27 juillet 2018

TGV2020 : 100 rames pour repenser le service ?

Alstom assuré pour le TGV du futur
Le 26 juillet, la SNCF a annoncé la commande de 100 rames de la nouvelle génération TGV2020, plus capacitaire, plus économique et plus économe en énergie. D'un montant total de 2,7 MM€, le marché abaisse le coût de production d'une rame à 25 M€, soit 5 M€ de moins qu'un TGV Duplex classique.

TGVAvelia-Horizon

Et le voici ! La parenté des nouvelles motrices avec les Avelia Liberty américains est évidente. L'Avelia Horizon sera probablement le nouvel étendard de l'industrie ferroviaire française... mais attention à ne pas faire l'impasse sur le reste du réseau... (document Alstom)

Assurément de quoi apaiser Alstom qui aura du mal à agiter des carnets de commande insuffisamment remplis alors que l'entreprise vient aussi de remporter sans surprise le marché de fourniture des rames de métro du Grand Paris Express.
Dans ces colonnes, nous avions déjà eu l'occasion de relativiser le besoin d'acquérir de nouvelles rames (nos articles du 23 mars 2018 et du 10 avril 2018), du moins pas autant que cela, puisque la SNCF expliquait jusqu'à présent être en mesure de couvrir le service actuel uniquement avec les rames Duplex. La SNCF motive cette inflexion par la réforme de la tarification de l'usage du réseau, avec des péages désormais plafonnés au niveau de l'inflation. Considération quelque peu hypocrite faisant reposer tous les maux de la grande vitesse ferroviaire française sur un poste ne représentant que 35% du coût de production d'une relation : et le reste ? et la régularité ? cela ne compte pas ? La SNCF va-t-elle relancer une politique d'offre, évitant des creux de desserte de 3 heures sur cettes relations radiales (au hasard Paris - Strasbourg entre 7h44 et 10h55 au départ de Paris Est), et les offres Intersecteurs qui pour l'instant ne cessent de s'amenuiser...
Ces nouvelles rames, baptisées Avelia Horizon, auront néanmoins l'avantage d'être livrées avec ERTMS, notamment avec la perspective d'équipement des LGV et de certains grands axes classiques (comme Marseille - Nice voire Le Mans - Nantes). Alstom annonce une puissance embarquée de 7800 kW sous 25 kV, inférieure aux Euroduplex développant 9280 kW, grâce à l'amélioration de l'aérodynamique et la quête d'allègement du train. Mais il faudra veiller à ce que le nouveau TGV s'insère dans les marches horaires de leurs prédécesseurs.
Il se dit aussi qu'Alstom proposerait une version simplifiée du produit, avec une seule motrice et un tronçon voyageurs à un seul niveau, qui pourrait répondre au cahier des charges des TET, dans une architecture voisine des ICE2 allemands...
Low cost ferroviaire : offre dissociée par l'horaire ou diversification à bord des trains ?
Offrant jusqu'à 740 places assises dans sa configuration maximaliste, et 600 places dans la version traditionnelle (dite InOui) la nouvelle rame dispose de motrices plus courtes, dérivées de l'Avelia Liberty américain. Moyennant une réduction de longueur des remorques, il a été possible d'insérer une neuvième remorque tandis que l'évolution de l'électronique a permis de s'affranchir du vaste local technique aujourd'hui sous le bar. Il y aura donc en principe 18 salles voyageurs contre 15. Le nouveau TGV offre donc une plus grande latitude d'aménagement intérieur. La question qui pourrait être posée est la suivante : ce nouveau train pourrait-il être l'occasion de repenser l'offre de services ?
Les TGV sont classiquement configurés avec 2 niveaux de confort et la SNCF a privilégié le développement d'une offre à bas coût par un service clairement distinct, Ouigo, dont la croissance est loin d'être neutre pour le système ferroviaire et son fonctionnement quotidien.

