22 avril 2017

Suisse : des trains de fret plus utilisés et mis en cadence

Le fret à égalité avec le trafic voyageurs dans la structuration horaire

Depuis le service annuel 2017, les sillons voyageurs et fret en Suisse sont placés sur un même pied d’égalité. Cette mesure découle de la loi du 1er juillet 2016 créant une nouvelle base légale pour la planification horaire sur le réseau. Jusqu’à présent, contrairement aux directives européennes, les sillons voyageurs cadencés primaient sur le fret. Désormais, dans la structuration capacitaire du réseau, une partie du fret bénéficie du même rang de priorité que les circulations voyageurs. A 100 km/h, un train de fret atteint effectivement une vitesse moyenne comparable à celle d’un train régional omnibus. Dans un premier temps, l’intégration dans la trame systématique s’effectue pour les clients les plus réguliers, capables de commander leurs sillons à l’année.

Cette mesure est destinée à accélérer le fret en évitant de trop longs et trop fréquents stationnements en ligne du fait de la priorité accordée aux sillons voyageurs. Ainsi, l'intégration des sillons fret réguliers dans le processus de structuration capacitaire et la mise sur un pied d'égalité avec les sillons voyageurs a déjà été appliquée au Bénélux et a permis de ramener à 6 heures la durée du parcours Anvers - Cologne alors qu'il peut encore atteindre régulièrement 14 heures de Cologne à Bâle, sur un axe il est vrai particulièrement saturé...

« Ce n’est que si les trains de CFF Cargo circulent ponctuellement et au bon moment que nous pourrons assurer que les rayons des magasins Coop et Migros soient bien garnis et que le courrier de La Poste soit distribué à temps » a résumé la direction générale des CFF… ce qui montre au passage le rôle quotidien du transport de marchandises par le rail en Suisse.

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Thoune - 4 avril 2017 - Filant en direction du tunnel du Lotschberg, le train combiné Ambroggio à destination de l'Italie traverse la gare de Thoune, au crochet d'une Re 4/4 série 465 du BLS, similaires aux Re 460 des CFF. © transportrail

Trafic en hausse mais suprématie du rail sur le transit transalpin

En 2016, le tonnage de marchandises transportées à travers les Alpes a franchi la barre des 40 Mt soit une hausse de 3,7% par rapport à 2015. Sur la route, 11,7 Mt ont été acheminées : un résultat en hausse de 2,5% alors que le nombre de camions a lui diminué de 11% pour plafonner à 975 000. Pas moins de 28,6 Mt ont transité par voie ferrée soit une part modale de 71%.

Dans le détail, on note donc que le remplissage des camions a été amélioré (ce qui montre que ce mode de transport dispose de réserves capacitaires sans forcément allonger les convois ou en augmenter le nombre), mais que la voie ferrée continue d'être utilisée de façon dominante. Sur les rails, le transport par wagons complets représente près de 9 Mt acheminées. Le transport combiné non accompagné, c'est à dire les caisses et le semi-remorque mais pas le tracteur, totalise 18 Mt transportées. L'autoroute ferroviaire recule légèrement.

L'année 2017 sera marquée non seulement par le plein effet de l'ouverture du tunnel du Gothard mais aussi par la hausse de la RPLP, l'écotaxe poids lourds, et une politique commerciale attactive sur le prix des sillons fret.

En matière de part de marché, CFF International s'arroge 35%, devant CFF Cargo (30%), le BLS (23,3%), Crossrail (7,5%) et DB Cargo (4,1%).

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10 avril 2017

Une heure à Gundelfingen (dans le brouillard...)

Après Liestal en Suisse, un nouveau reportage en images à propos de la densité de trafic sur les réseaux voisins : transportrail vous emmène à Gundelfingen, à proximité de Freiburg im Breisgau, sur la rive droite du Rhin, sur une section de la magistrale Mannheim - Karlsruhe - Bâle toujours à deux voies, mais avec pas moins de 350 circulations par jour de base. Manque de chance, notre "spot photo" s'est déroulé dans une purée de pois...

