11 juin 2011

Les 10 ans de la LGV Méditerranée

Double anniversaire pour le TGV cette année, puisqu'il fête son trentième anniversaire en septembre et les dix ans de la ligne Méditerranée. En mettant Paris à 3 heures de Marseille et 3h15 de Montpellier, Lyon à 1h40 de la cité phocéenne, la section de LGV entre Valence, Marseille et Manduel a profondément transformé le paysage ferroviaire du quart sud-est et les relations entre les grandes agglomérations.

Il a fallu pour cela vaincre à la fin des années 1980 bien des polémiques sur ce projet : on entendait déjà des voix annonçant un TGV toutes les 30 secondes dans la vallée du Rhône, on criait au danger du voisinage de la centrale atomique de Pierrelatte alors que personne ne s'émeut pour les 7000 habitants de Pierrelatte ou les automobilistes sur l'autoroute à peine plus éloignée, et on ne pouvait que s'étonner des propositions visant à rouler à grande vitesse sur la ligne existante sommairement aménagée.

Il faut quand même rappeler qu'à l'origine, le TGV devait rester à l'écart de la vallée du Rhône dans la partie nord du tracé, et ne s'en rapprocher que pour la desserte d'Avignon, mais il aurait fallu que le TGV morde sur de fameux vignobles ayant les faveurs élyséennes. La SNCF dut alors revoir sa copie et prendre en compte ces considérations, d'où ce net infléchissement du tracé à hauteur de Montélimar pour jongler entre les deux rives du Rhône, entraînant un renchérissement notable du coût du projet, notamment avec le double viaduc d'Avignon... mais qui offre un panorama magnifique sur la cité papale et le mont Ventoux et constitue un symbole architectural plaisant.

Le succès du TGV Méditerranée est indéniable et il fut aussi l'occasion de développer une nouvelle desserte régionale dans la vallée du Rhône. Surtout, c'est la première ligne à disposer d'une gare TGV en correspondance avec le réseau existant, à Valence. Celle d'Avignon disposera de son accès dans quatre ou cinq ans, du fait de turpitudes quant au financement du projet. Reste celle d'Aix-en-Provence, exception qui confirme la règle sur cette ligne. Enfin, la gare Saint-Charles à Marseille, transformée et agrandie, a trouvé une nouvelle jeunesse.

Le TGV Méditerranée est la première ligne à grande vitesse qui n'a pas été exclusivement pensée pour des relations avec Paris : elle a constitué aussi un outil d'accélération des relations entre la Bourgone et la Méditerranée, qui va s'amplifier avec l'arrivée du TGV Rhin-Rhône à la fin de cette année. Le seul bémol est au passif des liaisons entre Marseille et le Languedoc : bien que bénéficiant d'un raccordement direct entre les deux branches, passant par le viaduc aval d'Avignon, le gain de temps reste encore modeste par rapport aux liaisons Corail Grand Sud Bordeaux - Nice, et il faudra attendre le prolongement de la LGV au-delà de Manduel, et l'achèvement de la liaison Perpignan - Figuéras pour envisager un usage plus intensif de cette possibilité avec peut-être la conversion des Grand Sud au TGV et le développement d'une ligne Marseille - Barcelone.

Posté par ortferroviaire à 08:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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