02 mars 2020

Flixtrain : vers des développements en Allemagne et en France

En Allemagne, Flixbus envisage un report d’une partie de son offre vers le rail, avec un développement des activités de la filiale Flixtrain. Le modèle du transport routier low-cost n’arrive pas à atteindre un équilibre économique qui en ferait une activité durable, sauf à augmenter massivement les tarifs. Les résultats de Flixtrain sont jugés plus prometteurs et la mise en place de la baisse de la TVA sur l’ensemble des ventes de billets de train semble être perçu comme un signal suffisamment décisif. Cependant, cette réflexion met en jeu la capacité financière de l’entreprise, compte tenu des frais fixes plus importants du train, et les possibilités d’utilisation de matériel roulant. Si le marché de la location de locomotives a pris désormais une envergure suffisante, il n’en est pas de même pour celui du parc voyageurs, et on ne sent pas Flixtrain se lancer dans un processus d’acquisition de matériel neuf.

En France, les tests d’équilibre économique demandés par les Régions Hauts de France, Bourgogne Franche-Comté, Auvergne Rhône-Alpes et Occitanie ont tourné à l’avantage des demandes de Flixtrain.

En Hauts de France, l’Autorité des Transports (ex-ARAFER) n’a pu procéder au test, puisque le contrat de service public entre la Région Hauts de France et SNCF Voyageurs transmis par la Région était l’ancienne convention TER Picardie expirant au 30 septembre 2019, sachant que la desserte Flixtrain Paris – Bruxelles est demandée à partir du 1er janvier 2021.

En Occitanie, pas de problème de convention : l’Autorité des Transports a pu procéder au test économique sur la base des 2 allers-retours que Flixtrain envisage entre Paris et Toulouse, axe dont les performances ont été mises à mal ces dernières décennies, et a d’abord validé la méthode retenue par la Région pour évaluer les trains les plus concurrencés et le type de clientèle le plus sensible à l’arrivée de la nouvelle offre, ainsi que l’estimation à 0,15% de la perte de recettes sur la convention liée à cette concurrence. Ce résultat est logique car les deux offres sont assez différentes : Flixtrain envisage une politique d’arrêt plutôt de type Intercités, alors que les TER sont plutôt omnibus (surtout au nord de Montauban).

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Brive la Gaillarde - 26 septembre 2015 - Arrivée d'un Paris - Brive : la desserte de l'axe POLT comprend 10 allers-retours vers cette ville, dont 5 continuent au-delà vers Cahors, où seulement 3 poursuivent jusqu'à Toulouse. L'arrivée de 2 allers-retours Flixtrain semble d'impact relativement limité pour les trains régionaux, même si le calcul a été effectué sur l'ensemble du périmètre de la convention Région-SNCF... mais pour les TET, la concurrence pourrait être bien plus rude. © transportrail

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Gissey sous Flavigny - 22 juillet 2017 - Les 5 allers-retours projetés par Flixtrain sur Paris - Lyon pourraient certainement bousculer la fréquentation et le bilan des 7 allers-retours TER existants. La posture assez agressive de l'opérateur allemand semble cependant confirmer qu'il y a un marché potentiel insatisfait par les offres actuelles. © transportrail

Les deux autres Régions ont fait cause commune (on note au passage que Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire ont été beaucoup moins solidaires avec Occitanie sur l’axe POLT), concernant le projet de 5 allers-retours Paris – Lyon de Flixtrain. L’Autorité des Transports a également validé la méthode, même si les chiffres transmis ne portaient que sur une seule année de la convention Région BFC – SNCF Voyageurs, ainsi que l’évaluation à 2,1% de l’impact de la perte de recettes. Le résultat est plus significatif car les deux offres Paris - Lyon seraient en concurrence plus frontale, en dépit de l’écart de temps de parcours lié à la différence de politique d’arrêts. En revanche, l’analyse de la Région Auvergne Rhône-Alpes sur le segment Lyon – Mâcon n’a pas été validée et l’Autorité des Transports a mené sa propre étude conduisant là encore à l’absence d’impact conséquent.

