29 juillet 2017

Espagne : 25 ans de grande vitesse ferroviaire

C'était le 21 avril 1992 : pour la première fois, un train à grande vitesse AVE - Alta Velocidad Española - reliait Madrid à Séville en 2h30. Cette mise en service coïncidait avec le début de l'Exposition Universelle de Séville et les Jeux Olympiques d'été, quoique ceux-ci se tenaient à Barcelone. Elle marquait une évolution majeure du réseau espagnol : première ligne à grande vitesse, première ligne à écartement européen, bref un symbole de modernité, dans un pays plutôt mal lôti sur le plan ferroviaire, et d'intégration européenne. 25 ans plus tard, l'Espagne dispose du premier réseau ferroviaire à grande vitesse d'Europe, le deuxième du monde derrière la Chine, avec 3240 km de lignes à écartement européen de 1435 mm.

HighSpeedSpain

Réseau à grande vitesse espagnol en 2016 et extensions projetées ou en travaux.

Censé incarner la décentralisation de l'Etat, la géographie du réseau, hypercentralisé sur Madrid, renforce au contraire la capitale, qui gagne en accessibilité depuis les différentes Provinces. De ce point de vue, il existe une forte analogie entre les deux côtés des Pyrénées. Ce n'est pas la seule.

Comme en France, le devenir de la grande vitesse fait question. En un quart de siècle, pas moins de 51,7 MM€ ont été investi pour constituer ce réseau, avec une large participation de l'Union Européenne. Néanmoins, hormis la relation entre Madrid et Barcelone, le réseau est structurellement déficitaire et accumule déjà 16 MM€ de dette. En 2016, la RENFE a transporté environ 20 millions de passagers à bord de ses AVE, soit 6 fois moins que la France qui dispose d'un réseau d'un tiers moins étendu : 6172 voyageurs / km / an en Espagne contre un peu plus de 50 000 en France. Mais, comme en France, on peut aussi se demander quelle serait le niveau d'activité ferroviaire si le réseau à grande vitesse n'avait pas vu le jour.

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Seville Santa Justa - 22 février 2013 - L'évolution de la grande vitesse ferroviaire espagnole en image avec à droite une rame type TGV Alstom et à gauche un élément série 112 "pato" constitué d'une rame Talgo et de motrices Bombardier. © transportrail

Comme en France, le manque d'investissement sur le réseau conventionnel est mis en exergue : ADIF, le gestionnaire d'infrastructures, ne dispose que de 800 M€ pour la maintenance et le renouvellement du réseau historique, long d'un peu plus de 12 000 km, alors que l'Etat investit en moyenne chaque année 3 fois plus pour le développement du réseau à grande vitesse. La crise économique des années 2000 a néanmoins ralenti le rythme des constructions par rapport aux perspectives initiales mais est resté tout de même parmi les opérations relativement épargnées par les différents gouvernements. On peut par exemple mesurer cette réduction du rythme au travers des tergiversations sur le Y basque.

En revanche, on peut noter une différence notable entre la France et l'Espagne. La première ligne Madrid - Séville avait retenu le matériel français (une déclinaison du TGV Atlantique) et une signalisation allemande (LZB). Pour la deuxième ligne vers Barcelone, la RENFE avait retenu le matériel Siemens (Velaro) d'emblée équipée en ERTMS. Ensuite, CAF et Talgo, ce dernier d'abord en association avec Bombardier puis de façon autonome, ont développé leurs propres solutions de matériel à grande vitesse. Au nord des Pyrénées, Alstom règne en maître sur la grande vitesse française et les quelques entorses ont été fortement médiatisées (cas de l'affaire Eurostar).

 

Autre différence et de taille : compte tenu de la différence d'écartement avec les autres pays européens, l'Espagne s'est véritablement engagée dans la construction d'un second réseau ferroviaire, présentant un fort niveau d'étanchéité avec le réseau classique. Certes, certains matériels sont à écartement variable et peuvent s'affranchir de l'obstacle technique, mais le réseau AVE n'est guère comparable avec le réseau TGV français qui est fortement interconnecté avec le réseau classique. Il en résulte des conditions d'embarquement différentes, plus proches de l'avion, une régularité exceptionnelle compte tenu du nombre de circulations relativement limité et de la faiblesses des interdépendances, mais aussi par une méthode de tracé de l'horaire qui exporte la marge de régularité en bout de ligne pour éviter à la RENFE le remboursement intégral du billet en cas de retard de plus de 5 minutes.

