09 septembre 2017

Besançon - Le Locle : la ligne des Horlogers

"L'élégance de Westminster, la robustesse de Besançon" : le slogan de Jean Carmet pour essayer de vendre son vermouth frelaté dans Comment réussir dans la vie quand on est con et pleurnichard résonne dès qu'on évoque la ligne des Horlogers (et qu'on a l'esprit un peu décalé...).

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Morteau - 12 août 2017 - Petite rivière deviendra grande : le Doubs n'est encore qu'une modeste rivière sur le plateau. A l'arrière-plan, un UM73500 pour La Chaux de Fonds longe le cours d'eau et la route du col des Roches particulièrement fréquentée. © E. Fouvreaux

Cette ligne internationale, puisqu'elle relie la France et la Suisse, n'a jamais été un grand axe de transit. Il n'en demeure pas moins qu'il existe un fort mouvement quotidien entre le plateau de Morteau et La Chaux de Fonds, lié à l'horlogerie et plus globalement à l'industrie de haute précision, mais qu'il se déroule aujourd'hui essentiellement sur la route, car avec seulement 6 allers-retours par jour, le train souffre un net déficit d'attractivité... et pour tout dire de lisibilité.

Pourtant la demande est là et la Suisse pratique une aimable pression pour trouver une solution limitant la circulation routière au col des Roches : avec 15000 véhicules par jour, pas besoin de tergiverser. Le train doit être présent et à bonne dose, c'est à dire au moins un train par heure toute la journée. Reste que la Suisse équipe son réseau de l'ERTMS et déposera en 2020 les équipements Signum existants, dont sont équipés quelques X73500 qui en revanche ne sont pas compatibles ERTMS.

Prenons donc la ligne des Horlogers (ce qui ne veut pas forcément dire que tous les trains y sont à l'heure) pour rejoindre les vastes plateaux du Haut Doubs : le nouveau dossier de transportrail vous y emmène !

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27 octobre 2016

Besançon - Le Locle : la piste suisse

Un constat simple pour commencer : 13 000 voitures franchissent chaque jour le col des Roches par la route reliant Morteau à La Chaux de Fonds. L'industrie de précision, située dans cette région de tradition horlogère à cheval sur la France et la Suisse, génère de nombreux déplacements pendulaires transfrontaliers.

La desserte ferroviaire illustre presque de façon carictaturale l'écart de conception entre les deux pays. En Suisse, la liaison Le Locle - Neuchâtel est assurée avec une cadence horaire, et renforcée à la demi-heure en pointe. Au total, 18 allers-retours par jour. Côté français, seuls 5 allers-retours par jour circulent au-delà de Morteau vers Le Locle. Une récente étude, réalisée à la demande de la Ville de La Chaux de Fonds par le Centre de Compétences Trafic Régional - Rieder, a jugé cet écart incompatible avec les besoins de transports du 21ème siècle alors que le besoin existe et est facilement identifiable.

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Le Locle Col des Roches - Mars 1996 - La ligne fut longtemps un bastion des X2800 qui ont précédé les actuels X73500. L'X2898 marque l'arêt dans la gare marquant la frontière entre les deux réseaux. © A. Knoerr

Cette étude propose un scénario assez radical, surtout par rapport au discours actuel offrant peu de perspectives d'avenir aux lignes secondaires françaises si ce n'est tomber dans les bras de l'autocar...

Elle part du besoin de renouvellement de la signalisation suisse Signum en 2021, qui sera remplacée par l'ERTMS niveau 1. A cette échéance, les X73500 ne pourront plus venir en Suisse puisque non équipés ERTMS. Dès lors, le maintien de la liaison franco-suisse impose de sortir du cadre actuel.

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Le Locle Ville - 23 mars 2011 - Certains X73500 franc-comtois sont équipés du système Signum suisse. L'arrivée de l'ERTMS va chasser le matériel français : l'occasion de repenser la desserter et de suggérer de bousculer les lignes. Le matériel a été rajeuni mais le service reste rachitique : 5 allers-retours mais aucun train de 8h à 16h. Difficile d'être surpris par la densité du trafic routier... © A. Knoerr

Elle préconise une desserte à 18 allers-retours par jour - contre 5 actuellement - afin de maîtriser le flux de circulation automobile, en prolongeant le service existant de La Chaux de Fonds à Morteau, et en visant un objectif de temps de parcours de 10 minutes - contre 15 actuellement - entre Morteau et Le Locle pour intégrer la structure horaire cadencée et limiter les besoins en matériel roulant.

Il s'agirait de transformer les navettes suisses Le Locle - La Chaux de Fonds en Morteau - La Chaux de Fonds, en confiant l'exploitation de la section française à l'opérateur suisse. Comment faire ? Retrancher Morteau - Le Locle du RFN, en confier la propriété à la Région qui pourrait, dans la législation actuelle, l'intégrer à un Groupement Européen de Coopération Transfrontalière confiant la charge de son exploitation et de sa maintenance à l'opérateur du pays limitrophe, moyennant une séparation physique entre la partie française et la partie suisse à Morteau.

