07 juin 2018

Thalys lorgne sur Bordeaux

En principe, à l'été 2019, une nouvelle liaison Thalys sera proposée entre Bruxelles et Bordeaux. Il ne devrait s'agir que d'une desserte estivale, d'abord pour évaluer la clientèle. Comme pour les liaisons vers le Midi ou les Alpes, Thalys semble vouloir adapter son offre en fonction des saisons.

Neanmoins, on peut rappeler qu'une desserte directe quotidienne et toute l'année a déjà existé entre Bruxelles et Bordeaux. Thalys a exploité en 2002 et 2003 une liaison hebdomadaire l'été, non reconduite ensuite, et les deux villes ont été également connectées par un TGV classique, une liaison Intersecteurs, disparue depuis décembre 2012 (merci à nos lecteurs pour leurs précisions), victime de la politique de réduction d'offre sur ce type de relations. 

Par rapport au projet Eurostar, au moins, avec Thalys, les formalités d'accès au train seront plus simples, moins chronophages et en principe moins gourmande en capacité en gare...

Reste une question : aujourd'hui, malgré la correspondance, la liaison s'effectue en 4h43. Quel sera le temps de parcours via Chessy et la Grande Ceinture ?

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04 juin 2018

Bourgogne Franche-Comté : nouvelle convention TER et offre nouvelle

Encore une nouvelle convention TER, cette fois-ci en Bourgogne Franche-Comté, avec une négociation serrée entre la Région et la SNCF, aboutissant à une réduction du montant de la contribution annuelle de 240 à 209 M€ par an. Outre un objectif de ponctualité très ambitieux, à 97% en 2025 contre 90% actuellement, la Région souhaite obtenir une réduction de 27% du coût du voyageur-km sur la période 2018-2025, bref, d'agir à la fois sur le coût de production des trains mais aussi leur remplissage.

La nouvelle convention prévoit 37 trains supplémentaires dont une partie sera mise en oeuvre dès 2019 :

  • 6 sur Dijon - Nevers, sous la forme de 3 allers-retours rapides en 2h05 ;
  • 2 sur Nevers - Decize ;
  • 3 sur Dijon - Mâcon ;
  • 3 sur Montchanin - Paray le Monial ;
  • 4 sur Besançon - Belfort Ville ;
  • et évidemment la réouverture de Belfort - Delle dont le schéma de desserte demeure néanmoins assez peu rationnel, comme nous l'évoquions précédemment.

L'ouverture à la concurrence a été l'occaison d'un revirement de position de la présidente de la Région qui a demandé en séance le retrait de l'article de la convention prévoyant les conditions d'une procédure d'appel d'offres sur les relations Dijon - Besançon et Besançon - Belfort, manifestement pour sauvegarder les équilibres fragiles de sa majorité politique...

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03 juin 2018

Les premiers TGV ont 40 ans

Patrick et Sophie, prénoms donnés aux deux premières rames TGV Sud-Est livrées en 1978, fêtent leurs 40 ans. Honneur aux demoiselles, Sophie est arrivée la première : la rame 02 a été livrée le 4 mars 1978, tandis que Patrick sortait des usines de Belfort le 7 août suivant. Les deux rames sont d'ailleurs toujours en service. Elles ouvraient sans le savoir réellement la voie à une aventure technique, écononique et politique, celle de la grande vitesse ferroviaire en France, prolongement quasiment naturel de la quête de trains toujours plus performants, démarche qui remonte aux origines mêmes du chemin de fer.

transportrail vous propose ce grand dossier historique qui couvre la période de 1955 à nos jours. Pourquoi 1955 ? Parce qu'on peut considérer que la campagne d'essais dans les Landes avec les BB9004 et CC7107, afin de choisir le modèle de locomotives pour la pratique des 160 km/h, constitue le point de départ de l'aventure du TGV. La suprématie des BB, locomotives conciliant légèreté, rapidité et moindre agressivité sur la voie, a procuré de nouveaux terrains de recherche pour aller encore plus vite. D'ailleurs, qu'on ne s'y trompe pas, les premiers trains français à 200 km/h étaient tractés par des BB, alors que l'Allemagne avait fait le choix de CC. La france dut aussi passer par des locomotives à trois essieux, pour des questions de tonnage des trains du fait du succès de la formule. Et en allant plus loin, plus vite, la formule BB s'est imposée pour le TGV001, issu des recherches engagées depuis 1969 par la SNCF sur les vitesses supérieures à 250 km/h.