L'Espagne ne semble pas renoncer au développement de ce second réseau : restent à mettre les moyens à hauteur de l'ambition (atteindre 10 000 km de lignes à écartement européen à plus de 250 km/h) et à statuer sur le devenir du réseau historique, particulièrement concurrencé par les compagnies d'autocars longues distances.

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15 mars 2017

Espagne : le Y basque pas avant 2023

En 2006, la Région Aquitaine et la province espagnole d’Euskadi s’accordaient pour le développement d’une liaison ferroviaire rapide transfrontalière à écartement européen accord entre la Région Aquitaine et la province d’Euskadi pour une liaison ferroviaire rapide à écartement européen, devant faire la jonction entre les projets de lignes à grande vitesse français et espagnols.

Y basque 2015

L’infrastructure avance… mais les gares ?

Constitué de trois branches vers Irun, Vitoria et Bilbao, le projet du « Y basque » prévoyait la construction de 175 km de lignes nouvelles mixtes fret et voyageurs, avec une vitesse maximale de 250 km/h. Elle comprenait 23 tunnels totalisant 103 km de ligne et 44 viaducs. Son coût est estimé à 4,2 MM€.

Entre Hendaye et Astigarraga, au sud de San Sebastian, la création d’une ligne nouvelle a été finalement écartée en 2013, tant pour limiter le coût du projet que les oppositions locales. L’adaptation de la ligne existante a été privilégiée avec un programme de près de 80 M€ pour la pose d’un troisième rail à l’écartement européen, le remplacement des appareils de voie et la modification du gabarit de 3 tunnels, le renouvellement de 2 sous-stations et l’ajout de deux postes d’alimentation. A Irun, les installations seront prédisposées pour une caténaire commutable. Les travaux seront achevés en 2019.

Les travaux de génie civil des nouvelles infrastructures sont largement avancés et même achevés à plus de 75%, notamment entre Vitoria et le triangle de Bergara.

Cependant, la mise en service n’est pas envisagée avant 2023 d’autant que les 3 gares de Bilbao, Vitoria et San Sebastian ont été définies tardivement, l’accord politique n’ayant été validé qu’au début de l’année 2017. Les trois gares seront souterraines.

A Bilbao, intégrée à un tunnel de 2100 m, elle comprendra 2 niveaux (un pour les trains régionaux à écartement ibérique et un pour les trains à écartement européen), comprenant chacun 8 voies à quai. Pas moins de 90 000 m² d’installations ferroviaires en surface seront libérées.

A San Sebastian, la gare sera intégrée au site existant, avec 6 voies dont 2 latérales à écartement ibérique et 4 voies centrales à écartement européen.

A Vitoria, la gare sera intégrée dans le tunnel de 2900 m sous la ville mais les modalités restent encore évasives même après l’accord entre le gouvernement national et le gouvernement régional.

Quelle connexion à Hendaye ?

Côté français, le calendrier du projet espagnol dicte celui des aménagements de la gare de Hendaye et de la jonction avec Irun, assurée aujourd’hui au moyen d’une double voie unique : la première au à l’écartement européen en 1500 V et la seconde à l’écartement ibérique en 3000 V. Deux voies à quai permettent la réception des – rares – trains espagnols à Hendaye. La priorité devrait aller a minima à l’installation d’un troisième rail à l’écartement européen sur ces voies, puisque la desserte voyageurs sera assurée par du matériel au standard UIC.

Pour le fret, le site est d’autant plus complexe qu’il faut y intégrer les contraintes du changement d’écartement, les locomotives espagnoles restant à voie large, le tout avec des installations vétustes et incompatibles avec les évolutions liées au Y Basque et à l’interconnexion des réseaux français et espagnols.

