29 août 2022

Ligne 4 : la traction électrique jusqu'à Nogent sur Seine

Depuis ce matin, les installations électriques de la ligne Paris - Belfort - Mulhouse entre Gretz-Armainvilliers et Nogent-sur-Seine sont utilisées par les trains du service commercial, de même que la courte antenne de Provins. 

Le bénéfice de cet investissement de 192 M€ pour 79 km (à double voie de Gretz à Nogent, à une voie de Longeville à Provins) est accru par le fait que les trains ne changent plus de mode de traction en ligne du côté de Roissy-en-Brie, une dizaine de kilomètres avant la fin effective du domaine électrique mais en gare pendant l'arrêt commercial de Nogent-sur-Seine. Les missions Transilien sont pour leur part totalement électriques.

Pas de changement pour le matériel roulant pour l'instant puisque les AGC ne seront remplacés par des Franciliens qu'au mois de novembre. En attendant, la puissance accrue (1700 kW sous 25 kV contre 900 kW à la jante en thermique) sera peut-être utilisée pour réduire les petits retards grâce à des montées en vitesse plus rapides. 

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Longueville - 29 août 2022 - Mêmes matériels mais pantographes levés tant pour le B82679/90 pendant son rebroussement sur une relation Paris - Provins que le B85037/8 assurant le Paris - Vesoul de milieu d'après-midi. Pour l'Ile de France, l'électrification augmentera la capacité d'emport de cette liaison de grande couronne. Pour Grand Est, une amélioration de la fiabilité est espérée (outre la satisfaction politique découlant de ce projet monnaie d'échange de la participation de l'ancienne Région Champagne-Ardenne au développement du réseau à grande vitesse vers l'est). © transportrail

Le bénéfice de cette électrification est surtout au crédit des voyageurs franciliens puisqu'elle permettra donc d'engager un matériel plus capacitaire, même s'il n'est apte qu'à 140 km/h, même si ses assises sont moins confortables et même si les Franciliens sont dépourvues de toilettes (critère revenant fréquemment dans les requêtes à la SNCF et à IDFM). Autre point : l'accès aux trains ne se fera plus de plain-pied puisque les quais restent à une hauteur de 550 mm. C'est probablement un prochain chantier à engager dans les gares... dont la plupart sont en rénovation !

Ile de France Mobilités va pouvoir à partir de novembre se séparer d'une partie de ses AGC série B82500, très prisés des Régions. Dans un premier temps, 3 rejoindront la Région Centre, 2 iront en Bretagne, 2 en Hauts de France, 2 en PACA, 1 en Auvergne - Rhône-Alpes... et le dernier devrait aller en Normandie, mais ce transfert est conditionné à un accord concernant la desserte de Mantes la Jolie, Rosny et Bonnières, gares situées en Ile de France mais hors du périmètre de compétence d'IDFM (qui s'arrête à Mantes la Jolie).

Quant à la phase 2 de Nogent-sur-Seine vers Troyes, le calendrier prévisionnel envisagé désormais une mise en service en 2028 ou 2029. Son intérêt reste toujours modeste mais aura au moins l'avantage de réduire la sollicitation de la motorisation thermique des Coradia Liner (le coup de la panne d'essence est pourtant d'un convenu !). Pour lui donner une toute autre dimension, il faudrait une phase 3 de 141 km jusqu'à Culmont-Chalindrey. De la sorte, la ligne 4 pourrait (re-)devenir un itinéraire bis pour le fret, entre la Grande Ceinture, Toul (sur l'axe Paris - Strasbourg) et Dijon du fait de la continuité électrique avec la ligne 15 (Dijon - Toul). Ce pourrait aussi être un axe à grand gabarit à moindres frais. Et, symboliquement, l'illustration d'un programme d'électrifications destiné non seulement à réduire l'usage des carburants fossiles et améliorer la résilience de l'exploitation du réseau. Pour doubler le trafic en 10 ans, ce serait bien le minimum...

PS : le même article est publié à transportparis, avec un accent mis sur les conséquences pour l'exploitation en Ile de France de la ligne P.


