23 mai 2016

Mobilisations ferroviaires dans le Massif central

Ils étaient environ 200 devant la petite gare de Laroquebrou, sur la ligne Brive - Aurillac ; autant à Saint Chély d'Apcher sur la ligne des Causses ; environ 150 à Villefort et à Langeac sur la ligne des Cévennes ; un peu moins à Laqueuille sur la ligne Clermont - Brive / Le Mont-Dore. L'avenir à court terme de ces lignes devient de plus en plus préoccupant.

Entre un Etat qui n'a plus de moyens et qui consacre le peu qui lui reste à faire la promotion de la route ou faire miroiter des projets de LGV, un gestionnaire d'infrastructures endetté et qui reste sur des coûts de renouvellement élevés et un opérateur oeuvrant par sa passivité au service de la cause routière, il convient toutefois de ne pas se tromper de combat. L'objectif principal est avant tout d'assurer la pérennité de ces lignes avant de se poser la question du label des trains qui y circulent. Sur la ligne des Cévennes, la défense du caractère national de la desserte Clermont - Nîmes apparaît quelque peu dépassé : ce qui compte, c'est que des trains roulent, peu importe qu'il s'agisse d'un TER ou d'un TET.

On aura noté dans les déclarations des élus lors de ces manifestations le propos du président de la communauté de communes du Sancy : celui-ci rappelait devant les caméras de France 3 Auvergne que 45% de la capacité d'hébergement touristique dans le Puy de Dôme était concentrée autour de ce massif du Sancy, désormais privé de desserte ferroviaire, alors que celui-ci est candidat à un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO. Difficile d'imaginer la préservation d'un patrimoine naturel et d'encourager le tourisme avec des moyens de transports agressifs pour ces espaces... Voir à ce sujet notre dossier sur la ligne du Mont-Dore.


02 mai 2016

Le Mont-Dore : on démantèle !

Du passé faisons table rase ! La SNCF a fermé les portes de la gare du Mont-Dore le 29 avril dernier. Dans le même temps, la voie d'évitement de la gare de La Bourboule a été neutralisée, privée de ses deux aiguilles et un heurtoir a été posée sur le moignon de ligne qui menait au Mont-Dore. La section de Volvic à La Bourboule passe sous le statut de la Voie Unique à Trafic Restreint, "capillaire fret" selon l'appellation du moment.

De la sorte, celui qui aura l'idée saugrenue de proposer un service combiné train - autocar entre Clermont Ferrand et la station de ski Super Besse poura toujours aller se rhabiller. On attend avec impatience le sort du train des eaux minérales de La Bourboule, qui avec son rythme hebdomadaire, risque de ne plus tenir très longtemps. Quelques camions de plus sur les routes, "quel mal y a-t-il à ça" dirait Françoise Hardy ?

Tant d'empressement pour procéder à ces neutralisations impressionne : on aimerait la même célérité pour renouveler certaines éclisses...

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05 janvier 2016

Sous prétexte de sécurité, les fermetures commencent

Sans que cela ait été annoncé comme tel, la suspension du trafic entre Volvic et Le Mont-Dore risque d'être définitive. Le report sur route n'est officiellement qu'une suspension de l'exploitation ferroviaire du fait des problèmes de shuntage des X73500 (qui doivent circuler sur nombre de lignes en UM2 a minima, ce qui réduit le nombre de compositions pouvant être engagées), mais qui fait bien l'affaire d'un opérateur qui de longue date avait mis cette ligne sur sa liste noire et d'une autorité organisatrice qui préfère laisser faire que d'agir.

Donc après la fermeture de Laqueuille - Ussel, c'est la section Volvic - Laqueuille - Le Mont-Dore qui est privée de circulations voyageurs. Certes, il ne s'agissait que d'un pauvre aller-retour Clermont-Ferrand - Le Mont-Dore en mi-journée, mais on peut aussi se poser la question du devenir de la desserte fret de La Bourboule (trains d'eaux minérales). Un car sur la route, mais aussi quelques dizaines de camions en plus : voilà qui fait très "COP21".

On pourra aussi déplorer que ferme une section de ligne Volvic - Laqueuille qui avait bénéficié d'un renouvellement de la voie et du ballast voici quelques années, à moins qu'il ne s'agisse d'une nouvelle application du principe "c'est quand on change les traverses qu'on s'apprête à fermer une ligne".

Le risque est de voir se propager ces fermetures cachées, non assumées par l'opérateur, ni vraiment par les autorités organisatrices qui se retrouvent parfois mises devant le fait accompli : mais dès qu'il s'agit de sécurité, difficile de porter un discours contradictoire...

Ainsi, la liste des lignes parcourues par au mieux 2 allers-retours par jour est finalement assez copieuse :

  • aucun train sur Saint Germain des Fossés - Gannat pourtant encore officiellement ouverte !
  • 1 aller-retour sur Thionville - Bouzonville, La Roche sur Yon - Bressuire, Busseau sur Creuse - Felletin, Saint Flour - Neussargues, Marvejols - Mende, Clamecy - Corbigny, Thiers - Boën ;
  • 2 allers-retours sur Abbeville - Eu, Tours - Loches, Carcassonne - Quillan, Séverac le Château - Saint Chély d'Apcher, Mende - La Bastide,
  • moins d'un aller-retour par jour avec une desserte hebdomadaire seulement entre Merrey et Contrexeville, et deux allers-retours le week-end seulement (étonnant) entre Thionville et Apach.

Autant dire que ces lignes sont clairement les plus menacées, à l'exception de Tours - Loches qui devrait être modernisée dans le nouveau contrat de plan de la Région Centre, et de Carcassonne - Quillan qui attend le bouclage de son plan de financement. En revanche, il convient d'ajouter Rodez - Séverac le Château à ce funeste programme, puisqu'elle n'a pas bénéficié de crédits de modernisation dans le Plan Rail Midi Pyrénées. Autant dire que le Massif Central risque de devenir encore un peu plus un désert ferroviaire si la ligne des Causses et ses affluents disparaissaient. 

Après tout, le meilleur moyen de garantir le niveau absolu de sécurité ferroviaire est de fermer tous les signaux du réseau...

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07 juin 2015

Le Mont-Dore boit la tasse ?

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Le Mont-Dore - 31 mai 2015 - Quais larges, marquise longue, bâtiment voyageur imposant : pas de doute, Le Mont-Dore a connu ses heures de gloire ferroviaires mais elles appartiennent au passé. De là à penser que la ligne n'a pas d'avenir... © transportrail

C'est une des lignes dont le sort semble scellé quand on résume la situation : un seul aller-retour quotidien, placé en milieu de journée, assuré par un unique autorail... et tout au plus une quinzaine de voyageurs par circulation. L'antenne de Laqueuille au Mont-Dore est branchée sur la transversale Clermont - Bordeaux, interrompue depuis la "suspension au trafic" de la section Laqueuille - Ussel. Autant dire qu'au-delà du terminus de Volvic, qui gère un maigre trafic périurbain, le voyage ressemble à la traversée du désert ferroviaire.

Transport Rail y est allé, avant qu'il ne soit trop tard. Dans une Auvergne qui a de longue date délaissé le chemin de fer, certains ne manqueront pas de considérer qu'il faut supprimer le train et valoriser l'autocar... qu'importe s'il met une heure de plus qu'un autorail, même sur une voie en mauvais état. D'autres se diront que dans une région où le tourisme vert a la cote, passer à côté de ce gisement de trafic est un non-sens...

Le nouveau dossier consacré à la ligne Clermont - Le Mont Dore attend vos commentaires...

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