05 décembre 2020

Portugal : un investissement massif pour le ferroviaire

A l'échelle du pays, c'est beaucoup : 10,5 MM€ d'investissements supplémentaires sur 10 ans, dans le cadre de la relance de l'économie après la crise sanitaire. Le chemin de fer au Portugal, ce sont 3621 km de lignes, dont 2546 km exploités. Plus de la moitié est à voie unique (1639 km). Un tiers du réseau est électrifié (1351 km). Voici quelques chiffres.

Le plan adopté par le gouvernement comporte une tête d'affiche : la réalisation d'une ligne à grande vitesse entre Lisbonne et Porto, évaluée à 4,5 MM€, en commençant au sud de Porto. Elle serait établie dans un premier temps à écartement ibérique et apte à 250 km/h, en attendant l'achèvement complet de la ligne nouvelle qui passerait ensuite à l'écartement européen avec une vitesse portée à 300 km/h afin d'atteindre l'objectif d'une liaison Lisbonne - Porto en 1h15.

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Lisbonne Oriente - 26 mai 2014 - Une rame pendulaire ALFA arrivant de Porto dans la nouvelle grande gare de la capitale du Portugal, les trains continuant vers le terminus de Santa Apolonia. Aptes à 250 km/h, ces rames pourraient profiter des futurs aménagements, en attendant la conversion à la voie normale et l'arrivée d'un matériel à grande vitesse. Il faudra donc aussi probablement adapter l'infrastructure pour le double écartement afin de maintenir la desserte des gares existantes. © transportrail

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Porto Saõ Bento - 28 mai 2014 - Accueillant un trafic régional assez consistant, la petite gare au centre de Porto est ici occupée par 2 automotrices série 3400 constituant le matériel le plus moderne. En descendant du train, il faut admirer la décoration du hall de la gare, de toute beauté ! © transportrail

La ligne nouvelle pourrait ensuite être prolongée de Porto à Vigo en passant par Braga, pour une liaison Porto - Vigo en une heure et assurer la jonction avec le réseau à grande vitesse espagnol.

Le plan comprend également un important chapitre relatif à l'électrification du réseau, avec une enveloppe de 740 M€. Vient ensuite l'amélioration des dessertes de banlieue autour de Lisbonne et de Porto, avec un budget de 290 M€, sujet qu'on devrait en partie retrouver dans les 270 M€ fléchés vers ERTMS pour moderniser la signalisation. Enfin, 200 M€ seront alloués à l'amélioration de l'intermodalité fer - mer.

De nouvelles infrastructures sont également prévues avec notamment une ligne de 36 km pour la vallée de Sousa, au nord-est de Porto, estimée entre 200 et 300 M€, et pas moins de 750 M€ seraient consacrés à l'amélioration du maillage du réseau, notamment vers l'Espagne, pour développer le transport de marchandises et prolonger les investissements dans les ports.

Il est aussi prévu d'engager 1,7 MM€ pour le renouvellement du matériel roulant, incluant les 12 rames à grande vitesse prévues en 2029 et une option de 14. Ce budget couvre également le renouvellement des rames de la ligne de Cascais déjà évoqué par transportrail, et une prévision de 55 automotrices en lien avec les électrifications envisagées.

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03 décembre 2020

TET : l'Etat face à la seule candidature de la SNCF

Après l'échec en 2016 de l'appel à manifestation d'intérêt sur les trains de nuit, l'appel d'offres sur les liaisons Nantes - Bordeaux et Nantes - Lyon était sous de nombreux projecteurs. L'Etat voulait en quelque sorte donner l'exemple... et doit faire face à une déconvenue dont il se serait bien passé, car un autre étendard s'est déchiré : les services librement organisés d'autocars, qui, avant même la crise sanitaire, avaient déjà démontré leur échec par rapport aux intentions initiales (tant sur le maillage du territoire que le nombre d'emplois créés).

