04 septembre 2021

LNMP : un accord sur le financement

Etape importante pour le projet de ligne nouvelle Montpellier - Perpignan : le comité de pilotage du 2 septembre a abouti à un accord de principe sur le financement de la première section - mixte voyageurs et fret - entre Montpellier et Béziers, qui fait consensus. L'Etat et les collectivités locales apporteront chacune 40% des 2 MM€ nécessaires et il est attendu une contribution de l'Union Européenne pour les 20% restants. La Région Occitanie a précisé qu'elle contribuerait à hauteur de 401 M€.

A peine 4 ans après le discours présidentiel annonçant un sérieux coup de frein sur les grands projets, c'est donc l'heure d'un grand coup d'accélérateur - traduction ferroviaire du « en même temps » macronien - qui ne peut être un hasard au regard du calendrier politique.

La section Montpellier - Béziers du projet LNMP est nécessaire et le principe de mixité est justifié : développement de l'offre périurbaine, bénéfice capacitaire, réduction du temps de parcours pour les trains longue distance et contournement d'une infrastructure sensible aux conséquences du dérèglement climatique sur le cordon du Lido entre la mer et l'étang.

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Vias - 15 décembre 2018 - La ligne nouvelle entre Montpellier et Béziers, comme le contournement de Nîmes et Montpellier, accueillera du fret. Peu de débats pour l'instant sur cette section : il n'y aura pas de gare nouvelle... © A. Leroy

Le signal est donc en train de s'ouvrir pour ce projet, du moins dans la perspective d'une enquête publique à la fin de l'automne, de sorte à pouvoir obtenir la DUP juste avant la campagne officielle de l'élection présidentielle. Il faudra aussi négocier avec la Commission Européenne, puisque le budget communautaire prévoyait 3,2 MM€ en 2013, sous couvert d'un calendrier de réalisation dont on sait ce qu'il est advenu...

Il faut espérer que ce ne soit pas l'arbre qui cache la forêt. Ce sera difficile car en parallèle, l'Etat a aussi fait des avances - intentionnelles - pour la ligne à grande vitesse Bordeaux - Toulouse, pour laquelle il faudra surtout sonder la position de la Région Nouvelle Aquitaine, notamment à Bordeaux puisque l'actuel maire de la ville n'en est pas - doux euphémisme - un grand promoteur. Discussions serrées en vue...

En réalité, ce qu'il faut redouter, une fois de plus, c'est l'effet d'affichage de grands projets (qui ont l'énorme avantage d'être visibles et de s'inaugurer) alors qu'en parallèle, les carences abyssales de financement pour le réseau existant sont un secret de polichinelle... On serait tenté de dire « Le réseau ferroviaire se désintègre mais nous avons la tête ailleurs » : la Région Occitanie a récemment fait un appel du pied à l'Etat pour le financement des lignes de desserte fine du territoire, mais pour l'instant, il est resté - sans surprise - lettre morte.

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02 septembre 2021

Marseille : les annonces de l'Etat

C'est symbolique : le Président de la République passe 3 jours à Marseille. Devant l'accumulation de retards dans l'équipement de la métropole, à l'insuffisance des infrastructures, au mauvais état des bâtiments publics, au sous-dimensionnement des écoles, des hôpitaux, des équipes de police et de la justice, il était acquis que le chef de l'Etat arriverait avec une liste d'engagements aussi longue que la durée de son séjour.

Dans le domaine des transports, l'Etat annonce 1 MM€ pour le réseau urbain portant sur l'automatisation du métro, la réalisation de 4 nouvelles sections de tramway et 5 lignes de BHNS. Sur les rails, 300 M€ seront consacrés au RER marseillais. Enfin, la plus grosse enveloppe va évidemment à la ligne nouvelle Provence - Côte d'Azur, avec en tête d'affiche la traversée souterraine de Marseille avec 3,5 MM€.

Voici pour les annonces... mais il faudra aller dans le détail et distinguer d'abord ce qui relève de la confirmation des précédents engagements de l'Etat, envers la Métropole et la Région dans des contractualisations existantes : l'Etat a l'habitude de recycler en nouveauté des crédits déjà annoncés (mais pas toujours programmés comptablement). Or on sait déjà que sur les transports urbains, la part de l'Etat sera de 250 M€. Sur le RER, elle atteindra 115 M€. Pour LNPCA, quelle sera la répartition des 2,1 MM€ non couverts par l'Etat ?