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Besançon Mouillère - 21 août 2015 - Arrivée d'un TER en provenance de Morteau dans la petite halte située dans les faubourgs bordant le Doubs. L'avenir de cette ligne dépend de financements régionaux à mobiliser rapidement, sinon, le risque de suspension de l'exploitation restera tenace. © transportrail

Dans un premier temps, l'étude préconise la récupération de 2 automoteurs GTW Stadler circulant en Italie, qui vont être libérés par l'électrification de la ligne. Avantage : ce matériel est déjà connu en Suisse et l'homologation sera simplifiée. Procédure allégée en France puisque le matériel circulerait sous certificat de sécurité Suisse avec agrément du STRMTG (l'EPSF n'étant compétent que sur le RFN). L'investissement sur l'infrastructure se limiterait à la modernisation de la section française pour un budget d'environ 13 M€.

Dans un second temps, la ligne serait électrifiée. Côté Suisse, l'opération est prévue dans la planification cantonale 2030 pour un coût de 40 MCHF. L'électrification de la section française est estimée à 67 M€.

La solution préconisée permet de s'affranchir des complexités liées à la migration du système d'exploitation suisse vers l'ERTMS, alors que le matériel français n'est pas prédisposé pour l'accueillir, et de profiter de coûts d'exploitation plus accessibles en Suisse (15,70 CHF soit autour de 14 €, contre 24 € en moyenne en France).

Néanmoins, on peut rester circonspect sur la réalité du besoin de séparation physique de l'infrastructure à Morteau. Il est vrai que la réglementation française va actuellement en ce sens mais elle semble oublier qu'il n'y a nulle étanchéité entre le réseau RATP et le RFN, alors que le premier est sous réglementation STRMTG et le second sous réglementation EPSF. Si cette étanchéité pouvait se limiter à des taquets dérailleurs, préservant un plan de voie assurant la continuité de l'itinéraire, cela éviterait d'injurier l'avenir... et un assouplissement probable de la législation française.

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12 juin 2015

CPER Franche-Comté : l'après Rhin-Rhône

Le projet de CPER 2015-2020 en Franche-Comté prévoit de consacrer 105,7 M€ au ferroviaire. Après la réalisation de la LGV Rhin-Rhône, dont la première phase semble être aussi la dernière, du moins pour un certain temps, le réseau régional bénéficiera de crédits de modernisation qui concerneront les deux axes structurants, à savoir Dole - Besançon - Belfort et Besançon - Lons le Saunier - Bourg en Bresse, mais aussi les lignes des plateaux jurassiens.

Sur Dole - Belfort, où se concentrent 60% des voyageurs des TER Franche-Comté, 22 M€ sont provisionnés, dont 2 M€ pour les études. La formulation du contrat est encore assez allusive sur le contenu des opérations. Il est probable qu'à l'aune de la fusion avec la Bourgogne, une partie de ces crédits soit affecté au noeud de Dijon, outre des évolutions sur la section Besançon - Belfort.

Sur Besançon - Bourg en Bresse, 31 M€ sont prévus afin d'améliorer la régularité des circulations, notamment entre Mouchard et Saint Amour, avec la création dans un premier temps de deux évitements supplémentaires sur cette ligne à voie unique.

Le CPER régularise les contributions de l'Etat et de la Région sur le projet Belfort - Delle à hauteur de 10 M€, la Région ayant avancé cette somme à l'Etat lors du précédent contrat. La réouverture de la ligne, dont l'exploitation sera assurée par du matériel suisse et du personnel suisse, constituera une amélioraton notoire de la relation entre les deux territoires, avec comme pivot la gare TGV de Belfort qui sera ainsi plus facile d'accès depuis le Jura suisse.

Sur la ligne Besançon - Le Locle, le CPER prévoit 12,3 M€ dont  300 000 € d'études complémentaires et une première série de travaux qui devraient concerner prioritairement la section Morteau - Le Locle et le matériel roulant pour être compatible avec les équipements requis côté suisse. On compte actuellement 10 000 mouvements transfrontaliers quotidiens par la route dont seulement 300 sont captés par le train : la ligne des horlogers a donc un certain potentiel pendulaire (c'est le cas de le dire). Dans un premier temps, l'objectif est de faciliter l'arrivée du matériel français en suisse (au-delà des 4 X73500 équipés Signum), et au-delà, les hypothèses maximalistes pourraient aller jusqu'à l'électrification de la ligne pour assurer un service transfrontalier assuré par la Suisse entre Morteau et Le Locle, allant ensuite vers La Chaux de Fonds ou Neuchâtel. L'échec du projet TransRun côté suisse devrait cependant reporter cette perspective à un horizon assez lointain.

Pour la ligne Andelot - Saint Claude, 6 M€ sont provisionnés pour assurer des travaux de maintien en exploitation : la ligne des hirondelles risquait de se voir couper les ailes...

Enfin, le programme PMR est financé par le CPER à hauteur de 23 M€

17 juin 2014

Besançon - La Chaux de Fonds : une question de normes

Modification de la réglementation sécuritaire après l'accident de Granges-Marland intervenu le 29 juillet 2013 : l'Office Fédéral des Transports impose un renforcement des dispositifs de protection des trains par la signalisation ce qui devrait conduire à retirer l'autorisation de circulation des X73500 assurant la liaison Besançon - La Chaux de Fonds au 1er janvier 2015. De leur côté, les CFF prévoient d'équiper la ligne en ETCS de niveau 1 dès 2017 alors que cette échéance n'est pas programmée côté français. La FNAUT monte au créneau pour obtenir une dérogation et un double équipement temporaire de la section Le Locle frontière - La Chaux de Fonds pour ne pas casser la liaison directe et fragiliser l'économie de la ligne française qui pourrait perdre de son attractivité si la correspondance était établie.

L'Europe ferroviaire a décidément bien du mal à progresser !

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