Alors que le transport de marchandises était une activité noble de la SNCF jusqu’aux années 1970, les effets de la crise énergétique de 1973-1979, le déclin progressif de l’extraction minière, la crise de la sidérurgie et le tournant de la mondialisation ont constitué une des causes – pas la seule – de la chute impressionnante du fret ferroviaire français. Depuis plus de vingt ans, le fret ne vit qu’à coup de plans stratégiques dont aucun n’a pu enrayer la chute.

Entre 2000 et 2012, le trafic fret en France est passé de 50 à 32 milliards de tonnes-kilomètres, alors que le gouvernement avait annoncé en 1998 un objectif de 100 millards. De l’autre côté du Rhin, le trafic est passé dans le même temps de 65 à 115 milliards de tonnes-kilomètres.

La relance du fret passe d’abord par une rupture historique séculaire : la France a trop longtemps oublié sa façade maritime alors qu’elle est l’une des plus importantes d’Europe. Dans une économie mondialisée, le trafic des ports français et du fret ferroviaire doivent naturellement être associés : la chalandise d’un port dépend de la commodité d’accès par la mer (en particulier les ports en eaux profondes) mais aussi de la qualité de la desserte de son hinterland, notamment par le rail.

Elle passe ensuite par une refonte de l’approche des gisements de trafic, bien plus en phase avec l’industrie pour proposer des solutions adaptées à leurs besoins pour capter de nouveaux trafics, réduire la dépendance à la route, polluante et plus risquée. Fondé sur le principe « les petits ruisseaux font les grandes rivières », le concept d’opérateur fret de proximité – OFP – constitue une quasi-révolution institutionnelle et commerciale, initiée suite aux travaux de Jacques Chauvineau.

Ce nouveau dossier de transportrail vous propose une série de pages thématiques qui s'enrichiront au fil du temps et des réflexions.

Chapitre 1 : Quels horizons pour les Opérateurs Fret de Proximité ?

Chapitre 2 : Autoroute ferroviaire ou combiné ?

Chapitre 3 : L'allongement des trains

Chapitre 4 : La difficile question sociale