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Gundelfingen - 31 octobre 2016 - Un ICE1 en direction de Bâle à l'approche de Freiburg im Breisgau. Ce n'est pas la photo du siècle à cause du brouillard. Le signal à droite signale la prochaine arrivée d'un train dans le dos du photographe. © transportrail

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17 février 2017

SNCF Logistics entre dans BLS Cargo

Information étonnante : alors que l'activité française de fret persévère dans le marasme, SNCF Logistics annonce prendre pas moins de 45% du capital de BLS Cargo pour renforcer son positionnement sur l'axe nord-sud entre l'Allemagne et l'Italie, en complément des prises de position sur ce marché par le biais de Captrain (en Allemagne et en Italie). Cette entrée au capital de l'opérateur suisse devra être confirmée par l'autorité de la concurrence.

 

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Thun - 15 avril 2016 - Montée par une Re 485 d'un train de l'autoroute ferroviaire vers le Lotschberg, croisant au passage un train du combiné. Trafic dense sur le réseau du BLS ! © transportrail

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Sur les bords du Walensee - Deux Re 475 type Vectron de Siemens, dernier modèle de locomotive acquis par le BLS tractent un train d'automobiles entre l'Europe Centrale et la France. BLS Cargo ne se limite pas à l'axe nord-sud par le Lotschberg. (document BLS Cargo)

En 2016, BLS Cargo a réalisé 174,9 M€ de chiffres d'affaires, soit 10% de plus qu'en 2015, le bénéfice étant passé de 280 000 à 1,4 M€. Bref, la SNCF fait de la croissance externe en renforçant sa position sur un axe Allemagne - Italie et en privilégiant le passage par la Suisse plutôt que par la France où les conditions de circulation sont plus difficiles du fait de l'état et de la disponibilité du réseau. Manifestement, la stratégie est de vouloir opérer pleinement et de bout en bout des trains traversant la Suisse, un marché prolixe, en renforçant la visibilité de Captrain.

Qui a dit "un moyen de gonfler artificiellement les résultats" ?

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20 décembre 2016

Rame tractée ou automotrice ?

Le renouvellement du matériel roulant voyageurs, qu'il s'agisse des services locaux ou longue distance, amènent les différents réseaux européens à des stratégies différentes quant à l'arbitrage entre une rame tractée et une automotrice. En France, la question semble arbitrée et la SNCF tend vers la généralisation de la formule automotrice à un horizon situé entre 2025 et 2030, c'est à dire la fin des voitures Corail, des VB2N en Ile de France et des RRR en Région.

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Magnanville - 18 janvier 2014 - Les BB26000 auront été les dernières locomotives conçues en France pour assurer des liaisons voyageurs longue distance. Les BB36000 y sont venues sur le tard du fait de l'arrivée de Thello. Les BB27300 commandées pour Transilien seront les dernières locomotives voyageurs françaises. © transportrail

Qu'en est-il sur les réseaux européens voisins ? transportrail vous propose ce nouveau dossier, s'intéressant aux choix de la Belgique, de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Autriche, de l'Italie et de l'Espagne. Six pays et finalement une diversité de situations. L'automotrice n'est pas la solution universelle. Tout dépend des buts recherchés. L'approche économique conduit à privilégier la rame tractée réversible dès lors qu'on atteint une composition de 6 voitures "classiques" de 24 m, et à condition d'avoir un besoin homogène en capacité tout au long de la journée, et d'accepter la formation d'une rame double avec deux locomotives dans la formation. C'est la solution employée en Autriche sur le Railjet. En revanche, si l'objectif est de rechercher d'abord de fortes capacités d'accélération et de freinage pour s'insérer dans des graphiques déjà denses, l'automotrice s'impose assez nettement.

Mais en réalité, il n'y a pas véritablement de choix idéologique : c'est le plus souvent le constat de la situation du parc ferroviaire qui amène aux choix d'investissements. C'est un peu l'application au domaine ferroviaire "un morceau de pain pour finir le fromage, un morceau de fromage pour finir le pain". Bref, une logique d'opportunités éclairées...

