15 janvier 2016

LGV : malgré les discours, elles restent prioritaires

Des paroles et des actes. Sans vouloir reprendre le titre de cette émission de France 2, il est flagrant de constater l'écart entre les discours tenus depuis plus de 3 ans par le gouvernement, ministre de l'écologie, secrétaire d'Etat aux transports, mais aussi par le Premier ministre et les présidents des établissements publics SNCF Réseau et SNCF Mobilités. En dépit des signaux d'alarme tirés par la Cour des Comptes, les rapports parlementaires, l'ARAFER et l'Inspection Générale des Finances, le gouvernement montre un empressement certain à valider l'avancement des projets de LGV.

Si Manuel Valls lors de sa visite au siège de la SNCF l'année dernière avait fustigé l'inconscience de la précédente majorité qui avait lancé la réalisation simultanée de 4 lignes nouvelles sans assurance sur la capacité de financement et les conséquences sur le niveau d'endettement du gestionnaire d'infrastructures, il est pourtant en passe d'égaler le record de ses prédecesseurs.

Ainsi, en janvier 2015, avait été signée la DUP de la LGV Poitiers - Limoges, la plus honteuse de toutes compte tenu de son effet nocif sur la dette et de son trafic insignifiant dès lors qu'on regarde la méthode de prévision du trafic.

Aujourd'hui, c'est la LGV Bordeaux - Toulouse qui est sur le point d'obtenir ce consacrement puisque les adaptations du réseau classique à Bordeaux et à Toulouse viennent de recevoir leur DUP. C'est une bonne nouvelle pour ces deux métropoles qui pourront bénéficier d'une desserte périurbaine renforcée par la mise à quatre voies des sections permettant l'accès aux LGV afin de séparer les flux courte et longue distance. Mais alors même que le modèle économique du TGV est interrogé par l'érosion du trafic et une saturation de la demande compte tenu du niveau des prix, alors même que la crise sur SEA couve toujours, lancer Bordeaux - Toulouse sans avoir pris le temps d'analyser de façon lucide la situation de SEA relève de l'inconscience.

Et comme une nouvelle ne vient jamais seule, le secrétaire d'Etat aux transports a confirmé que le tracé de la LGV Montpellier - Perpignan serait dévoilé prochainement de sorte à lancer l'enquête publique en 2017. Alain Vidalies a confirmé le soutien du gouvernement à ce projet - après tout, cela ne lui coûte pas cher - et s'appuie sur l'existence de crédits européens pour financer la moitié des études sur la période 2015-2019.

L'ARAFER sort du bois. Chargée de surveiller la trajectoire financière du groupe SNCF dans la loi de réforme ferroviaire, l'instance est bien incapable d'accomplir cette mission puisque le cadre contractuel Etat - SNCF qui devait être défini au plus tard le 31 décembre n'existe pas. Encore une preuve d'absence de politique des transports en France, mis à part une fuite en avant de peur de prendre une décision et d'avoir à la justifier...

Ainsi, l'ARAFER souligne que la dette de SNCF Réseau a augmenté de 3 MM€ en 2015, alors que la réforme est censée procurée 500 M€ d'économies au bénéfice de sa réduction. Pierre Cardo, son Président, lâche : "SNCF Réseau est la victime expiatoire de la réforme ferroviaire puisqu'on lui demande tout et son contraire."

Et pendant ce temps, le réseau classique n'en finit pas d'attendre qu'on s'intéresse vraiment à lui. D'autres le font, pour précipiter sa chute...

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14 janvier 2016

Paris - Granville : un chantier de grande ampleur

Les dix semaines de travaux sollicitées par la SNCF entre Dreux et Surdon n'avaient pas manqué de susciter de fortes critiques de la part des utilisateurs de la ligne Paris - Granville, dont le service fut interrompu avec mise en place d'autocars entre Dreux et Argentan allongeant fortement le temps de parcours. Du 19 septembre au 30 novembre 2015, pas moins de 65 opérations ont été réalisées durant cette longue interception de la ligne, avec le renouvellement de 39 km de rails, 37000 traverses et 35000 tonnes de ballast. Deux gares ont été rénovées et mises en accessibilité à L'Aigle et Verneuil sur Avre tandis que les travaux ferroviaires liés à la suppression des deux passages à niveau de Nonant le Pin ont été réalisés. Au total, 19 M€ sur l'infrastructure et 8,2 M€ sur les gares (avec un concours de plus de 6,4 M€ de la Région Basse-Normandie).