Finalement, l'appel d'offres sur ces lignes Intercités n'a reçu qu'une seule offre : celle de la SNCF. Transdev, Arriva et Eurorail avait fait un tour de piste et tous ont finalement décliné. Ils motivent leur décision par le contexte économique actuel d'une part, des imprécisions sur le contenu du dossier de présentation des lignes et une incertitude persistante sur la performance de l'infrastructure, en particulier sur la section Saintes - Bordeaux, qui devient déterminante dans les prochaines années pour déterminer le temps de parcours cible, et surtout à quelle échéance il pourrait être atteint. Autre sujet, pour lequel Transdev avait tenté de batailler : le matériel roulant (B85000 affectés à ce marché) et une maintenance indépendante des installations existantes à Nantes.

En la matière, les orientations de l'Etat et de SNCF Réseau semblent envisager un temps de 4h20 à l'issue de la modernisation de La Roche sur Yon - La Rochelle en cours de réalisation. Mais il faudrait assurément repasser sous les 4 heures afin d'être à peu près crédible par rapport au temps de parcours routier. En revanche, le retour d'une quatrième liaison journalière semble acquis : c'est un premier pas, modeste, mais il faut parfois savoir se satisfaire de peu !

La SNCF considère qu'il n'y a pas lieu de déclarer l'appel d'offres infructueux, sauf à ce que son offre soit jugée irrecevable ou non conforme sur le fond, et parce qu'elle engagé des moyens pour être, selon elle, en capacité de l'emporter. En la matière, on ne peut donner tort à M. Farandou, fraichement confirmé à la tête de l'entreprise : les compétiteurs ont aussi joué de leur influence pour se faire entendre, mais faute de candidature concrète, leur audience se retrouve altérée. Il faudra donc voir le résultat des procédures en cours en PACA sur le transport régional, et évidemment comparer le contenu des procédures, ce qui semble assez central pour comprendre la position des autres opérateurs.

Bien évidemment, les organisations syndicales de la SNCF ne sont pas mécontentes de la situation, d'une certaine façon, en pointant le coût de la procédure et le désintérêt - selon elles - des entreprises privées pour les lignes d'aménagement du territoire. Si on ne peut pas totalement leur donner tort sur le premier point, il sera difficile de leur donner raison sur le second à la lumière de la réalité de ce qu'on peut observer par exemple en PACA, mais aussi dans différents pays européens ayant plus d'antériorité en la matière. Il faudra donc vraiment s'interroger sur les raisons de fond et de forme de cette situation sans oeillères idéologiques : il ne faut malheureusement pas exclure quand même que les entreprises privées aient eu de bonnes raisons de ne pas déposer d'offre...


 

Post-scriptum : le 17 décembre 2020, l'Etat a décidé de déclarer infructueux cet appel d'offres. Il sera relancé probablement après la fin de la crise sanitaire.

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01 décembre 2020

Haut Bugey : 10 ans d'une renaissance

En décembre 2010, la desserte Paris - Genève était accélérée d'une vingtaine de minutes en abandonnant l'itinéraire qu'elle empruntait depuis l'arrivée du TGV, c'est-à-dire via Mâcon, Ambérieu et Culoz, grâce à la modernisation de la section Bourg en Bresse - La Cluse et à la réouverture de La Cluse - Bellegarde, fermée en mai 1990.

Depuis, la desserte Lyria a bénéficié d'améliorations continues, marquées d'une part par l'introduction de rames Duplex plus capacitaires et par une grille cadencée aux 2 heures avec 9 allers-retours.

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Bellegarde sur Valserine - 31 mars 2017 - Deux vues du second bâtiment voyageurs de la gare de Bellegarde, située dans la bifurcation réorientée dans le bon sens. Sa forme rappelle la présence de l'ancien dépôt des locomotives. Il est situé sur le parcours entre les voies des TGV et la gare historique utilisée par les trains régionaux. © transportrail

L'opération Haut Bugey a ainsi redonné vie à celle que les vaporistes redoutaient en raison de son profil casse-pattes qui, par déformation, lui valut le surnom de « Carpates » : elle a montré qu'une petite ligne pouvait être d'une grande utilité, y compris pour les dessertes internationales.