carte-ouigo2018

Ouigo s'installe en lieu et place des offres Intersecteurs et même des offres radiales, perturbant la continuité de l'offre de service. L'alternance entre des TGV classiques (ceux qui ont vocation à s'appeler InOui) et les Ouigo rend plus difficile la modification du voyage au dernier moment, parce que le rendez-vous professionnel s'est achevé plus tôt ou plus tard, parce que la correspondance a été décalée ou tout autre impondérable.
Conséquence, si le train le plus proche est un Ouigo, vous devrez patienter jusqu'au prochain train de même catégorie que celui initialement prévu dans votre voyage. Comme la tendance malthusienne de la SNCF reste une de ses constantes, le report risque d'être parfois long : 2 à 3 heures minimum... Sauf à avoir la chance d'emprunter une relation qui bénéficie d'une cadence à la demi-heure... Offre de plus en plus rare !

220418_OUIGOventabren

Viaduc de Ventabren - 22 avril 2018 - Ouigo, c'est la grande vitesse à petit prix, mais sur un petit nombre de relations car le modèle économique du low-cost n'est pas compatible avec un système fréquent. Conséquence, une dégradation de la lisibilité de l'offre sur une relation donnée et des contraintes supplémentaires en cas de changement d'horaire. (cliché X)
N'y aurait-il pas moyen de changer de posture ? L'Italie peut nous procurer un exemple intéressant (voir notre dossier): il y a bien une offre à bas coût mais elle est proposée dans tous les trains comprenant 4 niveaux de confort et de prix. C'est vrai pour les Frecciarossa de Trenitalia mais aussi pour les AGV d'Italo. L'offre y est donc plus lisible et de fait plus fréquente pour l'ensemble des tarifs. Bref, plus de souplesse pour les clients :
  • pour ceux qui cherchent des petits prix, qui ont alors potentiellement un choix d'horaires nettement plus vaste, ce qui peut éviter de les voir partir en autocar ou en covoiturage (l'objectif étant quand même en principe de maximiser la clientèle du train) ;
  • pour les autres clients, en préservant le principe de continuité des services , évitant de constituer des trains à conditions d'accès spécifiques, ce qui reste une base dans l'attractivité du train.
Certes, Ouigo a été aussi développé pour s'affranchir de quelques carcans internes, se limiter à un circuit de vente par Internet et augmenter la productivité du matériel roulant. Ce dernier point apparaît dimensionnant dans la quête de la maîtrise des coûts d'exploitation et mériterait d'être étendu à l'ensemble de l'offre TGV. 
Le TGV2020 pourrait donc mettre sa nouvelle architecture pour intégrer les différentes offres tarifaires : 2 voitures en classe Economique, 4 voitures Standard, 2 voitures Premium et une voiture Service qui pourrait accueillir une salle basse voyageurs Standard en lieu et place des appareillages techniques des actuelles voitures Bar des TGV Duplex. 
Cette possibilité resterait aussi compatible avec l'exclusivité de la vente par Internet (ce qui en soi reste contestable sur le principe), et irait donc dans le sens de la simplification de l'offre longue distance, en capitalisant sur une nouvelle génération de TGV plus capacitaires.
Ce serait aussi le moyen de repositionner une offre Intersecteurs plus que mal en point : utilisées pour l'accès à l'Ile de France sans passer par les gares centrales et pour les liaisons entre métropoles régionales (et pas forcément via l'Ile de France comme Lyon - Marseille ou Lyon - Toulouse), ces relations sont clairement menacées de conversion complète en Ouigo, alors qu'elles sont pour de multiples raisons à fort potentiel qui ne saurait être réduit à une clientèle cherchant de petits prix.

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26 juillet 2018

Paris - Londres - Bruxelles : accord sur l'ERTMS

SNCF Réseau, Infrabel, Getlink et HS1 ont signé un protocole d'accord en vue d'équiper l'axe Paris - Londres / Bruxelles en ERTMS niveau 2 à horizon 2028. Pour la France, cela signifie que la démarche engagée d'abord sur la LN1 sera dupliquée sur LN3, afin de remplacer la TVM430 et renouveler les postes de signalisation. L'objectif de cet accord est d'augmenter la capacité et la fiabilité du réseau à grande vitesse entre les trois capitales et de coordonner l'action des 4 gestionnaires d'infrastructures sur un projet unique, avec un calendrier de déploiement et une stratégie d'achat coordonnés.