On s'étonnera tout de même d'une régénération à l'identique de la ligne c'est à dire en conservant les deux voies alors que le volume de circulation n'excède pas une vingtaine de trains deux sens cumulés, d'autant plus que le principe de la voie unique avec évitements dynamiques avait été instauré entre Argentan et Granville à la fin des années 1990 pour un trafic à peine moindre. Même avec une trame aux deux heures sur Paris - Argentan - Granville, le flux pourrait s'écouler sans difficultés majeures avec une infrastructure simplifiée. A la clé, quelques économies sur la maintenance...

Parallèlement, le mouvement de retrait des X72500 et la généralisation de l'exploitation en Régiolis devraient être réalisés dans les prochaines semaines, sachant que certaines rames sont utilisées en Picardie sur l'axe Paris - Boulogne en attendant l'arrivée des Coradia Liner commandés par l'Etat pour les TET. Ainsi, l'axe Paris - Granville pourra attendre le sort qui lui sera réservé quant à l'évolution de sa desserte à l'issue de la mission confiée au préfet Philizot sur les liaisons classiques.

Voir notre dossier sur l'axe Paris - Granville

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Saint Jean Pied de Port a retrouvé ses trains

La ligne de 50 km remontant la vallée de la Nive entre Bayonne et Saint Jean Pied de Port a bénéficié en 2010 d'une première tranche de modernisation entre Bayonne et Cambo les Bains, soit 17 km pour un coût de 18,5 M€. La deuxième tranche de travaux, d'un montant de 44 M€ financé aux trois tiers par l'Etat, la Région Aquitaine et SNCF Réseau, a été réalisée l'année dernière et s'est achevée fin novembre. Outre la rénovation de la voie, deux passages à niveau ont été supprimés et des protections contre les éboulements ont été installés. Les installations électriques, rappelons-le, ont été déposées, le niveau de trafic ne justifiant pas un investissement de renouvellement de la caténaire Midi, qui aurait plombé le coût de modernisation de la ligne.

Depuis, un autorail circulant en navette assure 4 allers-retours en semaine, avec un temps de parcours de 57 min à 1h05 selon la politique d'arrêts, soit des temps très comparables à la voiture qui ne fait pas mieux en journée.

On notera que malgré la "crise des X73500", le service de cette ligne reste assuré.

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Situation du parc TGV en 2016

En ce début d'année, faisons un rapide tour d'horizon de la situation du parc TGV appelé à évoluer de plus en plus rapidement à l'approche de la mise en service des nouvelles sections à grande vitesse.

Ainsi, sur les 55 rames PSE encore en activité, seules 31 seront finalement conservées, toutes traitées en Rénov3 avec nouvel aménagement intérieur et livrée Carmillon. Leur réforme est prévue autour de 2020.

2009-07-25 11h40a Marcheprime (TGV 8530 Hendaye-Paris)

Marcheprime - 25 juillet 2009 - Les TGV Atlantique vont voir leurs effectifs diminuer avec l'arrivée des rames Duplex destinées à SEA. L'actuel matériel sera plutôt concentré sur les liaisons vers la Bretagne et Nantes tandis que les rames à deux niveaux s'arrogeront la majorité des services vers le sud-ouest. © R. Douté

Le parc Atlantique est concerné par une opération de confort sur 53 rames, soit moins de la moitié de l'effectif, parmi les rames équipées de la TVM430 : tout en conservant les aménagements "Lacroix", les tissus seront remplacés à l'identique, une nouvelle moquette au sol plus résistante sera installées et les prises de courant feront - enfin ! - leur apparition en seconde classe. La même opération se poursuit sur le parc Réseau, y compris les éléments tricourants.

Ainsi, la tendance est à la contraction du parc de rames à un seul niveau.

Au sein du parc Duplex, les évolutions seront plus radicales. Dans un premier temps, 24 rames de la première tranche (série 200) seront réaménagées sur le même modèle que les 40 rames série 800 à réceptionner pour le service de SEA. La première classe est réduite à 5 salles au lieu de 6 par l'équipement de la salle basse de la R3 en seconde classe. Le bar n'occupera plus la totalité de l'espace supérieur de la R4 pour aménagement d'une salle de voyage. Enfin, de nouveaux sièges seront installés en seconde classe : plus fins, ils permettront de loger une rangée supplémentaire dans chaque salle. La capacité de ces rames sera ainsi de 556 places contre 509 sur le précédent aménagement.