12 juillet 2022

Bientôt la traction électrique au-delà de Gretz-Armainvilliers

Du 2 au 3 juillet, SNCF Réseau a procédé à la mise sous tension de la caténaire 25 kV entre Gretz-Armainvilliers et Nogent sur Seine ainsi que sur l’antenne de Longueville à Provins. Le nouveau poste d’aiguillage informatisé de Gretz-Armainvilliers a été mis en service à cette occasion. Les signaux vont être renouvelés durant la période estivale, avec adaptation des installations à la présence de la traction électrique. Les pantographes pourront être levés au mois de septembre : les AGC seront remplacés par des Franciliens sur la relation Paris – Provins, qui gagnera en capacité, mais perdra en confort (pas de siège 1650 mm contre 1750 mm, assise et dossier plus raides, pas de toilettes à bord) et en performance, puisque le nouveau matériel plafonnera à 140 km/h sur les 30 km aptes à 160 km/h).

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Paris Est - 4 mars 2022 - L'un commence à partir, l'autre finit d'arriver : 11 AGC série 82500 vont être libérés par Ile de France Mobilités, tandis que le dernier chaudron de la 360ème et dernière rame de la série Z50000 vient de sortir de l'usine de Crespin. © transportrail

Sur les relations Paris – Troyes – Belfort – Mulhouse, le seul changement concernera évidemment la réduction du périmètre d’utilisation des moteurs Diesel, ce qui diminuera leur sollicitation. La transition d’effectuera à l’arrêt en gare de Nogent sur Seine, où est implantée la nouvelle sous-station.

La phase 2 entre Nogent sur Seine et Troyes a encore ripé dans le calendrier, faute d’un portage soutenu de l’Etat et de SNCF Réseau.

11 mai 2022

Paris - Troyes : phase 1 presque achevée, phase 2 incertaine

Cet été, les 73 km situés entre Gretz-Armainvilliers et Nogent sur Seine ainsi que les 7 km entre Longueville et Provins seront électrifiés en 25 kV.

La desserte Transilien Paris - Provins pourra être assurée avec des automotrices Z50000 Francilien en remplacement des AGC devenus insuffisamment capacitaires : 11 d'entre eux vont être libérés ce qui devrait intéresser les Régions d'autant qu'il s'agit de rames bimodes et bicourant. Les voyageurs perdont les toilettes, le confort de voyage sera moindre mais le parcours sera totalement électrique. En outre, des arrêts intermédiaires pourront être ajoutés dans les gares à quais hauts du RER E, mesure impossible avec les AGC à accès bas, qui devraient probablement trouver preneurs dans les autres Régions.

La desserte de la Région Grand Est sur l'axe Paris - Belfort (voir notre dossier sur celui-ci et notre reportage à bord des nouvelles rames) pourra circuler en traction électrique sur un plus grand linéaire, avec un changement de mode de traction à l'arrêt de Nogent sur Seine, devenu systématique. La partie thermique de la motorisation des Coradia Liner sera moins sollicitée ce qui devrait améliorer sa fiabilité. La SNCF s'est d'ailleurs retrouvée contrainte à précipiter le renouvellement de certains blocs moteurs sur cette famile de trains, outre la découverte d'un défaut de connectique imposant de reprendre l'ensemble de la flotte.

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Paris Est - 4 mars 2022 - Les Coradia Liner troquent progressivement la livrée SNCF pour la livrée régionale Fluo qui n'est pas forcément compatible avec la ligne naturelle du train. Ils vont pouvoir dès l'été circuler en traction électrique jusqu'à Nogent sur Seine. © transportrail

Ces travaux avaient été évalués à 140 M€ aux conditions économiques de 2010. Le coût final devrait se situer entre 183 et 189 M€ selon les chiffres fournis par SNCF Réseau au Conseil d'Orientation des Infrastructures. L'opération accuse une année de retard, dont une partie peut être mis au passif de la crise sanitaire.

En revanche, la phase 2, entre Nogent sur Seine et Troyes, reste dans le flou puisque sa réalisation n'est plus envisagée avant 2027 voire 2029. Le budget de 102 M€ initialement estimé devrait être dépassé, ne serait-ce que par l'actualisation des coûts liée à un décalage d'au moins 5 ans des travaux.

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Nogent sur Seine - 2 septembre 2019 - Le B85017/18 file en direction de Troyes avec en arrière-plan la centrale de Nogent sur Seine. Sa proximité a motivé le choix de l'installation de la sous-station et donc du phasage du projet. Pour l'instant, la traction thermique sera toujours d'usage au-delà de cette gare. Pour combien de temps ? © transportrail

L'intérêt de cette phase 2 est d'abord politique, pour satisfaire les élus champenois et notamment le maire de Troyes. Il est ensuite technique, toujours pour limiter la sollicitation de la partie thermique des rames engagées sur cet axe. Sur le plan environnemental, il y a certes une réduction de l'utilisation de carburant d'origine fossile, mais l'impact est assez restreint puisque ne concernant que la douzaine d'allers-retours circulant entre Paris et Troyes. L'évaluation socio-économique est donc assez peu favorable.