On note que, pour la partie ferroviaire, les annonces portent sur des projets majeurs qui s'inaugurent de façon visible... mais d'autres dossiers demeurent en carence de financement. On pensera par exemple au déploiement d'ERTMS sur Marseille - Vintimille, qui concerne directement la métropole et le projet de RER, à la croisée entre renouvellement et modernisation. Qu'en serait-il aussi des participations de l'Etat sur la poursuite des travaux de renouvellement sur la ligne de la Côte Bleue, ou l'assurance sur les dotations de renouvellement du réseau ferroviaire ? Serait-on en train d'appuyer là où cela pourrait faire mal ?

Enfin, il faudra suivre dans la durée la réalité de ses annonces, car il arrive que l'Etat ait la tête en l'air et que les discours, fussent-ils présidentiels, ne soient pas totalement suivis d'effets, surtout quand il s'agit de finances : Bercy oublie régulièrement le code du coffre...

D'ailleurs, quoi de neuf réellement depuis les dernières annonces de l'Etat, toutes aussi médiatisées (sauf dans nos colonnes, preuve de notre circonspection !), en 2013 ? Etonnant, non ?

Note aux lecteurs : article dupliqué à transporturbain pour la partie urbaine...

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30 août 2021

Royaume-Uni : HS2 en format réduit ?

Non, il ne s'agit pas de créer une maquette au 1/87 de la future ligne nouvelle HS2 pour achever de convaincre les derniers rétiences... Alors que devrait prochainement intervenir la désignation du lauréat pour la construction, y compris le matériel roulant, le gouvernement britannique semble embarrassé par l'hypothèse, qu'il a manifestement lui-même esquissé, d'une réduction plus que significative du projet au seul tronçon Londres - Birmingham (le plus restrictif) voire Londres - Manchester (le moins sévère), et donc l'abandon de la branche de Leeds. Il s'agirait aussi de réduire la facture, avec une économie potentielle de 40 MM£, mais qui pourrait provoquer d'autres dégâts dont l'évaluation n'a pas encore été faite.

Sur le plan politique, un renoncement à ce projet destiné au nord de l'Angleterre de la grande île pourrait fragiliser la majorité de M. Johnson : les élus du nord de l'Angleterre n'ont pas l'air d'apprécier. Et cette hypothèse ne doit pas aussi provoquer un grand enthousiasme en Ecosse où tous les sujets de friction avec Londres sont bons à prendre pour obtenir un nouveau référendum sur l'avenir de l'Ecosse dans le Royaume-Uni.

Sur le plan industriel, pour de futurs opérateurs, l'intérêt n'est pas tout à fait le même selon les hypothèses du périmètre de la nouvelle ligne, et pourraient aussi manifester une certaine incompréhension.

Autant dire qu'au 10 Downing Street, il va peut-être falloir sortir les rames...

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29 août 2021

Lausanne : le LEB bientôt en tunnel

A partir du 25 septembre, les trains de la ligne Lausanne – Echallens – Bercher abandonneront leur parcours en voirie sur l’avenue d’Echallens, objet de tant de débats et de nombreux accidents de la circulation. Les travaux de raccordement du tunnel de 1700 m à la ligne dans le secteur d’Union-Prilly vont être engagés tout comme ceux destinés à connecter le nouvel ouvrage à l’existant, donnant accès à l’actuelle gare souterraine de Lausanne-Chauderon. Le terminus de Lausanne-Flon sera évidemment inaccessible durant cette période.

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Lausanne - Avenue d'Echallens - 9 juillet 2018 - Dépose des voies pendant la réalisation des travaux du pont métallique provisoire sous lequel a été excavé une partie du tunnel. (cliché Transports Lausannois)

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Lausanne - Avenue d'Echallens - 25 août 2018 - L'exploitation du LEB aura été maintenue autant que possible pendant les travaux. Dans un mois, débutera l'opération de basculement vers le nouveau tunnel. Le train dans la ville sera à reléguer au rang de souvenir. (cliché Transports Lausannois)

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 Le tunnel est à double voie ce qui facilitera l'exploitation de la desserte cadencée au quart d'heure. Le tracé est aussi compatible avec une vitesse de circulation plus élevée qu'en surface et à l'abri d'une cohabitation difficile avec la circulation routière. Evidemment, c'est une ligne à voie métrique. (cliché Transports Lausannois).