Les rames Duplex série 600, composées de segments à deux niveaux encadrés par des motrices ex-Réseau, seront traités en opération confort en conservant la même décoration intérieure type Roger Tallon.

Enfin, 4 rames série 200 et 8 rames série 700 seront transformées en Ouigo.

291213_OUIGOles-angles_lapeyre

Les Angles - 29 décembre 2013 - Assurant la liaison Ouigo Montpellier - Marne la Vallée, ces deux rames réaménagées seront renforcées à l'aide de 12 unités supplémentaires destinées au service low cost à grande vitesse. © R. Lapeyre

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11 janvier 2016

Transdev veut prendre place sur le rail européen

Les négociations sur le 4ème paquet ferroviaire européen devraient aboutir dans le courant de cette année. Le groupe français Transdev considère que les orientations actuelles ont tendance à multiplier les exemptions destinées à faciliter le maintien d'exclusivités ou a minima de reporter encore un peu plus loin la date à laquelle les autorités organisatrices devront recourir à la procédure d'appel d'offres pour l'exploitation des réseaux.

La position de Transdev s'appuie sur quatre constats principaux :

  • la raréfaction des moyens publics, qui rend de plus en plus difficile l'augmentation du service puisqu'elle se traduit mécaniquement par une hausse des subventions ;
  • la nécessité de développer l'offre face à la demande de mobilité, à la fois dans les bassins urbains et entre eux ;
  • la stagnation du transport ferroviaire face à la concurrence ragaillardie de la route (covoiturage, autocar libéralisé, effondrement du cours du pétrole) et de l'avion (low cost) ;
  • le Livre blanc européen sur les transports, récemment actualisé, a fixé comme objectifs d'abord une baisse de 60% des émissions de CO² d'ici 2050 et de porter à 50% la part de marché du train dans les déplacements quotidiens, alors que globalement depuis 15 ans, la part de marché du rail a stagné en Europe, avec un certain contraste entre les pays ouverts à la mise en concurrence et les pays fermés... et de rappeler qu'en Allemagne, le report modal sur les déplacements pendulaires a augmenté de 25% sur les 10 dernières années à la faveur de développements d'offre permis entre autres par la modération des coûts d'exploitation (sur le marché régional, le km-train moyen est à 10€ en Allemagne et 19€ en France).

En particulier, Transdev déplore que soient autorisées les structures intégrées "gestionnaire d'infrastructures et opérarateurs" nuisant à la transparence des coûts et dans l'attribution des capacités sur le réseau et pose la question de la propriété du matériel roulant.

En revanche, pas un mot sur les logiques des candidats alternatifs qui voudraient faire du train mais fragilisent son économie en faisant du car...

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Les portiques de contrôle des billets à l'essai

Paris Montparnasse et Marseille Saint Charles expérimentent depuis ce matin les portiques de contrôle des titres de transport avant embarquement. L'objectif est d'étudier l'impact d'un accès restreint aux seuls voyageurs munis de billets sur la fraude, qui coûte 300 M€ par an à la SNCF dont - selon l'opérateur - 200 M€ sur les Grandes Lignes. Avec l'essai de 4 dispositifs de 4 entreprises différentes, la SNCF cherche aussi à sélectionner l'équipement le plus adapté en cas d'efficacité du dispositif. La SNCF envisage, en cas d'issue positive, de déployer les portiques à Paris Est, Paris Nord, Paris Lyon, Lyon Perrache, Lyon Part Dieu, Aix en Provence TGV, Saint Pierre des Corps, Tours, Bordeaux Saint Jean, Rennes, Nantes, Montpellier et Le Mans.

Or cette efficacité ne pourra pas être mesurée seulement à la lumière de l'impact sur la fraude. Le sujet le plus délicat est évidemment celui de l'exploitation. Compte tenu des largeurs disponibles sur les quais (dans les gares terminus) ou à hauteur des accès aux quais (dans les gares passantes), l'installation de ces portiques va fortement réduire le débit des voyageurs "entrants" ou "sortants", ce qui peut allonger la durée des flux de voyageurs avec à la clé deux risques :

  • départ du train en retard, surtout si celui-ci est mis à quai et/ou affiché tardivement ;
  • occupation des voies plus longue du fait de l'augmentation de la durée d'embarquement, ce qui pourrait poser des problèmes d'exploitation (saturation accrue des graphiques d'occupation des voies).