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16 mai 2016

Lötschberg : la deuxième voie à l'étude

Mis en service en 2007, le tunnel du Lötschberg sur le réseau du BLS n'est cependant pas totalement achevé. Un seul des deux tubes est complétement équipé sur 35 km. En revanche, le tube ouest n'est pas totalement réalisé puisque seuls 14 km sont exploités. Pour le reste, 14 km sont à l'état de gros oeuvre (génie civil achevé mais pas d'équipement ferroviaire) et 7 km ne sont pas du tout percés.

En 2016, le tunnel du Lötschberg est exploité à 80% de sa capacité, ce qui motive le lancement, par le BLS et le groupement d'ingénierie du tunnel, d'études pour une nouvelle tranche de travaux. Le BLS souhaiterait planifier l'équipement ferroviaire des 14 km aujourd'hui percés ce qui réduirait la section à voie unique à seulement 7 km, détendant ainsi les contraintes d'exploitation. Le projet serait soumis au Conseil Fédéral en 2018 et financé par le FAIF.

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Vue du tube ouest sur sa partie percée mais non exploitée, objet des études destinées à augmenter la capacité de transport du tunnel du Lotschberg. (cliché BLS)

Le centre de supervision du trafic à Spiez est équipé d'outils de régulation prédictive du trafic, qui permettent différents niveaux de supervision du trafic : il est possible de laisser le système gérer seul la succession de trains, y compris envoyer aux conducteurs une préconisation de modulation de la vitesse pour éviter l'arrêt de lourds convois de marchandises dans le tunnel, afin d'optimiser la consommation énergétique. Le système peut aussi fonctionner en mode suggestif, avec validation de l'agent régulateur, ou devenir complètement passif pour une exploitation "manuelle". Un système d'autant plus nécessaire que le tunnel accueille des trains aux comportements hétérogènes, de l'Eurocity assuré en ETR610 montant jusqu'à 250 km/h dans le tunnel, aux trains de fret de 2400 tonnes lancés à 120 km/h.

Avec un tunnel du Lötschberg à la capacité augmentée probablement entre 2025 et 2030 et un ensemble Gothard - Ceneri à forte capacité, l'avenir du fret européen entre la mer du Nord et l'Italie passe plus que jamais par la vallée du Rhin et la Suisse. Encore ça de moins pour le Lyon - Turin...

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03 mai 2016

Suisse : le BLS se place sur l'axe Mer du Nord - Italie

En recevant sa première locomotive Vectron quadricourant, le BLS concrétise sa stratégie de positionnement sur le corridor européen entre les ports de Rotterdam et de Gênes. La compagnie suisse a commandé 15 locomotives quadricourant à Siemens, capables de rouler aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Autriche et en Italie. Baptisées DACHINL (D-A-CH-I-NL, comme les 5 pays où elles seront homologuées), ces machines de 88 tonnes développent une puissance de 6400 kW à une vitesse maximale de 140 km/h. Trois machines seront livrées en 2016 et l'intégralité de la commande sera parvenu à Spiez en 2018. Outre la possibilité de gérer le renouvellement de son parc, avec le retrait progressid des Re425, cette commande permet au BLS de renforcer son positionnement sur un corridor fret stratégique en Europe et de maintenir l'avance de l'itinéraire par l'Allemagne et la Suisse réputé plus fiable et plus rapide que par la France.