Le projet avait été estimé à 136 MCHF et il devrait accoster à 166 MCHF en raison de divers aléas, qu’il s’agisse de molasses plus résistantes dans le sous-sol, de dégagement de soufre pendant le percement, de la découverte de sépultures ou des effets de la pandémie.

 

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28 août 2021

Etats-Unis : un plan pour les infrastructures

Il est rare que nous évoquions les transports ferroviaires aux Etats-Unis, mais l'information a traversé l'océan Atlantique non seulement par des chiffres donnant le vertige pour nous autres européens, mais aussi par la dimension politique.

Ainsi, le Sénat a adopté le plan présenté par l'administration Biden pour moderniser les infrastructures américaines, d'un montant de 1200 MM$. Les Démocrates voulaient porter cette enveloppe à 2300 MM$ mais les discussions à la chambre haute ont abouti à se limiter au montant initial. Singularité de ce plan, il a dégagé un certain consensus puisqu'un tiers des sénateurs Républicains, essentiellement les non-Trumpistes, ont voté en faveur de ce plan prévoyant près de 550 MM$ destinés aux infrastructures de transport dont :

  • 266 MM$ pour moderniser les réseaux d'eau et d'électricité, et étendre le déploiement d'Internet à haut débit
  • 110 MM$ pour la rénovation des routes ;
  • 66 MM$ pour les infrastructures ferroviaires ;
  • 40 MM$ pour les transports publics locaux ;
  • 25 MM$ pour les aéroports ;
  • 21 MM$ pour la dépollution des sites industriels et miniers ;
  • 17 MM$ pour l'entretien des fleuves et des canaux ;
  • 7,5 MM$ pour le déploiement de bornes de recharge des batteries des voitures électriques :
  • 5 MM$ pour renouveler la flotte des Yellows Buses du transport scolaire afin de les décarboner ;
  • 2,5 MM$ pour renouveler les ferries.

Le volet ferroviaire prévoit la rénovation de 32 000 km de voies ferrées soit environ 20% du réseau américain et le renforcement des dessertes sur les parties les plus denses du pays : évidemment la côté Atlantique, l'étoile de Chicago, autour de San Francisco, Los Angeles et sur l'axe Vancouver - Seattle - Portland - Eugene. C'est le plus important budget pour le transport ferroviaire aux Etats-Unis depuis 1971.

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Cependant, l'estimation initiale était autour de 80 MM$, signifiant que l'accord obtenu résulte d'un compromis serré entre Démocrates et Républicains, et qu'il faudra donc encore faire des choix.

Qui plus est, l'accord porte sur les principes : il va encore falloir préciser les modalités de financement... et c'est là que la négociation s'annonce la plus serrée.

En revanche, l'administration Biden a réinscrit dans le budget fédéral les 929 M$ destinés à la ligne nouvelle rapide californienne axée évidemment sur la liaison entre Los Angeles et San Francisco : sur les 1292 km du projet complet (desservant aussi Sacramento et San Diego), une première section de 191 km Madera - Backersfield a été engagée, mais suspendue après l'abandon du financement par l'administration Trump.

Enfin, dans cette actualité américaine, notons aussi la commande de 73 nouvelles rames Venture par l'AMTRAK à Siemens pour un montant de 3,4 MM$. Une centaine de rames est déjà livrée ou en cours de production. Ces rames seront mises en service entre 2024 et 2030. Le marché prévoit une option de 140 unités. Ces rames sont composées d'une locomotive monocabine et de 6 voitures, offrant au total 366 places dont 50 en classe business et un espace bar. Elles peuvent atteindre 200 km/h, toujours en traction Diesel...

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27 août 2021

Encore des Euro6000 en Espagne... à la RENFE

Après Captrain Espagne, qui doit exploiter des Euro 6000 louées à Alphatrains (11 au total, donc 6 à voie large et 5 à écartement UIC), la RENFE vient de passer commande de 12 locomotives type CC Euro 6000, la version purement électrique de la famille Eurodual d'une puissance de 6 MW. La RENFE n’avait plus commandé de locomotives au site de Valence depuis la génération précédente des Euro 3000 et 4000. Le montant de la transaction est de 70,7 M€ (hors taxes soit 85,6 M€ TTC) pour les 12 locomotives incluant une réserve de pièces détachées, soit 5,89 M€ hors taxes (7,13 M€ TTC) par engin.

