02 juillet 2021

Allemagne : 245 km de réouvertures pour commencer

C'est un début modeste, d'autant qu'il concerne 20 lignes, mais il faut bien commencer par quelque chose... et cela montre surtout qu'il y a une démarche structurée. Après un diagnostic portant à la fois sur l'état des infrastructures et le potentiel de trafic, la réouverture de 245 km de lignes actuellement non exploitées en Allemagne constitue la première pierre d'un programme portant au total sur 1300 km, destinés d'abord au transport régional et au fret.

En revanche, pas de calendrier associé à cette première salve de 20 lignes, dont on remarque qu'elles sont réparties dans chacun des Länders...

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15 juin 2021

Elections régionales : la foire aux réouvertures

Dans la campagne des élections régionales, les transports, qui restent une compétence majeure des Régions et leur premier poste budgétaire, ont occupé une place assez secondaire. Les esprits sont manifestement un peu ailleurs, soit dans la crise sanitaire, soit dans la répétition des élections présidentielle et législatives de l'année prochaine.

Souvent, le chapitre consacré aux transports des différentes listes candidates se contente de lancer quelques sujets en vogue du moment :

  • en tête d'affiche, la sainte trinité ferroviaire avec le train léger - voire très léger - autonome à hydrogène ;
  • puis la grauité des transports ;
  • des réouvertures de ligne.

L'association TDIE a adressé aux candidats un questionnaire : les réponses sont partielles, car tous n'ont pas répondu, puisque manifestement, certains considèrent cette séquence démocratique comme un tour de chauffe pour l'année prochaine...

Intéressons-nous à ce dernier sujet, qui est récurrent dans les campagnes électorales mais dont les concrétisations sont particulièrement rares : transportrail vous propose une première liste, non exhaustive, que nous complèterons volontiers avec vos contributions. Mettons de côté les lignes suspendues en attente de financement des travaux de renouvellement : la frontière est certes mince, mais on peut simplement fixer un seuil, très arbitraire : les lignes sans circulations voyageurs depuis au moins 20 ans et qui ont été évoquées durant cette campagne électorale. Il ne s'agit pas de lister les lignes qu'il faudrait rouvrir, mais bien celles dont il a été question dans cette campagne. Certaines sont des figurantes récurrentes, mais la concrétisation reste toujours des plus hypothétiques :

  • Caen - Flers ;
  • Saint Pierre du Vauvray - Louviers (liaison Rouen - Louviers) ;
  • Chartres - Dreux ;
  • Voves - Orléans (liaison Chartres - Orléans) ;
  • Orléans - Châteauneuf sur Loire ;
  • Loches - Châteauroux (liaison Tours - Châteauroux) ;
  • Brignais - Givors ;
  • Evian - Saint Gingolph ;
  • Saint Mariens - Blaye ;
  • Mignaloux - Chauvigny (liaison Poitiers - Chauvigny) ;
  • Saint Brieuc - Auray ;
  • Saint Christophe des Bois - Les Herbiers (liaison Cholet - Les Herbiers) ;
  • Paimboeuf - Saint Hilaire de Chaléons (liaison Paimboeuf - Nantes) ;
  • Coulommiers - La Ferté Gaucher ;
  • Colmar - Breisach (liaison franco-allemande Colmar - Freiburg) ;
  • Haguenau - Rastatt (liaison franco-allemande).

18 avril 2021

Alès-Bessèges : concertation et oppositions

La réouverture se profile

La Région Occitanie vient d'achever un mois de concertation préalable au retour des trains entre Alès et Bessèges, où ils ont disparu en 2012 en raison d'une infrastructure en mauvais état, mais aussi du fait d'une offre squelettique, donc peu utile à la population gardoise, et des considérations de la SNCF pour ce type de lignes. Les 31 km du parcours desservent 145 000 habitants dont 42 000 salariés.

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 Saint Ambroix - 16 mai 2012 - Derniers trains sur Alès - Bessèges où le manque d'entretien des installations était plus que flagrant. Dans un premier temps, la Région mise sur une exploitation avec une seule rame et 7 allers-retours. Pour faire plus, il faudra une deuxième phase d'investissement avec un peu de signalisation automatique d'Alès à Saint Ambroix pour instaurer une desserte avec 2 rames. © Rail Conception

Dans un premier temps, sera instaurée en 2026 une desserte comprenant 7 allers-retours (5 pour Bessèges + 2 limités à Saint Ambroix), avec un trajet Alès - Bessèges en 40 minutes. C'est bien un minimum pour rendre le train visible de ses potentiels utilisateurs, sur un axe où le trafic routier est assez important, notamment d'Alès à Saint Ambroix, avec de l'ordre de 10 000 véhicules par jour. Un nouvel arrêt est annoncé à Alès, près du lycée, dont l'intérêt est relatif car situé à moins de 500 mètres de la gare principale. Un arrêt au nord d'Alès, près de l'hôpital, serait peut-être encore plus intéressant.

Sur la ligne, sont déjà arrivés quelques matériaux provisionnés, à la faveur d'opération de renouvellement sur le réseau structurant, afin de recycler notamment des rails pouvant encore servir une vingtaine d'années sur des lignes moins fatigante que les grands axes.

La Région Occitanie a officiellement saisi l'Etat pour demander le transfert de la gestion de cette ligne, ainsi que Montréjeau - Luchon, selon les dispositions de l'article 172 de la LOM. Une situation particulière : la Région met en concurrence la gestion de l'infrastructure, tout en continuant de confier l'exploitation des trains à SNCF Voyageurs. La politique est aussi affaire d'équilibristes.

Les trains, oui, mais chez les autres !

