26 février 2021

A propos de Taxirail et autres « concepts innovants »

C’est cyclique : reviennent régulièrement des idées « disruptives » dans le domaine du transport public de voyageurs. L’histoire en est riche, le plus souvent accompagnées de cuisants échecs techniques et/ou commerciaux quand l’aventure a commencé à être concrétisée. Citons ainsi uniquement pour la France l’Aérotrain, le monorail Safège, le SK, Aramis et le VEC dans le parking de la FNAC Montparnasse…

Depuis plusieurs mois, émergent de nouveaux concepts qui se présentent comme de nouvelles solutions à court terme pour les lignes de desserte fine du territoire, partant du principe que le mode ferroviaire classique n’est pas adapté, trop cher, trop polluant et désuet.

En tête d’affiche, Taxirail, développé par la société EXID en 2017, se présente comme un « train autonome assurant un service utile pour les voyageurs, rentable pour l'exploitant et à coût nul ou réduit pour la collectivité », destiné à « sauver les petites lignes ». C'est bien ambitieux, mais il est difficile d'en savoir plus sur ce concept : on y arrive, la preuve !

Dans ce nouveau dossier, transportrail liste leurs points de faiblesse un peu trop mis sous le tapis par leurs promoteurs, alors qu’ils sont pourtant nombreux et tout sauf anecdotiques…

En résumé : il nous semble improbable que ces micromodules puissent réellement répondre aux enjeux des lignes de desserte fine du territoire, tant la mixité de circulation avec des trains classiques, inévitable pour proposer un service en phase avec la demande, semble des plus complexes, pour ne pas dire impossible, dans des conditions élémentaires de sécurité. Aussi, ces micromodules ne seraient envisageables qu'en système totalement étanche, ce qui en restreint considérablement la portée. En outre, ne sait rien de la réalité des coûts d'investissement et d'exploitation, si ce n'est qu'il n'est pas raisonnable de croire sur parole leurs promoteurs. Moins cher que le train, on connaît l'autocar, qui peut être un parfait complément du train à un coût de production moyen de l'ordre de 3 € du km-car et des véhicules dont le coût de possession est parfaitement connu et maîtrisé.

La seule certitude que l'on peut avoir, c'est que ces concepts risquent de différer durablement la mise en oeuvre de solutions adaptées aux populations et dont les coûts et la technique sont parfaitement connues ! L'âme des affaires, c'est l'abstrait !

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25 février 2021

PACA : un nouveau protocole pour les "petites lignes"

Un an après les accords survenus en Grand Est et Centre Val de Loire, un troisième protocole Etat-Région a été officialisé en PACA le 23 février dernier. Il prévoit 581 M€ d'investissement pour les 435 km de lignes de deserte fine du territoire, à l'exception de Carpentras - Sorgues, qui est encore récente et n'appelle pas de travaux de renouvellement d'ici 2030. 

Ainsi, l'axe Nice - Breil - Tende s'arroge environ 40% de cette enveloppe avec 246 M€, hors moyens actuellement mis en oeuvre entre Breil et Tende pour restaurer l'infrastructure après les intempéries de l'automne.

A ce sujet, le mur de soutènement de Fontan est toujours en cours de consolidation et SNCF Réseau a eu de sérieuses sueurs froides pour assurer la stabilité de cet ouvrage dont il était difficile de juger a priori des dommages subis par la crue de la Roya. Les premières circulations ont montré que la situation était beaucoup plus grave que prévue mais les conditions d'intervention sont particulièrement difficiles étant donné l'extrême difficulté d'accès. C'est maintenant au cours du printemps, probablement fin avril, que les trains pourront circuler de Breil à Tende. Environ 30 M€ sont engagés dans ces mesures exceptionnelles. Mais ce n'est finalement rien à côté des investissements routiers à réaliser qui seront très coûteux et d'un délai sans commune mesure avec les travaux ferroviaires. Mais la ligne de la Roya revient de loin...

Toujours sur cette ligne, le partage prévu prévoit un financement de la section Nice - Breil par la Région PACA, et un confinancement Etats-Région pour la section Breil - Tende : les gouvernements français et italien ont convenu de se partager à parité la part étatique.

