11 novembre 2021

Ouest Lyonnais : accorder Région et Métropole ?

S'il est un sujet pour lequel une convergence entre les collectivités en charge des transports en commun est essentielle, c'est bien le développement d'une offre périurbaine type RER. La Métropole lyonnaise est un intéressant théâtre d'observation compte tenu de sensibilités politiques assez différentes entre la Région et la Métropole.

La tarification et l'organisation des offres sont évidemment centrales pour faciliter les conditions de l'usage du train dans les grandes agglomérations (voir le dossier de transporturbain à ce sujet). Dans le cas lyonnais, c'est peu dire qu'il y a encore du chemin à parcourir.

Mais il y a une autre singularité dans la deuxième agglomération de France : le tram-train de l'Ouest Lyonnais est encore largement sous-utilisé par rapport à son potentiel. Problème : l'essentiel de la population desservie est dans la Métropole mais s'agissant de dessertes du réseau ferré national, c'est à la Région que revient la compétence.

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Lentilly - 26 juillet 2013 - Après la desserte de la halte de Charpenay, ce Dualis continue vers L'Arbresle. Le potentiel non capté par le réseau de l'Ouest Lyonnais est considérable... mais pour commencer, il faudrait peut-être que les plans du réseau urbain rendent visibles ces lignes ? © transportrail

Néanmoins, les évolutions du SYTRAL, dont la Région est membre, pourraient à compter de l'année prochaine desserrer un peu l'étau et il serait alors envisageable de déléguer au syndicat mixte la gestion de ces lignes qui, à l'usage, sont indépendantes du reste du noeud ferroviaire lyonnais.

Ce serait d'autant plus logique que Région et Métropole ne manquent pas d'idées - mais chacune dans leur coin - pour développer l'usage du tram-train :

  • évidemment d'abord moderniser la branche Tassin - Lozanne pour la réintégrer complètement dans le réseau et rétablir l'accès direct à Lyon ;
  • rouvrir Brignais - Givors et prolonger la desserte Lyon Saint Paul - Brignais ;
  • créer une nouvelle branche entre Tassin et Craponne marchant sur les pas de l'ancien tramway Fourvière Ouest Lyonnais ;
  • développer l'offre pour atteindre un cadencement à 3 minutes entre Lyon et Tassin, moyennant la remise à double voie du tunnel des Deux Amants entre Gorge de Loup et Ecully Demi-Lune.

Ajoutons aussi les idées de transportrail sur ce réseau :

  • sur la branche de Lozanne, rouvrir la gare de Limonest avec terminus intermédiaire (cadence 15 minutes Lyon - Limonest dont la moitié pour Lozanne) et parc-relais puisqu'elle est située juste à côté de l'autoroute ;
  • créer une nouvelle branche entre Brignais et le pôle hospitalier Lyon Sud où arrivera le métro en 2023, de sorte à ancrer une complémentarité entre des lignes qui pourraient être concurrentes, avec une exploitation Lyon Saint Paul - Brignais - Hôpitaux Sud et ensuite Hôpitaux Sud - Brignais - Givors
  • à plus long terme, Est-Ouest Lyonnais Express

Il faut enfin souligner que le contexte est déjà riche en débats, avec l'émergence d'une idée de téléphérique entre Francheville et Gerland qui ne fait pas l'unanimité et un débat toujours vif sur l'opportunité d'une nouvelle ligne de métro (qui nous apparait surdimensionnée) dans l'ouest de l'agglomération. Dans la période d'intenses concertations lyonnaises sur le développement du réseau de transports en commun, avec un débat vif sur une cinquième ligne de métro,  il serait souhaitable de ne pas oublier le réseau ferroviaire de l'Ouest Lyonnais !


31 janvier 2019

Ouest Lyonnais : la troisième branche sauvée ?

L'avenant au CPER 2015-2020 entre l'Etat, la Région Auvergne Rhône-Alpes et la Métropole du Grand Lyon est peut-être de bonne augure pour la branche de Lozanne du réseau de l'Ouest Lyonnais. En situation de grande fragilité, depuis que son exploitation a été réduite à des navettes Tassin - Lozanne assurées en X73500, en nombre réduit sur une infrastructure obsolète, le spectre de la fermeture commençait sérieusement à planer au-dessous de la voie. Pourtant, avec le déclassement récent de l'autoroute A6 entre Dardilly et Lyon, cette infrastructure pourrait jouer un rôle nettement moins fantomatique, surtout avec l'hypothèse de restauration d'un arrêt à Limonest, avec parc-relais, qui aurait l'avantage d'être à proximité d'une sortie de l'A6.

Ainsi, 40 M€ ont été inscrit dans cet avenant pour des opérations de renouvellement des voies sur l'Ouest Lyonnais dont plus de la moitié, 22,5 M€, concernent la section Tassin - Lozanne. Cependant, il ne s'agit que de la pérennisation de l'infrastructure et non de sa modernisation pour admettre une exploitation électrique par tram-train comme sur les branches de Sain Bel et Brignais, sujet qui semble renvoyé à un prochain CPER... en posant d'autres questions (comme celle du matériel roulant car le Dualis ne sera peut-être plus produit à cette échéance).

