17 janvier 2018

Hendaye : une nouvelle gare pour Euskotren

Avec une voie et un seul quai, la gare Euskotren de Hendaye est particulièrement discrète. Son exploitation est difficile en raison de l'exiguité des installations, limitant la fréquence à un train toutes les 30 minutes, alors que de l'autre côte de la frontière, Irun dispose d'un train toutes les 15 minutes pour San Sebastian et Lasarte. Afin de doubler l'offre entre Hendaye et Irun, une seconde voie est nécessaire. Un accord a été conclu avec la SNCF puisque la gare se situe sur son domaine foncier.

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Hendaye - 30 juin 2016 - Franchissement de la Bidassoa = passage de la frontière franco-espagnole, mais sur une voie unique du fait de l'ouvrage (caché par l'ancien pont visible au premier plan, qui est aujourd'hui piétonnisé. Euskotren compense la maigreur extrême de l'offre ferroviaire transfrontalière... © transportrail

D'un coût de 5,8 M€ financé par le gouvernement autonome basque, l'opération comprend, outre la création de la seconde voie, l'édification d'un nouveau bâtiment voyageurs, car l'actuel, avec 84 m², est beaucoup trop petit au regard du trafic. L'actuel quai, large de 1,90 m, sera élargi à 4 m. Ces installations seront mises en service en septembre 2019.

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SNCF : bons résultats 2017... sauf pour la régularité

Un rebond attendu sur TGV et TER, surprise pour Intercités

Les résultats de SNCF Mobilités pour l’année 2017 sont meilleurs que ceux de l’année 2016 : ce n’est pas une surprise car 2016 avait été marquée par les effets d’un mouvement social assez long. Il faut aussi noter l’effet du retour des touristes étrangers qui se ressent sur le trafic longue distance, alimentant dès le premier semestre un rebond significatif, confirmé au second semestre. Ainsi, 10 millions de voyageurs supplémentaires ont été transportés par TGV (8 millions) et Ouigo (2 millions). L’activité low-cost semble donc commencer à produire ses effets sur le trafic, qui devrait être encore plus perceptible en 2018 avec le développement de l’offre. En revanche, question lisibilité du service et commande de sillons, Ouigo a des effets disons… contrastés !

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Bordeaux Saint Jean - 15 décembre 2017 - Les rames Océane arrivent au fur et à mesure sur l'axe Paris - Bordeaux - Toulouse / Hendaye. La relation Paris - Bordeaux se retrouve dopée par la LGV, mais la SNCF a déjà ajusté en douce la desserte, pas tant en volume qu'en politique d'arrêt. Angoulême en a fait les frais à l'horaire 2018. © transportrail

En particulier, sur SEA, la croissance du trafic est supérieure de 20 points aux prévisions initiale, avec un gain de trafic de 70% sur un an. La fréquentation de la navette aérienne a baissé d'environ 20% par mois depuis juillet et le TGV devrait s'arroger plus de 80% du marché entre Paris et Bordeaux.

Bonne nouvelle aussi chez Intercités avec un trafic en hausse de 6,8%, du fait d’une évolution de la politique tarifaire et un relatif succès des offres promotionnelles. En revanche, certaines relations sont toujours pénalisées par des conditions de circulation précaire, compte tenu du mauvais état de l’infrastructure. C’est notamment le cas de Nantes – Bordeaux, où l’arrivée du nouveau matériel aura du mal à compenser les conséquences des ralentissements, atteignant 1h10 sur l’axe !

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Lyon Perrache - 13 décembre 2017 - Rebond du trafic sur les TET, ce qui tend à démontrer - s'il le fallait - qu'il existe un marché, en dehors des grands axes et de la grande vitesse. Le renouvellement du matériel roulant, l'aspect le plus visible, n'y est peut-être pas étranger. Les Coradia Liner ont investi Lyon - Nantes après Paris - Mulhouse et Nantes - Bordeaux. Reste à travailler le fond, c'est à dire la consistance de l'offre et la qualité de la production. © S. Assez

Même rebond pour les TER avec une hausse du trafic de 4,8%, et de 3,2% pour Transilien. Même dans une période difficile, le train régional semble donc encore être considéré par le public comme une solution. L’attente est manifestement là, mais la politique d’entreprise et celle de l’Etat ne sont pas totalement au diapason des besoins des territoires et de la population…

Régularité : quels sont les vrais chiffres ?