Autre complexité, la non-spécialisation des voies aux TGV. S'appuyant sur le modèle espagnol du réseau AVE, le gouvernement a quelque peu oublié qu'il s'agissait d'un réseau autonome. En France, les TGV sont reçus en gare sur des voies également accessibles aux Intercités, aux TER voire aux dessertes Transilien (par exemple à Paris Lyon). Dissocier l'usage des voies n'est que rarement possible et généralement au prix d'une réduction de capacité globale de la gare : par conséquent, le contrôle des titres de transport devra être performant pour ne pas créer une autre excuse à la SNCF face à l'irrégularité de ses trains.

Enfin, il est dommage d'avoir lancé l'expérimentation uniquement dans des gares en cul-de-sac. Si on prend par exemple le cas de Lyon Part Dieu, dont les problèmes de gestion de flux de voyageurs sont déjà colossaux, il serait particulièrement intéressant de mesurer l'impact des portiques sur des TER diamétralisés type Ambérieu - Lyon - Saint Etienne transportant 700 voyageurs, et encore plus sur des TGV Intersecteurs qui se vident au moins à moitié pour se remplir d'autant à Lyon Part Dieu. Le croisement de flux de voyageurs sur des quais réduits munis de portiques en nombre limité promet une certaine pagaille.

Assurément le point - très - faible du dispositif...

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10 janvier 2016

Les chemins de fer de la Provence

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Annot - 28 décembre 2015 - L'X303, mis en service en 1972, assurant la liaison de mi-journée entre Digne et Nice. Un matériel de conception qu'on qualifierait aujourd'hui de rudimentaire (bien avant l'ère des STI !) mais qui s'acquitte très correctement de la mission qui lui est confiée. © transportrail

La ligne Nice - Digne est atypique dans le paysage institutionnel et technique des chemins de fer français. C'est une des lignes à voie métrique ayant réussi à survivre aux fortes pressions pour sa suppression sur l'autel de la modernité automobile et des économies budgétaires. C'est aussi, avec le réseau corse, une ligne ferroviaire qui ne fait pas partie du réseau national, jamais exploitée par la SNCF et qui ne relève pas du contrôle de l'EPSF mais du STRMTG.

Nice - Digne est exploitée depuis 2014 par une régie détenue par la Région PACA. Ayant bénéficié d'importants investissements sur l'infrastructure et le matériel, Nice - Digne combine une vocation d'aménagement du territoire de l'arrière-pays et des plateaux provençaux et la desserte périurbaine de la plaine du Var intégrée à la métropole niçoise.

La Région souhaite désormais prolonger la ligne de Digne à Saint Auban pour rejoindre la ligne TER Marseille - Briançon, et souhaite faire de la transformation de la ligne SNCF abandonnée depuis 1989 un exemple pour les lignes secondaires.

transportrail poursuit l'étude des lignes françaises à voie métrique avec la parution de son nouveau dossier consacrée à la ligne Nice - Digne, après un voyage effectué entre Noël et le nouvel an... effectué par un climat qui n'avait rien d'hivernal ! A vos commentaires...

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05 janvier 2016

Autocars privés sur moins de 100 km : les demandes arrivent

Outre la floraison de liaisons "grandes lignes", le volet transport de la loi Macron permet à des autocaristes de proposer à leurs risques et périls des liaisons sur des distances de moins de 100 km pour lesquelles les Régions peuvent saisir l'ARAFER dans un délai de 2 mois après la demande de mise en exploitation de ces relations. PACA et Limousin ont déjà deposé un recours pour les lignes concernant leur territoire.

Le risque est évidemment de siphonner le trafic des TER, qu'ils soient assurés par train ou par autocar d'ailleurs. Mais aux yeux de ceux qui ont fait pression pour faire adopter la loi et ceux qui l'ont portée, probablement à dessein, est-ce un risque ?

transportrail a fait le point en consultant le site de l'ARAFER qui recense toutes les demandes des opérateurs d'autocars. La liste est longue :

déclarations-car-arafer

On notera l'abondante demande de l'autocariste Migratour qui a accumulé près de 40 demandes pour une ligne globale de Le Puy à Conques et chaque segment entre les principales localités du parcours situé sur une des routes des chemins de Saint Jacques de Compostelle. 

Au reste, sans surprise, la concurrence frontale avec les TER est belle est bien recherchée.

