09 décembre 2019

Vers une augmentation de capacité sur Aix les Bains - Annecy ?

L'idée n'est pas totalement nouvelle et fait même partie des dossiers récurrents en Savoie, mais jusqu'à présent, les améliorations ont surtout été concentrées sur le réseau routier. Accueillant une soixantaine de circulations par jour de nature assez variée, la voie unique reliant Aix les Bains à Annecy, malgré ses 6 points de croisement, parvient progressivement à ses limites, y compris en matière de régularité, alors qu'elle dessert un territoire dynamique et sur lequel les déplacements sont nombreux et principalement assurés par la route. Si on y ajoute la desserte de Chambéry, la liaison - qu'on pourrait appeler « Interlacs » - sur la partie nord du sillon alpin bénéficie d'un important potentiel que le train ne capte aujourd'hui qu'assez partiellement, encore moins avec les conséquences des travaux de Lyon Part-Dieu, puisque la liaison directe Lyon - Annecy a littéralement disparu... et la manie de la SNCF de réduire l'offre TGV (2 allers-retours en moins vers Paris au service 2019 en plus de l'éphémère et anonyme Annecy - Marseille)

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Albens - 21 juillet 2015 - Deux illustrations du trafic sur Aix - Annecy : d'abord ces AGC bimodes sur une relation Annecy - Valence, qui, hormis Lyon et Saint Etienne, dessert toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants de Rhône-Alpes (Annecy, Chambéry, Grenoble, Valence), à fort potentiel ; ensuite le TGV Paris - Annecy, assuré ici par une rame Duplex avec motrices Réseau (rame 609), relation dont la consistance s'étiole dans un raisonnement sur le taux de remplissage des rames, qui diminue avec l'usage de ces rames plus capacitaires... (clichés X)

Dans l'absolu, le doublement complet de la ligne ne serait pas injustifié mais il s'avère difficile à réaliser : l'itinéraire est relativement difficile, surtout sa partie centrale comprenant de nombreux ouvrages d'art dans les gorges du Fier. Il faudrait alors envisager un scénario d'une ligne nouvelle shuntant la partie la plus difficile, à l'image du TransRun programmé en Suisse entre La Chaux de Fonds et Neuchâtel : ces deux agglomérations disposeront d'une liaison rapide en 15 minutes dans le cadre du programme PRODES 2035

Il n'en est pas question de ce côté-ci des Alpes. En conséquence, le projet aujourd'hui examiné prévoit de fusionner certains évitements pour autoriser des croisements dynamiques, mais aussi de créer des sections de double voie aux deux extrémités de l'axe. Il vient de faire l'objet d'un mois de concertation préalable avec les élus locaux et la population : transportrail vous propose de faire le point dans son nouveau dossier. Notre précédente étude sur le sillon alpin a été également mise à jour.

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10 février 2014

Annecy - Aix les Bains : quel doublement ?

Cela faisait partie des projets ferroviaires liés à la candidature d'Annecy aux Jeux Olympiques d'hiver de 2018, et c'est aussi un sujet quotidien pour les usagers des TER en Savoie. La liaison entre Chambéry et Annecy, et plus globalement la liaison avec Lyon, implique l'emprunt de la voie unique traversant notamment les gorges du Fier.

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Aix les Bains - 15 avril 2013 - Un UM de B82500 en gare d'Aix les Bains pour Annecy. Le doublement partiel permettra de fluidifier le trafic et d'étoffer les dessertes Intevilles et périurbaines. © J. Sivatte

Le développement de la desserte Intervilles Lyon - Annecy, mais aussi du sillon alpin vers Grenoble et Valence, ou encore des liaisons omnibus à caractère périurbain entre les deux villes se retrouve contraint par cette voie unique de 39,6 km comprenant 6 points de croisement. Equipée du BAL, ses performances sont très honorables puisqu'elle autorise 110 à 115 km/h sur des courbes prononcées et avec des rampes atteignant 20 pour mille, et même 140 km/h entre Bloye et Rumilly.

Initialement, les études liées au CPER 2007-2013 portaient sur la mise à double voie de 21 des 39 km, constituant de longues zones d'évitement dynamique, assouplissant les conditions de croisement. Les premières projections du CPER 2014-2020 limiteraient le chantier à 13 km entre Albens et Rumilly et les élus savoyards s'en inquiètent.

Etant donné que les moyens deviennent rares, l'enjeu sur cet axe est bien de connaître d'abord le besoin - nombre de trains, politique d'arrêt et matériel employé - pour définir le programme des travaux. Dans une trame horaire bien cadencée, les croisements étant systématisés sur une même minute et donc sur un même point, il est possible de rationaliser le besoin en infrastructure : c'est la "méthode suisse" qui continue de faire ses preuves, définissant les objectifs avant les moyens.

En raisonnant sur une desserte Intervilles toutes les demi-heures à terme (un Lyon - Annecy et un Annecy - Valence par heure, dans lesquels se glisseraient les TGV de Paris et de Marseille), et une offre à la demi-heure à caractère omnibus entre Aix et Annecy, A raison donc de 4 trains par heure et par sens, la mise en place d'une zone à double voie de 13 km, soit le tiers de la ligne, sans perdre les possibilites existantes de croisement - qui pourraient être améliorées pour diminuer la perte de vitesse à l'entrée des voies d'évitement - peut sembler un programme correct, au moins pour une première étape de développement.

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