Pourtant, la production ne s’est pas améliorée : la régularité est en berne… et les données de la SNCF pas totalement cohérentes entre elles. Entre la communication officielle et les chiffres issus du site d’open data, consulté par Les Echos, il y a quelques divergences. Ainsi, l’open data annonce 83% de régularité pour les TGV alors que la communication officielle publie un taux de 88,7 %. Les écarts se limitent à 1 voire 1,5 points pour Transilien (à 87,9 %), Intercités (toujours aussi bas, à 83,9 %) et TER avec une légère hausse à 91%.

Des résultats « trop bons » ?

Ces résultats suscitent cependant des remarques étonnantes, voire un certain embarras. Rebond du trafic, mais des français qui continuent de juger le train trop cher pour un service pas toujours à la hauteur (et les données de régularité leur donnent plutôt raison), une pensée dominante favorable à la contraction du réseau et en interne, une réaction immédiate, selon laquelle ces bons résultats se font sur le dos du personnel avec des suppressions de poste de plus en plus nombreuses alors que le réseau a urgemment besoin d’être rénové et d’un saut générationnel des systèmes d’exploitation et des outils de maintenance.

TGV : encore plus de productivité

Parallèlement, la SNCF annonce une prochaine réorganisation de la production de l’activité TGV, tirant les enseignements de Ouigo et sans attendre l’hypothétique projet TGV 2020 plus capacitaire et plus économique. L’objectif est d’augmenter l’utilisation des rames, avec des journées de 10 heures en moyenne contre 6h30 actuellement. Rappelons que sur Ouigo, l’amplitude peut atteindre 13 heures. Dans cette perspective, l’activité TGV pourrait se séparer de 25% de sa flotte, c’est-à-dire l’ensemble du parc Sud-Est, Atlantique et Réseau encore en activité, en ne conservant que les différentes générations de Duplex (hors Thalys et Lyria évidemment).

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Gissey sous Flavigny - 22 juillet 2017 - La durée de vie résiduelle des TGV Sud-Est est limitée, on le sait, malgré la troisième rénovation ici illustrée. Les parcs Atlantique et Réseau devraient passer à la trappe avec le nouveau plan stratégique que la SNCF prépare. Le 100% Duplex est en vue. © E. Fouvreaux

On veillera particulièrement à ce projet, qui pourrait aussi affecter la consistance de la desserte et son organisation : la tendance au décadencement est avérée, l’intérêt de l’exploitant primant sur l’usage rationnel de l’infrastructure et la lisibilité du service pour le client.

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16 janvier 2018

Plusieurs Régions candidates à une écotaxe 2.0

PACA, Grand Est et Nouvelle Aquitaine affichent, à coup de déclarations de leurs présidents, des intentions de plus en plus claires quant à la mise en place d'une taxe sur le transit des camions.

Particulièrement concernées par le trafic international, ces trois Régions limitrophes semblent donc prêtes à franchir le pas et s'engager sur la voie d'une nouvelle génération d'écotaxe, qui pourrait réutiliser les désormais aussi célèbres qu'inutiles portiques. Cependant, les modalités de mise en oeuvre sont difficiles : il leur faudra devenir propriétaires des infrastructures routières sur lesquelles elles voudraient percevoir cette taxe, régler la question juridiquement sensible de la discrimination entre le trafic local et le transit international et statuer sur les modalités de perception de la redevance.

L'objectif est assez clair : compenser les carences de plus en plus flagrantes de l'Etat dans la gestion des infrastructures, ferroviaires et routières, et augmenter les ressources permettant d'assurer leur renouvellement. Compte tenu des perspectives qui se profilent à court terme à l'issue des différentes missions sur l'avenir du système et du réseau ferroviaire, un peu d'anticipation ne ferait effectivement pas de mal...

Pendant ce temps, l'Etat doit - encore ! - s'acquitter de 339 M€ pour solde de tous comptes dans l'affaire de l'écotaxe. La part de la taxe sur les produits pétroliers versée à l'AFITF diminue en 2018 de 48 M€. Les participations de l'Etat aux projets inscrits dans les CPER vont donc en souffrir...