Par conséquent, il n’y aura pas d’obstacle sur ces éléments à l’arrivée de Flixtrain en France. La question du matériel roulant reste encore cependant sans réponse.

Néanmoins, la démarche retenue par l’Autorité des Transports semble elle-même discutable car elle porte sur la globalité des contrats et non sur un compte d’une ligne donnée. Qui plus est, à supposer que les services ferroviaires librement organisés (SFLO) prolifèrent dans les années à venir, l’accumulation d’analyses portant que l’impact de quelques allers-retours sur la globalité d’un contrat semble quelque peu déséquilibrée. C’est bien à l’échelle de la ligne qu’il faudrait pouvoir évaluer ces nouvelles offres.

Enfin, on peut être étonné non seulement de l’absence de requête des autres Régions de l’axe POLT, qui sont aussi concernées par le projet de Flixtrain sur Paris – Bordeaux… Quant à l’Etat, autorité organisatrice des TET Paris – Toulouse, il a été débouté par l'Autorité des Transports au motif que la convention étudiée s'arrêtait avant la demande des nouvelles circulations Flixtrain.

Enfin, sur Paris – Bruxelles, l’offre Flixtrain pourrait sérieusement mordre les bogies d’Izy, le low-cost de Thalys, désormais assuré par une rame ex-Eurostar pour augmenter la capacité. Avec 1 aller-retour en semaine et 2 le week-end, proposant un temps de trajet de 2h30, la concurrence pourrait être rude…


22 novembre 2017

Lancement d'un Intercités Eco entre Paris et Lyon

Alors que la SNCF refuse depuis des années à la Région Bourgogne Franche-Comté pour d'obscures raisons la création de l'aller-retour TER Paris - Lyon manquant dans la grille actuelle pour aboutir à un cadencement aux 2 heures toute la journée, voici donc l'officialisation de la création d'une liaison Intercités Eco entre Paris et Lyon à compter du 16 décembre le samedi et le dimanche, avec un temps de trajet de l'ordre de 4h30. Les tarifs varieront entre 15 et 32 € en seconde classe et de 22 à 45 € en première classe;

Ces trains desserviront seulement 3 gares intermédiaires : Beaune, Chalon et Mâcon Ville. Le choix de ne pas desservir Dijon est en apparence cocasse, mais il fallait veiller d'une part à ne pas trop fragiliser l'économie des TGV Paris - Dijon et d'autre part à ne pas trop s'attirer les foudres de la Région pour la raison ci-dessus.

Cette première liaison "Eco" parallèlement à une offre TER sera donc à suivre de près...

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06 mars 2017

Création d'un Intercités Paris - Lyon

A compter du 1er juillet, la SNCF lancera une relation Intercités 100% Eco entre Paris Bercy et Lyon Perrache, desservant Beaune, Chalon sur Saône, Mâcon Ville et Lyon Perrache. Ce train ne desservira pas Dijon, tant pour éviter une confrontration directe avec les TGV que pour éviter la concurrence entre cette relation et les TER entre Dijon et Lyon.

Voici les horaires, assez détendus en raison de contraintes d'insertion (notamment des dépassements par des TGV entre Dijon et Lyon) :

  • Paris Bercy 8h26 - Lyon Perrache 13h22
  • Lyon Perrache 14h25 - Pairs Bercy 19h18

Avec 4h58 en sens impair et 4h53 en sens pair, on est effectivement assez éloigné des performances minimales atteignables avec la politique d'arrêt annoncé. En comparaison, les TER relient Lyon Part Dieu à Paris Bercy en 5h13 mais avec un nombre d'arrêt nettement plus important (20 contre 3). Dans l'absolu, il serait possible de viser un objectif de 4 heures sur cette relation.

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24 août 2016

Paris - Lyon en TER : une alternative à l'autocar

La Région Bourgogne Franche Comté propose 5 allers-retours TER entre Paris Bercy et Lyon Perrache, résultant de la diamétralisation de liaisons Paris - Dijon et Dijon - Lyon, permettant notamment une liaison directe entre le nord et le sud de la Région. Avec un temps de parcours de 5h06 et 20 gares desservies, le TER ne fait pas d'ombre au TGV, du moins pas sur le terrain du temps de parcours. En revanche, sur le prix, à 65,60 € en seconde classe (de toute façon, il n'y a plus de voiture de première classe sur ces trains) se situe dans la moyenne des tarifs proposés sur le TGV (pour un achat de billet à J-7).