Ensuite, l'étoile de Veynes bénéficierait de 177 M€ tandis que la Côte Bleue, qui fait déjà l'objet de travaux de renouvellement pour lever une partie des ralentissements, serait dotée à hauteur de 158 M€. La clé de financement reste à définir pour ces axes entre l'Etat et la Région.

Evidemment, en face de ces moyens, il serait intéressant de mettre en face des objectifs de service :

  • sur Nice - Tende : la desserte périurbaine jusqu'à Drap ou L'Escarène pour la branche nord du RER azuréen ? quelle fréquence pour Breil et quelle consistance de l'offre dans la haute vallée, et quelles perspectives pour une desserte franco-italienne ?
  • sur la Côte Bleue, le sujet est moins prégnant mais il faudra encore franchir un palier, pour systématiser une cadence à la demi-heure sur cette branche du RER marseillais ?
  • sur l'étoile de Veynes, au-delà de desserte d'Aix en Provence, l'offre dans la vallée de la Durance est concurrencée par des autocars régionaux et le service est peu lisible : un cadencement aux 2 heures sur Marseille - Briançon et renforcé à l'heure depuis Manosque ou Sisteron serait nécessaire pour revigorer cette ligne. Quant à la desserte vers Valence et Grenoble, il faudra échanger avec la Région Auvergne Rhône-Alpes : l'hypothèse d'une cadence à l'heure sur Grenoble - Gap pourrait être envisagée, et il faudrait travailler la ligne du val de Drôme pour consolider au moins les 4 allers-retours (et le train de nuit).

 

20 février 2021

Saint Etienne - Clermont-Ferrand, enjeu électoral

Jusqu'à présent, on n'avait pas senti de grand enthousiasme de la part de la Région Auvergne - Rhône-Alpes pour soutenir cette relation entre ces grandes agglomérations. La suspension de l'exploitation entre Montbrison et Thiers en 2016 avait été considéré comme une fatalité et semblait considérée acceptable compte tenu du faible trafic ferroviaire entre Saint Etienne et Clermont-Ferrand : la présence d'une autoroute donnait même un argument pour expliquer qu'il serait difficilement justifiable d'investir plusieurs dizaines de millions d'euros pour maintenir cette ligne peu utilisée. Aussi, la ligne était hors du champ du plan de sauvegarde du réseau.

Dans l'absolu, on rétorquera aisément que :

  • si une autoroute a été réalisée, c'est bien qu'il y a du trafic ;
  • les clients du train ont été dissuadés à force de dégrader la desserte, en nombre de trains et en temps de parcours ;
  • s'il n'y a pas de potentiel à capter entre des bassins de vie qui dépassent tous les deux les 300 000 habitants, alors c'est à désespérer de l'avenir du chemin de fer, et cet exemple pourrait faire jurisprudence pour d'autres opérations d'élagage du réseau.

La Région avait consenti à financer les travaux afin de réactiver la section Montrison - Boën : un choix quelque peu bancal, car sans vouloir offenser la population de Boën, il faut quand même bien reconnaître que ce petit tronçon n'avait pas grand intérêt et que seule une remise en service complète serait cohérente.

Manifestement, l'approche des élections régionales et la montée en puissance de mouvements locaux demandant le rétablissement du service ferroviaire semble provoquer le retournement rapide d'une célèbre parka rouge. Affirmer à la tribune la nécessité de rétablir la liaison est une chose, et on ne va pas ici la critiquer ; la mettre en oeuvre supposera la clarification de plusieurs points.

Sur le fond, on ne peut que donner crédit à M. Wauquiez de rappeler que ce sujet est d'abord celui du propriétaire du réseau ferroviaire, l'Etat. Mais on le sait, sans un apport de moyens massifs des Régions, le maillage ferroviaire par les lignes de desserte fine serait encore plus lâche qu'il ne l'est actuellement. L'accord signé en janvier dernier permettra-t-il de lancer concrètement le projet de réactivation de la section Boën - Thiers ? Pour engager les études techniques, c'est probable. Pour la réalisation, qui nécessitera probablement plus que les 50 M€ esquissés, il faudra s'en remettre aux orientations de l'Etat, notamment par rapport aux prochains CPER 2022-2027. Mais avant cela, il faudra statuer sur le fond du projet : remettre en service la voie ferrée d'accord... mais pour quel service ?

