de chalandise que pourrait constituer la zone commerciale que longe la voie ferrée. Le scénario retenu semble privilégier une logique de rabattement en voiture des territoires plus à l'écart, créant une potentielle redondance avec la gare de Niversac bien placée dans cette logique puisqu'au bord de la RD6089. Une implantation plus au nord, près de l'Agora de Boulazac aurait été peut-être plus judicieuse, avec une possibilité de correspondance entre le train et le réseau de bus de Périgueux, notamment le corridor en BHNS est-ouest en cours de réalisation.

Autre interrogation : le devenir de la halte de Périgueux Saint Georges qui desservait jusqu'en 2017 les faubourgs sud. L'arrêt a été supprimé par SNCF Mobilités faute de trafic (mais d'abord faute de trains). Sera-t-elle à nouveau desservie par le RER périgourdin ?

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Suisse : livraison des Flügel au RhB

Stadler a débuté cette semaine la livraison des nouvelles automotrices Flügel pour le chemin de fer Rhétique. Ces 27 (+ 20 en option) automotrices à voie métrique composées de 4 caisses concourent à la modernisation du parc (et à la disparition des voitures anciennes à baies ouvrantes, très appréciées des photographes). Le montant de la tranche ferme atteint 285 MCHF. Une première levée d'options de 9 rames avait été notifiée pour 67,9 MCHF. Elles seront engagées sur les liaisons Landquart - Davos - Filisur et Landquart - Klosters - Davos / Saint Moritz. Les Flügel permettront l'introduction de la cadence à la demi-heure entre Landquart et Klosters.

Stadler-Flugel-RhB

Les nouvelles automotrices sont composées de 4 voutures, sur une longueur de 76 m. Leur capacité est de 164 places dont 35 en première classe dotées de prises de courant, d'emplacements pour les skis et les vélos et d'une baie panoramique derrière le poste de conduite qui sera assurément prisée des amateurs ! (document Stadler)

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15 avril 2019

Nouvelle Aquitaine : des progrès sur les capillaires fret

Le devenir des lignes de desserte fine du territoire est déjà un morceau passablement indigeste pour les Régions voyant le duo Etat – SNCF Réseau se défiler – ou se limiter à une participation symbolique – dès lors qu’on évoque un plan de financement de leur renouvellement. Un peu plus dans l’ombre, le devenir de celles qu’on appelle « capillaires fret » (les UIC 7 à 9 SV, dédiées au fret), est moins saillant car il ne concerne pas le thème des mobilités quotidiennes, mais il n’en est pas moins important puisqu’il concerne le tissu industriel local.

La contribution de l’Etat reste des plus modiques, SNCF Réseau ne fait que l’appoint, ce qui met une fois de plus les Régions en première ligne. Mais ce n’est pas tout puisque les clients sont aussi appelés à financer ces lignes, en misant sur l’intérêt global du train dans leur circuit logistique. L’appel est d’autant plus facile que les besoins de transport ne sont pas toujours substituables par la route, du moins dans des conditions satisfaisantes. C’est par exemple le cas des céréales, mais aussi de certaines productions industrielles volumineuses. Il semble que certains clients y trouvent tout de même leur compte, et cette démarche de contribution des clients à un transport plus commode pourrait faire école, à condition qu'elle n'amène pas, comme pour le transport de voyageurs, à faire financer l'essentiel de la préservation du patrimoine par ses seuls utilisateurs.

En Nouvelle Aquitaine, plusieurs lignes sont concernées.

Le 22 janvier dernier, la section Mignaloux-Nouillé – Jardres a repris du service après 4,8 M€ de travaux sur 12 km, permettant d’assurer à nouveau l’expédition de 30 000 tonnes de céréales par la voie ferrée vers le Port de La Rochelle.

