29 mai 2022

Paris - Berlin en 7 heures fin 2023 ?

Une nouvelle étape dans le partenariat entre la SNCF et la DB : la création fin 2023 d'une desserte diurne entre Paris et Berlin, annoncée en 7 heures par le président de la SNCF. Cette annonce rejoint à la fois la volonté d'afficher la bonne entente entre les deux opérateurs ferroviaires, entre les Etats, la construction d'une Europe des chemins de fer (voir notre dossier sur le projet TEE 2.0) et une réponse à l'inflexion progressive des attentes des voyageurs quant à l'impact environnemental de leurs trajets.

Le premier aller-retour sera assuré avec un ICE3 (BR407) de la DB et un second sera ensuite proposé en TGV EuroDuplex. Il y aura probablement quelques débats sur le confort et les prestations des deux matériels : transportrail vous propose son point de vue sur le sujet... en attendant les nouveaux intérieurs des ICE et peut-être une version européenne de la nouvelle génération de TGV.

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Paris Est - 28 octobre 2016 - TGV EuroDuplex 4710 et BR407 (ICE3 2ème mouture) voisins en gare. Le premier offre un confort général supérieur au second, qui se rattrape par une commodité d'accès accrue et une offre de restauration plus poussée. © transportrail

L'objectif de temps de parcours de 7 heures est assez ambitieux et paraît difficilement atteignable. L'horaire actuel propose au mieux un trajet en 8h03 dans le sens Paris - Berlin, en combinant l'ICE 9565 Paris - Francfort (départ à 15h20) et l'ICE 274 Bâle - Berlin (arrivée à 23h23), avec une correspondance en 13 minutes à Mannheim (arrivée 18h19 - départ 18h32).

La liaison directe pourrait donc être affichée en 7h53 en neutralisant le délai de correspondance à Mannheim. Pour aller plus vite, il faudrait écrémer la desserte. Le 9565 ne dessert que Strasbourg et Karlsruhe. Le 274 s'arrête à Francfort Hbf (avec un demi-tour en 6 minutes qui laisse rêveur), Hanau, Fulda, Kassel, Göttingen, Hildesheim, Braunschweig, Wolfsburg et Berlin-Spandau. Il y aurait moyen de gagner une dizaine de minutes en desservant Francfort Sud pour éviter le demi-tour en gare centrale. Au-delà, il faudrait donc s'arrêter le moins possible ce qui n'est pas simple d'une part en raison de la chalandise potentielle et d'autre part de l'intensité du trafic qui peut amener à domestiquer des sillons rapides. La desserte de Kassel semble difficile à éviter. Entre Hildesheim, Braunschweig et Wolfsburg, un choix serait à effectuer afin de préserver le principe d'une correspondance pour Hannovre.

En conséquence, une liaison Paris - Strasbourg - Karlsruhe - Mannheim - Francfort Sud - Kassel - Wolfsburg - Berlin pourrait peut-être passer sous la barre des 7h30, mais gagner encore 30 minutes supposerait de garer tout ce qui est devant à 20 minutes, ce qui risquerait de poser plus de problèmes qu'il n'en serait résolu. Les ICE-Sprinter de la DB sont peu nombreux car construits hors trame horaire. Les relations France - Allemagne acruelles sont soit dans la trame cadencée soit en dehors, mais avec un temps de trajet non optimisé. Espérer un sillon propre, rapide et distinct des autres circulations, au regard de l'intensité de l'usage des sections empruntées relève à ce stade du voeu pieu.

Pour l'instant, les rames pourraient circuler à au moins 250 km/h de Paris à Strasbourg, puis, après avoir franchi le Rhin, entre Appenweier et Rastatt, entre Karlsruhe et Mannheim, de Fulda à Hildersheim et de Wolfsburg à Berlin-Spandau. D'ici la fin de la décennie, la NBS Mannheim - Francfort sera mise en service et on peut espérer également la réalisation d'une autre ligne nouvelle rapide entre Francfort et Fulda, sans oublier la jonction Rastatt - Karlsruhe. Pour un parcours maximisant les lignes à grande vitesse, il faudrait passer par Hannovre, mais avec un rebroussement pour desservir cette importante ville et carrefour du réseau allemand. Voir également notre dossier sur la grande vitesse en Allemagne.

