05 septembre 2019

Re460 : mi-vie pour la locomotive de Rail2000

Elle ne passe pas inaperçue avec son allure assez massive, son carénage intégal et ses publicités régulières...

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Sissach - 21 mai 2017 - Quand le chemin de fer fait sa propre promotion : la Re460-075 en tête d'une rame IC2000 sur la liaison Bâle - Interlaken porte les couleurs du projet Léman 2030, épine dorsale du réseau ferroviaire en Romandie. © Y.J. Schmidt

La Re460 passe le cap de la mi-vie et les CFF en profitent pour améliorer encore la locomotive qui incarne Rail2000, pour réduire sa consommation d'énergie grâce à l'évolution de l'électronique au cours des 20 dernières années. C'est aussi l'illustration d'une locomotive voulue universelle, aussi à l'aise à 200 km/h sur un Intercity qu'à 100 km/h avec un train de fret lourd, mais au final, cette série a été concentrée sur les services voyageurs, le fret privilégiant des locomotives plus économiques, à commencer par les générations précédentes Re 420 et Re 620 toujours en activité, et des modèles plus standardisés comme la Traxx de Bombardier et la Vectron de Siemens.

transportrail lui consacre un dossier rejoignant notre série consacrée aux matériels suisses.

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20 août 2019

Trains de nuit : les CFF s'y mettent aussi

Devant l'insolent succès des Nightjet autrichiens desservant l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, l'Italie, la Hongrie, la Croatie, la Slovaquie et la Pologne, mais aussi le mouvement de fond soutenant la relance des trains de nuit, les CFF s'intéressent à ce segment de marché qu'ils avaient - eux aussi - abandonné. La compagnie suisse considère que ces liaisons reposent d'abord sur une bonne coopération entre les opérateurs européens, plus que sur une logique de concurrence frontale.

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Sevelen - 20 avril 2018 - Tractant l'EN464 sur la relation Graz - Zurich, cette Re420 rénovée (il s'agit d'une locomotive adaptée pour assurer les trains de réserve de la S-Bahn zurichoise) tracte une composition bigarrée, toutes les voitures n'ayant pas été pelliculées aux couleurs de Nightjet. En queue de rame, des voitures venant probablement d'un peu plus loin encore, symbole d'une coopération volontariste entre les différents opérateurs pour ce marché qui est - encore - une niche. © M. Greinwald

Message subliminal : que les ÖBB récoltent le succès médiatique et commercial lié à la reprise des trains jadis opérés par la DB est une chose, mais ne pas oublier que chacune des compagnies nationales y contribue aussi. Ceci étant dit, la Direction Voyageurs considère que la liaison prioritaire à restaurer depuis la Suisse serait en direction de l'Espagne, vers Barcelone...  : une liaison qui a existé jusqu'en 2012, assurée par un Trenhotel de la RENFE entre Barcelone, Zurich et Milan, les deux tranches étant scindées à Lyon Part-Dieu (eh oui, pour aller de Suisse en Espagne, il faut passer par la France...).

A plus court terme, les CFF indiquent avoir commencé à travailler avec les ÖBB sur un problème de capacité des Nightjet sur la liaison Zurich - Bâle - Berlin / Hamburg, qui pourrait aboutir à la circulation de deux trains différents sur l'intégralité du parcours. En outre, les CFF examinent non seulement avec les ÖBB mais aussi avec les CD la possibilité d'une liaison entre Zurich, Vienne et Prague.

La France restera-t-elle encore à l'écart de ce mouvement ? Allez, on révise les classiques de transportrail : notre dossier sur les trains de nuit est à lire et relire !