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24 juillet 2018

Encore un peu moins de TGV Intersecteurs

Les liaisons TGV province-province ne sont à la fête et font les frais de la volonté de la SNCF de développer l'offre Ouigo en utilisant les gares de la périphérie francilienne, même si ces trains commencent aussi à cannibaliser les liaisons radiales au départ des gares centrales parisiennes. Ou comment rendre l'offre encore moins lisible, donc moins attractive, en amplifiant les creux de desserte et les contraintes fluctuantes d'embarquement.

Les liaisons Rhin-Rhône sont les plus touchées par la contraction de l'offre puisque 4 des 8 allers-retours vont être supprimés et avec notamment la suppression de toute desserte TGV depuis Nancy vers Lyon et l'arc Méditerranéen :

  • Metz - Nice via Chalindrey (qui, il est vrai, n'empruntait pas la LGV Rhin-Rhône) :
  • Nancy - Toulouse également via Chalindrey ;
  • Bâle - Marseille (par la LGV Rhin-Rhône);
  • Strasbourg - Marseille via Lons le Saunier (n'empruntant la LGV qu'entre Belfort et Besançon).

La SNCF explique ces réductions de desserte par l'engagement d'importants travaux de transformation de la gare de Lyon Part-Dieu, mais annonce la systématisation des arrêts à Mulhouse et Dijon et le prolongement à Metz d'un troisième TGV actuellement terminus Strasbourg.

D'autres évolutions sont également prévues en 2019 dans le cadre d'une rationalisation quasi-continue de l'offre longue distance. Ainsi par exemple, le TGV Paris - Freiburg im Breisgau ne circulera plus via Dijon mais via Strasbourg, pour proposer une relation plus rapide (et accessoirement une unique liaison directe Strasbourg - Freiburg).

C'est surtout au sud-est que la cure d'amaigrissement est la plus forte :

  • Annecy - Paris passera de 7 à 5 allers-retours, réduction motivée par l'introduction de TGV Duplex plus capacitaires que les rames Sud-Est actuellement engagées ;
  • Grenoble - Paris perd un aller-retour (8 au lieu de 9) ;
  • Lille - Lyon perd une relation avec la suppression du Bruxelles - Nice ;
  • Nice - Paris passe de 7 à 4 allers-retours en offre TGV classique mais hérite de 2 nouvelles relations Ouigo. En outre, tous les TGV feront le crochet par Marseille Saint Charles

On constatera donc encore une fois que la desserte Grandes Lignes de la Côte d'Azur ne cesse de régresser puisque l'année dernière, la SNCF avait déjà supprimé la liaison directe Bordeaux - Nice et Lyria avait limité à Marseille sa relation Genève - Méditerranée. De quoi inciter les azuréens à se rendre encore en plus grand nombre à l'aéroport (pour les longs trajets) ou à emprunter leur voiture (pour les parcours de moindre distance).

Conséquence de ces allègements, le trafic sur les lignes à grande vitesse va encore un peu plus diminuer, ce qui évidemment retarde encore un peu plus l'échéance de saturation de la section centrale de la LN1 (message aux derniers soutiens du projet POCL...), tandis que les temps de parcours vont grimper puisque la SNCF ajoute tout de même quelques arrêts pour compenser l'impact des suppressions de circulations dans certaines gares (puisqu'il y a encore des gens qui osent vouloir prendre le train).

De façon un brin plus perfide, on pourra aussi souligner qu'il sera difficile de prétexter l'absence de sillons pour répondre favorablement aux demandes d'éventuels nouveaux entrants qui ne manqueront pas d'observer les terrains délaissés par l'opérateur historique !

