07 février 2021

Walendeburg : la fin d'une exception

Unique chemin de fer secondaire établi à l'écartement insolite de 750 mm, la ligne de Liestal à Waldenburg sera fermée à compter du 6 avril prochain pour transformation. L'exploitation a déjà été reprise par le BLT, qui gère déjà les lignes suburbaines des tramways de Bâle (sauf celle de Pratteln, confiée au BVB), qui va mener la conversion à la voie métrique, couplée au renouvellement du matériel roulant avec l'introduction de tramways. En 2018, Stadler a été désigné lauréat d'un appel d'offres commun avec le futur tramway de la vallée de la Limmat à Zurich : la ligne de Waldenburg sera dotée de 10 rames Tramlink de 44 m, au gabarit 2,40 m. Elles disposeront de 72 places assises, 16 strapontins et d'une capacité totale de 263 places.

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Oberdorf - 15 février 2017 - Le chemin de fer se mue en tramway dans la traversée du bourg d'Oberdorf comme c'est le cas de nombreuses lignes secondaires en Suisse. La transformation du WB va débuter, mettant fin à la singularité de l'écartement de la voie. (cliché X)

Le BLT expérimentera sur cette ligne un système de pilotage automatique des tramways, d'abord avec conducteur, puis sans conducteur à compter de 2027 (un agent commercial sera présent pour gérer les modes dégradés) et, en principe, de façon totalement autonome à horizon 2032.

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17 novembre 2020

Suisse : des pilotes d'avion dans les trains ?

C'est l'hypothèse évoquée par Swiss : l'effet conjugué de la crise sanitaire et d'une remise en question de la place du transport aérien amène la compagnie aérienne suisse à envisager la reconversion d'une partie du personnel pour devenir conducteurs de trains. Il faut souligner que le syndicat des pilotes de ligne a donné son accord pour la réalisation de cette étude. Si l'aspect technique présente évidemment des différences notables, les compétences requises sont pour partie similaires, ce qui pourrait réduire la durée de formation, considérant que certains fondamentaux sont soit identiques soit plus simples (ne serait-ce que parce qu'un train en principe est en contact permanent avec la terre ferme).

A court terme et sans présager de la suite de cette étude, cela permet aussi aux chemins de fer suisses de montrer que des solutions sont recherchées pour faire face à la pénurie de conducteurs, liées à une mauvaise gestion de la pyramide des âges et un excès de financiarisation des décisions sur ce point aux CFF.

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29 octobre 2020

Suisse : vers l'abandon du train aux Brenets ?

Voilà qui assurément va faire plaisir à tous ceux qui considèrent que le chemin de fer, c'est dépassé, et qui en ont marre d'entendre des références à la Suisse.

La Confédération et le Canton de Neuchâtel ont trouvé un accord sur le financement du remplacement de la desserte ferroviaire de TransN entre Le Locle et Les Brenets par un service d'autobus électriques. Il est question d'un investissement de 16 MCHF alors que le maintien du train aurait coûté au moins 25 MCHF. D'après la revue suisse Tram, la mise aux normes d'accessibilité aurait nécessité non seulement le remplacement de 2 automotrices Be4/4 datant de 1950 mais aussi le rehaussement des quais. D'autres travaux de mise en compatibilité de l'infrastructure avec les nouvelles générations de matériel auraient été également nécessaires.

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Les Brenets - 28 mai 2020 - 70 ans et encore pimpante mais en ligne de mire car non accessible, la Be4/4 n°3 de la ligne des Brenets sera-t-elle victime d'autobus ? A 16 MCHF la transformation partielle en site propre pour autobus, le scénario envisagé prouve que la conversion d'une voie ferrée en chemin de fer n'est pas à coût nul ! © A. Knoerr

Le scénario par autobus rendrait possible un prolongement au centre du bourg des Brenets voire une desserte de Villers le Lac, en France, pour accéder à l'embarcadère des bateaux vers le saut du Doubs, côté français.

Mêmes inquiétudes pour la ligne des Ponts de Martel pour les mêmes raisons. Il est tout de même assez curieux que l'objectif d'accessibilité des personnes à mobilité réduite se traduise par un changement de mode de transport d'autant qu'il reste à prouver que la solution routière procure de ce point de vue de meilleures commodités.

Ce serait fin 2023 que les trains cesseraient de circuler sur ces lignes, à moins d'un revirement. Il va donc falloir que le virus nous fiche la paix dans les meilleurs délais pour nous permettre de les parcourir d'ici là, à titre de précaution.