Dans ce dossier, transportrail revient d'abord sur l'histoire singulière de cette ligne et de ce projet, avant de proposer des éléments de réponse à certaines questions rémanentes sur cette ligne, comme l'absence de trains régionaux entre La Cluse et Bellegarde.

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28 novembre 2020

Petites lignes entre Rhin et Moselle

L'escapade dans la moyenne vallée du Rhin n'avait pas seulement pour objectif d'observer l'incessant défilé du fret sur chacune des rives du fleuve autour de Coblence, mais aussi de découvrir quelques lignes en antenne qu'on qualifierait de « feine servicelinie des territoriums » dans une traduction très scolaire du terme français consacré : lignes de desserte fine du territoire.

Voici donc 3 exemples dont deux sont exploitées par un opérateur local et un par la DB. L'exploitant ne joue pas forcément sur la vitalité de la ligne puisque dans les trois cas, la desserte définie par le Land comprend au moins 15 allers-retours par jour... même le dimanche ! En revanche, la gestion au plus près du terrain, une approche commerciale ne négligeant pas la dimension touristique et le souci d'une utilisation maximale des moyens de production du service - personnel et matériel roulant - constituent des points communs à ces lignes. Faut-il préciser que l'infrastructure est en bon état et permet une circulation dans les meilleures conditions ?

Ajoutons un dernier point technique : ces lignes sont exploitées avec du matériel thermique - y compris quand la desserte circule sous caténaire puisqu'il n'y a pas de matériel bimode en Allemagne - à transmission hydro-mécanique, avec couple moteur - boîte de vitesse, alors que par exemple en France, les transmissions électriques sont désormais largement dominantes.

Comprenant donc 3 volets, notre nouveau dossier sur les petites lignes entre Rhin et Moselle est paru.

 

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25 novembre 2020

Zurich - Munich : une liaison complètement électrifiée

L’horaire 2021 intègre sur la relation Zurich – Munich la mise en service de la traction électrique sur la section allemande de 155 km entre Geltendorf et Lindau via Memmigen. La desserte bénéficiait de la traction électrique de Zurich à Lindau, avec rebroussement dans la gare située sur la presqu’île du lac de Constance, ce qui contraignait aussi la longueur des trains, la gare étant à peu près aussi large que le morceau de terre qu’elle dessert.

La nouvelle desserte shunte la gare principale et desservira la gare secondaire de Lindau Reutin, procurant un important gain de temps. Le service sera pris en charge par les CFF avec des ETR610, ramenant le temps de parcours de 4h45 à 4h. En décembre 2021, à l’issue des travaux de modernisation et avec l’usage de la pendulation, Munich ne sera plus qu’à 3h30 de Zurich, soit une accélération appréciable de 1h15.

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Lindau - 18 juillet 2020 - La composition de ce train est assez courte compte tenu de la configuration étriquée de la gare de Lindau, aussi longue que n'est large la presqu'île qui l'accueille. Une locomotive Diesel de la DB série 218 a pris la rame pour l'étape allemande Lindau - Munich. Dans quelques jours, la traction électrique sera utilisable de bout en bout. © M. Schenk

Le projet avait été validé en avril 2009 pour un coût de 210 M€, cofinancé à 25% par la Suisse au titre des connexions au réseau européen à grande vitesse, parmi le milliard de francs suisses de contribution, dont ont aussi bénéficié d’autres projets, notamment en France avec Haut Bugey et Belfort-Delle.

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Allemagne : des NBS en chantier, des projets confirmés

Après 205 jours de fermeture complète pour rénovation, la NBS Mannheim – Stuttgart a été rouverte au trafic. La DB avait choisi cette méthode radicale, reportant les ICE sur le réseau classique et en adaptant les dessertes, afin de réduire au maximum la durée des travaux, d’un montant de 185 M€. L’année prochaine, la section Göttingen – Kassel sera traitée selon des principes similaires.