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600 M€ pour transformer la gare du Nord

La SNCF a choisi Ceetrus, filiale immobilère du groupe Auchan, pour accompagner Gares & Connexions dans la transformation de la gare de Paris-Nord. D’ici la fin d’année, une structure commune détenue à 34% par la branche SNCF et à 66% par Ceetrus destinée aux travaux d’agrandissement de la gare et l’exploitation de la galerie commerciale pendant 35 à 46 ans.

L’essentiel des évolutions se concentrera sur le flanc Est de la gare, au-dessus des voies 19 à 21 et 30 à 36, accueillant une nef de 300 m de long et 18 m de large.

La superficie de la gare passera de 36 000 à 110 000 m² : espaces sportifs, crèche, salle de concert, commerces (50 000 m² pour 10 000 m² actuellement), 4 restaurants, viendront métamorphoser ce qui est d’abord – et devra rester – un pôle d’échanges de transport majeur : avec 700 000 voyageurs par jour, c’est tout simplement la première gare d’Europe.

La gare routière sera réaménagée : l’actuelle n’est pas très accueillante, mais - et c’est là que la mécanique pourrait se gripper - Ile de France Mobilités ne valide pas le contenu du projet, estimant que les fonctionnalités élémentaires d’une gare routière ne sont pas réunies dans l’aménagement présenté. L’autorité organisatrice demande donc à Gares & Connexions de revoir sa copie.

Il y aura une autre nouveauté, pas seulement symbolique : 1200 places de stationnement pour les vélos seront aménagées sur le site. C’est un moyen supplémentaire de renforcer le rôle de ce mode de transport dans la palette des solutions pour les franciliens et d’organiser un stationnement rationnel. La sécurisation du stationnement et un service de petites réparations pourrait compléter cette offre, comme elle existe déjà dans plusieurs gares, notamment à Strasbourg.

Il y a aussi une rupture par rapport aux premières esquisses présentées par Jean-Michel Wilmotte en 2015 et présentées dans un précédent dossier de transportrail. En particulier, la création d’un hall des départs surplombant les voies a été abandonnée car trop complexe à mettre en œuvre avec la circulation des trains. La solution retenue consiste en la création d’un hall des départs à l’emplacement du hall Banlieue, relié aux voies de départ par des passerelles plus légères. De la sorte, la dissociation des itinéraires entre départs et arrivées sera préservé : elle est nécessaire du fait de la croissance de 40% du trafic à horizon 2030…

Il y a évidemment un enjeu de vitrine : la nouvelle gare du Nord devra être prête à l’été 2023, pour être pleinement opérationnelle à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris en 2024. De nombreux visiteurs arriveront ou transiteront par la gare du Nord pour accéder aux différents sites olympiques, ce qui suscite évidemment la convoitise de ce site qui présente de fortes potentialités de chiffres d’affaires. A Saint Lazare, la galerie commerciale rapporte 200 M€ par an à Gares & Connexions, ce qui est déjà beaucoup mais le partenaire privé reste le premier bénéficiaire de ces opérations encore exceptionnelles en France et qui sont pourtant monnaie courante ailleurs : voir la gare centrale de Berlin et évidemment les gares japonaises, propriété de groupes multi-activités dans lesquels la composante ferroviaire n’est que minoritaire (parfois déficitaire), un lien entre deux centres économiques.

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23 juillet 2018

Belfort - Delle : pas encore rouverte, déjà la polémique

Ce devait être un symbole pour le système ferroviaire français accusé d'oublier les lignes régionales. La réouverture de Belfort - Delle aurait dû prouver que non, la SNCF ne se désintéresse pas de l'aménagement du territoire... mais ce bel espoir commence à être quelque peu entâché de quelques boulettes dont il va falloir identifier les responsables. Nous avions dès novembre 2017 pointé ce risque désormais avéré.