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Entre Mignaloux-Nouaillé et Jardres - 27 novembre 2015 - La desserte des silos céréaliers de Jardres peut à nouveau être assurée par la voie ferrée qui, avant les travaux, commençait à se perdre sous la végétation. Si le train est court, du fait des tonnages et du profil, l'UM de BB60000 n'est pas superflu. © V. Bussereau

Entre Mont de Marsan et Barcelonne du Gers, sur l’ancienne ligne qui rejoignait jadis Tarbes, un programme de 5 M€ de travaux (financés à 53% par la Région) doit permettre la remise en service de cet itinéraire pour les récoltes 2020. L’enjeu céréalier est assez conséquent (150 000 tonnes) et serait assez logiquement pris en charge par l’OFP du Port de Bayonne, dont les activités ont assez nettement augmenté en 2018, avec un peu plus de 1,6 Mt expédiées.

Entre Agen et Auch, la ligne est suspendue depuis 2015 en raison de son délabrement, malgré des travaux d’urgence qui ont permis de restaurer le service après les intempéries de 2014 pour l’expédition des récoltes. Un programme de 7,2 M€ de travaux a été validé en 2016 mais n’a pas été mené à terme. Résultat, la participation du Port de Bordeaux a été perdue, puisqu’elle était adossée à une aide de l’Union Européenne. Désormais, la piste envisagée se veut plus radicale puisque la ligne sortirait du réseau ferré national pour être reprise par une société d’économie mixte d’intérêt local.

Plus difficile encore est le cas de la ligne Niort – Parthenay – Thouars. Sur la section sud, 8 M€ ont été investis pour restaurer le débouché sud depuis Parthenay, afin de rejoindre l’axe Poitiers – La Rochelle. SNCF Réseau a renouvelé 21 km de rails après les travaux d’urgence réalisés en 2017, concernant 16 000 traverses et 15 000 tonnes de ballast. Ces travaux permettent en principe de restaurer la desserte de 2 clients à Mazières et Gâtine et Parthenay, cumulant 550 000 t par an.

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Travaux de rénovation entre Niort et Parthenay pour pérenniser la ligne capillaire fret. Les moyens engagés sont plus légers, avec essentiellement des engins routiers ou des rail-route pour réduire au maximum le coût du renouvellement. (cliché La Nouvelle République)

La situation de la section Parthenay – Saint Varent reste tendue puisque le trafic y est suspendu en dépit d’un fort trafic de plus de 2 Mt de granulats qui ne peut être expédié actuellement par le rail. La Région Nouvelle Aquitaine déplore les informations tardives et les réévaluations des opérations pour restaurer la circulation des trains même à allure réduire (40 km/h en général pour ce type de ligne, exceptionnellement 60 km/h). La Région a donc engagé une contre-expertise, notamment pour le viaduc de Parthenay.

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13 avril 2019

Retour des trains sur Clisson - Cholet

Une de sauvée... en principe...

La section Clisson - Cholet a retrouvé ce matin sa desserte voyageurs. Depuis juillet 2018, le service avait été interrompu pour réaliser les travaux de renouvellement de cette section, comprenant également la création d'un nouveau point d'évitement dans une nouvelle gare à Torfou (la halte actuelle étant supprimée) et le remplacement du block manuel par du BAPR. La desserte est pour l'instant maintenue à l'identique de ce qu'elle était auparavant, c'est à dire 5 allers-retours Nantes - Cholet par jour, avec une vitesse maximale de 100 km/h. Les travaux de signalisation se poursuivent et seront mis en service en décembre 2020. A cette échéance, les trains seront plus nombreux puisque la Région a prévu un premier palier à 10 allers-retours en semaine et 5 le week-end, et ils pourront circuler plus rapidement puisqu'une partie du tracé sera autorisé à 130 km/h. Une performance peu utile pour les trains omnibus entre Clisson et Cholet, mais qui pourrait être utile à l'avenir dans l'hypothèse de trains directs Nantes - Cholet. Ce ne serait pas forcément inutile, car la RN249 supporte près de 28 000 véhicules / jour en 2016... soit un trafic comparable à l'axe Nantes - Rennes !