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Sous prétexte de sécurité, les fermetures commencent

Sans que cela ait été annoncé comme tel, la suspension du trafic entre Volvic et Le Mont-Dore risque d'être définitive. Le report sur route n'est officiellement qu'une suspension de l'exploitation ferroviaire du fait des problèmes de shuntage des X73500 (qui doivent circuler sur nombre de lignes en UM2 a minima, ce qui réduit le nombre de compositions pouvant être engagées), mais qui fait bien l'affaire d'un opérateur qui de longue date avait mis cette ligne sur sa liste noire et d'une autorité organisatrice qui préfère laisser faire que d'agir.

Donc après la fermeture de Laqueuille - Ussel, c'est la section Volvic - Laqueuille - Le Mont-Dore qui est privée de circulations voyageurs. Certes, il ne s'agissait que d'un pauvre aller-retour Clermont-Ferrand - Le Mont-Dore en mi-journée, mais on peut aussi se poser la question du devenir de la desserte fret de La Bourboule (trains d'eaux minérales). Un car sur la route, mais aussi quelques dizaines de camions en plus : voilà qui fait très "COP21".

On pourra aussi déplorer que ferme une section de ligne Volvic - Laqueuille qui avait bénéficié d'un renouvellement de la voie et du ballast voici quelques années, à moins qu'il ne s'agisse d'une nouvelle application du principe "c'est quand on change les traverses qu'on s'apprête à fermer une ligne".

Le risque est de voir se propager ces fermetures cachées, non assumées par l'opérateur, ni vraiment par les autorités organisatrices qui se retrouvent parfois mises devant le fait accompli : mais dès qu'il s'agit de sécurité, difficile de porter un discours contradictoire...

Ainsi, la liste des lignes parcourues par au mieux 2 allers-retours par jour est finalement assez copieuse :

  • aucun train sur Saint Germain des Fossés - Gannat pourtant encore officiellement ouverte !
  • 1 aller-retour sur Thionville - Bouzonville, La Roche sur Yon - Bressuire, Busseau sur Creuse - Felletin, Saint Flour - Neussargues, Marvejols - Mende, Clamecy - Corbigny, Thiers - Boën ;
  • 2 allers-retours sur Abbeville - Eu, Tours - Loches, Carcassonne - Quillan, Séverac le Château - Saint Chély d'Apcher, Mende - La Bastide,
  • moins d'un aller-retour par jour avec une desserte hebdomadaire seulement entre Merrey et Contrexeville, et deux allers-retours le week-end seulement (étonnant) entre Thionville et Apach.

Autant dire que ces lignes sont clairement les plus menacées, à l'exception de Tours - Loches qui devrait être modernisée dans le nouveau contrat de plan de la Région Centre, et de Carcassonne - Quillan qui attend le bouclage de son plan de financement. En revanche, il convient d'ajouter Rodez - Séverac le Château à ce funeste programme, puisqu'elle n'a pas bénéficié de crédits de modernisation dans le Plan Rail Midi Pyrénées. Autant dire que le Massif Central risque de devenir encore un peu plus un désert ferroviaire si la ligne des Causses et ses affluents disparaissaient. 

Après tout, le meilleur moyen de garantir le niveau absolu de sécurité ferroviaire est de fermer tous les signaux du réseau...

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04 janvier 2016

A bord du Paris - Cherbourg

Continuons notre tour d’horizon des trains Intercités : transportrail a embarqué, le temps d’un week-end conciliant l’utile et l’agréable, à bord du Paris – Cherbourg.

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Lison - 22 juillet 2015 - Arrivée de l'Intercités 3307 Paris - Cherbourg emmenée par la 26034 à l'étrange livrée "carmillon". Sous la marquise, on notera l'affluence des voyageurs attendant le train pour Rennes qui le suit à quelques minutes. © transportrail

Liaison fréquemment pointée pour ses problèmes de régularité et de capacité, la SNCF a régulièrement promis des améliorations sur la production de cette desserte, qu'elle a pourtant gaillardemment poignardée en préconisant, en janvier dernier lors de son audition par la commission Avenir des TET, une réduction de 7 à 3 allers-retours, en expliquant que les liaisons Paris - Normandie n'étaient occupées en moyenne qu'à 29%. Une simple observation des trains peut facilement démontrer le contraire et ce chiffre ne semble tenir compte que des voyageurs acquittant un billet plein tarif...

C'est ainsi que transportrail a embarqué à bord des trains 3311 et 3312 pour son nouveau dossier qui attend vos commentaires.

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