La Re475-402, première Vectron quadricourant du BLS livrée aux ateliers de Spiez. (cliché BLS)

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17 septembre 2014

Un siècle d'amitié ferroviaire franco-suisse

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Première rencontre entre l'Ae 4/7 des CFF à gauche et la 2D2 5525 du Paris Orléans à droite : la parenté technique est flagrante et méritait bien d'être placée au coeur de l'exposition. © transportrail

Plus de 800 personnes sont venues aux portes ouvertes des usines ABB Sécheron au cours des journées du 13 et du 14 septembre. A l’occasion de la ré-électrification en 25 kV de la ligne Bellegarde – Genève, l’Association pour la Préservation du Matériel Ferroviaire Savoyard, le Cercle Ouest Parisiens d’Etudes Ferroviaires (COPEF), l’Association E 525, CFF Historic, BLS, Schorno Locomotive Management (SLM) ainsi que les sponsors ABB Suisse, Stadler, IGTE (SNCF) et Alpiq ont souhaité réunir des matériels ferroviaires qui avaient été conçus et en partie produits par les usines Sécheron, mais qui n’avaient jamais eu l’occasion de côtoyer d’aussi près.

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De gauche à droite, une Ae 6/8 du BLS, la 2CC2 3402 du PLM (pour la ligne de la Maurienne) et la CC 6558 de la SNCF : trois générations de matériel alpin, mais seule la dernière était une habituée de Genève. La 2CC2 ne sortait pas de son périmètre Ambérieu - Modane. Quant à l'Ae6/8, elle était concentrée sur les lignes du BLS entre Lotschberg et Simplon. © transportrail

Avaient ainsi été réunis :

  • la BB9301, qui fréquenta régulièrement Genève tant qu’elle était affectée au réseau sud-est,
  • la CC6558 en livrée Maurienne, autre série française fréquemment présente en terre suisse,
  • la CC20001, prototype des engins bicourant 1500 V – 25000 V lors de l’expérimentation du courant alternatif,
  • la 2CC2 3402 de la Maurienne, machine savoyarde certes mais qui n’était jamais venue à Genèven, son périmètre n’ayant jamais dévié de l’axe Ambérieu – Modane,
  • la 2D2 5525 du PO pour laquelle venir à Genève était aussi une première,
  • l’Ae4/7 (type 1D2) des CFF, qui est la cousine helvétique de la précédente,
  • l’Ae6/6 des CFF, première série moderne de machines de grande puissance notamment pour le trafic de marchandises,
  • l’Ae 6/8 du BLS, qui constitue un intermédiaire technologique entre les deux engins précédents,
  • la Be4/4 n°545 du BLS

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A gauche, une pionnière française, la CC 20001 bicourant pour l'expérimentation du courant 25000 V. A droite, une Ae6/6 pour les convois lourds de marchandises en Suisse. Là encore, quelques passerelles techniques entre les deux matériels. © transportrail

Toutes étaient présentées sous les meilleurs auspices : livrée rutilante à l’issue de restaurations parfaitement menées, disposition simple sur les voies de l’usine mais permettant de faire le tour des machines, de monter à bord et de les photographier sous leur meilleur jour. La BB9301, récemment réformée, était la seule à ne pas avoir encore été restaurée, mais présente un état encore très satisfaisant dans la livrée Multiservices.

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Dernière préservée, la BB 9301 a quitté son service commercial et débute sa retraite. Représentante de la famille des BB Jacquemin, elle voisine la CC 20001 qui inaugura les recherches de locomotives modernes après-guerre aboutissant à cette série de machines qui ont essaimé un demi-siècle durant sur le réseau français. © transportrail

Une manifestation simple, « sans chichis » ni excès de communication, simplement destinée à mettre en valeur le train et l’évolution de la technologie en France et en Suisse dans une période marquée par un rapprochement ferroviaire autour du projet CEVA.

Autre élément à ne pas négliger dans cette coopération franco-suisse, les automotrices Flirt RABe 522 des CFF assurent désormais la liaison RER Genève – Bellegarde grâce à leur aptitude au 25000 V français.

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Une seule automotrice présente à l'exposition, la Be 4/4 545-761 du BLS, à l'allure typique des matériels pour service omnibus d'après-guerre. © transportrail

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08 juin 2011

MOB - BLS : ils ont osé !