La desserte entre Belfort et Delle prévoit à compter de décembre 2018 :

  • 10 allers-retours Belfort Ville - Belfort-Montbéliard TGV, assurés par la SNCF, dont 6 seront prolongés à Delle ;
  • 10 allers-retours Bienne - Delle - Belfort-Montbéliard TGV, assurés par les CFF, sur les 16 existants pour les propres besoins du Jura suisse.

Donc les trains suisses n'iront pas à Belfort Ville, ce que demande pourtant le canton du Jura et les CFF. Le dossier est en train (s'il on peut dire) de monter d'un cran car le président du gouvernement suisse du Jura a répondu par courrier à certains élus français qui reprochaient la faible desserte de leur future gare, puisque manifestement côté français, on reportait la résponsabilité sur le voisin suisse. M. David Eray a ainsi rappelé qu'il s'est conformé aux directives fixées au Canton par la Région Bourgogne Franche-Comté, qui, selon lui, n'a fait que transmettre l'avis de la SNCF... sans qu'il n'ait pu comprendre les raisons réelles de la limitation des trains des CFF à la gare TGV de Belfort-Montbéliard.

Serait-ce que la SNCF a peur d'être atteinte dans sa dignité d'opérateur ferroviaire de référence mondiale ? Cette obstruction est digne de la façon dont la France a compliqué l'importatation de magnétoscopes japonais à la fin des années 1970 en leur imposant un contrôle douanier à Poitiers (parce que le vent du large y souffle un peu moins fort).

Il est évident que le schéma de desserte proposé est des plus discutables : outre l'absence de liaison directe Belfort - Bienne, sur le seul versant français, aucune réflexion n'a été visiblement menée sur la valorisation de la correspondance TER - TGV à Belfort-Montbéliard pour prolonger par exemple les TER venant d'Epinal et de Vesoul, qui sont les plus faciles à prolonger (sans rebroussement).

Mais compte tenu des délais, il semble difficile de renverser la vapeur et de proposer un schéma de desserte logique d'ici le mois de décembre.

Post-Scriptum : histoire d'en rajouter une couche, la vitesse des trains sera limite à 70 km/h au droit des passages à niveau pour contourner la directive bien connue de M. Bussereau, interdisant la création de nouveaux passages à niveaux actifs dans le cadre d'une réouverture de ligne...

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Mission Rol-Tanguy Grand Ouest : peu de nouveautés

Le rapport remis par M. Rol-Tanguy le 6 juillet dernier ne comporte pas véritablement de grandes nouveautés : c'est un peu la compilation des dossiers en cours sur les différents modes de transports concourant à la desserte du Grand Ouest. S'il est effectivement évoqué la possibilité de réactiver la desserte ferroviaire entre Cholet et Les Herbiers, secteur économiquement très actif et où est implanté le parc du Puy du Fou, fortement générateur de flux (plus de 2 millions de visiteurs par an), les autres mesures pour le transport ferroviaire sont très classiques (surtout pour les lecteurs de transportrail) :

  • amélioration de l'exploitation de la gare de Nantes ;
  • amélioration de l'exploitation de la gare d'Angers et réalisation d'un saut de mouton à La Possonnière pour fluidifier la bifurcation avec la ligne de Cholet (voir notre dossier sur la desserte du choletais);
  • modernisation de la signalisation entre Redon et Savenay pour améliorer la liaison Rennes - Nantes (objectif d'une desserte à la demi-heure en 1h20) ;
  • desserte de l'aéroport Nantes Atlantique par la ligne Nantes - Pornic / St Gilles Croix de Vie ;
  • ERTMS niveau 2 sur l'axe Le Mans - Angers - Nantes ;
  • envisager certains tronçons du projet LNOBPL en lien avec l'évolution des dessertes périurbaines de Nantes (vers Savenay) et Rennes (vers Messac).

En revanche, on voit réapparaître le serpent de mer de liaisons Paris - Brest / Quimper en 3 heures, sans arrêts intermédiaires (donc assurément avec un remplissage très faible et non viable) et avec le relèvement à 90 km/h de la vitesse des trains sans arrêts dans la gare de Rennes, opération qui a été pour l'instant mise en sommeil profond en raison de son coût (plus de 45 M€) et de son gain très faible sur le trafic...