Deux projets progressent : la ligne nouvelle Francfort – Mannheim a été confirmée. La section de 57,8 km a donc désormais un tracé, après 4 ans de concertation. Elle sera apte à 300 km/h mais admettra aussi le fret, uniquement la nuit. Des raccordements seront aménagés pour la desserte de Darmstadt, contournée par l'ouest. Cette section comprendra 12,7 km de tunnels. Le temps de parcours pour les ICE sera réduit de 38 à 29 minutes : le gain est donc très modeste mais l’enjeu est aussi et surtout sur la capacité du réseau.

La consultation va également être lancée en 2021 pour la création d’une ligne nouvelle entre Mannheim et Karlsruhe : actuellement, les ICE empruntent 32 km de la NBS Mannheim – Stuttgart puis la ligne classique parcourable à 200 km/h.

Pour mémoire, la NBS entre Stuttgart et Ulm est toujours en travaux avec une mise en service prévue initialement en fin d’année 2022. 

Voir notre dossier sur la grande vitesse en Allemagne.

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23 novembre 2020

Une mission de plus pour Philippe Duron

L'Etat reste fidèle à certaines personnalités politiques pour jouer les démineurs sur certains sujets de transport : outre le préfet Philizot (la vallée de la Seine, les lignes de desserte fine du territoire, la régionalisation de certains TET), le député Philippe Duron a aussi été à la tête de plusieurs missions (citons la révision du SNIT, avec Mobilités 21, le Conseil d'Orientation des Infrastructures, l'avenir des TET). Il en décroche une de plus, sur le financement des transports publics, au sens large, suite aux effets de la crise sanitaire et du confinement.

En Ile de France, le premier confinement a donné lieu à une bataille entre l'Etat et la Région, pour obtenir une compensation, qui a bien été accordée, mais sous forme d'un pret remboursable dans la durée. Pour les autres, c'est une autre affaire : la position du ministère des finances amenait à concentrer l'aide, également sous la forme de prêts, aux seuls organismes dédiés, c'est-à-dire les syndicats de transports. Pour les réseaux gérés par les Régions et les intercommunalités, c'était l'impasse. Cela semble être en voie d'ouverture, mais il semble bien que les collectivités locales en soient pour leurs frais, l'Etat demeurant toujours aussi méfiant à leur égard.

Sur le fond, et hors effet conjoncturel de ce fichu virus, le transport public en France souffre de difficultés économiques et financières pour diverses raisons. Le domaine ferroviaire présente probablement la situation la plus tendue avec un déficit d'investissement, qui explique le retard sur le renouvellement du réseau classique, l'atonie des développements utiles et la tentation toujours vive à la contraction du réseau. Il est aussi pénalisé par un taux de couverture des charges par les recettes qui demeure faible dans le domaine du transport régional et une remise en question de la situation des grandes lignes.

Dans le domaine des transports urbains, le sujet des investissements est peut-être un peu moins prégnant que celui du fonctionnement avec une tendance à la baisse de la part supportée par l'usager, la tentation de la gratuité, dont les bénéfices semblent assez limités dans les villes où elle a été mise en oeuvre. Il ne faut pas négliger la question des transports routiers interurbains, souvent négligés et cantonnés à un rôle scolaire, mais qui reste un domaine mal traité alors qu'il est dans bien des territoires essentiel pour maximiser la couverture du territoire et complémentaire du réseau ferroviaire.

Verra-t-on réapparaître des sujets tels que l'écotaxe, le péage urbain, l'équilibre entre la participation de la collectivité et celle de l'usager ? Puisqu'on parle tarification, cette mission portera-t-elle sur de nouveaux équilibres économiques compatibles avec une augmentation de la fréquentation... on serait tenté de dire une reconquête... ?