Deux angles d'approche sont possibles :

  • soit la phase 2 est trop longue... et le projet pourrait être limité à la phase 1, en le combinant avec une solution de décarbonation du carburant pour les sections non électrifiées : ce pourrait être un scénario qui intéresse beaucoup le ministère des Finances... et SNCF Réseau de plus en plus près de ses sous (il est vrai peu nombreux) ;
  • soit la phase 2 est trop courte : sur le plan fonctionnel, l'électrification Nogent sur Seine - Troyes ne servira qu'aux trains de voyageurs de l'axe Paris - Troyes - Belfort - Mulhouse. En électrifiant la section Troyes - Culmont-Chalindrey, la ligne 4 pourrait redécouvrir une vocation oubliée depuis de nombreuses décennies car elle pourrait servir d'itinéraire de délestage pour le fret sur les sections Valenton - Dijon et Gagny - Toul en utilisant la ligne 15 Dijon - Toul. Dans ce cas, il serait possible de massifier des chantiers de renouvellement et de modernisation sur ces itinéraires assez stratégiques en offrant une solution alternative équivalente (car électrifiée de bout en bout). Les trains de nuit pourraient aussi en bénéficier.

Conclusion, la phase 2 de cette opération n'aurait vraiment de sens que si elle précédait une phase 3 longue de 141 km !

17 mai 2019

Paris - Belfort : du prestige à l'aménagement du territoire

Voilà longtemps que nous avions commencé à plancher sur cet axe - en principe - connu de tous les amateurs, parce qu'il a accueilli de grandes séries de locomotives à vapeur de vitesse, avec les imposantes 241A et 241P, parce qu'il a été un des premiers terrains pour les TEE incarnant la construction de l'Europe ferroviaire et parce qu'il a été le bastion des CC72000 pendant plus de 40 ans. Dernière grande radiale n'étant pas encore totalement électrifiée, celle qu'on appelle encore Ligne 4, n'est plus l'axe prestigieux qu'elle a jadis été. La desserte voyageurs est intégralement passée sous la coupe de la Région Grand Est, qui a mué le service Intercités en une longue relation au service du réseau de petites et moyennes agglomérations entre l'Ile de France et le Territoire de Belfort, et restauré un accès direct à Mulhouse.

Les travaux d'électrification ont débuté entre Gretz-Armainvilliers et Troyes : une opération d'inspiration très politique, contrepartie à des financements régionaux sur le développement du réseau à grande vitesse, bénéficiant surtout à l'Ile de France pour traiter des problèmes capacitaires sur la relation Paris - Provins... et l'épineuse question de la desserte de Bry-Villiers-Champigny du Grand Paris Express.

En revanche, à l'autre bout de la ligne, la ligne a besoin d'investissements conséquents, entre une voie bien usée et une signalisation obsolète (quoique suffisante pour écouler 5 allers-retours voyageurs et quelques trains de fret très épisodiques), et, qui sait, s'il fallait trouver un itinéraire pour le fret à grand gabarit, peut-être que cette grande radiale à faible trafic, et comprenant surtout peu de tunnels, pourrait trouver un nouveau souffle...

transportrail vous emmène donc sur Paris - Belfort !

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08 avril 2019

Discret retour du train des eaux à Vittel

Vendredi 5 avril, la relation directe Paris - Vittel via Culmont-Chalindrey et Merrey a été rétablie par la Région Grand Est. Cette relation est obtenue par coupe-accroche à Culmont-Chalindrey d'une rame sur un aller-retour Paris - Mulhouse. Cette restauration - un peu vieille France quand même - est discrète car très peu médiatisé et limitée à un aller-retour par semaine jusqu'en octobre. Qui plus est, les circulations en heures creuses sur l'axe Paris - Belfort vont être sérieusement bousculées par les travaux d'électrification de la section Gretz - Troyes et la rénovation du viaduc de Chaumont. Autant dire que les résultats de fréquentation ne pourront être que très modestes...

