21 mars 2014

L'étoile de Veynes : la stratégie de la dissuasion ?

L'exploitation de l'étoile ferroviaire de Veynes apparaît depuis plusieurs mois en deshérence.

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Veynes - 14 août 2012 - Au carrefour des lignes de Grenoble, Valence, Briançon et Marseille, la gare de Veynes-Dévoluy constitue le centre de l'étoile des Alpes du sud et de lignes dont l'avenir s'assombrit. © transportrail

Sur la relation Romans - Valence - Gap - Briançon, la desserte est assurée par autocar en raison d'une pénurie de matériel, liée au contexte social toujours aussi tendu à Marseille. Résultat, la mise en place d'autocars de substitution entraîne un allongement de temps de parcours de 1h45.

Sur la liaison Marseille - Briançon, le remplacement de certains trains par des autocars aboutit à une réduction du temps de parcours. Ainsi, le TER 17426 Briançon 16h45 - Marseille 21h21 est remplacé par un autocar partant de Briançon à la même heure, mais touchant Marseille 11 min plus tôt !

En direction de Grenoble, la desserte est intégralement assurée pendant un mois par autocars en raison d'un éboulement entre Monestier de Clermont et Clelles-Mens, suite à un éboulement dans une zone pourtant extrêmement localisée : la durée d'intervention pose ici question. Un unique aller-retour est rétabli ce 24 mars en attendant - on l'espère rapidement - la fin des travaux de déblaiement. En comparaison, un éboulement sur un réseau secondaire suisse a été traité... en 48 heures !

En période de congés scolaires, la substitution routière donne une image désastreuse du service. Il faut aussi ajouter les circulations souvent annoncées au dernier moment du train de nuit Paris - Briançon, surtout après les deux déraillements survenus pendant des travaux d'entretien de la ligne Valence - Veynes, fragilisant l'économie des stations du briançonnais à la clientèle plutôt familiale.

Face à ces comportements, on est en droit de s'interroger : la SNCF n'est-elle pas en train d'habituer petit à petit les voyageurs de l'étoile de Veynes à s'habituer à un autre mode de transport que le train ?

Pour transportrail, l'étoile de Veynes forme un ensemble relativement privilégié et de bonne constitution pour un appel d'offres portant sur l'exploitation des lignes de Grenoble, Valence et Marseille, afin d'identifier le niveau de prestations que pourraient assurer d'autres opérateurs pour le même coût que celui réclamé par la SNCF. Dès lors, il serait possible de dégager, à offre constante par rapport à aujourd'hui, des moyens pour moderniser de façon pérenne ces lignes, en se fondant sur une certaine garantie de trafic en conciliant une évolution progressive de l'offre et un investissement sur l'infrastructure dégressif lui aussi progressivement, après avoir restauré des conditions normales de circulation.

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11 février 2014

Grenoble - Veynes : la ligne des Alpes en difficulté

La ligne des Alpes, qui compte parmi les plus beaux itinéraires ferroviaires français, est mal en point. De Grenoble à Veynes, l'itinéraire en voie unique a souffert des décennies de sous-investissement. Au début des années 2000, la politique de régionalisation du transport ferroviaire a permis à la ligne de réchapper du funeste sort à laquelle elle était déjà promise avec le renforcement de la desserte TER au-delà des 3 allers-retours qui subsistaient.

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Clelles-Mens - 9 juillet 2009 - La ligne du Vercors avec le Mont Aiguille en arrière-plan. L'X73540 arrive de Grenoble et pénètre en gare après avoir franchi un des nombreux tunnels de la ligne. L'infrastructure en état médiocre contraste avec le matériel moderne. © D. Beumer

L'offre comprend aujourd'hui 6 allers-retours pour Veynes, Gap et Briançon, complétés par 2 allers-retours limités au parcours Grenoble - Clelles-Mens. Des autocars assurent 2 allers-retours complémentaires, un pour Clelles en semaine (aller en soirée et retour le matin) et le second en fin de semaine.

20 M€ ont déjà été dépensés dans le cadre du contrat d'objectifs Région - RFF pour supprimer les ralentissements et assurer le maintien a minima de l'exploitation, mais la ligne aurait besoin de plus de 40 M€ pour être maintenue, modernisée y compris sur la signalisation afin d'admettre un plus grand nombre de trains, en particulier sur la frange périurbaine de Grenoble.

Mais il est vrai que le principal débat de ces 20 dernières années fut celui de l'achèvement de l'A51 Grenoble - Gap - Marseille, et que le regain d'intérêt pour le ferroviaire reste finalement trop récent pour mesurer l'ampleur de la situtation des lignes régionales. Saura-t-on dans le cas présent valoriser l'important potentiel touristique pour alimenter le trafic et les recettes ? Misera-t-on sur le trafic périurbain jusqu'à Vif ?

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