Rappelons qu'avec 10 arrêts intermédiaires, le train savait proposer une desserte plus fine à temps de trajet comparable. Certes, en voiture, il faut en moyenne 1h30 à 1h40 quand le trafic est fluide. La relance de la desserte Saint Etienne - Clermont-Ferrand nécessiterait a minima une cadence à l'heure matin, midi et soir, et aux 2 heures en journée, soit une douzaine d'allers-retours, mobilisant 4 rames. Evidemment, il serait intéressant d'optimiser les correspondances à Saint Etienne vers Lyon et Paris, et à Clermont-Ferrand vers Paris, afin de mailler les villes régionales. En complément, les dessertes à vocation périurbaine Saint Etienne - Montbrison et Clermont-Ferrand - Vertaizon / Thiers seraient maintenues.

Ce schéma de desserte est-il compatible avec une simple réactivation ou nécessite-t-il des investissements supplémentaires pour gérer les croisements, avec un nouveau système de signalisation à la clé ? Voilà l'enjeu des études.

Voir à ce sujet également l'article du site Raildusud.

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06 février 2021

Du mieux cette année pour les Horlogers

La ligne Besançon - Le Locle, surnommée ligne des Horlogers, sera mise à l'arrêt à partir du 1er mars et jusqu'au 21 octobre pour procéder à des travaux de renouvellement qui porteront sur 35 km du parcours, avec à la clé la mise en accessibilité des gares du Valdahon et de Morteau. L'investissement sur ce point est de 49 M€. Ces chantiers permettront de lever les ralentissements et de procéder à quelques ajustements à la hausse des vitesses en étendant le domaine parcourable à 90 km/h, alors que la vitesse actuelle descend jusqu'à 50 km/h.

En outre, pour assurer la continuité des dessertes transfrontalières, la Suisse a finalement accepté la solution consistant à installer le KVB (quelle modernité !) entre Le Locle et La Chaux de Fonds pour que les X73500 puissent circuler malgré la dépose des équipements Signum, du fait de la généralisation de l'ERTMS niveau 1 sur la ligne. Cet investissement de 5,5 M€ permettra ainsi de temporiser, dans l'attente d'un matériel français équipé ERTMS... et de l'équipement de la ligne, au moins sur sa section frontalière depuis Morteau.

Au total, les 55 M€ sont financés par l'Etat (40,8 %), la Région Bourgogne Franche-Comté (40,8% aussi), l'Union Européenne (10,8 %) et SNCF Réseau (7,6 %).

Les travaux ne prévoient pas d'investissements pour augmenter la capacité de la ligne, différés à une phase ultérieure, probablement au-delà de 2024, du fait des budgets nécessaires, et de discussions à poursuivre sur la future organisation entre Morteau et la Suisse : le besoin est là (jusqu'à 15 000 véhicules par jour au col des Roches) mais il faudra une convergence entre les collectivités en charge des transports, et probablement des Etats, pour la mettre en oeuvre. Côté Suisse, la confirmation du projet de ligne nouvelle entre La Chaux de Fonds et Neuchâtel pourrait être l'occasion d'envisager, outre des navettes locales entre Morteau et La Chaux de Fonds, des dessertes franco-suisse de Besançon à Neuchâtel. Mais il faudrait pour cela utiliser la traction électrique de bout en bout...

20 janvier 2021

Des Régions encore plus impliquées sur l'infrastructure

C'était l'objectif de l'Etat... et il a été tenu, de justesse. Le 29 décembre 2020, donc avant la fin de l'année, est paru au Journal Officiel le décret 2020-1820 qui définit les modalités d'application de l'article 172 de la Loi d'Orientation des Mobilités (LOM pour les intimes).

Outre le fait qu'il précise l'évolution des modalités d'externalisation de certaines missions de gestion de l'infrastructure sous contrôle de SNCF Réseau, il prévoit de nouvelles dispositions autorisant des ruptures plus ou moins fortes dans la gouvernance du réseau. Elles concernent les lignes de desserte fine du territoire. Les Régions peuvent désormais saisir le Ministère des Transports pour :

  • un transfert de missions, essentiellement de maîtrise d'ouvrage pour les études et les travaux ;
  • un transfert de gestion, en lieu et place de SNCF Réseau, donc assurer les missions assurées aujourd'hui par la Société Anonyme ;
  • un transfert de propriété, au-delà du transfert de gestion, sachant que depuis le 1er janvier 2020, le réseau appartient de nouveau à l'Etat.

