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Paris Austerlitz - 7 mars 2015 - Mise à quai par la BB7212 du train de nuit pour La Tour de Carol et Port-Bou. On aperçoit à droite le pupitre d'accueil, où les agents SNCF vérifient les billets en fonction de listings papier. Il en résulte un départ des trains avec souvent près de 20 minutes de retard, heureusement récupéré du fait de la détente nocturne. © transportrail

C’est un train de nuit comme il n’en existe plus beaucoup en France. Après notre reportage sur le Paris - Briançon, cap sur les Pyrénées à bord du Paris – La Tour de Carol. Cette destination, à deux pas de l’Espagne et de la principauté d’Andorre, n’est qu’une tranche d’une relation à destination de Port-Bou, sur la côte Vermeille, dont elle se sépare à Toulouse.

Le Paris – La Tour de Carol permet de rejoindre la vallée de l’Ariège. Quittant Paris à 21h56, il dessert Les Aubrais, Vierzon et Limoges : c’est un des rares cas d’arrêt commercial en pleine nuit, à 1h18 du matin. Ensuite, l’arrêt de service à Toulouse permet non seulement d’éviter une circulation trop matinale mais aussi d’effectuer la séparation deux tranches. Le premier arrêt matinal a lieu à Auterive à 5h23 et c’est à 7h51 que le train parvient à son terminus après la desserte de 12 gares intermédiaires dans lesquelles le train se vide régulièrement. Généralement, la rame montant à La Tour de Carol est composée de 4 voitures-couchettes dont une de première classe avec une BB22200 entre Paris et Toulouse (quoique l’itinéraire soit intégralement sous 1500 V) et une BB7200 au-delà de Toulouse.

Le « parisien » comme on dit localement reste le moyen le plus commode de rejoindre la vallée de l’Ariège depuis la capitale, que ce soit pour les amateurs de randonnée ou de ski en hiver, mais aussi pour les amateurs de train qui pourront emprunter le Train Jaune dont le départ a lieu à 8h22, ce qui laisse le temps de prendre un petit déjeuner au tarif imbattable de 4€ au buffet de la gare situé juste à côté de l’imposant bâtiment voyageur. Il ne paie pas de mine et peut être observé d’un œil réservé, mais le rapport qualité-prix nous a paru très honorable. Cependant, il faut reconnaître que le voyageur a intérêt à s’être rassasié avant le départ ou d’avoir préparé un encas pour le voyage car évidemment, il n’y a aucun service à bord ! N’oubliez pas de faire un bon repas avant de prendre le train, sinon, le voyage pourrait vous paraître long…

En revanche, dans le sens La Tour de Carol – Paris, le manque de coordination aboutit à une incongruité remarquable puisque le dernier Train Jaune du soir arrive à La Tour de Carol un quart d’heure après le départ du train de nuit, ce qui n’arrange pas la fréquentation du premier pas plus que du second. Reste à savoir quel est le fautif… Notre conseil ? Prendre le Train Jaune de mi-journée et la correspondance TER presque immédiate pour Toulouse jusqu’à Foix afin de visiter la ville et profiter de sa gastronomie avant d’embarquer dans le train de nuit.

L’arrivée à Paris à l’heure du petit-déjeuner permettra même d’embrayer sur une journée de travail après un week-end au grand air, tout en ayant ménagé vos finances par rapport à un voyage diurne qui implique au moins une voire deux nuitées supplémentaires sur place. Avec le train de nuit, c’est la formule « deux en un » dont le slogan pourrait être « dormez pendant qu’on vous transporte ».

Le Paris – La Tour de Carol fait partie des trains dont le maintien a été préconisé par la Commission Avenir des TET présidée par le député Philippe Duron. En revanche, la tranche Port-Bou disparaîtrait. Ne resterait alors que le Paris – Rodez et on peut supposer que le montage deviendrait Paris – La Tour de Carol / Rodez. Dommage de sacrifier les tranches à destination de la mer (Port Bou et Irun) alors même qu’elles disposent du plus grand potentiel.