Quand on veut réactiver une ligne suspendue depuis quelques années, outre le fait que le coût d'investissement est élevé, avec des procédures qui s'apparentent parfois à la création d'une ligne entièrement nouvelle, on a droit à son cortège d'opposants. Voici donc le cas des adversaires au train sur cette ligne. ils mettent en avant, sans surprise :

  • la perturbation de leur quiétude : c'est sûr, des routes à plus 10 000 véhicules par jour (cas de la RD16 entre Alès et Salindres et de la RD904 jusqu'à Saint Ambroix) ne génèrent aucune nuisance ;
  • l'investissement, gaspillage d'argent public, estimé entre 66 et 68 M€ qui va peser sur leurs impôts : on parle des ronds-points et autres déviations ? Ces investissements sont toujours présentés comme des éléments essentiels à la sécurité, voie de l'avenir pour les générations futures etc... ;
  • des coûts d'exploitation élevés pour des trains vides donc jamais rentables, donc vivant de subventions qui se répercuteront sur leurs impôts (encore eux) : si les trains sont vides, c'est - en étant un peu caricatural - parce que les riverains de la ligne ne l'utilisent pas et ne pensent qu'à la voiture pour se déplacer. Certes, quand la desserte comprenait 2 ou 3 allers-retours, c'était assez logique. Mais justement, pour un coût assez voisin de l'offre antérieure à 2012, il y aura déjà plus du double de trains.

Une petite ligne avec un potentiel intéressant

Quitte à froisser ces braves contribuables et électeurs, on serait même tenté de dire qu'Alès-Bessèges est une ligne de desserte fine sur laquelle il serait possible de faire encore mieux. Les 7 allers-retours annoncés par la Région ne mobilisent qu'une seule rame circulant en navette. En ajoutant un second autorail, il serait possible d'instaurer une cadence à l'heure entre Alès et Saint Ambroix, ce qui, compte tenu du trafic routier, serait bien le minimum qu'on puisse proposer. Pour mémoire, rappelons que dans un autre monde ferroviaire, la Suisse, toute localité d'au moins 100 habitants doit disposer d'au moins 4 allers-retours de service public par jour.

Avec un tel trafic routier, on entre dans la catégorie des dessertes - au moins - cadencées à l'heure. Une cadence aux 2 heures est suffisante pour la section Saint Ambroix - Bessèges, mais devra être maintenue le week-end, notamment en été, pour capter un public touristique, amateur de beaux paysages et de randonnées cévénoles.

La ligne aurait alors besoin d'une signalisation uniquement entre Alès et Saint Ambroix, sachant qu'il existe un trafic fret à gérer entre Salindres et Alès. Au-delà, le parcours Saint Ambroix - Bessèges ne voyant l'engagement simultané que d'une rame, pourrait être géré en régime de navette pour une cadence aux 2 heures depuis Alès.

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24 août 2020

Allemagne : des mises à jour

Quelques travaux estivaux sur 2 dossiers de transportrail en Allemagne :

  • l'étude sur la grande vitesse en Allemagne et son modèle territorial polycentrique a été fractionnée en 2 parties pour en améliorer la lisibilité et intégrer certains nouveaux développements ;
  • celle sur le programme Zukunft Bahn a été complétée par les dernières décisions sur les investissements ferroviaires et le renforcement du rôle du chemin de fer : nous avons gardé le titre, même s'il n'est plus vraiment d'actualité (il faut plutôt parler de Bahn 2030 semble-t-il), mais la notion d'avenir du rail dans cette appellation nous plaisait...

23 décembre 2019

Pour la réouverture de Colmar - Breisach - Freiburg

Un peu de classement à transportrail et l'occasion de créer un dossier complétant notre série sur des réouvertures de ligne, ce qui, dans la situation actuelle, ressemble à un scénario de science-fiction : il est consacré aux études franco-allemandes sur la liaison entre Colmar et Breisach, afin de relier Colmar à Freiburg im Breisgau, qui disposera prochainement d'un RER à forte fréquence à l'issue d'importants travaux, dont l'électrification du Breisachbahn. 

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08 juillet 2019

Allemagne : des études de réouverture de lignes locales

Dans le contexte encore incertain sur le devenir des lignes de desserte fine du territoire, la succession d'annonces sur ses études de réouverture de lignes en Allemagne ont de quoi provoquer quelques soupirs de notre côté du Rhin. Au total, pas moins de 180 sections ont été analysées dans le pays. En particulier, trois Lander ont déjà avancé les premières conclusions.

Sur la quarantaine de sections dans le Bade-Wurtemberg, une quizaine pourrait être considérées prioritaires pour une phase d'études plus poussées.

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En Rhénanie du Nord - Westphalie, deux sections sont assez avancées : Münster – Sendenhorst et Harsewinkel – Gütersloh – Verl. Sur la première, longue de 21 km, il serait question d'instaurer une desserte aux 20 minutes jusqu'à Wolbeck et d'envoyer 2 trains par heure à Sendenhorst. Le projet est évalué à 40 M€ avec une prévision de trafic de 13 000 voyageurs par jour en 2030. Sur la seconde, d'une longueur de 27,5 km, une cadence horaire attirerait environ 3100 voyageurs par jour.

Le Land de Saxe étudie également la réouverture de lignes fermées aux voyageurs en 1999 et 2000, sur l'étoile de Rochlitz ainsi qu'entre Pockau-Lengefeld et Marienberg pour un coût estimé à 31,5 M€.

Il ressort que les études actuellement menées évaluent la réouverture de lignes, en traction autonome, à environ 2 M€ par kilomètre. En comparaison, le projet transfrontalier Colmar - Freiburg ressort aujourd'hui à près de 300 M€ pour 18 km de ligne à réactiver côté français et la restauration d'un pont sur le Rhin pour rejoindre le Breisachbahn... ce qui fait quand même horriblement cher, même avec une électrification...

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