26 novembre 2022

Innotrans 2022 (3) : infrastructures et exploitation

Le dernier volet de notre reportage à Innotrans présente une partie des grands thèmes qui ont dominé les expositions.

Dans le domaine du fret, il convient de souligner l'issue prochaine d'une solution pour l'attelage automatique : le sujet est vieux d'un demi-siècle et il y a fort à espérer qu'un tel projet puisse être concrétisé : certes, cela concernerait plusieurs centaines de milliers de wagons en Europe, mais le jeu en vaut la chandelle au regard des bénéfices pour l'exploitation, la performance et la compétitivité économique du transport ferroviaire de marchandises.

Est-il besoin de développer le sujet ERTMS ? Probablement pas, mais en revanche, il n'est pas inutile de souligner qu'à chaque édition, les perspectives d'implémentation d'une fonction de pilotage automatique occupent une place croissante, notamment pour les axes à fort trafic, les zones denses et les dessertes périurbaines. Il n'y a pas de réelle compétition avec les solutions CBTC, plutôt destinées aux réseaux urbains ou aux systèmes ferroviaires en zone dédiée. Néanmoins, là encore, la dimension économique de la migration des réseaux reste en partie posée : sans une prise en considération significative de la part des Etats, les évolutions demeureront restreintes voire inexistantes. De ce point de vue, la France est plutôt dans le wagon de queue.

Quant aux infrastructures, on s'arrêtera sur les solutions de voie sur dalle, avec des solutions préfabriquées, avec un débat presque inépuisable comparant solution traditionnelle sur ballast, dalle classique ou préfabriquée.


15 novembre 2022

Londres : phase 2 pour Elizabeth Line

La deuxième phase du nouveau RER londonien a été activée le 6 novembre dernier. Depuis le 24 mai dernier, seule une partie de la nouvelle Elizabeth Line, traversant Londres d'est en ouest, avait été mise en service. A l'est, la branche de Shenfield faisait terminus à Liverpool Street, celle d'Abbey Woord à Paddington, tout comme les branches de l'ouest, en provenance de Heathrow et Reading.

Désormais, les missions sont diamétralisées dans le long tunnel de 21 km. Le trafic sur le tronçon central Paddington - Whitechapel est désormais de 22 trains par heure et par sens en pointe et de 16 en journée. En mai 2023, l'offre atteindra le niveau nominal prévu lors de la conception du projet avec 24 trains par heure et par sens. Le système CBTC qui équipe le tronçon central pour assurer le mouvement automatique des trains - sur ordre de départ du conducteur - va pouvoir donner la pleine mesure de ses fonctionnalités sur une ligne qui a déjà atteint le seuil des 300 000 voyageurs quotidiens selon l'opérateur MTR Elizabeth Line.

Rappelons pour mémoire que le service est assuré par 65 rames Aventra fournies à l'époque par Bombardier, dans un marché prévoyant une option de 19 unités supplémentaires. Comprenant 9 voitures disposant chacune de 3 portes par face, 454 places assises et 1046 debout.

L'hypothèse d'une seconde liaison ferroviaire diamétrale avait été évoquée, avec une échéance de réalisation en 2030 qui apparaît aujourd'hui peu plausible, mais le dérapage du coût et du calendrier, sans compter l'évolution du contexte budgétaire, semble être de nature à tempérer les ardeurs : depuis novembre 2020, le projet est gelé. En attendant, les liaisons nord-sud restent principalement l'apanage du réseau Thameslink, opéré par Govia, en correspondance avec Elizabeth Line à la station Farringdon. Depuis mars 2018, l'exploitation est assurée sous ERTMS niveau 2 avec pilotage automatique après ordre de départ du conducteur, pour un objectif de débit équivalent sur le tronçon le plus chargé de cet ensemble de lignes.

 

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25 mars 2018

Londres : Thameslink en ERTMS, essais sur Elizabeth Line

Thameslink : ERTMS et pilotage automatique

Le 17 mars dernier, un premier train a circulé sous ERTMS niveau 2 avec la fonction de pilotage automatique sur la section centrel entre Kentish Town et Blackfriars. Network Rail (le gestionnaire d'infrastructures britanniques) et Govia Thameslink Railway (l'opérateur) ont retenu Siemens pour équiper la ligne. La fonction de pilotage automatique assure, après ordre de départ du conducteur, la mise en mouvement du train jusqu'à la prochaine gare, et intègre la phase d'ouverture des portes, elle aussi automatisée.

Il aura fallu, outre la formation des conducteurs, 200 nuits d'essais depuis avril 2016 pour arriver à cette première exploitation commerciale, qui préfigure la mise en service de la nouvelle desserte Thameslink en mai 2019, à hauteur de 22 trains par heure et par sens sur le tronçon central Saint Pancras station - Blackfriars, complétée en décembre 2019 par le franchissement du London Bridge. Jusqu'à cette date, la liaison nord-sud sera déviée et certains trains de rive sud de la Tamise feront terminus dans la gare de London Bridge comme actuellement.