20 novembre 2020

Espagne : 110 km supplémentaires à grande vitesse

Dans la période actuelle, il faudra faire preuve de mansuétude à l'égard de l'impact de cette ouverture sur le trafic. ADIF a mis en service le 27 octobre dernier les 110 km de ligne à grande vitesse entre Zamora, où s'achevait la ligne venant de Madrid, et Pedralbla de la Praderia. Le réseau à grande vitesse espagnol atteint désormais 3567 km.

La nouvelle section comprend 14 viaducs et 9 tunnels. Une nouvelle gare sera ouverte à Sanabria, remplaçant la gare de Puebla de Sanabria sur la ligne classique. Elle est évidemment à voie normale, alimentée en 25 kV, équipée en ERTMS niveau 2 + ASFA. Elle est potentiellement apte à 350 km/h mais pour l'instant, les trains y circulent à 300 km/h. A l'ouest de Zamora, 8 km de la ligne préexistante ont été adaptés et comprennent une voie à écartement UIC et une voie à double écartement. Le coût de cette section atteint 898 M€. Le gain de temps atteint 24 minutes entre Madrid et La Corogne et 41 minutes vers Saint Jacques de Compostelle.

A Pedrelba de la Praderia, un dispositif de changement d'écartement a été aménagé pour que les AVE série 730 bimodes et à écartement variable puissent continuer et rejoindre le Y Ourense - Saint Jacques de Compostelle - Vigo / La Corogne en attendant l'achèvement de la ligne en construction, d'une longueur de 116 km.

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17 novembre 2020

Suisse : des pilotes d'avion dans les trains ?

C'est l'hypothèse évoquée par Swiss : l'effet conjugué de la crise sanitaire et d'une remise en question de la place du transport aérien amène la compagnie aérienne suisse à envisager la reconversion d'une partie du personnel pour devenir conducteurs de trains. Il faut souligner que le syndicat des pilotes de ligne a donné son accord pour la réalisation de cette étude. Si l'aspect technique présente évidemment des différences notables, les compétences requises sont pour partie similaires, ce qui pourrait réduire la durée de formation, considérant que certains fondamentaux sont soit identiques soit plus simples (ne serait-ce que parce qu'un train en principe est en contact permanent avec la terre ferme).

A court terme et sans présager de la suite de cette étude, cela permet aussi aux chemins de fer suisses de montrer que des solutions sont recherchées pour faire face à la pénurie de conducteurs, liées à une mauvaise gestion de la pyramide des âges et un excès de financiarisation des décisions sur ce point aux CFF.

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14 novembre 2020

Chemins de fer de Provence : vers un nouveau matériel

La Région a adopté en juin dernier un nouveau volet au plan de modernisation des Chemins de fer de Provence, portant principalement sur le matériel roulant, afin de remplacer le parc ancien. La récupération d'autorails venant des chemins de fer de Majorque a finalement tourné court, après la défaillance de l'entreprise Arterail chargée de transformer ces autorails doubles... mais il était tout de même assez curieux de vouloir modifier des autorails conçus pour la desserte de quais hauts sur une ligne à quais bas.

La Région s'oriente donc désormais vers l'acquisition de 8 rames hybrides pour assurer notamment une desserte périurbaine cadencée aux 20 minutes entre Nice et Saint Martin Plan du Var (puisqu'il y a un évitement toutes les 10 minutes). Ces rames devraient circuler sur batteries sur ce tronçon et pouvoir continuer en traction thermique au-delà. Le budget prévisionnel d'acquisition de ces rames est de 56 M€. S'ajoutent 25 M€ pour le nouvel atelier de maintenance à Lingostière.

Reste la question des 3 AMP800, dont les caractéristiques les rendent assez adaptés à la desserte Nice - Digne, mais ils sont purement thermiques. Les discussions avec la Collectivité Territoriale de Corse ne semblent pas dégager de réelle synergie pour l'instant, d'autant qu'elle aussi recherche un matériel pour les dessertes périurbaines sur son réseau à Bastia et d'Ajaccio.



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