L’enjeu principal réside donc dans la reprise progressive de la tête sud du site de Hendaye, voire dans la réorganisation complète du bipôle Hendaye – Irun, les deux gares disposant d’installations relativement symétriques.

Cependant, l’échéance de liaisons voyageurs directes de Bordeaux à Bilbao et au-delà en Espagne ou même de Bayonne à San Sebastian reste éloignée : la frontière ferroviaire restera durablement un obstacle persistant laissant le champ libre aux solutions routières en dépit d’un trafic  journalier toujours aussi conséquent…

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13 septembre 2016

TGV France - Espagne : la bonne stratégie ?

L'annonce par SNCF Réseau et l'ADIF, le gestionnaire d'infrastructure espagnol, de leur de l'intention de reprendre TP Ferro, le concessionnaire de la liaison internationale Perpignan - Figueras, met en lumière l'échec commercial de ce projet européen.

La faiblesse du trafic ferroviaire sur la ligne nouvelle transpyrénéenne Perpignan – Figueras, qui rejoint côté espagnol le réseau à grande vitesse vers Barcelone et Madrid, pose la question de la pertinence du mode ferroviaire sur des liaisons européennes à longue distance, face à la concurrence aérienne, tant sur le temps de voyage que le coût du billet.

Avec 2 allers-retours TGV reliant Paris à Barcelone en 6h27, par prolongement de Paris – Perpignan existants, le train ne supporte pas la concurrence de l’avion, plus rapide et moins cher grâce à la concurrence et au low-cost. L’équilibre économique des liaisons mises en place par la RENFE depuis Barcelone vers Marseille, Toulouse et Lyon est précaire avec une dérégularisation des circulations, du fait de temps de parcours là encore élevés (Marseille 4h33, Toulouse 3h15, Montpellier 3h07, Lyon 5h08). Compte tenu de l’offre limitée (4 allers-retours), les liaisons entre le Languedoc et Barcelone restent majoritairement l’apanage de la voiture.

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Perpignan - 15 novembre 2015 - L'AVE Barcelone - Toulouse durant son arrêt à Perpignan. C'est sur les liaisons de moyenne distance que le train peut avoir une carte à jouer pour améliorer sa fréquentation. © transportrail

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Nîmes - 30 décembre 2014 - L'AVE Lyon - Barcelone entre en gare de Nîmes. La concurrence avec l'autocar libéralisé met en difficulté une liaison ferroviaire. © E. Fouvreaux

Par conséquent, l’offre diurne sur la longue distance est durablement condamnée à demeurer squelettique. C’est le résultat d’une vision ferroviaire centrée sur le TGV et qui omet les autres moyens de développer le marché des liaisons France – Espagne.

L’arrivée du TGV a entraîné la disparition des liaisons nocturnes Paris – Madrid et Paris – Barcelone assurées en rame Talgo Tren Hotel. Ces rames offraient trois classes : économique (couchette classique), preferente et gran clase, avec climatisation individuelle, aménagement réversible position assise / couchée et personnel à bord de chaque voiture pour l’accueil et la conversion de l’aménagement à la demande des occupants. En classe preferente, un lavabo était intégré au compartiment, ainsi qu’une armoire contenant un nécessaire de toilette et des bouchons d’oreille. En gran clase, chaque compartiment disposait de sa propre douche. La rame comprenait en outre une voiture restaurant pour le diner et le petit déjeuner. Bref, un hôtel sur rail.

Le niveau de confort était très satisfaisant avec des voitures très commodes d’accès et une bonne insonorisation. Le roulement Talgo est évidemment un peu sec puisque les voitures reposent sur des essieux, mais le résultat restait de bon niveau. La literie en classe preferente était très agréable, de quoi arriver le lendemain matin frais et dispo.