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12 avril 2019

Grand Est : nouvelle desserte en Champagne-Ardenne

La Région Grand Est a décidé de toiletter les dessertes régionales sur l'étoile de Reims avec une augmentation globale de l'offre de 15%, principalement sur Reims - Chalons en Champagne et Reims - Charleville-Mézières. L'opération, présentée dans les comités régionaux des services de transport, est réalisée à moyens constants et à contribution régionale maintenue à l'identique. Dans cette opération, la Région fait aussi le ménage sur les arrêts les moins fréquentés avec le choix de reporter la desserte sur des services d'autocars : 9 gares perdent donc toute desserte par train, qui était de toute façon assez anecdotique jusqu'à présent.

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Reims - 26 mars 2016 - La gare de Reims verra son activité renforcée par la mise en oeuvre de ces nouvelles dessertes vers Epernay, Sedan et Chaumont. L'évolution du schéma de desserte doit aussi faciliter les connexions entre les principales villes de Champagne et des Ardennes, et de donner sens à la nouvelle collectivité Grand Est. © transportrail

C'est sur l'axe Reims - Charleville-Mézières que l'offre progressera la plus avec une augmentation de 27% avec la desserte systématique de la gare TGV rémoise. La ligne bénéficiera d'une cadence 30 minutes en pointe et à l'heure en journée avec alternance de trains à 2 ou 4 arrêts, avec une amorce systématique à la gare TGV rémoise.  Au-delà de Charleville-Mézières, un train sur deux sera prolongé à Sedan. En complément, la Région développera une liaison Charleville-Mézières - Luxembourg au moyen de 4 allers-retours vers Longwy assurant une correspondance en 10 minutes vers Luxembourg.

Sur l'axe Reims - Chalons en Champagne, la nouvelle offre sera cadencée à l'heure en journée et à la demi-heure en pointe, avec l'alternance de missions à un seul ou 4 arrêts avec 20,5 allers-retours par jour dont 9 seront prolongés à Saint Dizier. Parmi ceux-ci, 7 iront jusqu'à Chaumont, formant une longue diamétrale entre Reims et Chaumont, avec des correspondances possibles sur les trains de l'axe Vallée de la Marne et l'axe Paris - Mulhouse. En complément, 6 allers-retours d'autocars seront mis en oeuvre entre Saint Dizier et Joinville, et 4 entre Joinville et Chaumont.

Entre Reims et Epernay, la Région a adopté le principe d'une desserte omnibus systématique cadencée à la demi-heure en pointe et à l'heure en journée, avec une grille rationalisée (-5% de trains-km). Les arrêts de Trois Puits et Montbré sont supprimés. Des correspondances seront organisées à Maison Blanche pour rejoindre la gare TGV Champagne-Ardenne.

Vers Fismes, le volume de desserte progresse légèrement avec 10,5 allers-retours positionnés toutes les 30 minutes dans le sens de la pointe et toutes les 4 heures en journée.

Vers Laon, la desserte conçue avec la Région Hauts de France demeure à 9 allers-retours par jour. Statu quo également sur Charleville-Mézières - Givet dans l'attente de la fin des travaux en 2021, qui procurera l'occasion de restructurer la desserte.

Niort - Saintes : inquiétudes sur la ligne

Frappée de deux ralentissements à 40 km/h à Beauvoir sur Niort et 60 km/h sur tout le parcours entre Saint Jean d'Angély et Saintes, on ne peut pas dire que la ligne Niort - Saintes soit dans une situation florissante. Faiblement desservie, avec 5 allers-retours en semaine, renforcé d'un sixième le vendredi, l'offre s'avère peu attractive d'autant plus qu'on compte 4 politiques d'arrêts pour si peu de trains... ce qui montre que la Région Nouvelle Aquitaine a encore du travail pour toiletter ses offres, ce qui devrait être mis en oeuvre dans le cadre de la nouvelle convention avec SNCF Mobilités.

Ce qui est naturellement plus préoccuppant, c'est l'incertitude quant au devenir de l'infrastructure compte tenu de son état et des difficultés à mobiliser des financements, l'expédient habituel du CPER étant à bout de souffle, ne serait-ce que parce que l'Etat n'arrive pas à honorer les engagements pris en 2015.