Les compagnies du Bern - Lotschberg - Simplon et du Montreux - Oberland Bernois ont décidé de proposer une liaison entre Montreux et Interlaken sans correspondance à Zweisimmen pour les liaisons touristiques Golden Pass. Pourtant, le MOB est à voie métrique et le BLS à écartement normal, et la gare de Zweisimmen est en impasse. Qu'importe, des bogies à écartement variable seront installés sur le matériel existant (36 voitures concernées) qui pourra être surélevée lors des circulations sur le BLS dont les quais sont à la cote normalisée de 55 cm. La gare de Zweisimmen reconfigurée pour favoriser une liaison directe sans rebroussement. Coût de l'opération 55 millions de francs suisses pour transformer 36 voitures et la gare de Zweisimmen.

Quand on aime, on ne compte pas...

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31 mars 2011

Le Saint Gothard percé

Si la percée alpine franco-italienne n'en finit pas de faire du surplace, les percées suisses, elles, progressent à bon rythme, ce qui explique en partie la chute du trafic sur l'itinéraire français reliant les ports du Bénélux à l'Italie, au profit de l'itinéraire par l'Allemagne et la Suisse.

Le 23 mars dernier, le tunnel du Saint-Gothard a fait un nouveau pas de géant : cinq mois après l'achèvement de la galerie est, la galerie ouest est achevée. Désormais, les deux tunnels à voie unique, d'une longueur de 57 km chacun, sont entièrement excavés. Le gros oeuvre du plus long tunnel du monde est ainsi achevé. C'est la fin de 15 années de travaux de génie civil. Place maintenant aux travaux d'infrastructures ferroviaires, prévus jusqu'en mai 2016, date à laquelle le nouvel ouvrage devrait être livré.

Le tunnel du Lotschberg, long de 34,6 km et mis en service en mai 2007, est l'autre NLFA - nouvelle ligne ferroviaire alpine - décidée en 1992 et financée par une redevance sur les poids lourds d'une part et une taxe sur les huiles minérales d'autre part. La ligne  fonctionne quant à elle à plein régime compte tenu de la situation actuelle marquée par une longue section à voie unique de 21 km dans cet ouvrage. Il est équipé en signalisation ETCS de niveau 2, avec signalisation en cabine, et parcourable jusqu'à 250 km/h, plaçant la compagnie du Bern - Lotschberg - Simplon parmi les plus avancées en la matière en Europe.

En 2011, le BLS fait passer, deux sens cumulés, 30 Intercity CFF tracés à 200 km/h et 12 Cisalpino (hors système) circulant à 250 km/h, et jusqu'à 80 trains de marchandises à 100 km/h, tractés par le BLS. La ligne de faîte reste très utilisée, avec jusqu'à 180 trains du ferroutage, 40 de marchandises et 37 trains régionaux BLS : elle fête ce 31 mars le centième anniverse de sa percée !

Autant dire que la Suisse se dote des outils lui permettant de mener activement une politique de report modal. Et en France ?

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24 janvier 2010

CFF et BLS modernisent leurs trains navettes

Au début des années 1980, le réseau ferroviaire suisse s’était doté d’automotrices modernes pour le service régional. Composées d’une motrice et d’une remorque, leurs similitudes avec les Z2 françaises s’arrête à peu près là. Au gré de l’évolution du trafic, les compositions de ces rames avait été accrue par l’adjonction de voitures unifiées de type I/II adaptées, permettant de constituer des compositions de 3 à 6 voitures. Malgré l’alourdissement de la charge remorquée, les performances demeuraient satisfaisantes, grâce au surdimensionnement originel.

Pareille situation fut un temps envisagé par la SNCF pour créer des « Z3 », mais le dimensionnement de la motorisation des Z2 n’aurait pas permis de conserver les performances initiales et en particulier l’aptitude à circuler à 160 km/h.

Les CFF ont engagé la modernisation des 120 automotrices de la série RBDe 560, surnommées Colibri. Aptes à 140 km/h avec leur puissance de 1680 kW, elles ont désormais atteint le cap des 25 ans de service, du moins pour les plus anciennes. Outre la remise à niveau technique, les CFF ont souhaité remplacer les voitures unifiées parvenues en fin de vie et améliorer l’accessibilité de ces rames. Ainsi, Bombardier a été retenu pour construire 140 voitures intermédiaires Inova à plancher bas réparties en trois types : (mixte des deux classes avec WC et 2ème classe avec ou sans WC). Une option de 148 voitures est prévue pour suivre l’évolution du trafic.