C'est aussi l'occasion de réorganiser nos dossiers : vous y retrouverez donc trois chapitres historiques d'ores et déjà en ligne et des liens vers des pages déjà publiées, en lien avec ce sujet, concernant le SNIT et les différents rapports sur l'évolution de la grande vitesse en France. Reste un dossier en cours de rédaction, sur le matériel roulant.

Bonne lecture !

 

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31 mai 2018

Occitanie : nouvelle convention TER, nouvelles dessertes

La nouvelle convention Région - SNCF pour les TER en Occitanie a été signée pour une durée de 7 ans, jusqu'en 2025 : message politique de la Région qui réaffirme son attachement à la SNCF et qui s'est déjà exprimée sur l'absence d'intention de lancement d'appels d'offres pour évaluer ce que pourrait proposer d'autres opérateurs. C'est la suite logique des Etats Généraux du Rail et de l'Intermodalité. Au passage, la Région a présenté la nouvelle appellation de ses services : LiO avec une livrée proche de celle définie en son temps par Languedoc Roussillon.

La Région Occitanie consacrera 2,5 MM€ à l'exploitation des TER (300 M€ par an) soit une hausse de 12% par rapport à la précédente convention. L'objectif de régularité est fixée à 92% contre 88% réalisés en période normale (comprendre hors grèves). La Région et la SNCF ont convenu de renforcer la desserte sur 4 relations avec 72 trains supplémentaires :

  • 12 sur Toulouse - Perpignan avec la création de 6 allers-retours directs et l'amélioration des possibilités de correspondance à Narbonne ;
  • 28 sur Toulouse - Montauban - Agen / Brive ;
  • 20 sur Toulouse - Pau ;
  • 12 sur le périurbain de Montpellier entre Lunel et Sète.

Figure également dans cette nouvelle convention un important volet tarifaire pour amorcer l'harmonisation des dispositifs préexistants en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, mais les tarifications promotionnelles restent toujours différenciées avec le ticket à 1€ sur 5 lignes de Languedoc-Roussillon et le Ticketmouv' en Midi-Pyrénées (tarification à 2,50 € la section de 25 km environ), mais le ticket à 1€ est étendu à toute l'Occitanie. Par ailleurs, l'abonnement mensuel va augmenter de 7%, avec cependant la réduction du prix pour les jeunes et la création d'une option pour les week-ends à 20 € par mois pour un libre usage du train sur l'ensemble de la Région. L'abonnement coordonné TER - Tisseo à Toulouse reste fixé à 70 € par mois.

Avec une hausse du trafic de 5,1% en 2017, la croissance de la fréquentation atteint 60% depuis 2002 : la Région enregistre en moyenne 66 000 voyageurs par jour, et une pointe à 80 000 le vendredi.

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28 mai 2018

Un TERGV Amiens - Lille à l'étude

Les TERGV, ce sont des rames TGV qui assurent depuis 2000 des services subventionnés par la Région au départ de Lille Europe vers Calais, Dunkerque, Boulogne (et même Rang du Fliers depuis 2009) et Arras. En 2018, la desserte comprend 5 allers-retours dont 2 pour Boulogne (et au-delà) et un pour chacune des autres destinations. Le TERGV est accessible moyennant un supplément au tarif du TER classique, mais la Région finance le déficit entre les recettes et les coûts d'exploitation à hauteur de 80%. Or le coût à la place sur un TGV revient environ 40 à 50% plus cher que sur un TER, même s'il s'agit de prolongement de TGV Paris - Lille en creux de roulement ou d'achat par la Région d'un quota de places dans un TGV existant. Résultat, hormis les TERGV créés par Nord Pas de Calais, aucune autre Région ne s'est lancée dans un tel service.

La Région Hauts de France annonce le prolongement à Amiens du service Lille - Arras pour proposer symboliquement un aller-retour Lille - Amiens en moins d'une heure, une seule fois par jour. Les 11 allers-retours existants de TER classiques assurent la liaison en 1h21 à 1h25. Cette offre devrait être restructurée d'ici 2020, avec pour objectif de réduire le temps de parcours à 1h03, c'est à dire à peine 10 minutes d'écart par rapport au TERGV.

Etonnant, non ?

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26 mai 2018

Le Chemin de fer à vapeur des 3 Vallées

Une envie de vapeur à la campagne ? Un peu d'insolite pour sortir de la routine ? Rien ne vaut un petit tour sur un train touristique. Celui que vous recommandent aujourd'hui les rails-trotters de transportrail se situe en Belgique mais à quelques encâblures de la France, dans les Ardennes belges : le Chemin de fer à vapeur des 3 vallées, c'est à la fois un musée mais aussi une ligne touristique de 14 km qui permet à la collection bien entretenue de vous replonger dans une atmosphère d'époque bien reconstituée.