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31 mars 2019

Suisse : Prodes 2035 bientôt adopté

C’est un pas aussi important que la concrétisation de Rail2000 en 2008, qui avait consacré la cadence horaire sur toutes les lignes de Suisse. L’année 2019 devrait être marquée par l’adoption de l’Etape d’Aménagement 2035, déclinaison de moyen terme du projet à horizon 2050 adopté voici maintenant 5 ans par votation. Les études sont quasiment terminées et une première trame de l’horaire 2035 est aujourd’hui stabilisée. Le Conseil Fédéral va proposer le dossier au Parlement qui statuera sur les modalités d’adoption, éventuellement par votation.

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Sur les coteaux du Lavaux - 17 octobre 2017 - Entre le lac Léman et la montagne, le train. Cette composition de VU IV est intéressante puisqu'elle comprend un segment de base de 9 voitures avec une Re460, ayant reçu le renfort d'un coupon de 3 voitures pour l'heure de pointe... avec une seconde Re460 pour tenir l'horaire conçu pour la formation de base. © J. Vernet

Sans surprise, ce programme d’investissement de 11,9 MMCHF comprend près de 200 opérations sur l’ensemble du réseau ferroviaire, et réaffirme encore un peu plus la volonté de la Suisse d’organiser l’ensemble de l’offre de transports publics dans le pays autour du chemin de fer, également présenté comme un élément central de la cohésion du territoire. Les CFF se donnent pour objectif de transporter 2 millions de voyageurs par jour sur leurs lignes, soit le double du trafic en 2018.

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Rupperswil - 21 mars 2019 - Elles en font couler de l'encre (et de la salive), les nouvelles automotrices FV-Dosto de Bombardier. Une mise au point manifestement délicate sur un projet qui a pris beaucoup de retard... et en grande partie pour des motifs extérieurs au processus industriel. Elles sont cependant très attendues par les CFF pour augmenter la capacité de ses trains. © J. Vernet

La cadence à la demi-heure sera généralisée sur l’ensemble des dessertes voyageurs et la cadence 15 minutes sera introduite sur les missions les plus fréquentées autour des grandes villes, notamment Bâle, Zurich et Genève. Ce n’est pas tout : les sillons fret sur l’axe Est-Ouest seront eux aussi mis en cadence 30 minutes, y compris en heures de pointe, afin de standardiser au maximum les circulations de marchandises à travers le pays et renforcer encore un peu plus le rôle du train, qui atteint déjà une part de marché de 32%.

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Pratteln - 4 octobre 2018 - Pour renforcer encore l'attractivité du chemin de fer pour le transport de marchandises, le principe de sanctuarisation de 2 sillons par heure et par sens est prévu dans l'horaire 2035, qui seront intégrées dans la trame cadencée au même titre que les liaisons Intercity. © J. Vernet

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Rupperswil - 21 mars 2019 - Les Re6/6 série 620 sont toujours fidèles au poste : voici un UM (Re12/12) sur cet axe est-ouest sur lequel les aménagements de capacité sur l'infrastructure devront ménager un peu plus de place pour le fret. Les trains étant un peu plus courts que dans les autres pays européens, les circulations sont un peu plus faciles à insérer dans la trame. © J. Vernet

Les investissements seront prioritairement destinés au traitement des principaux points de congestion. Mais le PRODES 2035 (Programme de Développement Stratégique) garantit aussi les ressources pour l’exploitation, la maintenance et le renouvellement du réseau.

Le nouveau schéma de desserte prévoit d’augmenter le nombre de gares desservies par les missions Interregio, qui se rapprocheront un peu plus des missions Régionales, ce qui, outre l’affichage de meilleures connexions, facilitera la construction horaire.

Les CFF mettent en avant dans leur synthèse du projet certaines opérations, comme la deuxième phase du tunnel du Zimmerberg pour gagner 5 minutes sur les Intercity circulant entre Zurich et Zug, la réalisation du tunnel de Brüttener (entre Zurich et Winterthur) pour gagner 8 minutes entre Zurich et Saint Gall, mais aussi la réduction du temps de parcours de 5 minutes entre Genève et Neuchâtel, en évitant Lausanne, bénéficiant d’une desserte suffisamment dense sur l’arc lémanique à cette échéance.