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26 octobre 2020

Suisse : un tunnel de plus

Si les traversées alpines sont désormais réalisées, d'autres grands projets ferroviaires se poursuivent en Suisse. Le tunnel d'Eppenberg, long de 3114 m, participe à la mise à 4 voies de la section Olten - Aarau, l'un des plus importants goulets du réseau, accueillant habituellement 550 circulations par jour. Les travaux de ce tunnel contournant la localité de Schönenwerd ont débuté il y a un peu plus de 5 ans et l'excavation de l'ouvrage a été achevée en 2018. Evalué à 885 MCHF, l'ouvrage devrait finalement coûter un peu moins cher. L'ensemble des aménagements sera mis en service le 12 décembre prochain.

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Un autre projet devrait à son tour débuter : entre Zurich et Winterthur, plus de 670 trains circulent chaque jour et empruntent la section Effretikon - Winterthur. La réalisation d'un nouveau tunnel de 9 km entre Dietikon et Winterthur devrait ainsi soulager considérablement l'exploitation en dissociant les trafics (RER de Zurich et régional d'un côté, Intercity de l'autre). Des aménagements sont déjà en cours de réalisation, notamment en gare de Dietikon avec la création d'un quai supplémentaire pour desservir de nouvelles voies.

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28 septembre 2020

Accord CFF - ÖBB pour le développement des Nightjet

Petit à petit, la compagnie autrichienne tisse sa toile : derrière les propos tempérant l'ardeur pour les trains de nuit en expliquant que c'est un marché de niche, l'opérateur est en train de changer de dimension et de devenir une référence en Europe. Les CFF ont conclu un accord portant sur l'évolution de la desserte à horizon 2024. Il comprend 2 nouvelles relations au départ de Zurich en direction d'Amsterdam et de Prague via Francfort et Leipzig pour cette dernière, complétant la liaison via Salzburg et Linz. Devant le succès de la liaison Zurich - Berlin, celle-ci sera rendue indépendante de la relation vers Hamburg. Enfin, des négociations sont en cours avec les réseaux italien, espagnol et français pour créer les liaisons Zurich - Rome et Zurich - Barcelone.

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Pour cette dernière liaison, qui intéresse évidemment les regards français, les deux cartes de cet article ne sont pas strictement identiques quant à la politique d'arrêt envisagée. Sachant qu'il faut 2h46 pour effectuer le parcours Zurich - Genève, puis au mieux 1h40 de Genève à Lyon, en incluant le changement de locomotive, il faudrait partir vers 19 heures pour envisager un arrêt à Lyon avant minuit... 

Sur la seconde carte ci-dessous apparaît le train Paris - Berlin / Vienne, ce qui confirme bien les intentions des ÖBB quant à une expansion à l'ouest...

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Au fait : 2000ème message de transportrail !

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05 septembre 2020

Avec le tunnel du Ceneri, la Suisse achève les NLFA

C'est fait : les Nouvelles Liaisons Ferroviaires Alpines en Suisse, dont le principe a été approuvé par votation en 1992, sont toutes réalisées.

Le tunnel du Lotschberg, long de 34,6 km est ouvert depuis 14 ans déjà, et une nouvelle phase de travaux y est prévue dans l'Etape d'Aménagement 2035, pour réduire la section actuellement à une seule voie, dans le cadre de la montée en puissance progressive de cet itinéraire prévue depuis les origines du projet.

Après l'inauguration du gigantesque tunnel du Gothard (57 km) en 2016, son prolongement sous le Ceneri, de longueur plus modeste puisqu'il ne fait que 15,4 km, a été inauguré hier et il sera ouvert aux circulations commerciales à l'horaire 2021. Il ne faudra plus qu'un quart d'heure pour aller de Bellinzona à Lugano. Au total, l'ensemble Gothard - Ceneri représente 24 MM€ d'investissement depuis le début de ce siècle. Sa mise en exploitation autorisera l'engagement sur le corridor Rotterdam - Gênes de trains de fret de 750 m de long (quand les positions de garage seront toutes à cette longueur) d'une masse de 2100 tonnes. Pour le transport de voyageurs, c'est une liaison Zurich - Milan en 3 heures et un désenclavement du Tessin qui va profiter d'une sensible réduction des temps de parcours vers les autres territoires suisses.