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22 juillet 2018

Lyon - Saint Etienne : des TER plutôt que l'A45 ?

Le Conseil d'Orientations des Infrastructures avait préconisé pour le noeud ferroviaire lyonnais de lancer une concertation sur une base multimodale : les projets de l'autoroute A45 et du Contournement Ferroviaire de l'agglomération lyonnaise étant l'objet de forts clivages, la commission ne s'était pas avancée dans une direction plutôt qu'une autre.

Le Préfet de Région a donc lancé cette concertation qui suscite le mécontentement des partisans de l'autoroute A45 qui considère que l'Etat n'avoue pas l'enterrement du projet. Pour le coup, l'Etat semble considérer que la priorité devrait plutôt aller sur le réseau ferroviaire et plus particulièrement au renforcement de l'attractivité des TER Lyon - Saint Etienne par un développement de l'intermodalité : capacité de stationnement automobile, cheminements piétons, liaisons cyclables. Du bon sens... mais toutefois à nuancer. Il ne sera pas possible d'attirer plus de monde au train si celui-ci ne progresse pas en capacité, en performance et en qualité de service. Qui plus est, il sera difficile de travailler dans cette direction à court terme puisque la desserte va être revue à la baisse, voire même taillée à la hache, à l'occasion des travaux de transformation de la gare de Lyon Part-Dieu.

Et comme par hasard, la Région, cherchant à réduire ses dépenses sur le transport régional, envisage de réduire, voire de supprimer une bonne partie des dessertes via la rive droite du Rhône c'est à dire via Grigny, Vernaison, Pierre-Bénite et Oullins alors que cet itinéraire permettrait de maintenir un niveau d'offre acceptable. Le RER de la métropole lyonnaise, ce n'est donc pas pour tout de suite...

A ne plus rien y comprendre...

 

21 juillet 2018

Hyperloop, SpaceTrain : les entourloupes en folie

C'est un peu le concours Lépine des idées foireuses, focalisant l'attention d'élus en mal de notoriété avec ce qui est nouveau, innovant, hypertechnologique, et surfant facilement sur la confusion entre la critique de la SNCF (surtout après trois mois de grève) et de la technologie ferroviaire.

Hyperloop, c'est le suppositoire dans lequel vous vous installez sans véritablement savoir dans quel état vous allez arriver, compte tenu des accélérations foudroyantes qui sont annoncées pour tenir des objectifs, qui ne coûtent guère plus cher que la salive qu'il a fallu produire pour les énoncer.

Comme si cela ne suffisait pas, voici que SpaceTrain se remet en évidence : apparue en 2016, cette entreprise cherche à réhabiliter... l'aérotrain. Bref, le suppositoire mais sans le tuyau. Non, vous n'êtes pas revenu en 1969 : la télévision n'est pas revenue au noir et blanc, Léon Zitrone n'enchaine pas journaux télévisés, tiercé à Longchamp et Intervilles... Point besoin de ressortir les portraits du président Pompidou et la tapisserie à grosses fleurs !

SpaceTrain et Hyperloop n'ont qu'un seul objectif : détourner l'attention, capter quelque argent public et faire miroiter des performances hallucinantes à des esprits crédules avec des vitesses selon les goûts oscillant entre 500 et 1200 km/h, à un coût nettement moindre qu'une ligne ferroviaire à grande vitesse. Un tube d'acier de 4 m de diamètre pour l'un, un rail de béton pour l'autre, pensez donc, c'est pas plus de 7 M€ du km, alors que le TGV, c'est 3 à 4 fois plus cher, tout cela pour aller au mieux à 320 km/h et subir les prestations de la SNCF...