On notera enfin que la section Merrey - Vittel retrouve une desserte voyageurs, si modeste soit-elle...

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30 novembre 2018

Paris - Mulhouse : les Coradia Liner au banc des accusés

Depuis février 2017, les Intercités Paris - Belfort sont assurés par des automotrices bimodes B85000, dérivés du Régiolis d'Alstom. Du matériel neuf sur cette relation : il était temps ! Mais après plus de 18 mois d'exploitation, le bilan est loin d'être glorieux, ce qui donne à la relation une réputation encore plus mauvaise et lui a procuré les honneurs du journal de 20 heures de France 2 hier soir.

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Troyes - 9 août 2017 - On espérait beaucoup du remplacement des rames Corail tractées par des CC72000/72100, mais pour l'instant, le Coradia Liner semble poser plus de problèmes qu'il ne devait en résoudre... © transportrail

Trains bondés, voyageurs debouts dans les couloirs pendant 3 heures, voire même dans les toilettes qui, de toute façon sont souvent à court d'eau : le reportage est intransigeant. Les trains, désormais des TER gérés par la Région Grand Est depuis le transfert de la compétence de la relation, sont généralement prévus en UM2, mais sont le plus souvent assurés avec une seule rame, faute de disponibilité du parc. Les raisons sont multiples. D'abord la dispersion d'une partie du parc sur la relation Paris - Vallée de la Marne en heures creuses, les roulements de matériel inadaptés à l'autonomie de ces rames qui doivent circuler en traction Diesel de Gretz-Armainvilliers à Belfort, et une fiabilité intrinsèque insuffisante. Alstom reconnait ces difficultés et annonce un plan de rétablissement de la disponibilité du parc dans le courant de l'hiver. La Région Grand Est a annoncé l'acquisition de 5 rames supplémentaires pour améliorer l'organisation de la production... mais le bilan pour l'instant est peu flatteur d'autant que certains détails laissent interrogatifs : certains trains doivent desservir des gares dotées de quais courts, comme Vandeuvre, avec une longueur de 198 m pour des trains en UM2 de 220 m. En conséquence, la seconde rame est inaccessible de Mulhouse à Troyes !

Pourtant, la Région avait consenti un effort important, en récupérant la compétence sur cette relation, en ajoutant un cinquième aller-retour avec une nouvelle politique d'arrêt. Néanmoins, le bilan n'est à ce jour pas à la hauteur des espérances de ceux qui ont conçu ce nouveau service, ni de ceux qui l'utilisent.

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23 août 2017

Paris - Belfort : le Coradia Liner à notre banc d'essai

Ils ont osé défier sur son axe de prédilection la locomotive Diesel "mythique". Quoi ? Une vulgaire automotrice moderne à la place des CC72000 et des voitures Corail sur Paris - Belfort ?

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Paris Est - 8 août 2017 - Quel beau temps ! Dans cette ambiance tout sauf estivale, les B85000 font désormais partie du paysage ferroviaire de la gare de l'Est. Sur ce cliché, on aperçoit un UM2 et un US sur les voies 10 et 11. Autres nouveaux bien connus désormais, les ICE 3 "deuxième version" sur les liaisons France-Allemagne, sur les voies 7 et 8. La rame Corail voie 9 est prise en sandwich entre ces deux jeunes générations. © transportrail

C'est maintenant chose faite : les B85000 alias Coradia Liner, ont été commandés par l'Etat non sans une dose de précipitation en piochant dans le marché du Régiolis confié à Alstom pour les besoins du TER. A force d'avoir sans cesse repoussé l'échéance du renouvellement, quitte à maintenir des locomotives à bout de souffle et des Corail pas de la première fraicheur, il fallut se résoudre à investir... mais il fallait faire vite, et aucun autre marché n'était disponible. Alstom a donc présenté une nouvelle version censée répondre aux besoins de trajets d'environ 4 heures. Ces nouvelles rames ont fait main basse sur les relations Paris - Troyes et Paris - Belfort et font leurs débuts sur Nantes - Bordeaux depuis quelques semaines.

Nous avions déjà testé la version Intervilles du Régiolis, la version régionale la plus confortable, sur l'axe Paris - Granville. Nous avons embarqué à bord du train 1543 Paris - Belfort pour nous faire notre avis sur cette nouvelle version. Le nouveau dossier de transportrail attend vos commentaires.