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Aix en Provence veut des trains électriques

La deuxième phase de modernisation de l'axe Marseille - Aix en Provence est désormais engagée, afin de proposer 4 trains par heure sur cet axe qui n'a pas bonne presse pour ses problèmes récurrents d'exploitation, malgré une première phase de travaux destinée à améliorer la situation. La voiture et l'autocar restent les modes de transport les plus prisés : Cartreize propose pas moins de 4 lignes entre Marseille et Aix en Provence, diversifiant les lieux desservis, avec une cadence de l'ordre de 3 minutes à l'heure de pointe. Mais personne ne peut raisonnablement contester la pertinence du train sur un tel axe.

La mairie d'Aix en Provence conteste le projet, pour lequel elle considère ne pas avoir été consultée, et envisage un recours amiable devant le Tribunal Administratif. Il a pourtant fait l'objet d'une enquête d'utilité publique, la déclaration ayant été obtenue le 21 novembre 2017. L'opération comprend une nouvelle section à double voie au nord de Gardanne jusqu'à Luynes, la création d'une nouvelle gare à Marseille Plan de Campagne, l'allongement à 220 m des quais à Saint Antoine et Simiane et la modernisation des installations de la gare d'Aix en Provence.

Elle souhaite notamment contraindre la SNCF à électrifier la ligne, arguant que son projet conduit à augmenter la pollution dans sa ville. Il est vrai que la fluidité de la circulation automobile aixoise est connue à travers toute la Région et alentours...

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Aix en Provence - 4 août 2009 - Encore une phase de travaux pour l'axe Marseille - Aix en Provence qui doit affronter une concurrence routière des plus brutales. Seules la fréquence et une augmentation sensible de la régularité permettront de compenser la moindre performance du rail par rapport à la route. Mais la maire d'Aix en Provence joue une drôle de partition en demandant l'électrification de la ligne quitte à bloquer la phase 2 du projet... ce qui n'étonne à vrai dire pas grand monde ! © transportrail

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Autriche : Night Jet en pleine forme

Ames sensibles s'abstenir !

La première année de Night Jet, la nouvelle offre de trains de nuit entre l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Autriche, après la reprise d'une partie des trains assurés jusque fin 2016 par la DB, se solde par un bilan positif. Avec 1,4 millions de voyageurs sur l'année, la fréquentation est conforme aux prévisions. Le taux d'occupation moyen sur l'année atteint 60%. L'activité est même légèrement bénéficiaire. La part des trains de nuit dans le chiffre d'affaires des Grandes Lignes des ÖBB est passée de 17 à 20%.

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Milan Centrale - 10 novembre 2017 - Arrivée du Night Jet en provenance de Vienne et Munich, tracté par une E402 de Trenitalia, qui n'a pas trop à faire avec les 7 voitures de ce train : le tri de des voitures de la relation Munich / Vienne - Rome / Milan s'effectue à Villach. © transportrail

Des résultats qui confortent la stratégie de redéploiement, avec l'acquisition de nouvelles rames pour le trafic vers l'Italie et la conversion d'un lot de voitures de jour pour le service nocturne.

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Un mouchoir, peut-être ?

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15 janvier 2018

Un RER pour l'agglomération strasbourgeoise

Prolongeons l'étude lancée par transportrail sur l'amélioration de la desserte périurbaine autour des grandes métropoles françaises. L'intéressante étude d'un étudiant en géographie de l'université de Strasbourg constitue un bon matériau de base, fondé sur une approche assez pragmatique. Notre approche est plus que similaire, mais nous proposons une quatrième ligne pour la desserte de la plaine d'Alsace et de Saverne.

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Outre évidemment l'approche technique, les notions de service en gare ne devront pas être laissées de côté car ce qui fait aussi l'attractivité de dessertes types RER, c'est naturellement la vision multimodale, l'organisation des correspondances, mais aussi le confort et la commodité d'utilisation des gares.

La création du RER strasbourgeois impliquera aussi une étroite coordination avec la Métropole, pour organiser les correspondances avec le réseau urbain, car, comme dans bien des villes, bus et trains ont trop souvent tendance à s'ignorer dans les communes de banlieue. Il faudra aussi aller plus loin que l'intégration tarifaire entre les TER et le réseau urbain CTS, de sorte à constituer une véritable communauté tarifaire comme celles qui existent de l'autre côté du Rhin.

Strasbourg est donc la première métropole pour laquelle nous déclinons les principaux généraux déjà énoncés. A vos commentaires !