NLFA-corridor

tableau-synthese-NLFA

Il faut ajouter que si la Suisse vient d'achever les maillons essentiels de ce corridor, d'autres travaux sont programmés dans le pays pour augmenter la capacité des lignes qui donnent accès aux tunnels : transportrail vous a récemment présenté un article à propos des aménagements du côté de Bâle. En Allemagne, les travaux avancent à un rythme bien inférieur (la dernière grande opération étant le tunnel de Katzenberg entre Freiburg im Breisgau et Bâle), alors que l'exploitation est de plus en plus tendue sur des itinéraires à double voie accueillant jusqu'à 350 trains / jour... quand ce ne sont pas les travaux eux-mêmes qui sont victimes de sérieux incidents côté italien, la situation semble se débloquer aussi avec le maillon de l'axe Milan - Gênes dont transportrail vous a récemment parlé.

Quant à la Suisse, des aménagements complémentaires prévus dans l'Etape d'Aménagement 2035 sont :

  • la réalisation de la deuxième partie du Tunnel du Zimmerberg le long du lac de Zurich, ce qui le fera atteindre les 20 km de long et déchargera la ligne côtière au sud de Thalwil ;
  • la mise à double voie du tronçon central du tunnel du Lötschberg, dont la galerie est déjà creusée mais pas équipée, ainsi que du tunnel sous la gare de Frutigen, ce qui permettra d'avoir une vraie cadence semi-horaire entre Berne et Brig plutôt qu'une succession 30/30/60 répétée toutes les 2 heures.

Il se peut que la réalisation complète du tunnel se fasse, en fonction des coûts et des perturbations de trafic générés par une réalisation partielle.

19 août 2020

... et les CFF s'y mettent à leur tour

On avait cru comprendre que, sans être particulièrement froissés par le succès commercial des Nightjet autrichiens, qui desservent pour partie la Suisse, les CFF avaient quand même envie d'être un peu plus en visibilité sur ce marché, au-delà du rôle de tractionnaire sur les liaisons desservant ou traversant le pays. Or la compagnie avait abandonné ses trains de nuit et son matériel roulant, pour une fois comme les français.

Changement de posture : les CFF vont louer à RDC des voitures (il pourrait s'agir de ces modèles) jusqu'en 2025 au plus tard, en attendant manifestement l'arrivée de nouvelles voitures, ce qui laisserait à penser qu'un autre marché pourrait être lancé pour la construction d'un nouveau parc... et que se préparerait une stratégie commerciale pour restaurer une offre de trains de nuit depuis la Suisse vers des destinations européennes, probablement complémentaires de celles déjà offertes par les ÖBB afin de ne pas créer une compétitition inutile sur un marché de niche encore objectivement fragile. L'Espagne, la France, la Belgique pourraient être concernées. Les CFF devraient préciser leur projet dans le courant de l'automne... mais aux dernières informations, une liaison Zurich - Amsterdam pourrait être retenue dans un premier temps.

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30 juin 2020

Suisse : 20 Capricorn de plus pour le RhB

La modernisation du matériel roulant du Chemin de fer Rhétique se poursuit avec la levée d'une option de 20 rames Capricorn, complétant les 36 rames déjà livrées à partir de 2016 pour 361 MCHF (pour la bagatelle de 10 MCHF la rame !). D'un montant de 172,9 MCHF (encore plus de 8 MCHF par rame tout de même), cette commande va sérieusement bousculer l'exploitation des rames tractées et des voitures anciennes, dont les baies descendantes faisaient le bonheur des amateurs pour pouvoir prendre des photos de ces paysages remarquables (et du train pour ceux qui pensaient à se mettre en queue du convoi). En compsation, ces rames sont dotées de caméras frontales qui diffusent le paysage dans la rame sur des écrans.

Ces rames type ABe 4/16 circulent sous 11 kV 16 2/3 Hz et développent une puissance continue de 1000 kW. Ce sont des automotrices à motorisation concentrée avec une motrice et 3 remorques (choix assez étonnant vis-à-vis de l'adhérence, lié à l'objectif de maximisation des espaces surbaissés). Elles sont longues de 76,4 m offrent 184 places assises dont 35 en 1ère classe et sont aptes à 120 km/h. L'accès est possible de plain-pied sur 3 des 4 voitures. Faut-il préciser qu'elles sont construites par Stadler ?

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Une automotrice Capricorn du côté de Davos : respirez le bon air ! © RhB

Les 36 premières unités ont été commandées en lien avec l'introduction du cadencement à la demi-heure. Elles ont été d'abord introduites sur la liaison Landquart - Davos - Filisur puis sur des missions bitranches Landquart - Scuol / Saint Moritz. Elles vont aussi être engagées sur les liaisons Coire - Disentis.