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11 avril 2017

Paris - Belfort : fin des CC72100 et nouvelle offre en 2018

C'est dans l'anonymat le plus total que les CC72100 ont cédé la relation Paris - Belfort aux Coradia Liner ce dimanche 9 avril. Les B85000 sont désormais suffisamment nombreux pour assurer les 4 allers-retours Paris - Belfort, en UM2 au besoin, proposant une capacité de 534 places pour 481 places dans la formation de base à 6 voitures Corail et 569 pour les cas de forcements à 7 voitures.

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Fayl-Billot - 16 juin 2012 - Une image désormais du passé : une CC72000 - remotorisée et rebaptisée 72100 - et une rame Corail sur la relation Paris - Belfort. La plus puissante des locomotives Diesel a perdu sa dernière relation voyageurs. © V. Bougard

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Vitrey-sur-Mance - 3 mai 2012 - Loin de leur gloire d'antan, les CC72100 se sont toujours révélées fragiles : la remotorisation destinée à réduire la pollution a un peu plus dégradé la fiabilité de ces machines avec au passage des retards fréquents du fait de nombreuses détresses en ligne. Quant aux voitures Corail, leur confort n'est plus tout à fait au goût du jour... © M. Bellmann

Au service annuel 2018, la desserte de l'axe Paris - Belfort sera réorganisée avec 15 allers-retours cadencés à l'heure entre Paris et Troyes, desservant systématiquement Nogent sur Seine et Romilly. Sur ces 15 rotations, 11 poursuivront jusqu'à Chaumont. Au-delà, en direction de Belfort, la desserte gagnera un cinquième aller-retour et surtout, 4 des 5 relations Paris - Belfort seront prolongées à Mulhouse, en reprenant un volume d'offre TER semi-direct existant.

Ainsi, la Région Grand Est mise sur une restructuration de l'offre de base de l'axe et optimise les circulations TER pour restaurer une offre Paris - Mulhouse qui restaurera la connexion de la "ligne 4" avec l'axe majeur alsacien Strasbourg - Mulhouse et favorisera les liaisons avec Bâle et la Suisse. On est loin de la vision "Intercités" qui proposait de réduire l'offre Paris - Troyes à 9 allers-retours et de ne laisser que 2 rotations atteindre Belfort.

Pour la liaison Paris - Belfort, la mise en chantier de l'électrification de la section de Gretz à Troyes, dont l'utilité n'est guère qu'électoraliste, est évidemment mise sous les projecteurs pour montrer que l'Etat se préoccupe de l'infrastructure. Cependant, au-delà de Troyes, la situation est un peu moins flatteuse, surtout entre Chalindrey et Lure, où il faudra à la fois renouveler la voie, mais aussi la signalisation, la section étant toujours gérée par block manuel. Compte tenu du nombre de circulations, 10 actuellement et 12 en 2018, deux sens cumulés, il n'est pas interdit de s'interroger sur la pertinence de conserver la double voie sur la totalité du linéaire : une étude horaire permettrait de définir le besoin réel en infrastructures pour l'exploitation de la ligne, en intégrant les attaches horaires de l'Ile de France et de Mulhouse.

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Amoncourt - 25 mars 2017 - L'axe Paris - Belfort inaugure les nouveaux Coradia Liner, série B85000 : commandés et financés par l'Etat, ils sont transférés à la Région Grand Est qui a récupéré la compétence sur les Trains d'Equilibre du Territoire. Le logo de la Région ne devrait pas tarder à faire son apparition sur ces rames. Le contraste générationnel entre un matériel flambant neuf et les poteaux télégraphiques de la signalisation sur une section en Block Manuel trahit la vétusté de la ligne entre Chalindrey et Belfort... © R. Reiss

La presse relate que 60% de la clientèle entre Troyes et Belfort est originaire de... Corée du Sud ! Il semblerait que, pour limiter les coûts de déplacements, certaines entreprises industrielles sud-coréennes organisent leurs déplacements en Europe, entre l'Italie et la France, via cet itinéraire, apparemment pour l'industrie de précision franc-comtoise. Etonnant non ?

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12 février 2017

Tout nouveau, tout beau, voici le Coradia Liner

Depuis le 6 février 2017, deux allers-retours quotidiens Paris - Belfort sont assurés en Coradia Liner.