Mais la comparaison doit prendre aussi en compte l'autocar : avec un tarif variant de 18 à 35 € selon les jours, les heures et les opérateurs, la quête du plus bas prix conduira le voyageur sur l'autoroute plutôt que sur une voie ferrée et le trajet durera au moins une heure de plus que par le TER.

Prestations à bord

Avec le TER, des voitures Corail rénovées, offrant un niveau de confort acceptable pour le train. Lors de la rénovation, la Région a ajouté des prises 220 V mais elles ne sont pas systématiques. Bref, la tablette ou l'ordinateur a intérêt à disposer d'une bonne autonomie... à moins de se plonger dans un bon bouquin qui, lui, ne vous demandera pas de le recharger... Pensez aussi à votre panier repas car nulle voiture bar ni chariot à bord : la France a beau être le pays de la gastronomie, le train vous mettra au régime !

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Fleurville - 18 août 2012 - Le TER Paris - Lyon c'est aussi une autre façon de traverser la Bourgogne et ses paysages. Ici le célèbre site maintes fois photographié du château de Fleurville ! © transportrail

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Intérieur d'une voiture Corail rénovée Bourgogne : évidemment, les sièges sont "lie de vin" et les rideaux "moutarde". Le bleu sous les baies jure un peu. La tablette sur les sièges en vis à vis facilite l'accès aux places situées côté fenêtre mais s'avère d'usage peu commode... © transportrail

De leur côté, les autocaristes annoncent les prises 220 V et USB et même le Wifi... en se gardant de préciser que le débit est limité et qu'il sera bien difficile de regarder un film pendant le voyage...

Pour les bagages, le train est à son avantage car la capacité de stockage est importante (si tant est qu'on soit raisonnable) alors que les compagnies d'autocar limitent fortement le nombre de bagages admis.

Pour les toilettes, le train est aussi en position favorable avec en moyenne 1 espace pour 40 voyageurs contre 1 espace par autocar d'une cinquantaine de places. Reste que la réputation de mauvais entretien des toilettes SNCF hors TGV n'est pas totalement usurpée... mais le voyageur en est parfois - souvent ? - la cause réelle !

TER : une fréquentation importante

Question capacité, les TER sont composés de 9 voitures de 80 à 88 places. Au départ de Lyon, la charge est importante et elle a plutôt tendance à augmenter sur le parcours Lyon - Dijon. La capitale de la moutarde et du pain d'épices est évidemment un important lieu de brassage de voyageurs. Mais ce qui est intéressant de constater, c'est le nombre élevé de voyageurs qui restent dans le train à Dijon : jusqu'à 40% d'une voiture en fin de semaine.

Au-delà, le flux est plus linéaire : assez peu de voyageurs descendant dans les gares situées entre Dijon et Sens, et à l'inverse de nombreux montants, surtout en fin de semaine. Bilan, le train arrive en limite de capacité entre Montbard et Saint Florentin : pour les autres, ce sera debout, sauf à profiter d'une place qui se libère à la faveur d'un voyageur descendant (rassurez-vous, il y en a !).

Un marché entre le TGV et le TER

La fréquentation de ces TER et celle des autocars démontrent - s'il le fallait - qu'il existe un marché pour une offre plus lente que le TGV mais aussi moins chère. La desserte actuelle a le mérite d'exister mais le temps de parcours est tout de même important et ne creuse pas suffisamment l'écart par rapport à l'autocar qui - du moins pour l'instant - offre des prix très bas.