La rubrique Culture et patrimoine accueille ce nouveau dossier : bon voyage !

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25 mai 2018

Flixtrain envisage de nouvelles liaisons

Berlin - Munich et Berlin - Cologne : ces deux liaisons auront-elles à la fin de l'année à leur tour une liaison Intercity économique sous le label Flixtrain ? C'est en tout cas l'intention de la compagnie qui est actuellement en cours de montage du système de location de matériel roulant et de fourniture des prestations de conduite et d'accompagnement pour ces liaisons, comme c'est déjà le cas sur les ex-liaisons Locomore (Berlin - Stuttgart) et HKX (Hamburg - Köln).

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Dreye - 4 mai 2018 - Il faut bien le reconnaitre : de prime abord, ça en jette et Flixtrain sait jouer sur les apparences, comme Flixbus. Si la locomotive de type Taurus est dans les canons de la modernité, les voitures ont quelques décennies dans les bogies, mais cela permet de faire du low cost ferroviaire... à 200 km/h tout de même ! (cliché X)

Flixtrain, qui n'assure que la commercialisation des circulations, souhaiterait emprunter la NBS sur la liaison Berlin - Munich, mais DB Netz souligne que, pour l'instant, aucune demande de sillons n'est arrivée pour le service annuel 2019

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Suisse : 2 lignes pour le BLS... qui en veut plus

Agitation en Suisse sur l'attribution de l'exploitation pour les 10 prochaines années des relations Intercity, sur fond de remise en question du monopole actuel des CFF sur ces services.

L'Office Fédéral des Transports prévoit d'accorder 2 lignes au BLS contre les CFF. Il s'agit des liaisons Berne - Bienne et Berne - Olten, soit 2% de l'offre Grandes Lignes en Suisse. Les CFF menacent d'un recours au Tribunal Administratif et mettent en avant les partenariats à la marge, comme celui noué avec le SOB qui assurera pour le compte des CFF la desserte de la ligne sommitale du Gothard et la liaison Berne - Coire.

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Berne - 1er février 2017 - Dans l'effectif du BLS, des Re420 et les voitures unifiées de type III, livrées dans les années 1970, qui assurent certaines liaisons IR confiées au BLS. Un matériel pas de première jeunesse mais confortable et de surcroît bien rénové avec un entretien soutenu.© A. Knoerr

Le syndicat du personnel de transport appelle les deux opérateurs à l'apaisement : les CFF refusent que le BLS devienne opérateur longue distance, en arguant d'un impact à la hausse sur les prix et à la baisse sur la qualité de service. Le BLS, pour sa part, réitère sa demande de 5 liaisons autour de la capitale fédérale, considérant que 2 liaisons ne permettent pas de viabiliser les investissements consentis. La période de consultation des projets d'attribution des lignes est désormais achevée et les entreprises ont jusqu'à la fin du mois de juin pour intenter d'éventuels recours juridiques.

Les nouveaux contrats sur l'offre nationale en Suisse prévoient en outre le plafonnement à 8% de la marge opérationnelle par rapport au chiffre d'affaires, seuil au-delà duquel l'opérateur devra diminuer ses tarifs ou augmenter sa participation au financement de l'infrastructure. Un autre sujet qui agace les CFF...

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Dette, financement du réseau : des avancées

A l'issue de la série de rencontre entre le Premier Ministre et les organisations syndicales, la reprise partielle de la dette de SNCF Réseau est bien confirmée : l'Etat reprendrait 25 MM€ en 2020 et 10 MM€ supplémentaires en 2022, soit 35 des 46 MM€ accumulés.

En revanche, sur le financement du réseau, l'effort annoncé est de 200 M€ par an... seulement. L'audit sur l'état du réseau met en avant une lacune de l'ordre de 500 M€ par an, ce qui semble être le niveau minimal d'effort que devrait faire l'Etat pour infléchir la trajectoire de vieillissement du réseau structurant... sans compter la question de plus en plus centrale du financement du renouvellement des petites lignes.

La reprise de la dette devrait néanmoins avoir un effet bénéfique puisque les intérêts de celle-ci seraient eux aussi substantiellement allégés, ce qui pourrait redonner de nouvelles marges de manoeuvre pour le financement du réseau. Mais il va falloir à l'Etat être plus ferme et plus précis sur ses intentions en la matière.