Ce matériel est très proche du Régiolis, construit également sur une plateforme Coradia, mais il imprime une nouvelle personnalité par son habillage et son aménagement intérieur. Outre Paris - Belfort, le Coradia Liner sera déployé progressivement sur Nantes - Lyon, Nantes - Bordeaux et Paris - Boulogne, signant le grand retour des automoteurs sur les grandes lignes depuis l'époque des RTG.

transportrail est allé fureter en Gare de l'Est pour apercevoir la bête...

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 Paris Est - 10 février 2017 - Et la voilà. Une vraie bête de somme, qui, malgré son regard patibulaire, ne semble pas effrayer les passagers. Ce jour-là, deux Coradia Liner sont à quai et, avant même l'affichage du train, nombreux sont ceux qui savent déjà que le Paris-Belfort sera l'un d'eux. © E. Fouvreaux

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Paris Est - 10 février 2017 - On voit bien ici la structure symétrique du train, de deux fois trois caisses, avec deux bogies contigus au centre de la rame, arborant évidemment la livrée "carmillon"... jusqu'à l'apparition des logos de la Région Grand Est qui récupèrera bientôt le financement de la ligne ? © E. Fouvreaux

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Paris Est - 10 février 2017 - La version TET du Coradia reproduit la disposition intérieure du Régiolis avec ces très longues rampes de passage au-dessus des bogies dont on cherche toujours la justification : un fauteuil roulant ne passe pas dans le couloir et la position d'environ un tiers des sièges en dessous du niveau du couloir génère déjà des chutes fréquentes dans le Régiolis. Les méfaits d'une application étriquée du concept d'accessibilité ! © E. Fouvreaux

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Paris Est - 10 février 2017 - En première classe, la disposition des fauteuils en quinconce et à différentes hauteurs ne manque pas d'originalité. Une manière d'offrir à chaque passager le sentiment d'être unique ? D'un point de vue plus pragmatique, cette disposition permet d'étaler ses jambes et libère un espace bagage directement accessible à côté du siège. Les couleurs reprennent les ambiances de la rénovation 3 des TGV PSE. © E. Fouvreaux

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Paris Est - 10 février 2017 - Le train est équipé à la fois de portes classiques et de portes utilisables par les PMR. Toutes sont d'une finesse remarquable : on les prendrait pour un smartphone dernier cri ! Leur faible encombrement, y compris en position ouverte, permet d'optimiser la largeur utile du train. Espérons que ces portes se révèleront dans la durée aussi fiables et solides que simplement belles. © E. Fouvreaux

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Paris Est - 10 février 2017 - Face aux toilettes, un espace pour les bagages. Notons qu'à plateforme identique, le Coradia Liner offre 267 places, contre 328 pour le Régiolis exploité notamment sur Paris-Granville. En comparaison, les RTG offraient, quant à elles, entre 280 et 300 places. © E. Fouvreaux

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Paris Est - 10 février 2017 - Décidément très "branché", le Coradia Liner ! Pour certains jeunes observateurs, son design évoque un personnage d'Angry Birds. Souhaitons-lui autant de succès, et une longue vie. © E. Fouvreaux

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15 décembre 2016

Paris - Belfort : début des travaux d'électrification

Satisfaction pour les élus de l'Aube : les travaux préliminaires de l'électrification Gretz - Troyes ont débuté, avec la préparation de la base travaux. Le projet, controversé, se déroulera en deux étapes. La première amènera la caténaire à Nogent sur Seine en 2021, Troyes étant atteinte l'année suivante.

D'un coût de 320 M€, cette électrification pose toujours question quant à son utilité réelle étant donné que les matériels automoteurs bimodes procurent les mêmes performances que les matériels électriques sur ce type de desserte à arrêts peu fréquents. L'intérêt de cette électrification se situe principalement en Ile de France : elle permettra d'exploiter les missions Paris - Provins en Francilien, plus capacitaires - mais moins rapides - que les AGC actuellement employés, et autorisera l'ajout des arrêts de Gretz et de Bry-Villiers-Champigny pour procurer une correspondance avec le RER E et la ligne 15 du Grand Paris Express. Les bénéfices pour le fret sont plutôt limités compte tenu du trafic modeste sur la ligne, et de l'absence de continuité jusqu'à Chalindrey pour rejoindre l'axe électrifié reliant Dijon à Toul (aïe, transportrail vient de donner une mauvaise idée...). Quant à ceux qui croient qu'un TGV viendra desservir Troyes, ne brisons pas la magie de Noël !

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