Au passage, profitons-en pour signaler que près de 500 m ont été percés dans le nouveau tunnel de l'Albula, soit un peu moins de 10% de la longueur de l'ouvrage.

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23 mai 2020

Suisse : un groupement pour 510 rames régionales

A l'échelle du pays, c'est beaucoup. La tranche ferme est déjà considérable avec 194 unités pour 1,5 MMCHF. La tranche optionnelle comprend 316 unités.

Ce n'est pas la seule particularité de ce marché. Il regroupe aussi 3 opérateurs : les CFF en direct et deux entreprises locales, qui sont quand même largement détenues par eux. Ainsi, Thurbo (90% CFF et 10% canton de Thurgovie), RegionAlps (70% CFF, 18% TMR, 12% canton du Valais) et les Chemins de fer du Jura (société anonyme locale) sont aussi commanditaires.

L'objectif est évidemment de grouper les commandes pour obtenir le meilleur prix. La tranche ferme comprend 194 rames dont 106 pour les CFF, 70 pour Thurbo et 18 pour RegioAlps. Elle est d'abord destinée à remplacer les automotrices NTN / Domino et leurs différentes évolutions. Thurbo souhaite également remplacer à moyen terme les 106 rames GTW de Stadler, qui deviennent pour partie insuffisamment capacitaires et demeurent peu appréciées pour leur confort limité (ce sont les seules configurées à 5 places de front en Suisse). La tranche optionelle anticipe les besoins liés au renforcement de l'offre à horizon 2035... et le remplacement des premiers Flirt, livrés avant 2011. Manifestement, les opérateurs souhaitent éviter de lourdes opérations de rénovation, pour contourner la délicate question de l'obsolescence des équipements électroniques et semblent aussi prudents sur la durée de vie de ces rames aux caisses en aluminium, gage de légèreté.

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Bossière - 6 mai 2019 - Une automotrice Domino des CFF en composition 3 caisses surplombe le lac Léman et domine les Alpes française en arrière-plan, entre Lausanne et Puidoux. En formation maximale, la rénovation Domino de ces automotrices comprenait exceptionnellement 3 remorques, mais la plupart des rames n'en ont qu'une ou deux. Que deviendront ces voitures âgées de seulement 11 ans à ce jour ? © J. Vernet

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Brigue - 1er avril 2017 - La version RegionAlps des NTN rénovées Domino se distingue de la version CFF par la bande rouge autour des baies vitrées et non noire dans la version CFF. © transportrail

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Gossau - 12 avril 2016 - une GTW en gare de Gossau en direction de Saint Gall. Ces automotrices légères, avec motorisation concentrée sur le module court en troisième position sur le cliché, arrivent en limite de capacité. Là encore se pose la question de leur seconde vie après la livraison des nouvelles rames, en fonction de l'échéance de remplacement. © transportrail

Le marché sera attribué en 2022 et les premières rames seront mises en service en 2026. Les nouvelles rames devront pouvoir circuler pour partie en Allemagne (RER Trireno à Bâle), en Autriche (où semble se profiler une desserte périurbaine autour du lac de Constance) et, en option, en France.

On ne prend guère de risque à avancer Stadler comme lauréat probable de ce marché avec une nouvelle déclinaison du Flirt... mais on peut toujours avoir une surprise. Le Talent3 de Bombardier, tout comme le Régiolis d'Alstom, ont plutôt bonne réputation. Les nouvelles modalités d'homologation pourraient être un facteur nouveau : le Régiolis est déjà apte à circuler en Suisse. Le Talent3 circule en Allemagne et en Autriche... et on peut aussi considérer les rames Mireo de Siemens qui circuleront en Allemagne. Le principe de cross-acceptance (in english, homologation croisée en français) pourrait peut-être influer sur le choix en Suisse... mais jusqu'à présent, Stadler a bien su jouer des coudes pour rafler la mise sur le marché régional. Quant à HitachiRail et CAF, ils semblent pour l'instant hors jeu, mais nul doute que l'ampleur du marché doit susciter quelques réflexions dans leurs états-majors pour évaluer le risque à se lancer dans une compétition qu'on pressent tout de même très encadrée...