On notera aussi que cet avenant, outre des ajustements de participation sur les projets d'aménagement des gares de banlieue, la transformation des gares de Perrache et de la Part-Dieu et plus globalement le noeud ferroviaire lyonnais, confirme les orientations en faveur de deux lignes de BHNS sur d'anciennes emprises ferroviaires, entre Sathonay et Trévoux d'une part, entre Meyzieu et Pont de Chéruy d'autre part. Dans le premier cas, l'hypothèse d'un transfert de maîtrise d'ouvrage au SYTRAL est envisagé puisque le tracé est essentiellement sur le territoire métropolitain et que le BHNS aurait vocation à emprunter le site propre du trolleybus C2 entre la Part-Dieu et Caluire.

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23 février 2015

Lyon - Givors : vers une nouvelle station TER

La section Lyon Perrache - Givors Canal est la seule partie de la ligne de rive droite du Rhône ouverte au trafic voyageurs depuis la fermeture de la section Givors - Nîmes en 1972. Elle est utilisée par la relation Lyon - Saint Etienne qui se partage entre les deux itinéraires. Les trains allant vers la gare de Lyon Part Dieu traversent le Rhône entre Givors et Chasse sur Rhône tandis que les trains vers Lyon Perrache circulent en rive droite.

La desserte comprend en heures de pointe 2 TER Lyon Perrache - Firminy ne desservant - entre Lyon et Givors - que la gare d'Oullins, proposant une correspondance avec le métro B pour rejoindre le quartier de Gerland et la Part Dieu, et 2 TER Lyon Perrache - Givors desservant toutes les gares (Oullins, Pierre Bénite, Vernaison, Grigny le Sablon, Givors Canal et Givors ville). En heures creuses, un TER par heure assure la desserte de toutes les gares entre Lyon et Firminy. L'offre la plus rapide est assurée au départ de la Part Dieu, donc par la rive gauche, toutes les 30 minutes, sur laquelle s'ajoutent des trains directs (TGV Paris - Saint Etienne et quelques TER Lyon - Le Puy).

La rive droite assure donc une fonction de complément et de cabotage local dans un tissu urbain de plus en plus dense. Depuis près de 20 ans, la Région Rhône-Alpes cherche à développer le rôle du transport ferroviaire dans les déplacements de la métropole lyonnaise. Le projet d'une nouvelle station TER au sud de Pierre Bénite, près de l'échangeur des autoroutes A7 et A450 (Lyon - Brignais) s'inscrit dans ce cadre. Il sera mis en enquête publique dans quelques semaines.

Irigny - 24 mai 2004 - La rive droite du Rhône est majoritairement desservie par des rames TER2N. Il y a 10 ans, les Z23500 étaient les  pionnières de ce type de matériel en Rhône-Alpes. La 23539 passe au passage à niveau des Selettes, située au sud du futur emplacement de la station d'Yvours en projet. © Lyonrail

La nouvelle gare sera située dans le quartier d'Yvours et accessible par une nouvelle voirie. Sur le plan ferroviaire, elle comprendra 2 quais longs de 170 m pouvant accueillir 2 rames TER2Nng ou 2 Régio2N, et une passerelle pour rejoindre le quai 1 en direction de Givors. Elle sera dotée d'un parking de rabattement de 290 places, de 6 emplacements d'arrêts pour autobus et autocars et de stationnement pour les vélos.

yvours

L'objectif est de drainer localement les automobilistes vers la gare d'Yvours pour éviter d'augmenter le niveau de saturation de l'A7. Etant donné que la gare sera située dans la deuxième couronne de l'agglomération, le rabattement par transports en commun supposera une adaptation des lignes d'autobus urbaines et interurbaines désormais gérées par le SYTRAL seul et une évolution de la politique tarifaire. Actuellement, deux formules existent : soit un usage illimité des TER dans le périmètre urbain (donc avec toutes les lignes du SYTRAL) pour 76,40 €, ou le couplage d'un abonnement TER limité à une relation (exemple Lyon Perrache - Yvours) avec une remise de 20% par rapport à l'addition des deux abonnements.

Il faudra enfin s'interroger sur l'attractivité d'une liaison certes rapides (tout au plus 10 minutes entre Yvours et Perrache, ce qui n'est guère réalisable qu'en nuit par la route) mais niveau d'offre constant, c'est à dire au mieux 2 trains par heure. Or dans un environnement urbain doté de lignes de bus proposant un intervalle de 10 à 15 min, une offre à la demi-heure semble insuffisamment attractive pour modifier les comportements.

D'où la proposition de Transport Rail d'ajouter au projet une modification du plan de voies pour intégrer une voie centrale pour le retournement de trains terminus Yvours afin de doubler l'offre entre Lyon et Yvours. La capacité de l'infrastructure n'est pas un problème majeur jusqu'à Perrache et le retournement de ces renforts pourrait être effectué soit à Lyon Perrache soit à Lyon Vaise, en attendant un éventuel prolongement plus au nord, jusqu'à Saint Germain au Mont d'Or, faisant alors de la gare d'Yvours la première pierre d'une nouvelle politique de desserte ferroviaire dans l'agglomération lyonnaise.

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