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Londres Blackfriars - 9 mars 2018 - Il ne manque plus que la nouvelle gare du London Bridge pour achever les grands travaux de modernisation du réseau Thameslink et doter la capitale britannique d'un RER nord-sud à haut débit. Les nouvelles automotrices class 700 produites par Siemens ont poussé vers la sortie les anciennes générations. © B. Creasey

Thameslink est un réseau d'orientation nord-sud, comprenant 225 km de lignes et 68 gares, desservant au passage les aéroports de Gatewick et Luton. Le programme de modernisation, d'un montant de près de 7 MM£, a déjà été concrétisé par la modernisation des gares, l'allongement des quais, le déploiement de l'ERTMS et l'arrivée des nouvelles automotrices class 700 bicourant 750 V - 25 kV.

Elizabeth Line : première circulation dans le tunnel

La mis sous tension du tunnel Crossrail, désormais baptisée Elizabeth Line, a permis la première circulation d'essai en traction électrique 25 kV sous la nouvelle liaison est-ouest. En décembre 2018, une première phase d'exploitation sera ouverte aux londoniens comprenant une liaison Paddington - Abbey Wood, Paddington (gare principale - Aéroport d'Heathrow et Liverpool Street (gare principale) - Shenfield. En mai 2019, seuls les services pour Heathrow ne seront pas encore interconnectés, la configuration finale de cette nouvelle ligne est-ouest étant confirmée en décembre 2019. D'ici là, les automotrices class 345 de Bombardier sont évidemment mobilisées pour les essais et la formation du personnel et notamment la validation du système de pilotage automatique avec conducteur, qui, contrairement à Thameslink, ne recourt pas à ERTMS mais à un système CBTC, ce qui, en France, a inspiré en son temps la SNCF pour développer NExTEO sur cette base conçue initialement pour l'exploitation des métros automatiques.

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Londres Liverpool Street - 5 janvier 2018 - Les automotrices class 345 produites par Bombardier commencent leurs essais dans le tunnel central de l'Elizabeth Line, alias Crossrail. On remarquera la très grande longueur des caisses à 3 portes par face, contre 2 pour Thameslink. (cliché X)

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22 mars 2016

Homologation du CBTC à Copenhague

Depuis le 29 février, la première section du réseau suburbain de Copenhague, le S-Bane, munie d'un système d'exploitation type CBTC a été officiellement homologuée. En juillet 2011, Siemens avait remporté un marché de 270 M€ portant sur l'équipement de 170 km d'infrastructures avec le système Trainguard MT CBTC. Le parc de 135 éléments dédiés à cette desserte a été équipé pour circuler sur des lignes sur lesquelles la signalisation latérale disparaîtra au fur et à mesure de l'activation du pilotage semi-automatique. Le canton mobile déformable permettra de resserrer l'intervalle à 90 secondes contre 120 secondes aujourd'hui, sans dégradation de la vitesse des trains. La mise en service officielle est prévue à la fin du mois.

Pionnière dans l'application du CBTC, jusqu'à présent destiné aux métros automatiques, Copenhague ouvre la voie à Londres, où la première ligne de Crossrail, actuellement en travaux, a également adopté ce système pour l'exploitation du tronçon central, et à Paris, pour NExTEO dont EOLE sera la première application. Point commun à ces trois villes : Siemens a remporté le marché, confortant sa place de leader dans le domaine.

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23 avril 2012

Londres : premiers travaux pour Crossrail

Le percement du tunnel de 21 kilomètres sous Londres a débuté. La mise en service du RER est-ouest londonien est prévue en 2018. Le maire de Londres et la Secrétaire d'Etat aux transports ont inauguré ce chantier le 13 avril dernier.

Crossrail consiste en une ligne centrale nouvelle comprenant deux branches à chacune de ses extrémités, situées sur des lignes existantes. Le RER desservira 37 stations dont 9 nouvelles : deux seront situées à l'aéroport d'Heathrow, et six dans le centre de Londres, depuis Paddington et Whitechapel, et la dernière à Canary Wharf.

crossrail

Crossrail prépare son appel d'offres pour le matériel roulant, portant sur 60 rames à un niveau et plancher haut, longues de 200 m de long et offrant 1500 places dont 450 assises. Ces rames devront atteindre 145 km/h, disposer d'accélérations supérieures à 1 m/s². Les rames seront alimentées en 25 kV par caténaire, et seront prédisposées pour une exploitation sous 750 V par troisième rail. Leur masse devra être au plus de 350 tonnes et consommer moins de 24 kWh par kilomètre parcouru.

Elles seront équipées de deux systèmes de signalisation : ERTMS pour les branches, et un système intégré type CBTC (utilisé pour les métros automatiques) afin de gérer le tronçon central avec un niveau de service élevé.

La consultation des industriels a retenu quatre candidats : Bombardier, CAF, Siemens et Hitachi. Le vainqueur devra livrer ses premières rames en mai 2017 pour essais.

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