Ce marché court sur la période 2025-2035 mais les opérateurs envisagent de coordonner leurs besoins jusqu'en 2050, au moyen d'un second appel d'offres qui serait lancé vers 2030, portant sur le renouvellement des matériels existants.

PS : merci à nos lecteurs qui nous ont aidés à clarifier cet article en recoupant les informations !

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05 mai 2020

Suisse : travaux d'augmentation de capacité sur Bâle - Liestal

Entre développement du fret, plus dense encore depuis l’ouverture du tunnel du Gothard, et essor du RER bâlois, la section Bâle – Liestal arrive en limite de capacité, accueillant en moyenne pas moins de 429 circulations par jour dont 90 trains de fret. Nous avions déjà illustré ce fort trafic avec ce reportage.

D’importants travaux vont se dérouler jusqu’en 2025 sur cette section de la ligne Bâle – Olten.

A Muttenz, le plan de voies va être remanié de sorte à rendre indépendant l’itinéraire vers l’Allemagne et celui vers la gare centrale de Bâle : l’essor du trafic fret entre le Bénélux et l’Italie, transitant par la vallée du Rhin et la Suisse, justifie cet aménagement, également nécessaire pour fluidifier le trafic voyageurs dans la perspective de l’instauration de la cadence au quart d’heure sur le RER entre Bâle et Liestal.

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En situation actuelle (premier schéma), la voie 4 est principalement utilisée par les trains de marchandises en direction du sud-est. Les trains S-Bahn vers Liestal et Fricktal ne peuvent donc pas l'utiliser systématiquement. La voie 3 est utilisée par les deux trains S-Bahn en direction de Liestal et Fricktal, qui s'arrêtent à Muttenz, ainsi que par les trains longue distance. Tout cela limite la capacité et garantit des minutes supplémentaires de retard en cas de panne.

En situation future (second schéma), grâce au dégroupage Bâle-Muttenz : les trains de marchandises en direction sud-est n'utilisent plus la voie 4, mais le nouveau contournement sud dans la gare de triage. Les trains S-Bahn en direction de Liestal et Fricktal seront désormais acheminés vers le quai 4 via le nouveau saut-de-mouton. Les mesures permettent le dégroupage du trafic de fret, longue distance et S-Bahn et apportent ainsi plus de capacité et plus de flexibilité opérationnelle en cas de dysfonctionnement.

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Pratteln - 9 avril 2016 - Un Flirt pour Frick entre en gare de Pratteln (ci-dessus) et une Re6/6 avec un train de citernes  : une zone stratégique pour l'accès à Bâle et le trafic fret européen. Le cadencement au quart d'heure de la S-Bahn motive l'engagement de travaux capacitaires pour ces services mais aussi pour le fret. © transportrail

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Au-delà, entre Muttenz et Pratteln, la signalisation sera redécoupé afin de fluidifier le trafic en aval de la bifurcation vers le shunt souterrain Muttenz – Liestal et jusqu’à celle de Pratteln, entre les lignes d’Olten et de Brugg.

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A Liestal, au demeurant excellent point d’observation de cet intense trafic, la convergence entre la double voie empruntée par le trafic fret et les liaisons régionales d’une part et les circulations voyageurs Intercity et Eurocity d’autre part sera remaniée et les installations adaptées pour créer un terminus compatible avec le schéma d’exploitation du RER à la cadence de 15 minutes. L’aménagement de la gare sera entièrement revu dans la perspective d’accueillir 21 000 voyageurs par jour. En point d’orgue, le passage de 3 à 4 voies sur 1600 m entrainera des démolitions d’habitation mais aussi du bâtiment voyageurs de la gare, appelée à être entièrement remaniée.

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Liestal - 10 avril 2016 - Traversée de la gare de Liestal d'un train Crossrail composé de remorques de camions à destination du Gothard, emmené par 3 locomotives Traxx. On ne lésine pas sur les moyens pour assurer une performance soutenue des sillons de fret afin d'optimiser le graphique pour le trafic voyageurs intense dans cette zone. La gare va être profondément remaniée. © E. Fouvreaux

Ajoutons aussi pour mémoire que les voies du chemin de fer de Waldenburg seront transformées, passant de l’écartement de 760 mm à la voie métrique, avec la perspective d’une exploitation en pilotage automatique des tramways sur cette ligne désormais exploitée par le BLT.

Le coût des travaux avoisine les 700 MCHF dont 300 MCHF dans le secteur de Muttenz et 380 MCHF dans le secteur de Liestal, dont 115 MCHF pour la seule reconfiguration de la gare.

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