L'agglomération d'Ajaccio envisage de réorganiser la circulation de son réseau de bus, contraint par les conditions de circulations sur le boulevard Napoléon vers lequel convergent les lignes venant du nord et de l'est de la ville et celles venant de l'ouest. Le demi-tour de la baie d'Ajaccio constitue l'axe structurant des flux de circulations dans l'agglomération, et les bus se retrouvent dans l'étroit boulevard Napoléon. L'agglomération envisage de couper les lignes soit sur la place Charles de Gaulle (au sud) soit à la gare des Chemins de fer corses (au nord) et d'instaurer une simple navette entre les deux.

La Collectivité Territoriale de Corse envisage une solution alternative, s'intégrant dans un schéma plus vaste d'amélioration de l'utilisation de la ligne de chemin de fer. On se souvient que certains voulaient reculer la ligne à l'entrée de la ville pour éloigner le train et ses nuisances, ce qui aurait probablement condamné la ligne. Relancé depuis la fondation de la SEM et le pilotage de la collectivité, le train pourrait constituer une réponse particulièrement adapté, à condition de sortir des sentiers battus.

Cela tombe bien, certaines conditions sont réunies. Ligne à voie métrique et avec un matériel au gabarit réduit, l'espace requis pour prolonger le train n'est pas plus important que celui d'un tramway. Qui plus est, une seule voie serait nécessaire dans le cas présent, limitant l'emprise nécessaire à environ 3,50 m, soit une voie de circulation routière au gabarit standardisé. Autre avantage, les CFC sont sous la réglementation du STRMTG, compétent en matière de transport urbain.

 

Sur place, amener le train jusqu'au pied du marché d'Ajaccio, devant la mairie, ne comporte que deux passages délicats, mais pas insurmontables, sur les 880 m séparant la gare de la place du marché. Le principe général serait évidemment de placer la voie du train côté port, afin de limiter les interfaces avec la circulation automobile aux accès routiers du port, soit 4 traversées routières de la voie sur la distance concernée. Les carrefours avec les rues descendant du boulevard Napoléon vers le port ne seraient pas impactées par le train.

Premier point délicat, le rond-point devant la gare. Outre le fait qu'il faudra démolir un bâtiment annexe de la gare et revoir son plan de voies pour procéder au prolongement, c'est la zone la plus délicate compte tenu de la circulation. Ceci dit, faire traverser un rond-point à un tramway cadencé à 5 minutes ne pose aucun souci... alors pour un train passant trois fois moins souvent, peut-on réellement considérer qu'il s'agit d'un obstacle ?

Première séquence : le rond-point de la gare. Une traversée en diagonale permettrait d’installer le train à droite de l’image à condition d’éliminer une voie de stationnement et de reconstituer un trottoir.

 

Deuxième séquence sur le boulevard Sampiero : la plus facile avec une recomposition limitée à la partie droite, en réorganisant le stationnement et en reconstituant un trottoir le long de la voie ferrée à créer.

Une fois franchi ce rond-point, c'est le rétrécissement du boulevard Sampiero et l'arrivée sur le quai Lherminier qui est à gérer finement puisqu'il faudra longer le bâtiment accueillant la Chambre de Commerce et d'Industrie et le Palais des Congrès, soit une centaine de mètres où le trafic devra être réorganisé, tout comme le stationnement : cela tombe bien, un parking public a été récemment créé.

 

Troisième séquence : le rétrécissement au droit du Palais des Congrès. Deux voies de circulation peuvent être maintenus à condition de supprimer une file de stationnement.

 Le parking sur le port pourrait être remplacé par deux voies de terminus pour le train, compatible avec la réception d’AMG800 en UM2.

Ce prolongement de 880 m, dont on peut estimer le coût à environ 20 M€ pour la partie urbaine et à environ 10 M€ pour la partie ferroviaire, permettait un accès plus facile au centre d’Ajaccio. Dans l’agglomération, l’intérêt du train serait renforcé, en s’appuyant sur le développement de la desserte périurbaine. Une complémentarité bus-train améliorerait l’accès à l’aéroport, tandis que le prolongement pourrait en option accueillir un quai voyageurs à hauteur des bâtiments de la gare maritime.

L’inconvénient est qu’il implique de mettre en place des solutions peu courantes en France, et on connaît la frilosité administrative face à l’innovation. Cependant, rien de ce qui serait nécessaire n’est pas déjà intégré aux référentiels validés par le STRMTG. Tout au plus, il faudrait accepter le passage des autorails dans un contexte plus urbain, mais là encore les dispositions existent, ne serait-ce que par exemple au Fayet pour le tramway du Mont-Blanc.