Les conditions d'application sont cependant en voie de clarification car elles concernent des lignes à faible trafic, majoritairement composé de trains régionaux, sans exclure les activités nationales et le fret dès lors qu'elles restent limitées à quelques circulations. En revanche, pour les Régions envisageant une reprise avec réintégration entre l'exploitation et l'infrastructure, l'Etat doit encore définir la liste des lignes éligibles et la transmettre à l'Union Européenne, en dérogation au processus de libéralisation d'une part, mais aussi aux règles d'interopérabilité. Dans ce scénario, probablement assorti d'un transfert du contrôle de la sécurité de l'EPSF au STRMTG, la présence d'autres circulations et notamment du fret, doit être encore clarifiée : à ce jour, le décret STPG autorise la présence d'autres circulations sous réserve d'une exclusion temporelle (pas de trains de voyageurs pendant la circulation du train de fret sur la section assujettie à ce décret).

A ce jour, la Région Grand Est est la plus engagée dans cette voie, commençant par un premier lot, dans le cadre d'un appel d'offres emportant aussi l'exploitation des trains pour une durée de 15 ans sur 2 territoires : la relation Nancy - Vittel avec le transfert de la section non exploitée au sud de Pont Saint Vincent, et l'ensemble Molsheim - Saint Dié - Epinal assorti de Molsheim - Sélestat (encore que Molsheim - Obernai ne soit pas considérée comme une ligne de desserte fine). La Région Occitanie a manifesté son intérêt pour 2 réouvertures (Montréjeau - Luchon et Alès - Bessèges).

Les Régions engagées dans cette voie espèrent qu'elle procurera une réduction des coûts d'investissement et de maintenance sur l'infrastructure. L'exercice peut être éclairant car aujourd'hui, sur ces lignes, les dépenses réellement opérées par SNCF Réseau sont supérieures aux recettes générées par les circulations. Ces démarches seront peut-être l'occasion d'une opération-vérité sur les coûts inhérents au système ferroviaire, révélant forces et faiblesses du système actuel, et notamment sur l'impérieuse nécessité d'amortir les frais fixes autant que possible pour optimiser le coût du service pour la collectivité.


05 janvier 2021

Retiers - Châteaubriant en travaux

La section Rennes - Retiers a été traitée en 2019 mais le financement des 26 km entre Retiers et Châteaubriant avait été légèrement différé en attendant l'accord de la Région Pays de la Loire. Ainsi, jusqu'à la fin août, pour 20 M€, le chantier va donner un sacré coup de jeune à l'infrastructure, avec un renouvellement quasi complet et même préparer son avenir puisque, comme nous l'avions mis en évidence dans le dossier de transportrail consacré à la ligne Rennes - Châteaubriant, les vitesses avant ralentissement étaient inférieures au potentiel du tracé en courbe du parcours, d'environ 20 km/h. 

A l'époque où les taux ont été définis, les matériels du moment ne pouvaient guère faire mieux, en raison du profil en long assez casse-pattes, avec une succession de rampes de 15 / 1000. Avec des rames modernes, il ne sera pas difficile de rouler entre 90 et 110 km/h selon les sections, ce qui permettrait d'effectuer le parcours Rennes - Châteaubriant en environ 52 minutes, pour assurer par exemple une cadence aux 2 heures avec une seule rame, tandis qu'une seconde viendrait renforcer le service jusqu'à Janzé, à 22 minutes de Rennes. Un bon exemple de combinaison entre renouvellement et amélioration des performances...

Cependant, il faudra envisager une nouvelle phase de travaux, portant cette fois sur la signalisation : Rennes - Châteaubriant est aujourd'hui gérée en cantonnement téléphonique, ce qui, pour un potentiel maillon d'un RER rennais, n'est pas nécessairement ce qui se fait de mieux question débit. C'est avec cette nouvelle étape, qu'on espère à court terme, que seront relevées les vitesses de circulation des trains... qu'on espère rapidement plus nombreux tant cette ligne jouit d'un intéressant potentiel.