L’étape 2035 mise aussi sur la connexion air-fer avec l’amélioration de la desserte des aéroports de Genève et de Zurich et la création de la desserte de l’EuroAiport de Bâle-Mulhouse-Freiburg

Les CFF demandent aussi intégration de l’allongement des quais à Olten pour assurer une capacité suffisante aux trains, la réalisation ligne nouvelle Neuchâtel – La Chaux de Fonds et l’optimisation du positionnement de la relation Genève – Zurich Aéroport pour une insertion à Berne et Zurich aux minutes 15 et 45 afin de maximiser correspondances accessibles dans le quart d’heure suivant.

Il est donc possible que quelques ajustements soient intégrés au programme après l’adoption finale du programme.

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08 mars 2019

Suisse : frictions entre les CFF et Bombardier

Les nouvelles automotrices à deux niveaux FV-Dosto (ou Twindexx chez Bombardier) pour les liaisons Intercity et Interregio sont au coeur de vives tensions entre les CFF et leur constructeur Bombardier, qui se déplacent désormais sur le terrain politique. Certains experts vont même jusqu'à préconiser la rupture du contrat, ce qui serait un fiasco pour les deux parties. Sur les 62 rames acquises pour un montant de 1,9 MMCHF, seules 12 rames sont en service commercial entre Bâle et Coire. 39 rames sont prêtes à être livrées, mais les objectifs de fiabilité et de performance ne semblent pas atteints. Aussi, les CFF refusent les livraisons en attendant que les rames se comportent normalement.

FV-Dosto CFF

Censées incarnées une étape supplémentaire dans le renforcement du rôle du train dans les déplacements en Suisse, les FV-Dosto (ou RABDe 502) sont pour l'instant pointés du doigt pour leurs problèmes de fiabilité et un confort jugé insuffisant. Les CFF mettent la pression sur Bombardier et le politique s'est emparé de l'affaire... (cliché CFF)

Certes, certains impondérables ont été subis par les deux parties, comme l'affaire de l'accessibilité (avec des positions pour le moins extrémistes des associations de handicapées, se traduisant par des surcoûts et des retards dans la conception et la production). Il y a aussi manifestement des problèmes d'ordre informatique. En revanche, les questions de disponibilité du parc actuellement utilisé, les incidents rencontrés sur les portes, le niveau de confort insuffisant du fait de vibrations sont considérés bien plus sérieusement. Le système de compensation du roulis, dénommé Wako, sorte de mini-pendulation, ne semble pas encore au point. Mais pour les CFF, il n'est plus possible d'attendre : les trains devront être engagés au service annuel 2020 faute de quoi c'est la consistance même de la desserte qui serait remise en question, d'autant plus que la rénovation des voitures IC2000 va entrer en régime de croisière : là encore, les CFF comptait sur l'engagement des FV-Dosto pour compenser l'indisponibilité temporaire de ce parc.

Le dossier prend un tournant politique national en Suisse, considérant que Bombardier avait été préféré à Siemens et Stadler pour ménager l'emploi industriel en Suisse romande, sur le site de Villeneuve. Trop de nouveautés et une commande trop importante disent certains, dans un jeu politico-industriel complexe dans lequel certains demandent aux CFF d'engager immédiatement une commande de matériel auprès de Stadler (mais où est la mise en appel d'offres ?) quitte à ce que Bombardier se débrouille avec les FV-Dosto (ben voyons...). En revanche, ce qui est certain, c'est qu'il y aura un débat serré sur l'application des pénalités de retard. Il serait question d'au moins 500 à 600 MCHF...

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04 janvier 2019

La ligne du Tonkin financée par la Suisse ?

Trop de tergiversations depuis tant d'années n'ont pas permis d'engager le projet de réouverture de la section Evian - Saint Gingolph, surnommée ligne du Tonkin, dont nous avions déjà parlé à transportrail en 2011 (premières études de trafic) et 2014 (intentions).