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Chatillens - 2 juillet 2006 - La RBDe560-072 assure une liaison Payerne - Lausanne. Au centre de la rame, deux voitures unifiées adaptées pour accroître la capacité de l'ensemble motrice + voiture de réversibilité. © Ph. Chappuis - www.photosrail.ch

Baptisé « Domino », les nouveaux trains navettes bénéficient d’un nouvel aménagement intérieur, d’une climatisation et de l’introduction de l’information dynamique et multimodale des voyageurs.

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Les Evouettes - 30 août 2009 - La RBDe 560-403, transformé en Domino par l'ajout de deux voitures centrales à plancher bas, assure une relation Bouveret - Sion par Monthey. © Ph. Chappuis - www.photosrail.ch

De leur côté, le Bern-Lotschberg-Simplon (BLS) ont lancé une opération de grande envergure, baptisée KOMPAKT, sur leurs automotrices régionales.  dispose de 22 automotrices RBDe 565 et 12 RBDe 566  livrées entre 1982 et 1992. Disposant de 1650 kW, elles sont aptes à 125 km/h. Le BLS a retenu un concept différent des CFF pour moderniser cette série. Un segment articulé de deux voitures à plancher bas reposant sur trois bogies est intercalé entre la motrice et la remorque de base, en remplacement d’éléments anciens adaptés pour l’occasion. La capacité de ces rames a ainsi pu être portée de 139 à 389 places assises.

Outre la rénovation mi-vie, l’aménagement intérieur est revu en accroissant la surface des plateformes et l’installation d’écrans d’information dynamique, de poubelles pour le tri sélectif et la climatisation des remorques uniquement. La sellerie de seconde classe est changée, et les français peuvent – pour une fois – se vanter d’avoir inspirer nos voisins suisses puisque le modèle de siège adopté est celui équipant nos TER2N, X73500, Z2 et RRR rénovées ! Néanmoins, ceux qui ont l’œil pourront remarquer rapidement que la garniture des mousses est bien plus épaisse.

Sur les segments articulés, baptisés Jumbo, situés au centre des RBDe 565, quelques adaptations sont prévues pour améliorer le confort et l’accessibilité de ces voitures mises en service entre 2003 et 2005.

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Busswill - 10 avril 2008 - La RBDe 565-738 assure une relation entre Bienne et Belp. Au centre de la rame, le coupon articulé de deux voitures à plancher bas, disposition originale du BLS pour répondre à l'augmentation du trafic et aux attentes en matière d'accessibilité. © Ph. Chappuis - www.photosrail.ch

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Mirchel - 25 mai 2006 - Les RBDe566, de formation plus réduite, sont également concernées par le programme de rénovation du BLS. La rame 222 assure une liaison Thur - Hasle-Rüegsau. © Ph. Chappuis - www.photosrail.ch

KOMPAKT concerne également les 38 RABe 525, alias NINA, livrées entre 1998 et 2005. Ces rames articulés légères de trois ou quatre caisses, longues de 47,7 à 61, 1 m, disposent de 1000 kW et atteignent 140 km/h. Elles offrent 152 à 191 places assises, désormais dotées du désormais classique siège « TER ». Quant aux 13 GTW, elles bénéficieront aussi d’une rénovation de leurs aménagements intérieurs.

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Ins - le 11 août 2005 - A leur arrivée, les RABe 525, surnommées NINA, avaient tenu le haut de l'affiche en dévoilant leur conception novatrice de rame articulée formée de caisses courtes à plancher bas : certains s'en sont depuis largement inspirés ! La 525-008 assure une liaison Kerzers - Neuchâtel. © Ph. Chappuis - www.photosrail.ch

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