Le train de nuit trouverait ici aussi une parfaite illustration de la complémentarité avec les services diurnes, en étant d'ailleurs compatible avec un accès direct à un plus grand nombre de villes en France (on pensera par exemple à Nancy) et en Allemagne.

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14 décembre 2021

Trains de nuit : l'heure du retour

Briançon respire... pour 4 ans

Il est de retour : le train de nuit Paris - Briançon avait été suspendu le temps de réaliser la première phase de travaux de renouvellement de l'infrastructure entre Livron et Veynes, puisque l'itinéraire via Grenoble avait été jugé en trop mauvais état (au point qu'il est suspendu entre Clelles-Mens et Aspres sur Büech). Pour les amateurs de montagne dans les Ecrins (on en connait ici), c'est la solution idéale d'autant que les services d'autocars sont bien organisés en correspondance dans les différentes gares.

Normalement, une seconde phase de travaux est prévue en 2026. On espère cette fois que le train de nuit pourra passer par Grenoble...

Miracle à Lourdes

Faut-il y voir un signe de Bernadette ? Le piémont pyrénéen retrouve aussi sa desserte de nuit avec un Paris - Lourdes, desservant Les Aubrais et Tarbes. Quittant Paris à 21h14 (en semaine, 21h51 le week-end), il dessert Tarbes à 7h25 et arrive à Lourdes à 7h43 d'où il repart à 19h56 pour atteindre Paris à 7h09 en semaine et 6h30 le week-end. Dommage de ne pas pousser jusqu'à Pau. Il est prévu en été de prolonger le train jusqu'à Hendaye pour desservir la côte basque, mais là aussi, on se demande pourquoi cette offre n'est pas proposée à l'année, car elle est parfaitement complémentaire avec la desserte TGV de jour, qui ne permet pas d'arriver de bonne heure à destination.

Nightjet à Paris

C'est fait. Le Paris - Vienne, via Strasbourg, Karlsruhe, Munich et Salzburg est de retour avec le Nighjet co-opéré entre les ÖBB, la DB et la SNCF. Le train circule dans un premier temps 3 fois par semaine :

  • départ de Paris à 19h58 le mardi, le vendredi et le dimanche avec une arrivée à Vienne à 10h12 :
  • départ de Vienne à 19h40 le lundi, le jeudi et le samedi avec une arrivée à Paris à 9h42.

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Paris Est - 14 décembre 2021 - Le retour du Paris-Vienne est ssurément la vedette de cette fin d'année, même si la fréquentation était limitée à cause de ce satané virus. Mais le voici, et avec 2 minutes d'avance de surcroît. La SNCF loue une Traxx série 185 pour assurer la jonction avec l'Allemagne. Elle n'est apte qu'à 140 km/h, ce qui n'a pas une importance très significative sur le parcours... mais coûte tout de même 20 minutes sur la section Strasbourg - Paris. © transportrail

Des annonces de l'Etat

Le ministre français des Transports confirme l'intention de l'Etat de relancer des dessertes par trains de nuit, notamment sur le marché européen, en visant tout particulièrement l'Espagne, depuis Paris vers Berlin (fin 2023 en principe), Madrid, Barcelone et San Sebastian, mais aussi au départ de Strasbourg, Luxembourg et Genève en direction de Barcelone. Il est aussi question de restaurer une offre Bordeaux - Nice de nuit, qui pourrait intégrer une tranche vers Genève. M. Djebbari évoque aussi des liaisons vers Rome, Copenhague et Stockholm. Manifestement, le ministre français cherche à faire oublier les échanges aigre-doux des jours passés avec la SNCF suite aux propos de M. Farandou sur la comparaison biaisée des prix du train et de l'avion.