12 juillet 2020

Paris - Mont Saint Michel (presque) directement

La Région Normandie a inauguré lundi 6 juillet une nouvelle desserte ferroviaire entre Paris et Pontorson, la gare la plus près du Mont Saint Michel, à environ 6 km. Cette desserte circule jusqu'au 27 septembre. Elle emprunte l'axe Paris - Granville jusqu'à Folligny et rebrousse dans cette gare pour emprunter la transversale Caen - Rennes.

En semaine, le départ est à 7h32 de Paris Montparnasse pour une arrivée à 11h19 à Pontorson, tandis que le week-end, l'aller quitte Paris à 8h54 pour atteindre Pontorson à 12h40. Au retour, le départ est à 18h16 en semaine et 18h04 le week-end, pour atteindre Paris à 22h05. Une correspondance par autobus est ensuite assurée, intégrée dans le tarif de 27 € le trajet. Sur présentation du billet de train, une réduction est offerte pour la visite de l'abbaye.

Dans l'absolu, la liaison la plus rapide entre Paris et Pontorson passerait par Rennes (1h25 de Paris à Rennes + 50 minutes de Rennes à Pontorson), mais l'initiative de la Région Normandie cherche aussi à bénéficier à l'ensemble des villes de la ligne de Granville... et il ne faut pas négliger les bisbilles entre normands et bretons pour savoir où se situe le Mont Saint Michel. Autre facteur qui n'incite pas à transiter par Rennes : 2 allers-retours seulement sur cette ligne, ce qui fait que même les rennais ne peuvent pas vraiment avoir le réflexe du train !

Avec 2,3 millions de visiteurs par an dont 1,4 pour la seule abbaye, le Mont Saint Michel fait partie des 10 sites les plus visités de France. Le train a assurément une carte touristique à jouer. Au-delà de la communication bien orchestrée sur cette nouvelle liaison avec Paris, il ne serait peut-être pas forcément inutile de repenser complètement la desserte sur cette transversale Caen - Rennes et la desserte de Granville... car manifestement, ce n'est pas le potentiel qui manque !

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12 juin 2019

Normandie : nouvelle offre pour l'horaire 2020

La reprise de la compétence des Intercités Paris - Normandie a été mise à profit par la Région Normandie pour recomposer la desserte ferroviaire de l'ensemble des lignes de son territoire. Le bond en avant est assez notable puisque l'offre augmentera en volume de 20%. En résumé :

  • 16,5 allers-retours Paris - Caen contre 13,5 en 2019 incluant une desserte Paris - Cherbourg cadencée aux 2 heures ;
  • 35 allers et 32 retours Paris - Rouen dont 15 directs Paris - Le Havre, qui gagne 4 allers-retours et une cadence à l'heure toute la journée
  • un aller-retour supplémentaire en semaine sur Paris - Deauville et une offre considérablement accrue le week-end avec 5,5 allers-retours le samedi (contre 1,5 actuellement) et 6 le dimanche (contre un seul en 2019) ;
  • création d'un aller-retour direct Paris - Pontorson via Dreux, Argentan et Folligny pour l'accès au Mont Saint Michel ;
  • le retour des trains de l'axe Paris - Granville à la gare Montparnasse, et non plus à l'annexe de Vaugirard, à l'exception d'une circulation ;
  • retour de La Marée, le week-end uniquement avec un aller-retour direct Paris Saint Lazare - Rouen - Dieppe ;
  • renforcement de la desserte Caen - Coutances - Granville avec 12 allers-retours pour Coutances dont la moitié prolongés à Granville, soit entre 25 et 30% d'offre supplémentaire sur cette transversale ;
  • le repositionnement de la desserte sur l'axe Caen - Le Mans - Tours à volume constant mais avec recherche de meilleures correspondances au Mans vers Tours pour 3 allers-retours. Des évolutions d'offre ont cependant lieu sur les dessertes Alençon - Le Mans - Château du Loir, du ressort de la Région Pays de la Loire

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Dans ce schéma, certaines gares très peu fréquentées seront définitivement abandonnées comme Carantilly, Saint Pierre du Vauvray, Sainte Gauburge ou Pont Hébert. La décision suscite des critiques mais la Région s'appuie sur la très faible fréquentation de ces haltes, pas toujours très bien placées pour capter du trafic. La Région Normandie a également eu une position très tranchée face à Ile de France Mobilités : l'axe Paris - Mantes la Jolie est sous pression et le sera durablement jusqu'au moins en 2025 du fait des travaux multiples sur l'axe, avec par conséquent des temps de parcours qui demeureront détendus. La question de la desserte de Mantes la Jolie, Rosny sur Seine et Bonnières a été délicate. Le compromis a été long à obtenir, profitant aux voyageurs des gares de Vernon à Rouen. Vernon disposera de 24,5 allers-retours, majoritairement directs depuis Paris.

La desserte routière sera aussi améliorée avec une liaison Caen - Flers passant de 5 à 7 allers-retours et une liaison Caen - Falaise passant de 11 à 14 allers-retours.

Une nouvelle offre tarifaire sera mise en place, incluant les actuels Intercités, dans la gamme Tempo existante. Il faut aussi noter que la Région Normandie instaurera la réservation obligatoire sur les trains assurés avec les nouveaux Omneo Premium - dont les premiers seront mis en service en janvier prochain - afin d'éviter les surcharges, d'autant que le lissage sera un peu plus facile avec une offre plus consistante et cadencée. La carte régionale Atoumod évoluera pour intégrer les titres de transports urbains et interurbains pour faciliter l'usage des différents modes de transport.

Beaucoup de nouveautés et on espère évidemment que d'autres évolutions seront ensuite apportées, notamment sur l'axe Caen - Tours, qui nécessitera une concertation étroite avec les Régions Pays de la Loire et Centre, éventuellement entre Rouen, Amiens et Lille, mais aussi et surtout entre Caen et Rouen, pour laquelle nous avons esquissé l'hypothèse d'un TER200 qui supposerait d'électrifier la section Elbeuf - Serquigny.

Notre dossier Rail et réforme territoriale en Normandie.