La section actuellement exploitée, côté Suisse, a été mise en service voici près de 160 ans, entre le 16 février  et le 14 juillet 1859, prolongée en 1878 à Saint Gingolph, localité frontalière. La section française, entre Evian et Saint Gingolph était ouverte le 1er juin 1886... mais perdait son service voyageurs en 1938. Pendant l'occupation de la France, la frontière ferroviaire de Saint Gingolph avait été désignée unique point de passage autorisée par les autorités allemandes. Néanmoins, les trains de voyageurs par Saint Gingolph n'ont pas eu d'autre existence après la libération et l'achèvement du retour des prisonniers de guerre. En revanche, côté Suisse, la ligne avait été électrifiée le 1er février 1954 en 15 kV. Depuis 31 ans, plus aucun train de marchandises n' a emprunté la section française, officiellement fermée et neutralisée en 1998.

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En 1968, des ferroviphiles avaient affrêté un autorail U150 type Mobylette (X5500) pour une circulation exceptionnelle durant laquelle nombre d'appareils photos étaient de sortie. La ligne n'était plus empruntée alors que par quelques trains de marchandises. (document RER Sud Léman)

Pourtant, voilà une réouverture économique à l'exploitation. La desserte régionale RégionAlps Saint Maurice - Saint Gingolph assurée par les CFF est assurée à cadence horaire toute la journée (de 6h à 22h), et renforcée par des Brigues - Monthey pour assurer une cadence à la demi-heure. En l'état actuel, la mission Saint Gingolph mobilise 2 rames car le temps de parcours de 31 minutes ne permet pas d'assurer la fréquence avec une seule rame. Le prolongement à Evian permettrait d'occuper les rames qui arrivent à Saint Gingolph à la minute 06 et en repartent à la minute 52, les 17 km à restaurer ne nécessitant qu'à peine un quart d'heure de trajet supplémentaire. Evian bénéficierait donc d'un nouvel accès à la Suisse, vers le sud, restaurant une simili-continuité de service ferroviaire autour du lac Léman, qui aurait pour principal atout la mise en connexion de territoires à forte vocation touristique, tout en facilitant l'accès aux activités économiques de la rive sud du lac et de la haute vallée du Rhône.

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Saint Gingolph - 9 juin 2017 - Arrivée de Saint Maurice, l'automotrice (ici la version rénovée des Colibri à trois caisses, incluant une voiture neuve à plancher surbaissé) stationne trois quarts d'heure avant de repartir ce qui facilite la conception de l'exploitation prolongée à Evian, qui, évidemment, serait assurée par l'opérateur suisse du Valais, actuellement les CFF. (cliché X)

La Confédération Helvétique a décidé de donner un grand coup d'accélérateur sur le financement en annonçant une contribution de 100 MCHF au projet, qui de toute façon devra être réalisé aux standards suisses (électrification en 15 kV, signalisation...), sachant que le projet est évalué à 180 M€ (pour 18 km, c'est quand même beaucoup). Autant dire que le financement suisse se retrouverait assez nettement majoritaire compte tenu du cours du franc suisse ! L'initiative du maire de Thonon les Bains, demandant en décembre dernier la transformation de la ligne en piste cyclable, n'en apparaît que plus déplacée... alors que la seule route entre Evian et le Valais enregistre 10 000 à 14 000 véhicules par jour et que l'étude menée en 2011 tablait sur un trafic d'au moins 1200 voyageurs par jour avec un service à cadence horaire depuis Saint Maurice et de 3200 voyageurs par jour si on ajoutait le prolongement de la branche Evian du Léman Express.