Certes, ce CPER prévoyait plus de 180 M€ pour les projets d'électrification des lignes charentaises, Niort - Saintes, Angoulême - Saintes et Saintes - Royan, ce qui laisse potentiellement une petite marge de manoeuvre pour réorienter les budgets sur des opérations plus utiles. L'Etat semble d'accord sur les principes, mais ses engagements restent pour le moment virtuels.

Renouer avec les performances nominales, à 100 km/h sur l'ensemble du parcours, replacerait Saintes à 55 minutes de Niort environ, mais il faudrait idéalement gagner quelques minutes supplémentaires pour qu'une rame puisse assurer correctement une rotation en 2 heures et ainsi, avec 2 rames, assurer une cadence horaire sur l'axe, dans une logique - désormais bien connu des lecteurs de transportrail - d'optimisation du triptyque temps de parcours / moyens de production / niveau de service. A priori, il serait possible de relever la vitesse à 120 km/h entre Saint Jean d'Angély et Saintes, disposant d'un tracé plus favorable avec une courbe dimensionnante de 600 m de rayon.

D'autre part, Niort - Saintes est également l'itinéraire naturel pour les flux vers la Méditerranée, marché visé par la plateforme de transport combiné de Saint Florent, dont le principal client, Modal Ouest, a jeté l'éponge en octobre dernier, tant par la sous-estimation de l'endurance nécessaire pour lancer une activité ferroviaire que par les effets de la grève du printemps 2018. Niort - Saintes accueille également un trafic saisonnier de céréales, et figure toujours en bonne place comme itinéraire alternatif à l'axe Paris - Bordeaux : difficile pour l'instant de jouer ce rôle étant donné l'état de dégradation de l'infrastructure.

En outre, il semble assez logique de prioriser à court terme les investissements sur deux autres branches de l'étoile de Saintes :

  • sur Angoulême - Beillant, afin d'achever les travaux de modernisation de cet axe, devenant l'itinéraire de référence entre la cote charentaise et le réseau TGV ;
  • sur Saintes - Bordeaux, pour stopper l'hémorragie sur la transversale Nantes - Bordeaux et restaurer les performances nominales dans les meilleurs délais... et notamment d'ici 2022 puisque c'est à cette date que débutera le contrat de délégation de service public sur la transversale.

Mais la question est la suivante : peut-on faire patienter la ligne Niort - Saintes sans risquer la suspension brutale de l'exploitation ?

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11 avril 2019

Hauts de France saisit l'ARAFER

Le président de la Région Hauts de France est en train de se faire le meneur de la fronde des Régions à l'égard de la SNCF, à coup de diatribes en commission permanente, largement relayées sur Internet puisque ces sessions sont filmées. S'il lui arrive de viser juste et d'appuyer là où cela peut faire mal, il lui arrive aussi de taper à côté en accusant par exemple la SNCF de ne pas élaguer les arbres au bord des voies ferrées... ce qui n'est pas totalement faux, mais qui est franchement exagéré quand les arbres en question sont situées sur des propriétés privées. Et on sait que ces opérations sont parfois soumises à un parcours d'obstacles...

Cette fois-ci, il saisit l'ARAFER, considérant que SNCF Mobilités retient des informations essentielles pour l'autorité organisatrice en vue de préparer l'allotissement des lignes en vue de désigner les exploitants par appel d'offres, sur la consistance du trafic, l'entretien et l'affectation du matériel roulant, la répartition du personnel, la destination finale des frais de structure et des zones d'ombre qu'il évalue à plus de 10 M€ par an présentés comme la conséquence du mécanisme dit de vieillissement-technicité des effectifs de l'opérateur.

Il serait quand même surprenant que SNCF Mobilités soit autant en décalage par rapport aux discours officiels de la SNCF et sa logique de reconquête de la confiance de Régions qui se préparent à changer de dimension par une logique d'appels d'offres... A l'inverse, que la Région sorte l'artillerie lourde est peut-être le moyen d'accélérer le processus... sans compter une prise de position tactique de son président...

 

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