12 juillet 2019

La SNCF lâche IDVroom et les VTC

Cela ressemble à la fin d'une époque. Certains diront les Années Pépy. Après avoir cédé Ouibus à Blablacar, la SNCF a annoncé la vente d'IDVroom à l'un de ses concurrents, Klaxit. Sa filiale Keolis a aussi confirmé la cession des 70% de LeCab à Snapcar, une plateforme de réservation de VTC. Ouicar, filiale de location de voitures entre particuliers, serait elle aussi à vendre : la SNCF y avait investi 28 M€.

D'après Le Monde, ces décisions viennent surtout éliminer des foyers de perte qui posent toujours autant de question. C'est peut-être aussi la fin d'une SNCF qui voulait être présente sur tous les modes de tranport sauf l'avion... et qui y a laissé beaucoup d'argent, en suscitant de nombreuses critiques, notamment des concurrents voyant une entreprise publique investir à perte des dizaines de millions d'euros.

Aujourd'hui, la SNCF change de posture avec L'Assistant personnel SNCF qui a pour but d'agréger des offres existantes, tous modes confondus. Réinvestira-t-elle pleinement le train, son coeur de métier ? On le saura peut-être avec le profil du successeur de Guillaume Pépy...

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03 septembre 2014

IDVroom : auto-concurrence ou illustration de la nouvelle SNCF ?

Après avoir racheté l'anné dernière le site 123envoiture.com, la SNCF lance sa plateforme de co-voiturage baptisée IDVroom. Le groupe SNCF poursuit sa stratégie de diversification destinée à conquérir l'ensemble du marché de la mobilité tous modes confondus. Initialement, l'axe recherché était celui du rabattement vers les gares, en milieu périurbain ou rural. Finalement, la SNCF s'est résolu à cette évidence : le covoiturage effectue à une vitesse bien plus rapide que prévue un travail de sape de la fréquentation des trains - toutes activités confondues sauf Transilien - face aux carences de l'offre et aux tarifs jugés de plus en plus élevés par rapport au pouvoir d'achat moyen, surtout pour les déplacements de dernière minute. Par conséquent, IDVroom va chercher à ramener dans le giron du groupe SNCF les clients "égarés" chez Blablacar et autres sites de covoiturage. Officiellement, il s'agit d'un nouvel axe de la politique "de porte à porte" de l'entreprise, mais cela peut aussi se traduire par la volonté hégémonique de contrôler le secteur des transports, tous modes confondus, par ses différentes entités.

Bref, le temps de la SNCF compagnie ferroviaire est révolu, cédant la place à ce qu'on qualifiait autrefois de trust. Reste que la diversification sur des secteurs extrêmement variés - mais qui ont tous en commun le transport - pose question : l'excellence ferroviaire est-elle encore l'objectif premier, ou vise-t-on l'excellence globale dans la mobilité avec des péréquations entre des secteurs de bonne tenue (Keolis par exemple) et des points faibles (la qualité de la production ferroviaire voyageurs et fret) ?

N'est-ce pas la traduction d'un repositionnement de l'entreprise, dans lequel l'activité ferroviaire deviendrait de moins en moins centrale, et pour laquelle on se résoudrait à entériner une contraction plus que probable entre la crise du modèle économique du TGV, l'état médiocre sinon mauvais du réseau, la crise de financement du TER, les appels incessants à la mise sur route de nombreuses lignes puisque l'avenir du ferroviaire n'est résolument pas perçu comme possible hors du giron du groupe SNCF ?

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