Intérieur d'un Tren Hotel - 19 février 2012 - En classe preferente, les voyageurs des Tren Hotel Elipsos Paris - Barcelone / Madrid avaient un lavabo avec une petite armoire comprenant un nécessaire de toilette, deux serviettes et une bouteille d'eau. © transportrail

Intérieur d'un Tren Hotel - 19 février 2012 - Le lit avec son oreiller confortable, ses vrais draps et sa couverture. A gauche, on ne peut apercevoir la petite penderie pour vêtements et chaussures. © transportrail

La conversion au TGV de l’offre ferroviaire franco-espagnole longue distance n’est donc guère une réussite : le train a sa pertinence sur les liaisons interrégionales depuis Toulouse, l’arc languedocien et Marseille pour concurrencer principalement la voiture. Sur les longues distances, le TGV n’a pas vraiment attiré les foules : l’offre annoncée en 2010 comprenait 12 allers-retours franco-espagnols, et seuls 4 sont aujourd’hui proposés (dont un bitranche).

CNM et même LNMP auront du mal à inverser le mouvement, notamment par la mauvaise articulation des gares prévues avec le réseau existant, qui consommera une part non négligeable de la vitesse accrue des trains. L’enjeu à plus court terme est de lancer une nouvelle stratégie commerciale valorisant le tunnel Perpignan – Figueras en s’appuyant d’abord sur le marché interrégional, et – on peut rêver – le retour d’une offre nocturne longue distance mixant low cost et service haut de gamme.

22 septembre 2015

Espagne : nouvelles extensions du réseau à grande vitesse

Le 29 septembre prochain seront inaugurés les 162,7 km de la ligne nouvelle entre Valladolid et Leon, ainsi que l'achèvement des travaux d'adaptation de la section Leon - Oviedo. Sur cette section, la traversée de Pajares est déjà opérationnelle. Ainsi, la liaison Madrid - Leon sera ramenée de 2h45 à 2h, tandis que Palencia sera à 1h20 de la capitale soit 20 minutes de moins qu'aujourd'hui.

La ligne est conçue pour une double voie mais dans un premier temps, une seule voie a été installée et équipée (25 kV et ERTMS de niveau 2), afin de limiter l'investissement tout en préservant l'évolution des installations selon le succès commercial.

Cette extension au nord-ouest préfigure une série de mises en service de nouvelles infrastructures à grande vitesse en Espagne. Pas moins de 12 villes bénéficieront de l'arrivée des AVE avec à la clé une amélioration des fréquences et des temps de parcours. Au total, près de 1000 km d'infrastructures nouvelles doivent être mises en service d'ici la fin de l'année, quoique ADIF, le gestionnaire d'infrastructures espagnol, ne donne pas encore de dates précises. Ces lignes résultent de l'ajustement du programme de 29 MM€ d'investissement décidé avant 2008, avant les effets de la crise économique sur les finances publiques du pays. En 2011, le gouvernement espagnol avait donc "réduit la voilure" pour se concentrer sur des sections prioritaires, définies évidemment selon l'avancement des travaux (les "coups partis"), le coût de l'arrêt des chantiers et le potentiel de trafic. Ainsi, l'enveloppe s'est stabilisée autour de 5 MM€ de travaux prioritaires illustrés par la carte ci-dessous.

<p>El mapa del Ave en España</p>

Ainsi, la priorité est donné au nord-ouest du pays avec les lignes de Leon, Burgos et Zamora. La cote méditerranéenne n'est pas oubliée avec la création de la section Valence - Castellon qui viendra améliorer la liaison Valence - Barcelone sur sa partie la plus critique. Murcie, Grenade et Cadix bénéficieront également de services AVE directs depuis Madrid. Enfin, l'amorce de la ligne nouvelle Espagne - Portugal, déjà exploitée mais à vitesse réduite, entre 120 et 160 km/h, devrait être exploitée à grande vitesse.

La longueur du réseau à grande vitesse et écartement standardisé de 1435 mm passera donc à environ 3100 km à l'issue de ces mises en service. La RENFE n'utilisera pas de matériel nouveau pour ces extensions, misant sur la productivité accru du parc existant. L'objectif de la RENFE est aussi d'augmenter la fréquentation de ses trains, misant notamment sur le développement d'offres par Internet à petits prix. Les premiers résultats semblent visibles selon la RENFE qui vise un résultat de l'ordre de 28 millions de voyageurs sur les lignes à grande vitesse en 2015 contre 25,6 l'année dernier.