Alors n'y aurait-il pas "de la place" pour une offre classique Paris - Lyon, desservant Laroche-Migennes (pour récupérer la clientèle d'Auxerre), Montbard, Dijon, Chalon et Mâcon ? Un train en moins de 4h30 creuserait l'écart de façon importante avec l'autocar. Il semblerait que la SNCF y pense, mais la présence de l'offre TER impose une certaine prudence, au risque de "piquer" de la clientèle au TER alors que l'objectif premier est de capter des voyageurs qui se détournent du train pour aller dans les autocars et sur les sites de covoturage. A moins que la Région ne prenne les devants et développe elle-même cette nouvelle desserte ?

Quant au matériel roulant, face à des Corail en fin de carrière, l'hypothèse Régio2N dans une version Intervilles apparaît séduisante : arrêts relativement espaces même sur les TER actuels, accès de plain-pied, capacité importante et possibilité d'offrir un minimum de services (prises 220 V, distributeurs automatiques...)

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01 septembre 2015

Vers de nouvelles liaisons Intercités ?

Devant le succès de l’aller-retour Paris – Bordeaux circulant le samedi et le dimanche depuis le mois d’avril, il circulera également le vendredi et le lundi. Cependant, il est toujours orienté en faveur de la clientèle au départ de Paris.

Compte tenu de l’évaporation de la clientèle moins sensible au temps de parcours qu’au prix du voyage, d’abord vers le covoiturage et désormais vers l’autocar, la SNCF envisage de nouvelles liaisons classiques parallèles au TGV. Seraient concernés les axes Paris – Strasbourg, Paris – Nantes et Paris – Lyon. Ces liaisons seraient estampillées Intercités... mais ne seraient pas des Trains d'Equilibre du Territoire car hors convention Etat-SNCF, tout en étant assurées par du matériel dont l'exploitation est financée par cette convention...

Pour Paris - Strasbourg, on peut supposer que la SNCF cherchera un compromis entre le nombre d’arrêts nécessaires pour assurer une fréquentation suffisante et le temps de parcours, probablement pour rester sous la barre des 4 heures. Chalons sur Marne et Nancy apparaissent incontournables. Au-delà : Bar le Duc ? Epernay ?

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Paris Est - 4 janvier 2011 - La BB15014 en tête d'un TER Vallée de la Marne pour Chalons sur Marne, et à gauche un TGV entrant en gare. Verra-t-on le retour d'une desserte classique entre Paris et l'Alsace pour répondre à la recherche de voyages à petits prix sans devoir subir un trajet en autocar ? © transportrail

Pour Paris – Nantes, les liaisons classiques au départ de la gare Montparnasse transitaient avant 1989 par Chartres mais on pourrait aussi imaginer un départ de la gare d’Austerlitz afin de desservir le val de Loire (Les Aubrais, Blois, Saint Pierre des Corps, Saumur, Angers) au prix d’un trajet plus long d’une demi-heure environ, mais avec de plus grandes possibilités de cabotage. Dans les deux cas, la desserte pourrait se retrouver en concurrence avec les TER, que ce soient Paris – Le Mans (TER Centre), Le Mans – Nantes (TER Pays de la Loire) ou les Interloire Orléans – Nantes financés par ces deux Régions.

Enfin, vers Lyon, le positionnement de ces trains poserait la question de la concurrence réelle exercée sur les 5 allers-retours TER Paris – Lyon. Si ceux-ci offrent une desserte directe, elle comprend néanmoins 20 arrêts et 20 minutes d’arrêt à Dijon Ville, ce qui la rend peu attractive pour les voyageurs « passe-Dijon ». L’objectif d’Intercités serait – encore une fois – de rester sous les 4 heures de trajet. Sachant que le Mistral assurait la liaison, avec un arrêt à Dijon, en 3h44, une desserte de Laroche Migennes (pour desservir Auxerre par correspondance), Montbard, Dijon, Chalon sur Saône et Mâcon pourrait maintenir ces train de rester sous ce seuil.

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Montereau - 6 mars 2011 - Si les Régions pourraient voir plutôt favorablement l'arrivée de trains classiques afin d'éviter une trop forte évaporation de la clientèle du fait du prix des liaisons longues distances, Intercités devra prendre garde à éviter de trop concurrencer les TER sur les liaisons développées initialement pour compléter la palette de services, aux côtés du TGV. © transportrail