Continuons notre tour d’horizon des trains Intercités : transportrail a embarqué, le temps d’un week-end conciliant l’utile et l’agréable, à bord du Paris – Cherbourg.

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Asnières - 2 février 2008 - La 26037 emmène un Paris - Cherbourg allégé d'une voiture : une situation courante sur cette ligne et qui pose d'évidents problèmes pour les voyageurs, y compris ceux munis d'une réservation... mais selon la SNCF, les trains sont loins d'être pleins. Les associations d'usagers vivent - évidemment - une toute autre réalité. © transportrail

Connaissant la réputation des trains de pointe du vendredi soir, dans lesquels voyager debout de Paris à Bayeux n’est pas rare pour ne pas dire quasi hebdomadaire, c’est au 3311 quittant Paris Saint Lazare à 15h20 que nous nous sommes intéressés. Sans grande surprise, l’occupation des 10 voitures est supérieure à 80% au départ, ce qui, une fois de plus fait douter l’observateur sur la crédibilité des chiffres de la SNCF qui annonce un remplissage moyen de 29% des trains Paris – Normandie. A moins de ne compter uniquement les voyageurs plein tarif…

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Intérieur d'une salle de première classe rénovée. Les sièges de Roger Tallon ont été conservés. De nouvelles tablettes ont été installées ainsi que des prises de courant au cours de la rénovation opérée en 2008. © transportrail

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En seconde classe, les voyageurs bénéficient également de voitures rénovées et majoritairement de B10tu à 80 places offrant un confort d'assise très correct, et nettement meilleur que sur l'axe Paris - Le Havre où les voitures à 88 places serrent plus les voyageurs. © transportrail

Avec un départ frappé d’un retard de 12 minutes, sans raison précise donnée par l’agent commercial, le train se présentait sans surprise avec un décalage de 20 minutes à Mantes la Jolie du fait des contraintes d’insertion avec le trafic banlieue. Deux minutes étaient encore perdues à l’arrivée à Caen et l’arrivée à Cherbourg s’effectuait avec écart de 22 minutes sur l’horaire théorique.

Mais ce n'est pas une fatalité : une seconde expérience, en mai 2018, qui plus est pendant la grève, a donné des résultats différents. Le 3301 des matinaux (départ à 7h06 de Paris Saint Lazare) avait quitté Paris avec 10 minutes de retard (mécanicien arrivant en voyageur sur un autre train lui même en retard) et a limité la dérive à 5 minutes à l'arrivée à Cherbourg, malgré 4 arrêts supplémentaires (Evreux, Bernay, Lisieux, Lison) et sans jamais dépasser 160 km/h. Ce qu'on appelle une marge bien utilisée...

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Lison - 22 juillet 2015 - Au-delà de Caen, les gares de Bayeux, Lison, Carentan et Valognes sont desservies par les Intercités Paris - Cherbourg. Elles alimentent le trafic de ces trains par leur fonction de drainage des voyageurs de l'ouest du Calvados et du Cotentin. Village né du chemin de fer, Lison marque la bifurcation des lignes Paris - Cherbourg et Caen - Rennes. © transportrail

Le retour, le dimanche en fin d’après-midi fut nettement plus ponctuel, le 3312 quittant Cherbourg à 16h35 se payant même le luxe de faire son entrée à Paris Saint Lazare avec une minute d’avance.

Sans surprise, le flux de voyageur sur cette liaison est assez linéaire, avec assez peu de voyageurs montant dans les gares intermédiaires, sauf à Caen.

Avec un temps de parcours nominal de 3h09, le train est évidemment la solution la plus rapide et la plus confortable : les voitures Corail rénovées disposent de prises de courant, et les banquettes dessinées par Roger Tallon restent une référence. Les points faibles viennent sans surprise de la propreté, des toilettes, de l’absence de service bar dans le train et d’un niveau sonore trahissant les 40 ans d’âge du matériel…

Les améliorations souhaitables se concentrent donc prioritairement autour du niveau de desserte : en 2015, la SNCF a esquissé un plan ramenant de 7 à 3 le nombre de liaisons directes Paris – Cherbourg, alors qu’il serait au contraire souhaitable de passer à 9 allers-retours avec une fréquence horaire dans le sens de la pointe et aux 2 heures le reste de la journée. Même la Commission Avenir des TET proposait un allègement de la desserte, qui nous parait d’autant plus infondée qu’elle assure l’offre structurante Caen – Cherbourg pour optimiser le remplissage, ce qui permettrait au TER de se limiter à quelques trains de cabotage fin matin, midi et soir.

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Magnéville - 4 mai 2014 - Filant à 200 km/h au travers du Cotentin, la 26012 en livrée fantôme emmène un Intercités vers Paris. Au total, 88 km sont praticables à 200 km/h entre Mantes et Cherbourg. © transportrail

Du point de vue du matériel, la Région Normandie recevra 40 Omneo Premium, version Intercités des Régio2N de Bombardier, financés par l'Etat dans le cadre du transfert de la compétence d'autorité organisatrice sur les Intercités à la Région. Aptes à 200 km/h et disposant de 430 places assises par élément de 135 m, ces rames remplaceront à partir de 2020 les rames Corail tractées par des BB26000. En UM2, les trains proposeront donc 860 places soit 120 de plus que les rames de 10 voitures Corail

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