D'autres lignes seront mises en service au-delà, vraisemblablement autour de 2020, notamment le Y basque et la section Burgos - Vitoria. Cependant, le rythme a été sérieusement revu à la baisse par rapport aux prévisions du début des années 2000. La conjoncture économique n'est plus tout à fait la même, les crédits européens se font moins généreux et les retours en terme de trafic ont parfois tardé à décoller. Mais les principes n'ont pas été remis en cause.

Parallèlement, ADIF a attribué à un consortium formé d'Alstom, Bombardier et Indra l'équipement en ETCS de niveau 2 de l'amorce de la ligne hispano-portugaise Plasencia - Badajoz. Bombardier fournira son système Interflo 450, Alstom ses postes d'itinéraires Smartlock 300 et Indra le système ASFA de protection des circulations. ADIF poursuit l'installation du système européen de signalisation ferroviaire, ayant bénéficié d'un prêt de 180 M€ de la Banque Européenne d'Investissements, notamment pour la ligne de La Corogne à Vigo et de Valladolid à Burgos.

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26 mai 2015

Espagne : investissements en banlieue

La ministre du développement Ana Pastor a annoncé l'octroi d'une enveloppe de 1,26 MM€ - dont 1  MM€ financée par l'ADIF, le gestionnaire d'infrastructures espagnol - consacrée à la modernisation des réseaux Cercanias autour des grandes villes espagnoles sur la période 2015 - 2018. Ce budget financera diverses opérations concernant les plans de voie, pour supprimer certains cisaillements dans les bifurcations, la création de nouvelles gares, l'amélioration de la signalisation, des travaux de mise en accessibilité des gares, le déploiement du Wifi dans les trains et la modernisation du matériel roulant, notamment pour équiper d'écrans d'information dynamique les rames type 447 qui assurent une bonne partie des dessertes avec les récentes automotrices Civia.

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21 avril 2015

Nouvelle ligne à grande vitesse en Espagne

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Madrid Atocha - 16 février 2012 - Les rames Avant S121 de CAF assurent la liaison Madrid - Saint Jacques de Compostelle par la ligne nouvelle inaugurée, qui n'est pas au sens technique du terme une ligne à grande vitesse. © transportrail

Le 18 avril dernier, ADIF, le gestionnaire d'infrastructures ferroviaires espagnol, a ouvert au service commercial la section de 155,6 km de ligne nouvelle à écartement international entre Saint Jacques de Compostelle et Vigo. Economisant 22 km par rapport à la ligne classique, elle procure un gain de 40 minutes sur les liaisons avec Madrid.

Traversant la partie montagneuse de l'Espagne, la ligne comporte 37 tunnel sur une longueur cumulée de 59,2 km, dont un de 8,25 km pour la traversée de Vigo et la desserte de la nouvelle gare souterraine. Il faut aussi compter 32 viaducs dont celui de la rivière Sar, long de 2400 m. Le coût total de la ligne a dépassé les 3 MM€.

La ligne est pour l'instant exploitée à 200 km/h avec le système d'exploitation espagnol ASFA. L'installation de l'ETCS autorisera un relèvement transitoire à 220 km/h puis à 250 km/h dès l'équipement de ce système sur les sections classiques mises à double écartement qui continueront d'être utilisées pour les 10 rotations journalières entre Madrid et Saint Jacques de Compostelle. Elles sont assurées avec des automotrices aptes à 250 km/h, série 121, construites par CAF.

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05 novembre 2013

LGV Perpignan - Barcelone : cafouillages franco-espagnols

Le feuilleton de la LGV Perpignan - Barcelone n'en finit plus puisque la mise en service en ce mois de novembre a été infirmée par le gouvernement espagnol. L'ouverture bute toujours sur l'homologation croisée des matériels français (TGV Euroduplex) et espagnol (AVE S100, qui ne sont autres que des TGV type Réseau). Les difficultés annoncées portent sur la reconnaissance des systèmes de signalisation (en dépit de l'application du système européen ETCS), l'alimentation électrique et la compatibilité du matériel avec le gabarit (lui aussi normalisé selon des règles européennes).