SpaceTrain cherche à réutiliser le rail de béton du prototype de l'aérotrain, sur 18 km entre Artenay et Cercottes, qui ne sert plus depuis plus de 40 ans, sauf à quelques graffitis politiques bien visibles depuis la RN20 et la ligne ferroviaire Paris - Orléans. Manifestement, ils n'ont pas compris les raisons de l'échec du concept dans les années 1970. Rappelons que le contrat signé le 21 juin 1974 pour une liaison La Défense - Cergy Pontoise a été cassé le 17 juillet suivant. Outre la consommation gargantuesque de kérosène (et l'hydrogène vantée par SpaceTrain n'y changera pas forcément grand chose), envisager des modules de faible capacité pour un système de transport à frais fixes élevés (l'infrastructure) aboutira immanquablement à un échec. SpaceTrain ne se prive pas de tacler son rival Hyperloop en expliquant - pour le coup assez justement - que personne ne connaissait son coût réel : encore un petit effort de lucidité et les partisans de SpaceTrain arriveront à la même conclusion à propos de leur propre délire. Pour concrétiser une liaison Paris - Le Havre en 17 minutes et un Paris - Roissy en 5 minutes, il va forcément falloir construire des sections souterraines, sauf à imaginer le monorail de béton passer sous la Grande Arche de La Défense et l'Arc de Triomphe... Résultat, la facture va exploser.

Alors, quelle sera la surprise de l'été ? La sustentation magnétique ? le SK ? Aramis ? Un come back du Swissmetro ?

Lire cet argumentaire de François Lacôte, l'un des pères du TGV. Au moins, cela remet les choses au clair...

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20 juillet 2018

RER niçois : la renaissance de Métrazur

On reste sur les bords de la Méditerranée, avec le troisième volet de notre étude sur l'axe Marseille - Nice, consacré à l'évolution de la desserte de la Côte d'Azur, principalement autour des agglomérations de Cannes et de Nice. A l'été1970, Métrazur avait constitué une des premières expérimentations de relance de l'offre ferroviaire omnibus, en utilisant alors les moyens du service Métrolor entre Nancy et Metz, avant que le service ne soit régularisé à l'année.

Mais aujourd'hui, le portrait de la desserte régionale sur la Côte d'Azur est un peu moins flatteur : certes, il y a eu des investissements, avec la création d'une troisième voie d'Antibes à Cagnes sur mer ; certes, le renouvellement du matériel roulant a été assez largement réalisé avec la livraison de rames à deux niveaux... mais la qualité de la production n'est pas vraiment au rendez-vous et les autocars interurbains ont la part belle, malgré la congestion routière. Trains supprimés, compositions non conformes, retards et propreté aléatoire des rames n'incitent pas franchement à l'usage du train.

Et pourtant, coincée entre la mer et la montage, la Côte d'Azur a elle aussi besoin de son RER, qui est aujourd'hui largement dépendant de la réalisation de LNPCA, notamment de la première section entre Cannes et Nice. Ce nouveau dossier de transportrail explore le chemin à parcourir entre la situation actuelle, et une offre théorique déjà relativement consistante, et les évolutions futures.

 

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RER marseillais : sans attendre LNPCA ?

S'il est une ville emblématique du retard global des transports publics dans un bassin urbain dense, et en particulier du déficit d'intégration du réseau ferroviaire dans une métropole multipolaire, c'est bien le cas de l'ensemble Marseille - Aix en Provence. La congestion urbaine et l'augmentation de la pollution imposent un changement d'échelle radical. Cependant, le réseau ferroviaire souffre non seulement d'un dimensionnement inadapté, d'une offre insuffisante, mais aussi d'une qualité de service très médiocre qui crée un mouvement repoussoir. 

Le projet d'amélioration de l'axe Marseille - Nice (LNPCA) emporte plusieurs opérations qui contribueront à augmenter la capacité du réseau ferroviaire au profit d'une desserte métropolitaine, mais l'échéance de réalisation est lointaine alors que les attentes sont immédiates. Quelle trajectoire entre aujourd'hui et un grand projet à quelques milliards d'euros dont la réalisation n'est pas envisageable aujourd'hui avant 2030 voire 2035 ? Eléments de réponse dans ce nouveau dossier de transportrail.