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13 janvier 2018

Pays Bas : les Flirt livrés, arrivée des Civity

A peine terminée la livraison des 58 automotrices Flirt commandées par les NS auprès de Stadler dans une certaine urgence que débute la livraison des premières rames Civity produites par CAF. Il s'agit d'une commande conséquente puisque 168 rames ont été commandées, dont 118 en version tricaisse et 50 en version quadricaisse. Ces rames viennent progressivement remplacer les "nez de chiens" MAT64 acquis en commun par la SNCB et les NS.

On rappellera les conditions assez étonnantes de gestion de ces deux marchés. Dans un premier temps, en octobre 2014, les NS avaient contracté le marché avec CAF. L'exploitant hollandais a cependant dû faire faire à une pénurie de matériel roulant en raison d'une hausse rapide du trafic. Conséquence, un nouveau marché, dans l'urgence, lancé 2 mois plus tard, en recherchant un constructeur capable de livrer les rames plus tôt que CAF. Dans l'absolu, il aurait probablement été possible de puiser dans le marché CAF et on peut se demander si les NS n'ont pas cherché à challenger (pour ne pas dire faire un petit dans le dos...) à CAF avec Stadler qui s'est engagé à livrer 60 rames en moins de 3 ans, à condition de retenir une version de base disponible au catalogue. Les livraisons des rames Stadler ont effectivement débuté en mars 2016.

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Près de Maastricht - 1er avril 2016 - Version tricaisse pour ce Flirt3 série 2200. Une architecture assez comparable aux Sprinter fournis au début des années 2000 par Siemens et Bombardier. © E. Schreurs

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Près de Ede-Wageningen - 4 avril 2016 - Version quadricaisse, mais toujours avec 2 portes par face pour ce Flirt3 série 2500. © H. Zwoferink

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Sur l'anneau de Velim - 31 mars 2017 - Place maintenant aux automotrices Civity, série 2700, conservant le diagramme désormais standardisé à 2 portes par face sur l'ensemble des automotrices livrées par Stadler et CAF. © V. Fisar

On attend maintenant qu'Alstom livre le premier Coradia destiné aux relations Intercity : 79 rames dont 49 de 5 voitures et 30 de 8 voitures ont été commandées à l'été 2016. Ces rames, aptes à 200 km/h sous 1500 V et 25000 V, seront mises en service à partir de 2021 entre Amsterdam et Breda et La Haye - Eindhoven.

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12 janvier 2018

Carcassonne - Quillan : deuxième phase de travaux

La section Carcassonne – Limoux avait fermé en fin d’année 2016, et rouvert le 13 mars 2017. Pendant cette période, 12,5 km de voie avaient été renouvelés ainsi que 4 tabliers métalliques d’ouvrage d’art. Le coût de ces travaux atteignait 12,5 M€, financés par la Région Occitanie, l’Etat et SNCF Réseau (à hauteur de 1,5 M€). Même scénario cette année jusqu’au 26 mars pour traiter 10 km supplémentaires, 2 tabliers métalliques et rénover les quais dans 6 gares pour un coût similaire.

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Pomas - 23 juillet 2010 - La photo a déjà près de 8 ans, et l'état de la voie n'était déjà pas des plus glorieux... et ne s'est pas arrangé depuis. Y rouler relevait presque du miracle. Cette section fait partie du programme de renouvellement étalé sur deux périodes de 10 semaines en 2017 et 2018. © transportrail

Le 26 mars prochain, les trains doivent donc faire le retour sur la ligne... mais le maintien de l'exploitation entre Limoux et Quillan devient très incertain vu l'état de dégradation très avancé de la voie, déjà frappée d'un ralentissement à 40 km/h. La Région réaffirme le principe du maintien de l'intégrité de la ligne mais du côté de la SNCF, le sujet est pris avec des pincettes.

On sera vigilant à la durée de cette suspension, comme dans d’autres Régions, car au-delà de 5 années sans circulation ferroviaire, la suspension se mue de fait en fermeture. La reprise du trafic est alors soumise à la procédure lourde de réouverture, avec concertation, étude d’impact environnemental, évaluation socio-économique et enquête publique. Ajoutons de surcroît que la ligne devra alors se conformer à certaines directives, comme la suppression des passages à niveau, qui, dans le contexte du moment, risque assurément de devenir une exigence de plus en plus forte, bien entendu sans financement, de sorte à torpiller toute velléité de réouverture !