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18 juillet 2018

Suisse : CFF et BLS toujours en confrontation

Encore un rebondissement dans l'attribution des liaisons Intercity et Interregio. Le 12 juin dernier, l'Office Fédéral des Transports a décidé d'accorder la concession de 2 lignes interrégionales au BLS : Berne - Bienne et Berne - Burgdorf - Olten. Les CFF avaient mis en avant les risques sur la désorganisation de l'offre pour essayer de conserver leur situation de monopole sur le réseau confédéral. Sans surprise, les CFF ont saisi la Cour Fédérale Administrative en appel. Le feuilleton se poursuit...

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25 mai 2018

Suisse : 2 lignes pour le BLS... qui en veut plus

Agitation en Suisse sur l'attribution de l'exploitation pour les 10 prochaines années des relations Intercity, sur fond de remise en question du monopole actuel des CFF sur ces services.

L'Office Fédéral des Transports prévoit d'accorder 2 lignes au BLS contre les CFF. Il s'agit des liaisons Berne - Bienne et Berne - Olten, soit 2% de l'offre Grandes Lignes en Suisse. Les CFF menacent d'un recours au Tribunal Administratif et mettent en avant les partenariats à la marge, comme celui noué avec le SOB qui assurera pour le compte des CFF la desserte de la ligne sommitale du Gothard et la liaison Berne - Coire.

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Berne - 1er février 2017 - Dans l'effectif du BLS, des Re420 et les voitures unifiées de type III, livrées dans les années 1970, qui assurent certaines liaisons IR confiées au BLS. Un matériel pas de première jeunesse mais confortable et de surcroît bien rénové avec un entretien soutenu.© A. Knoerr

Le syndicat du personnel de transport appelle les deux opérateurs à l'apaisement : les CFF refusent que le BLS devienne opérateur longue distance, en arguant d'un impact à la hausse sur les prix et à la baisse sur la qualité de service. Le BLS, pour sa part, réitère sa demande de 5 liaisons autour de la capitale fédérale, considérant que 2 liaisons ne permettent pas de viabiliser les investissements consentis. La période de consultation des projets d'attribution des lignes est désormais achevée et les entreprises ont jusqu'à la fin du mois de juin pour intenter d'éventuels recours juridiques.

Les nouveaux contrats sur l'offre nationale en Suisse prévoient en outre le plafonnement à 8% de la marge opérationnelle par rapport au chiffre d'affaires, seuil au-delà duquel l'opérateur devra diminuer ses tarifs ou augmenter sa participation au financement de l'infrastructure. Un autre sujet qui agace les CFF...

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01 mars 2018

Suisse : les Twindexx en service commercial

Les voici : lundi dernier, le premier service commercial en Twindexx Vario a été assuré sur l'IR2368 Zurich - Berne. Ils vont également assurer des relations IR Zurich - Coire avant de prendre part au service IC longue distance. On attend les impressions de voyages de nos lecteurs suisses !

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Zurich - Hauptbahnhof - 26 février 2018 - Après la version rame tractée réversible, voici l'automotrice Intercity à 2 niveaux des CFF.  (cliché CFF)

Notre dossier sur ces nouvelles rames des CFF.

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19 février 2018

Main-Spessart Bahn : du fret à bloc… au block !

Le fret ferroviaire n’a pas vraiment les faveurs de la politique française en matière de transport ferroviaire. A l’opposé de cette non-stratégie, nous avons à nos portes des pays qui savent investir pour le fret. Le cas suisse avec les axes du Gothard et du Lötschberg est bien connu, mais il y a des investissements plus discrets qui traduisent une vraie volonté de promotion du fret ferroviaire, via la facilitation de son exploitation ou la réduction de ses coûts de production… les deux étant souvent liés.

Une section nouvelle conçue d’abord pour le fret

 Voici donc un exemple concret en Allemagne, avec la conclusion en juin 2017 d’un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros au bénéfice quasi-exclusif du fret : le gain de temps pour les trains de voyageurs est limité – 2 minutes environ – et susceptible d’être concurrencé par de futures lignes nouvelles.