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03 janvier 2021

Valenciennes – Lourches en travaux pour 10 mois

Ce maillon de la liaison entre Valenciennes et Cambrai est fermé jusqu’en septembre pour cause de travaux de renouvellement afin de retrouver la vitesse nominale de 90 km/h, qui avait été réduite à 60 km/h en raison de la dégradation de la voie. D’un coût de 33 M€, ce chantier est essentiellement financé par la Région (75%). L’Etat apporte 17,5% et SNCF Réseau les traditionnels 8,5% prévus pour les lignes de desserte fine du territoire : oui, Valenciennes - Lourches est ainsi considérée, même en étant à double voie et électrifiée (l’habit ne fait pas le moine, on ne le dira jamais assez).

carte-valenciennes-lourches

Il est intéressant de noter que cette section est entièrement dans le périmètre de l’agglomération de Valenciennes. Elle est desservie par 10 allers-retours TER, ce qui est peu pour la desserte urbaine, mais constitue un seuil minimal relativement correct pour une liaison entre deux agglomérations (du moins dans le contexte français). Elle accueille aussi une desserte fret pour un site pétrogazier.

Le potentiel de trafic voyageurs de cette section est donc essentiellement capté par le réseau urbain, en particulier la desserte de Denain, qui bénéficie du tramway, et donc d'un effet fréquence, même si les itinéraires sont assez complémentaires. Le train passe par le sud, desservant Trith Saint Léger et Prouvy-Thiant, alors que le tram a un tracé assez direct par Hérin, sur une ancienne emprise de chemin de fer industriel,  passant à 400 m de la gare de Denain, sans la desservir

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23 décembre 2020

Nantes – Bordeaux : du mieux en 2021

L’année 2020 se termine sur l'axe Nantes - Bordeaux avec le retour des trains sur la section Saintes – Bordeaux, interrompus durant 4 mois pour réaliser des travaux d’un montant de 30 M€ destinés à éviter de nouveaux ralentissements sur la section Saintes – Beillant et dans le secteur de Montendre. La vitesse nominale sera rétablie sur cette section en février prochain. Pour l’instant, les ralentissements sévères à 60 km/h entre Beillant et Saint Mariens ne sont pas levés, attendant des travaux de renouvellement plus consistants : il s’agissait de parer au plus pressé et d’éviter un arrêt des circulations.

Ces travaux comprenaient un renouvellement complet de la voie sur 5,5 km, ainsi que des renouvellements ponctuels (2,3 km de rails, 12,7 km de ballast, 3,3 km de plateforme, 1,1 km de travaux hydrauliques. Ces travaux ont été financés à 46,75% par l’Etat, 30% par la Région, 14,6% par le Département et 8,35 % par SNCF Réseau.

Plus au nord, se poursuivent les travaux entre La Roche sur Yon et La Rochelle, qui connaîtront probablement quelques semaines de décalage du fait des effets du confinement du printemps 2020. Le retour des circulations à l’été 2021 devrait être accompagné d’un abaissement significatif du temps de parcours sur Nantes – Bordeaux, autour de 4h20. Les 25 minutes restant à récupérer sont liées à un renouvellement de grande ampleur sur Beillant – Saint Mariens, à ce jour estimé à 55 M€.

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05 novembre 2020

Occitanie : un nouveau Plan Rail

« Il est dommage que le rail ne soit pas une priorité de l’État. C’est pourtant ce qui fait le lien entre les territoires et c’est le mode de transport le plus sûr et le plus écologique. » : une petite amabilité de la présidente de la Région Occitanie à l'égard du gouvernement en guise d'introduction, et ensuite, une annonce de taille. La Région va adopter un plan d'investissement de 800 M€ sur 10 ans, qui devrait principalement porter sur les lignes de desserte fine du territoire, soit plus de la moitié du réseau ferroviaire régional. La Région espère obtenir un engagement similaire de l'Etat mais il semble d'ores et déjà peu probable qu'il puisse s'aligner à ce niveau sur ce qui ressemble fort à un nouveau Plan Rail.