Autre point, peut-être plus positif : il ne serait pas très compliqué de rendre complètement indépendante la ligne Carcassonne – Quillan vis-à-vis de la transversale Bordeaux – Narbonne, en vue d’une exploitation hors du réseau ferré national. Une perspective pas totalement hors de propos, si on met à part les postures politiques de certains élus régionaux…

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11 janvier 2018

Lyon : amélioration des infrastructures portuaires

Lyon n'est pas au bord de la mer mais son port reste des plus actifs : situé au sud du quartier de Gerland, le port Edouard Herriot est un site multimodal entre la route, le rail et la voie fluviale. Il compte pas moins de 23 km de voies ferrées (dont 15 actuellement exploitées) avec un triage comprenant 12 voies. Il a géré 1680 trains en 2016, soit 700 000 tonnes de marchandises, essentiellement par le biais du transport combiné. La capacité maximale des installations ferroviaires est de 2000 trains annuels soit 28 000 wagons

Jusqu'à présent, les circulations s'effectuaient au moyen de locomotives Diesel. Deux voies d'accès, 6 voies du faisceau de réception et 3 voies de garage de locomotives ont été électrifiées pour un montant de 4,75 M€ pris en charge notamment par la Compagnie Nationale du Rhône et la Région Auvergne Rhône-Alpes. La traction électrique est opérationnelle depuis décembre 2017.

Il est donc maintenant possible d'accéder au coeur des installations ferroviaires du port avec des locomotives électriques, rompant avec une exploitation en navette. Le temps de manoeuvre et de traitement des trains se retrouve ainsi fortement réduit : 20 à 40 minutes contre 1 à 2 heures auparavant. L'accélération du traitement des wagons est donc de nature à rendre plus attractive la solution de transport combiné entre les péniches sur le Rhône et le train. Accessoirement, la suppression des manoeuvres et le gain de temps procurent une économie de 30% sur le coût des prestations ferroviaires du port.

A noter enfin, CFL Cargo remplace Europorte comme exploitant des installations ferroviaires portuaires.

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10 janvier 2018

80 km/h sur les routes et compétitivité rail-route

Le gouvernement français a décidé d’abaisser la vitesse maximale sur les nationales et départementales à 2 voies de 90 à 80 km/h.

Mesure présentée sous l’angle de la sécurité routière pour diminuer la mortalité sur le réseau. Soit. L’impact de cette réduction de vitesse va être largement discuté, certains considèreront aussi que c’est une mesure supplémentaire de matraquage des automobilistes « vaches à lait » de l’Etat pour augmenter les recettes des radars automatiques. Le bilan sur le nombre de victimes des accidents de la route doit probablement exister mais l’Etat se refuse à communiquer le bilan de l’expérimentation menée depuis 2 ans sur certains tronçons.

Cette mesure est aussi probablement un moyen pour l’Etat impécunieux de différer certains investissements de renouvellement du réseau. L’état du réseau secondaire, voire de certains axes nationaux, y compris autoroutiers, n’est pas toujours des plus reluisants : rustines, nids de poule, signalisation défaillante, marquages invisibles, bas cotés non nettoyés… un constat parfois très proche de la situation des lignes secondaires régionales peut être fait sur nombre de routes. Comme sur le rail, quand l’état de l’infrastructure se dégrade, on applique des ralentissements. Bref, le passage à 80 km/h au lieu de 90 ressemble fort à une « LPV » (limitation permanente de vitesse), modalité déjà présente sur un peu plus de 5000 km de lignes ferroviaires en France dont plus de la moitié sur les lignes régionales. La sécurité routière, c’est pour faire passer la pilule…

Au passage, l’impact sur les temps de parcours routiers vient – et c’est assez cocasse – ragaillardir les résultats de compétitivité des temps de parcours du train par rapport à la voiture, en passant de 1,33 km par minute à 1,5 km par minute. Du moins sur les lignes en bon état car par ailleurs, les LPV continuent de fleurir sur le réseau ferroviaire. En 2015, 49% des relations ferroviaires empruntant au moins en partie une ligne classée UIC 7 à 9 proposaient un temps de parcours au moins équivalent à celui de la voiture particulière.

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