La ligne en question est la section Aschaffenburg – Gemünden de la ligne « Main-Spessart Bahn » Francfort – Würzburg, qui présente un double handicap dans la partie la plus haute :

  • une rampe moyenne de 19/1000 sur 5,4 km avec un maximum de 21,7/1000 ;
  • un tunnel de faîte dont le gabarit rend l’itinéraire inapte à l’Autoroute Ferroviaire, et même à l’essentiel du transport combiné dès que les wagons ne sont pas surbaissés.

L’exploitation, jusqu’en 2017, fait couramment appel à la pousse non attelée, avec une alimentation électrique bien dimensionnée – un problème souvent négligé en France – et suffisante pour une locomotive BR152 en tête et 2 BR151 en pousse non attelée : le total fait aux alentours de 18000 kW (excusez du peu !) et permet la traction de trains de 4000 t à destination des aciéries de Linz (Autriche). Le transport combiné est contraint à un détour de plusieurs dizaines de km par la ligne de Francfort à Fulda, jusqu’à Schlüchtern où il bifurque vers le Sud.

Une section nouvelle de 7 km, avec un tunnel de base de 2,6 km est des rampes limitées à 12,5/1000, a donc été construite… et a donc eu pour première conséquence l’augmentation sensible du trafic fret sur cet axe, mais également plus à l’ouest : d’Aschaffenburg vers Darmstadt et Mainz-Bischoffsheim. C’est entre ces deux gares, à Klein Gerau, qu’ont été prises les trois photographies présentées ici.

Un véritable défilé

La première est une illustration de la densité du trafic fret sur cet axe : l’expression « circuler au block » prend tout son sens ici, les deux convois étant séparés de 4mn10 environ (ils le sont normalement de 5 mn à l’horaire). Nécessité vitale sur une ligne qui voit également circuler des trains régionaux Wiesbaden – Aschaffenburg à fréquence horaire toute la journée et 30 mn en pointe… et le fret circulant bien entendu autant aux heures de pointe du trafic voyageurs qu’aux heures creuses : on n’est pas en France, où la traversée des grands nœuds du réseau est quasiment impossible aux heures de pointe pour le fret…

2018-02-16 14h59mn14 Klein Gerau (185-249+couverts + 2ème train)

Klein Gerau - 16 février 2018 - 14:59:14 - On commence le défilé avec la 185-249 et ses wagons couverts, mais on note que le train suivant n'est franchement pas loin ! © J.J. Socrate

La seconde vue montre le convoi visible dans le lointain sur la première : un train de transport combiné de la DB comme il en circule des centaines au quotidien sur tout le réseau… Celui-ci semble être majoritairement de l’Autoroute Ferroviaire à remorques de camions seules, mais on y trouve couramment des caisses mobiles ou des conteneurs maritimes, que les mêmes wagons-poches savent transporter.

2018-02-16 15h03mn24 Klein Gerau (185-149+combiné)

Klein Gerau - 16 février 2018 - 15:03:24 - Et de deux, toujours avec une BR185 mais cette fois-ci avec du transport combiné. © J.J. Socrate

Ce que ne disent pas ces deux vues, montrant chacune une traction DB, c’est que sur ce type de ligne à fort trafic fret international, la part de marché de la DB n’est que 50%. La troisième photographie est donc là pour cela : moins de 6 minutes après le second convoi, voici un train à traction CFF. Et peu après, quoiqu’en sens contraire, sera vu un convoi tracté par une locomotive BLS…

 2018-02-16 15h09mn04 Klein Gerau (CFF482-025+combiné)

Klein Gerau - 16 février 2018 - 15:09:04 - Un dernier pour la route avec la 482-025 de CFF Cargo également en tête de wagons du combiné. © J.J. Socrate

Que conclure de cette rapide présentation ? Que si l’on veut du fret non marginal, c’est-à-dire sans le cantonner aux granulats, céréales, produits chimiques, voitures neuves et transport combiné, ce dernier faible en volume par rapport à son potentiel, il y a quelques conditions :

  • savoir investir pour effacer les handicaps de l’infrastructure quand ils sont importants ;
  • donner une vraie priorité au fret par rapport aux trains de voyageurs dans la construction des sillons ;
  • et bien entendu disposer d’un réseau où le handicap des travaux ne s’applique pas en priorité au fret : itinéraires alternatifs également performants, circulation possible à contre-sens, et suppression de trains de voyageurs quand c’est nécessaire.

