AFSB : Aménagements Ferroviaires du Sud de Bordeaux. Pour simplifier, la création d'une troisième voie entre Bordeaux et Saint Médard d'Eyrans, afin de dissocier les circulations rapides et les omnibus dans la perspective de la création de la ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse. Par ricochet, c'est aussi le moyen de procurer la capacité supplémentaire pour développer le RER bordelais, qui est en train de devenir le sujet phare de la campagne des élections municipales du printemps prochain.

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Bègles - 28 juin 2016 - La gare de Bègles est le premier arrêt en quittant Bordeaux. Le tramway s'en approche, ce qui pourrait en faire un noeud périphérique de plus dans le futur RER bordelais. Les AFSB sont censés permettre une cadence jusqu'au quart d'heure sur les missions périurbaines. © transportrail

Le 29 juin 2017, le Tribunal Administratif de Bordeaux avait annulé la déclaration d'utilité publique, donnant satisfaction aux opposants au projet. La Cour administrative d'appel l'a cassé et a bien confirmé la validité de la DUP.

Néanmoins, le parcours n'est peut-être pas encore terminé car à ce jour, le financement d'AFSB, pas plus que celui de la ligne à grande vitesse, n'est résolu. La Loi d'Orientation sur les Mobilités ouvrira la porte de sociétés de projet, comme pour le Grand Paris, dès lors qu'elle sera définitivement adoptée (en principe début novembre, mais les derniers mois nous incitent à la prudence) et que ses décrets d'application auront été publiés. Il n'en reste pas moins que le budget initial de l'ordre de 600 M€ est déjà conséquent et qu'il n'est pas certain qu'il soit parfaitement stable.

Rappelons que le projet prévoit une troisième voie entre la sortie sud de la gare de Bordeaux et Saint Médard d'Eyrans, avec des évitements dans les gares intermédiaires, selon un principe qui rappelle les aménagements réalisés entre Genève et Coppet, en prélude au Léman Express. Cependant, il faudra aussi se pencher sérieusement sur l'exploitation de la gare de Bordeaux Saint Jean car les TGV venant de Paris à destination de Toulouse cisaillent le flux Hendaye. L'hypothèse d'une diamétralisation des dessertes périurbaines est plutôt favorable, surtout en mariant les branches de Langon et de Saint Mariens, qui peuvent être alignées correctement et avec peu d'interactions vis à vis du reste du plan de voies. Cependant, cette diamétralisation pose la question du matériel roulant : la fréquentation est forte entre Bordeaux et Langon, tandis que la branche de Saint Mariens n'est pas électrifiée au nord de La Grave d'Ambarès, ce qui écarte l'exploitation en Régio2N. Mais les rames bimodes, même en UM3, seront-elles assez capacitaires ?