Autre dossier majeur en Occitanie, la ligne nouvelle Bordeaux - Toulouse : la Région mise beaucoup sur la création d'une société de projet dédiée pour débloquer la question du financement, mais il faudra quand même se plonger - et l'eau est bien froide - dans la question délicate de la coordination entre cette LGV et les aménagements des entrées à Bordeaux et Toulouse : AFSB (Aménagements Ferroviaires du Sud Bordelais) et AFNT (Aménagements Ferroviaires du Nord Toulousain) répondent tout autant à l'arrivée de la ligne à grande vitesse qu'à la nécessité d'augmenter la capacité pour le RER bordelais et le RER toulousain. Sauf qu'entre une facture qui approche le milliard d'euros et des fonctionnalités pas forcément compatibles avec les ambititions de desserte, il va falloir réviser la copie, et il n'est jamais bon d'être celui qui recasse le vase de Soissons.

Quant à LNMP sur l'arc languedocien, l'hypothèse d'un premier pas jusqu'à Béziers semble faire son chemin mais il faudra statuer formellement sur un report poli de la gare nouvelle de Béziers, qui, s'il devenait définitif (et c'est souhaitable), impliquerait une évolution non négligeable du projet entre Béziers et Narbonne.

La Région cherche aussi à surfer sur la vague du retour du train de nuit et semble s'intéresser à 3 liaisons. La première, entre Strasbourg et Cerbère ne fait guère de doutes quant à son intérêt. En revanche, un Paris - Millau / Nîmes via Clermont-Ferrand, transitant par les lignes de l'Aubrac pour la première et des Cévennes pour la seconde n'est pas sans poser questions quant à leur bénéfice réel. L'intérêt est limité pour les destinations finales (accessibles efficacement par TGV de jour même avec un départ après 20 heures). La chalandise intermédiaire semble limitée : une arrivée à Paris vers 6h30 implique un passage à Clermont-Ferrand vers 2h30 et donc un départ de Nîmes et de Millau autour de 20h30... Attraper la clientèle clermontoise (la plus conséquente), supposerait une desserte avant 23 heures, avec une arrivée bien trop hâtive à Paris et inversement un départ en fin d'après-midi de Millau et Nîmes...

Enfin, la Région annonce que la rénovation d'une partie de son parc AGC sera assurée par l'entreprise albigeoise SAFRA : la tranche ferme concernera 19 rames et 10 unités supplémentaires pourraient suivre en tranche conditionnelle.

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Aigues-Mortes - 30 décembre 2014 - Un B81500 tricaisse aux couleurs de l'ancienne Région Languedoc-Roussillon vient de franchir le canal sur son étonnant pont pivotant pour entrer en gare. L'occasion d'illustrer à la fois le besoin de renouvellement de l'infrastructure la prochaine rénovation du matériel roulant. © ortferroviaire

08 octobre 2020

Un nouveau Plan Rail Auvergne ?

Outre les annonces relatives à l'amélioration de l'axe Paris - Clermont-Ferrand, le déplacement du Premier Ministre en Auvergne a été l'occasion d'annoncer un accord avec la Région Auvergne Rhône-Alpes concernant les lignes de desserte fine du territoire et les lignes capillaires fret : un Plan Rail de plus en quelque sorte...

Les premières bénéficient de 130 M€, financés à parité par l'Etat et la Région. Le détail des interventions n'est pas encore connu, mais devrait constituer la continuité des mesures engagées dès 2016 dans le plan de sauvegarde régional, de 260 M€. Cette nouvelle enveloppe devrait compléter le financer de ce plan et permettre de nouveaux travaux visant à pérenniser les liaisons depuis Clermont-Ferrand vers Aurillac, Le Puy, Montluçon et Nîmes d'ici 2023. En revanche, pas un mot sur la liaison vers Saint Etienne...

En revanche, pour le fret, la ventilation des 20 M€ accordés est plus précis, et ces moyens concerneront :

  • Volvic - Le Mont-Dore : 7,1 M€
  • Vichy - Puy-Guillaume : 4 M€
  • Vichy - Cusset : 3 M€
  • Riom - Saint Genest l'Enfant : 3,5 M€