23 février 2019

Bretagne : les suites du rapport Rol-Tanguy

Il n'avait pas fait beaucoup de bruit et ses conclusions étaient assez décevantes. Le rapport de la mission confiée à Francis Rol-Tanguy après la décision d'abandonner le projet d'aéroport Notre Dame des Landes a tout de même été l'occasion de quelques annonces de la part du Premier Ministre lors d'un déplacement en Bretagne au début du mois de février. Manifestement, les vieilles manies ont la vie dure...

Le domaine ferroviaire n'a pourtant pas été oublié, et Matignon n'a pas été avare en annonces symboliques. L'objectif d'une liaison depuis le Finistère (Brest et Quimper) vers Paris en 3 heures est réaffirmé. Cela suppose à court terme des trains sans aucun arrêt intermédiaire (sympa pour Saint Brieuc, Morlaix, Vannes et Lorient...) et donc au taux de remplissage des plus réduits. Qu'en pense SNCF Mobilités, qui en ce moment, fait de ce critère l'argument ultime de sa politique d'écrémage des dessertes ?

A plus long terme, l'Etat annonce la mise à l'étude d'une section nouvelle entre Rennes et Redon, recyclant les études réalisées dans le cadre de la démarche (Lignes Nouvelles Ouest Bretagne Pays de la Loire), et le débat public qui avait amené effectivement à prioriser cette section, bénéficiant au sud Bretagne mais aussi à la liaison Rennes - Nantes et au périurbain rennais (en vue d'un RER assez fortement soutenu par la Métropole). Mais voilà : le nord Bretagne se sent déconsidéré et demande une opération équivalente sur l'axe Rennes - Brest. Ou comment l'Etat a mis le doigt dans un engrenage dont il n'a peut-être pas vu la fin : méconnaissance de la géopolitique bretonne ?

260716_333morlaix2

Morlaix - 26 juillet 2016 - Brest à 3 heures de Paris ? Possible soit au détriment du réseau de villes du nord Bretagne... soit à coup de milliards d'euros par la réalisation de nouvelles infrastructures. © transportrail

La Région Bretagne a également révélé qu'elle financerait 4 allers-retours supplémentaires de TGV Paris - Rennes prolongés jusqu'à la pointe du Finistère, représentant une dépense annuelle de 11 M€ par an. Rien que ça !

Mais que penser du soutien renouvelé à l'aéroport de Rennes (850 000 passagers sur l'année 2018) et à l'aide de l'Etat pour une liaison aérienne quotidienne vers Orly ? Sidérant alors que la capitale de la Région Bretagne est à 1h25 de la capitale par TGV, grâce à un investissement de plusieurs milliards d'euros. Sidérant compte tenu du bilan écologique du transport aérien, surtout sur une liaison aussi courte.

Dans ces conditions, l'engagement de l'Etat à achever la mise à 2x2 voies de la RN164 Rennes - Loudéac - Carhaix - Châteaulin apparait finalement assez logique, tout comme sa participation à hauteur de 50% de son coût prévisionnel de 40 M€.

Il ressort donc de ce catalogue des bonnes intentions que l'évaluation environnementale, la préservation de la qualité de l'air, des ressources naturelles et la réduction de la dépendance aux énergies fossiles ne fait pas franchement partie des critères de sélection de l'action publique.

Posté par ortferroviaire à 20:43 - - Commentaires [40] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 août 2018

Rennes - Redon adopte son BAL

Le 31 juillet dernier, la section Rennes - Redon de l'axe Rennes - Quimper a changé de système de signalisation en passant du Block Automatique à Permissivité Restreinte au Block Automatique Lumineux. Réalisée en trois sections migrées depuis le début de l'année 2017, l'équipement de la section Messac - Redon parachève le programme d'un montant de 17 M€.

Les travaux de renouvellement de voie menés en 2014-2015 ont été conçus dans l'optique de relever la vitesse partout où le tracé le permet de 140 à 160 km/h, dispositions pouvant être utilisées avec la nouvelle signalisation.

Il en résulte un gain de temps assez significatif puisque les TER omnibus seront tracés en 40 minutes contre 47 à présent et les sillons directs relieront les deux villes en 34 minutes contre 36 actuellement. La Région Bretagne en profite pour renforcer la desserte. Comprenant jusqu'à présent 19 allers-retours TER sur l'axe Rennes - Sud Bretagne (dont 9 périurbains pour Messac), la nouvelle offre comporte 25 allers-retours (dont 12 périurbains pour Messac) auxquels s'ajoutent 10 allers-retours Rennes - Nantes contre 8 actuellement.

