24 février 2015

Rouen Saint Sever avance d'un cran

C'est un projet dont on entend parler depuis plus de 20 ans et qui cette fois-ci semble sur les rails. Victime de son exiguïté et d'un trafic croissant, la gare de Rouen Rive Droite est saturée. Coincée entre deux tunnels dans une tranchée étroite, elle n'offre plus une capacité suffisante ni pour les trains (longueur des quais, nombre de voies) ni pour les voyageurs (circulations verticales des quais pour rejoindre le bâtiment et la ville). Aussi, le principe d'une nouvelle gare a été envisagé et fait aujourd'hui l'objet d'un protocole de financement sur la création d'une infrastructure nouvelle en rive gauche de la Seine, évitant la gare actuelle située en rive droite. Le site retenu est celui de Saint Sever, sur des terrains de l'ex-SERNAM, impliquant une ligne nouvelle essentiellement souterraine longue de 6 km entre Sotteville et Maromme, longeant la Seine.

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Rouen Rive Droite - 7 juin 2013 - Entrée en gare du TER en provenance de Caen assuré par un XGC Bass Normandie. L'exiguité de la gare limite sa capacité à 25 trains par heure, deux sens cumulés, quand le besoin évalué par la Région est de 50 à moyen terme et de 80 à long terme. © transportrail

La nouvelle gare permettra donc de "faire sauter le bouchon" rouennais et ainsi d'augmenter le nombre de dessertes ferroviaires sur l'étoile de Rouen. Elle constitue un élément indispensable à la première phase du projet LNPN, c'est à dire la sortie de Paris jusqu'à Mantes la Jolie, pour augmenter le nombre de trains sur l'axe Paris - Le Havre.

La gare de Rouen Rive Droite et le tracé actuel ne seront pas pour autant abandonnés, puisqu'un projet de desserte périurbaine devrait être lancé parallèlement à la nouvelle gare pour constituer un nouvel axe est-ouest dans l'agglomération, profitant du basculement du trafic des lignes du Havre et de Dieppe par la nouvelle infrastructure.

En revanche, les connexions au réseau urbain de Rouen restent à préciser, de nature à justifier une évolution du réseau de tramways.

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18 août 2009

Normandie : réflexions sur le noeud de Rouen

Si depuis quelques mois, on parle ferroviairement essentiellement des cogitations élyséennes sur un TGV Paris - Le Havre qui, au-dela de la liesse que peut provoquer de tels effets d'annonces, pose autant de questions sinon plus qu'il n'en résout, il ne faudrait pas oublier que l'agglomération rouennaise est également le coeur d'un grand projet mêlant transports et urbanisme.

La gare de Rouen Rive Droite est nichée dans la topographie difficile de la rive droite (d'où son nom !) de la Seine entre deux tunnels à deux voies. Bref, une gare au chausse-pied dans laquelle les trains de 300 mètres sont prohibés pour cause de respect des longueurs de quais (VO144 pour les intimes).

A horizon 2020, les études réalisées par la Région Haute-Normandie considèrent que seuls les trois quarts des trains nécessaires, sans compter la réouverture éventuelle de Rouen - Evreux ou l'apport d'un éventuel TGV, pourraient être tracés.

La création d'une nouvelle gare, en rive gauche, sur des terrains ferroviaires, ceux de la gare Saint-Sever, serait combiné à la fois avec le développement d'une desserte périurbaine, l'ouverture au réseau TGV, la croissance générale du trafic des transports publics, et la volonté affichée de la ville de Rouen de sortir de son image industrielle et de ville satellisée par la capitale. Saint-Sauveur voudrait donc se situer à l'égal d'Euralille ou de Lyon Part-Dieu.

Depuis l'ouest, et en particulier Le Havre, le percement d'un tunnel sous la Seine serait nécessaire afin de rejoindre la gare Saint-Sever, branchée à l'autre bout sur la ligne Rouen - Paris.

Pour la gare historique, l'idée en cours est de la muer en pôle d'échanges du bassin de vie avec la création d'un tram-train diamétral, reliant Barentin à l'ouest à Elbeuf au sud de l'agglomération. Les estimations les plus optimistes (qui sont souvent dépassées) tablent sur 13000 voyageurs par jour. Le tram-train serait sur les voies actuelles de Barentin à la gare historique, puis plusieurs variantes de tracé sont explorées pour rejoindre Elbeuf, par les lignes existantes : deux solutions sont possibles, l'une par la voie unique longeant le complexe industriel du Grand Quevilly et aboutissant à Saint-Pierre-les-Elbeuf via Elbeuf-ville; l'autre par Oissel et Tourville, utilisée actuellement par les TER aboutissant à la gare Elbeuf-Saint-Aubin.

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