Et le tout commence évidemment par un réseau en bon état, et donc pas trop de travaux de renouvellement de l’infrastructure…

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03 décembre 2017

Suisse : une mise en service progressive pour les FV-Dosto

Les CFF ont confirmé que les premières automotrices Twindexx seront mises en service au cours de l'année 2018.  Désignées FV-Dosto par les CFF, elles sont numérotées RABe 502. L'OFT a ainsi autorisé sous certaines condition leur exploitation à titre temporaire jusqu'au 30 novembre 2018, le temps pour Bombardier et les CFF d'achever la démonstration de sécurité, notamment la documentation technique ainsi que la formation du personnel de conduite et de maintenance. Avant d'engager la version Intercity sur l'axe majeur Genève - Saint Gall, les CFF les testeront sur des relations moins chargées, comme entre Zurich et Coire, de sorte à achever la mise au point de ces rames.

La commande de ces 62 rames pendulaires à 2 niveaux avait été passé en 2010, pour 23 rames Intercity de 8 voitures, 30 rames Interregio de 8 voitures et 9 rames Interregio de 4 voitures. Leur mise en service était initialement annoncée pour 2013 mais 4 ans plus tard, il n'en est rien. Initialement, 59 rames avaient été commandées par les CFF : compte tenu du retard de Bombardier, le constructeur a proposé en compensation 3 rames supplémentaires  type IC200 dans le cadre du contrat. On rappellera aussi que le contrat comporte une option de 100 rames.

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Le parcours a été semé d'embûches, tant sur la conception technique de ces rames qu'avec des recours qu'on qualifiera de jusque-boutistes notamment dans le domaine de l'accessibilité, ce qui a coûté pas loin de 2 ans au projet. Or les CFF ont besoin de ces rames pour respecter les objectifs de l'horaire : les IC Genève - Saint Gall assurés avec des formations de 10 à 14 voitures avec une seule Re460 manquent de puissance pour emprunter la DML zurichoise et desservir la nouvelle gare souterraine. Résultat, les CFF doivent mobiliser une douzaine de Re460 pour assurer ces trains avec 2 locomotives, déshabillant d'autres relations se retrouvant avec des Re 4/4 II, et alors même que les Re460 sont en cours de modernisation.

La liaison entre Lausanne et Berne en moins d'une heure, à l'horizon 2026, nécessite non seulement l'utilisation de la compensation de roulis et la réalisation de travaux d'infrastructures sur l'axe. Cet objectif bousculera fortement le réseau suisse : le noeud de Lausanne passerait d'une configuration 15/45 (arrivées et départ de la plupart des trains grandes lignes autour des minutes 15 et 45) à une configuration 00/30 (arrivée et départ autour des minutes 00 et 30), changeant plus ou moins l'ensemble des horaires. Il faudrait donc revoir par ricochet les horaires des IC (ICN) desservant le noeud de cadencement de Bienne (sauf erreur, ce noeud de cadencement changeant alors aussi) et les IR desservant le noeud de cadencement de Viège (qui lui ne bougera pas), donc en raccourcissant les temps de parcours sur la ligne du Simplon, sauf erreur en modifiant la politique d'arrêt des IR et en les accélérant sur les tronçons où cela est possible (passage au V200 dans la plaine du Rhône).

Allez, on croise quand même les doigts...

PS : merci à nos lecteurs et à leurs commentaires pour leurs apports précieux à la réalisation de cet article !

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