Bref, Perpignan - Barcelone illustre les déboires d'une volonté d'intégration ferroviaire européenne qui, sous certains aspects, donne une image peu flatteuse du chemin de fer à l'échelon européen.

Il ne faut pas non plus sous-estimer une once de mauvaise foi des opérateurs qui cherchent manifestement à asseoir leurs positions chez le voisin. La SNCF lorgne sur du cabotage intérieur en Espagne par ses TGV, notamment entre Barcelone et Madrid, tandis que la RENFE pourrait avoir quelques vélléités sur l'arc méditerranéen voire en vallée du Rhône.

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23 avril 2012

Perpignan - Barcelone : pas avant décembre ?

On l'annonçait pour décembre 2012 : il faudra patienter un an de plus. La section de ligne à grande vitesse située entre Barcelone et Figueras sera mise en service en décembre 2013. Plusieurs sections sont en retard et l'ADIF (le gestionnaire d'infrastructures espagnol) confirme ce décalage. La section internationale devra encore attendre avant de monter en puissance et proposer depuis Madrid et Barcelone des liaisons depuis Paris, Lyon, Genève, Marseille et Toulouse

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17 janvier 2010

L'Espagne prépare sa LGV vers la France

Les chemins de fer espagnols ont lancé un appel d'offres relatif à la commande de 10 rames à grande vitesse destinées aux relations entre l'Espagne et la France. Estimé à 270 M€, la particularité de cet appel d'offres est d'intégrer un objectif de coût d'exploitation et de maintenance de 284 M€ sur 14 ans. Ces rames devront atteindre 350 km/h et transporter 400 à 500 personnes. Alstom, Bombardier et Siemens sont naturellement pressentis pour ce premier marché espagnol destiné aux relations européennes.

La RENFE prévoit de lancer dès la fin de l'année 2010 ( un peu audacieux !) ses premières liaisons entre Barcelone et Perpignan par l'utilisation d'une partie de la ligne à grande vitesse Barcelone - Perpignan côté espagnol, et l'installation d'un troisième rail à l'écartement UIC sur la ligne classique à l'écartement ibérique.

Mais la SNCF a dévoilé une information légèrement différente : dès la fin 2010 un TGV de Paris à Figuéras empruntant le tunnel inauguré depuis un an, mais qui demeure sans utilisation, entre Perpignan et Figuéras. Les voyageurs emprunteront une correspondance pour rejoindre Barcelone.

La ligne TGV sera achevée en 2013 et la desserte France - Espagne sera considérablement améliorée avec un TGV Lille -  Lyon - Barcelone, 3 Paris - Barcelone dont un prolongé à Madrid, 2 Lyon - Barcelone dont un prolongé à Madrid, 1 Genève -  Lyon - Barcelone - Madrid et un Madrid - Marseille comprenant une tranche à destination de Toulouse et Bordeaux.

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14 août 2009

L'Espagne vise les 350 km/h

Finalement, l'Espagne a été doublée par la Chine puisque c'est entre Beijing et Tianjin que se pratique pour la première fois au monde la vitesse de 350 km/h en service commercial sur une ligne TGV. Sur Barcelone - Madrid, les rames plafonnent pour l'instant à 300 km/h, et selon la RENFE, un relèvement de la vitesse à 320 km/h serait suffisant pour assurer un trajet en 2h30.

Néanmoins, la RENFE et ADIF se penchent sur de nouvelles solutions pour gagner du temps, notamment dans les intercambiadors, qui permettent de passer de l'écartement ibérique de 1667 mm à l'écartement UIC de 1435 mm. Toujours dans la série des innovations à plus ou moins long terme, la RENFE planche sur un matériel à grande vitesse de grande capacité, mais sans recourir au Duplex : comme sur le Francilien, l'Espagne explore le gabarit large pour offrir 5 places de front avec des caisses de 13 m de long et 3,2 m de large, probablement d'abord pour les services régionaux à grande vitesse.

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