L'équipement en BAL de Rennes - Redon poursuit le processus de modernisation des radiales bretonnes. Il est nécessaire pour renforcer la desserte périurbaine rennaise, qui reste tributaire des contraintes de mixité de trafic avec les TER Intervilles et les TGV... mais subsistent encore des creux de desserte de plus de 2 heures qui ne reflètent qu'une vision malthusienne du chemin de fer pas vraiment compatible avec la perspective d'un RER rennais. Quant à la liaison Rennes - Nantes, la progression est lente, maintenant là aussi des périodes sans trains pouvant atteindre 3 heures, ce qui n'est franchement pas à la hauteur du volume de déplacements entre les deux métropoles. A ce titre, une récente étude a confirmé la faisabilité, moyennant des travaux relativement modestes, d'une desserte Rennes - Nantes toutes les 30 minutes toute la journée...

Posté par ortferroviaire à 18:26 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,
29 avril 2015

CPER Bretagne : accompagner l'arrivée de BPL

Autre CPER majeur par le montant des investissements ferroviaires : la Bretagne. Avec 685 M€, la Région mise sur la réduction du temps de parcours procuré par l'ouverture de BPL pour accompagner la dynamique par des investissements destinés à améliorer les performances du réseau classique et assurer le rattrapage qualitatif des lignes complémentaires.

Cependant, le premier investissement concernera le pôle d'échanges et la gare de Rennes qui s'arrogeront 206 M€. L'addition des projets dans les grandes gares bretonnes sur les deux radiales aboutit à un investissement de 221 M€.

221014_277+21583rennes2

Rennes - 22 octobre 2014 - Complémentarité TER - TGV sur le réseau breton : le gain de temps d'une demi-heure procuré par la LGV prolongée jusqu'à l'entrée de Rennes sera diffusé à l'ensemble de la Région par l'amélioration des correspondances et la recherche de l'amélioration des performances sur les lignes classiques. Les ZTER aptes à 200 km/h bénéficient des relèvements de vitesse déjà engagés sur les lignes de Brest et de Quimper. © transportrail

200215_2148chateaubriant3

Châteaubriant - 20 février 2015 - La rénovation de la ligne de Châteaubriant renforcera son attractivité notamment pour le trafic périurbain. Pour la ville de Châteaubriant, il deviendra plus rapide de passer par Rennes plutôt que par Nantes pour rejoindre le réseau TGV. © transportrail

Au-delà, les études relatives à l'accélération des liaisons Rennes - Brest et Rennes - Quimper par une amélioration des infrastructures existantes et d'éventuelles nouvelles sections mobiliseront 27,5 M€. Pourtant, LNOBPL n'apparaissait pas prioritaire dans les conclusions de Mobilités 21, étant donné que l'enjeu est moins de mettre Brest et Quimper à 3 heures de Paris - ce qui ne concernerait qu'un faible trafic - que d'accélérer l'accès au réseau de villes bretonnes (Saint Brieuc, Vannes, Lorient, Redon) et d'accroître les dessertes au sein de ce système urbain assez linéaire. Sur l'axe Nord, il est notamment prévu d'équiper en Block Automatique Lumineux la section Guingamp - Plouaret.

Au chapitre de la modernisation du réseau complémentaire, la Bretagne investira assez massivement pour la pérennité de l'intégralité des lignes ferroviaires avec notamment 40 M€ pour la ligne Rennes - Châteaubriant, notamment pour le trafic périurbain jusqu'à Janzé, 62 M€ pour la tranversale Dol de Bretagne - Lamballe, 28 M€ sur Guingamp - Paimpol, 8 M€ sur Brest - Quimper mais aussi en faveur du fret sur Saint Brieuc - Auray avec 8 M€ pour revitaliser cet axe demandé par l'industrie agro-alimentaire afin de développer l'usage du rail. Enfin, 4 M€ seront consacrés à l'allongement des quais pour exploiter en UM2 les Régio2N sur l'axe Rennes - Saint Malo.

07 octobre 2010

Accélération des radiales bretonnes

Petit à petit, la Bretagne est un peu moins loin du reste de la France : non pas qu'on ait donné quelques coups de rabot à notre pays (cela ne concerne que quelques niches fiscales), mais plutôt par l'avancée, à une marche bien peu rythmée selon les élus, de la modernisation des deux lignes radiales Rennes - Brest et Rennes - Quimper.

Ainsi, la section Malausac - Questembert sur la ligne du sud Bretagne va passer de 160 à 220 km/h, grâce à un investissement de 37 M€, marquant la première étape d'accélération de la ligne de Quimper. En 2012, la section Auray - Hennebont sera elle aussi relevée à 220 km/h et fera gagner au moins 4 minutes 30. Au nord, sur la ligne de Brest, les 12 km reliant Guingamp à Plouagat sont déjà aptes à la haute vitesse. Rennes - Quédillac et Plouaret - Playber Christ, totalisant 75 km, seront ensuite concernées.

Avec le prolongement de la LGV de Connerré-Beillé à Rennes par le projet Bretagne - Pays de la Loire, la pointe bretonne sera à 3h08 de la capitale contre 4h10 à 4h36 aujourd'hui. 3h08... si les promesses sont de même nature que sur Paris - Genève, ça promet... encore qu'on n'aura pas de rigoureuse réprimande helvétique !

Posté par ortferroviaire à 10:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,