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Lignes régionales : vers un Plan Rail Centre ?

L'heure du réveil semble avoir sonné en Région Centre sur le dossier des lignes régionales. Les clignotants viraient au rouge vif depuis plusieurs années sur plusieurs lignes et des signaux inquiétants semblaient s'allumer.

Une amorce de reprise en mains ? Peut-être. La Région Centre a donc annoncé qu'elle reportait les projets de réouverture aux voyageurs des sections Voves - Orléans et Orléans - Châteauneuf sur Loire, jugés non prioritaires par rapport à la préservation du maillage ferroviaire existant. Seuls seront réalisés les travaux permettant le maintien des circulations de fret. Ce n'est pas - encore ? - un enterrement mais il devient fort peu probable de revoir des trains de voyageurs sur ces sections avant 2025 voire 2030.

De la sorte, les crédits du CPER 2015-2020 devraient être redistribués. La Région rappelle l'Etat à sa mission, constatant la défaillance de SNCF Réseau dont la participation aux opérations de renouvellement sur les petites lignes est désormais plafonnée à 8,5%. Sur les 91,5% restant, elle propose un financement à parité Etat-Région pour constituer un budget de 250 M€ :

  • Chartres - Courtalain : 12 M€ déjà programmés mais 28 M€ supplémentaires à mobiliser pour éviter un ralentissement de 35 minutes ;
  • Tours - Loches : 40 M€ figurant au CPER mais non encore engagés, alors qu'un ralentissement à 40 km/h devrait être appliqué en fin d'année allongeant le temps de parcours de 25 minutes ;
  • Tours - Chinon : 19 M€ à mobiliser pour parer un allongement du temps de parcours de 19 minutes entre Azay le Rideau et Chinon en 2020 ;
  • Dourdan - Tours : 48 M€ à mobiliser pour lever un ralentissement de 13 minutes appliqué dès la fin d'année ;
  • Bourges - Montluçon : 95 M€ doivent être dégagés avec la Région Auvergne - Rhône-Alpes alors que l'impact du ralentissement qui se profile devrait atteindre 53 minutes !

Ceci dit, au-delà de la question du renouvellement de l'infrastructure, la Région et SNCF Mobilités doivent remettre à plat l'usage de ces lignes. Mobiliser autant de fonds publics pour des dessertes parfois squelettiques ne peut que prêter le flanc à la critique. Des efforts conséquents avaient été accomplis par la Région à la fin des années 1990, pendant la période d'expérimentation de la régionalisation, avec succès. Il serait donc souhaitable de renouer avec cet élan conquérant mais raisonné.

Sur Chartres - Courtalain et Tours - Loches, il sera nécessaire d'équiper une partie de la ligne d'une signalisation moderne pour s'affranchir des contraintes capacitaires de la Voie Unique à Signalisation Simplifiée (16 trains par jour dont 12 de voyageurs même s'il n'y a pas de fret).

La première mériterait une offre plus conséquente entre Chartres et Brou, de l'ordre d'une douzaine d'allers-retours (contre 8 actuellement), tout en laissant une capacité suffisante pour le fret céréalier et les acheminements vers la base travaux de la LGV Atlantique à Courtalain.

Tours - Loches est un de nos vieux sujets de bataille, tant il est évident que le chemin de fer est pertinent face à un axe routier encombré sur des déplacements majoritairement à caractère périurbain et un potentiel touristique non nul.

L'axe Paris - Tours par Châteaudun a plutôt vocation à être scindée en deux dessertes, comme c'est à peu près le cas aujourd'hui, avec au nord des Paris - Châteaudun pour partie prolongés à Vendôme et au sud des Tours - Vendôme - Châteaudun qu'il serait opportun d'envoyer à Chartres pour mieux utiliser la courte section Chartres - Voves récemment rouverte mais au trafic fantomatique.

Quant à Bourges - Montluçon, le devenir de la liaison directe avec Paris est clairement sur la selette, ne serait-ce qu'avec l'attribution de 3 Coradia Liner dans le transfert de compétence des Intercités à la Région. Comme nous l'avons déjà suggéré, la correspondance à Vierzon sur les trains POLT semble aujourd'hui le moins mauvais compromis avec un gain de temps potentiel conséquent et la possibilité d'organiser des correspondances systématiques à Vierzon (par exemple toutes les 2 heures). En complément, des TER Bourges - Montluçon pourraient être proposés dans l'heure alternative, mais pour cela, il faudra que les deux Régions convergent, ce qui n'est pas la moindre des difficultés...