10 décembre 2017

Saint Etienne - Le Puy : fin de la rénovation

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Lavoûte-Polignac - 31 octobre 2014 - Site incontournable de la ligne dans les gorges de la Loire, le château de Lavoûte-Polignac veille sur la ligne de chemin de fer, dont les travaux de rénovation sont enfin terminés. (cliché X)

Depuis le 10 avril dernier, la desserte ferroviaire était une nouvelle fois interrompue entre Firminy et Le Puy pour une nouvelle phase de modernisation de la liaison Saint Etienne – Le Puy. Il s’agissait de traiter 35 km de ligne à voie unique entre Vorey et Bas-Monistrol, le renouvellement de 10 tunnels, 18 ouvrages d’art et 17 remblais ou déblais à conforter. En outre, les quais des gares de Retournac et Saint Vincent le château ont été allongés. Enfin, SNCF Réseau en a profité pour déployer la fibre optique sur la ligne afin de s’affranchir les communications passant par des câbles en cuivre non seulement onéreux, peu capacitaires mais de surcroît prisés des malfaisants.

Le coût de ces travaux atteint 40,6 M€ avec en ligne de mire un relèvement de la vitesse à 100 km/h, contre 60 sur les sections frappées de ralentissements.

Des travaux avaient déjà eu lieu en 2014, pour un montant de 48 M€, dans le cadre du Plan Rail Auvergne, portant sur 36 km de voies (sections Le Puy – Vorey et Aurec – Bas-Monistrol), 5 tunnels, 20 ouvrages d’art et une trentaine de parois rocheuses.

La principale voie d’accès à la Haute Loire (un territoire très prisé du président du conseil régional…) est désormais dans une meilleure situation, quoique toujours classée UIC 7-8 du fait d’une desserte limitée et assurée en matériel automoteur léger.

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Brives-Charensac - 21 août 2016 - Pas tout à fait ligne de montagne mais plus vraiment ligne de plaine, le parcours entre Saint Etienne et Le Puy comprend de nombreux ouvrages d'art qui ont constitué un des sujets d'inquiétude quant au devenir de la ligne. © F. Jury

Reste à réexaminer la desserte pour augmenter le trafic. Avant les travaux, la SNCF enregistrait entre 800 et 850 voyageurs par jour. Il est vrai que la route nationale parallèle a de longue date bénéficié d’aménagements capacitaires, majoritairement à 2 x 2 voies. Pour le train, qui s’inscrit dans les gorges de la Loire, il faut donc miser sur le retour à des temps de parcours plus attractifs mais aussi une desserte un peu plus étoffée afin de gagner des parts de marché.

En revanche, on attend de connaître le devenir de l’autre ligne au départ du Puy, vers Clermont Ferrand via Saint Georges d’Aurac, classée UIC 9, au service squelettique et aux performances anémiques…


27 septembre 2016

Et revoici la saga des fermetures...

C'était dans l'air du temps depuis les élections régionales. Laurent Wauquiez, nouveau Président de la Région officiellement dénommée Auvergne Rhône-Alpes, n'a pas caché son peu d'appétence pour le chemin de fer et son souhait de favoriser les investissements routiers, à commencer par l'autoroute A45.

La parution en juin dernier d'un audit interne à SNCF Réseau sur l'avenir des lignes secondaires du réseau ferroviaire était un exercice nécessaire. Depuis trop longtemps, les deux Régions avaient "mis la poussière sous le tapis". Le Plan Rail Auvergne n'avait rien de comparable à son homologue toulousain. Rhône-Alpes a certes été une locomotive de la régionalisation du transport ferroviaire mais a passé sous silence la question de l'état du réseau secondaire. 

Résultat, la nouvelle Région se retrouve devant un mur d'investissements. Il faudrait plus de 700 M€ pour assurer la pérennité de l'intégralité du réseau existant. La responsabilité politique régionale procède aussi de certains choix pour des "miroirs aux alouettes" ou projets à l'utilité non avérée... mais consommateurs de crédits. On pourra citer par exemple le raccordement entre le sillon alpin et la LN5 à Valence TGV utilisé pour un seul aller-retour par semaine pour éviter de froisser les esprits sur Lyon - Turin...

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Puybrun - 23 juillet 2010 - L'X73537 assure un TER Brive - Aurillac, franchissant la Cère par un pont-cage. Cette section est menacée, ce qui priverait encore une fois l'Auvergne d'un débouché vers l'ouest. Aménagement du territoire ? Connais pas ! © transportrail

La Région a proposé de porter le budget alloué aux lignes UIC 7 à 9 de 155 à 220 M€ dans la revoyure du CPER. Un effort certes, mais notoirement insuffisant par rapport à l'ampleur du retard accumulé. Bilan, SNCF Réseau propose de renoncer aux lignes suivantes :

  • Vif - Veynes
  • Montbrison - Thiers (déjà suspendue)
  • Volvic - Le Mont Dore (où le TER a déjà disparu)
  • Oyonnax - Saint Claude... mais quelle position de Bourgogne Franche-Comté si le Haut Jura était privé d'accès au TGV (arrêt à Nurieux ou Bourg en Bresse des Paris - Genève) ?
  • Saint Georges d'Aurac - Le Puy
  • Viescamp sous Jallès - Saint Denis près Martel (liaison Brive - Aurillac), alors que Midi-Pyrénées avait prévu des investissements sur sa partie entre Saint Denis près Martel et Lamativie
  • Neussargues - Béziers, au moins sur la partie auvergnate, avec la question sensible du maintien du fret pour l'usine Arcelor Mittal de Saint Chély d'Apcher

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Saint Michel les Portes - 8 juillet 2009 - Les amateurs sont priés de se hâter pour profiter encore des superbes paysages de la ligne des Alpes, car un arrêt de l'exploitation au plus tard en 2021 est désormais sérieusement envisagé. Il faudrait plus de 50 M€ pour pérenniser la ligne... le budget que la Région veut consacrer à l'achat de canons à neige artificielle pour allonger la période d'ouverture des stations de ski auvergnates ! © D. Beumer

Le gestionnaire d'infrastructure propose un programme minimal d'investissements pour assurer la sécurité sur les lignes moyennant des ralentissements conséquents des performances jusqu'à 40 km/h générant des ralentissements de l'ordre de 50 minutes, de quoi assurément pousser l'exploitant à préconiser la mise sur route :

  • Montluçon - Guéret
  • Arvant - Aurillac
  • Arvant - Langogne
  • Livron - Veynes

L'argumentaire développé repose sur la faible part de voyageurs concernés par le programme de fermetures d'ici 2021, qui ne concernerait que 8% du nombre de voyageurs quotidiens des TER de Rhône-Alpes et Auvergne.

Y aura-t-il un mouvement fort pour remettre en question ces sinistres perspectives et exiger de la Région une révision encore plus drastique de ses projets d'investissements pour sauver le réseau ferroviaire régional ?