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La RENFE va donc suivre Captrain Espagne (filiale de la maison SNCF) et acquérir elle aussi ce type de locomotives aux performances inédites en Europe occidentale. (cliché X)

Elles seront aptes au 3000 V continu et 25 kV 50 Hz, tension d’alimentation adoptée dans le nouveau tunnel de Pajares. Il semblerait qu’elles aient, comme les locomotives Captrain, la capacité à circuler ponctuellement en 1500 V ce qui les rendrait apte à se rendre dans les points frontières de Hendaye, Cerbère et du Soler, où le 1500 V français alimente à ½ tension les trains espagnols. La puissance sous 25000 V sera de 6000 kW, ce qui en fait la plus puissante locomotive espagnole.  Sous 3000 V, elle sera de 5600 kW. Si le fonctionnement est identique à l’Eurodual, cela ne se traduirait pas par une baisse de tonnage tractable en rampe, mais simplement par une légère différence de vitesse.

Ces locomotives à écartement large 1667 mm sont destinées à la traction des trains de fret lourds notamment via la ligne du col de Pajares dont le tunnel de base est en cours d’achèvement… depuis 2013.

Compte tenu des capacités de traction des Eurodual très supérieures à ce auxquels les opérateurs ibériques étaient habitués jusqu’à présent, il sera intéressant de voir si cela se traduit par une extension des lignes autorisées aux trains de 750 m. La longueur maximale des trains de fret est jusqu’à présent limitée à 500 voire 550 m en Espagne, tant par l’historique des aménagements du réseau que les limites de traction par les engins moteurs

Avec le potentiel de trafic d’automobiles avec les nombreux sites de fabrication en Espagne, de transport combiné et de ferroutage, une longueur de 750 m optimiserait les capacités de traction des Euro 6000. Cette longueur étant assez courante sur les grands axes français, l’avantage pour le fret ferroviaire pourrait être accru, d’autant qu’en Allemagne, la tendance est aussi à l’allongement des infrastructures, pour admettre jusqu’à 740 m pour l’instant.

Encore un nouveau succès pour le constructeur hispano-helvétique, qui les collectionne depuis quelques mois. Les nouvelles locomotives séries 159 (Eurodual bimodes HVLE) arrivent à grande échelle en Allemagne. L’Euro 9000, variante haute puissance de 9000 kW, poursuit ses essais dans les pays alpins où sa puissance sera utilisée pour gravir rapidement les cols où vaincre la résistance aérodynamique, notamment dans les 57 km du tunnel du Gothard où les Traxx sont confrontées à un problème de tenue de la vitesse par « effet piston ».

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Essai d'une Euro 9000, se frottant ici aux rampes de la ligne faîtière du Gothard dans les boucles de Wassen : 9 MW et 500 kN, c'est écrit dessus. Les tunnels de grande longueur nécessitent tout de même des moyens de traction adaptés... © G. Trüb

A propos du tunnel de Pajares

Cet ouvrage de 24,7 km sera le plus long tunnel ferroviaire d’Espagne, sous la cordillère Cantabrique. Il se situe sur le tracé de la ligne nouvelle Madrid - Asturies, sur la section León - Gijón, évitant une section montagneuse comprenant une douzaine de grands tunnels sur un tracé long, lent et difficile au travers de ce massif. Cet ouvrage défraie la chronique depuis plusieurs années en Espagne. Il devait initialement être dédié aux trains à grande vitesse entre Madrid et les Asturies.

C’est ainsi qu’a démarré le chantier, validé en 2003 pour un coût de 1,1 MM€. Cependant, en 2009, le gouvernement changea d’orientation et décida une modification importante du projet : la section León – La Robla devenait une ligne nouvelle mixte à double écartement, pour autoriser le fret. Il fallut alors adapter le tracé et le profil à cette nouvelle exigence. Et l’addition augmentait…Le génie civil du tunnel est achevé depuis 2013 mais des infiltrations retardent sa réception, tout en faisant aussi grimper la facture, sans compter l’obligation postérieure au lancement du chantier de créer une galerie d’évacuation de secours entre les 2 tubes. Le coût réel de ce tunnel devrait accoster finalement autour de 4 MM€.

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26 août 2021

La RENFE aux commandes de Leo Express

La RENFE va officiellement prendre possession de la moitié du capital de l’opérateur privé tchèque Leo Express. Le ministère espagnol des finances a confirmé l’orientation de l’entreprise publique prise en mai dernier. Leo Express est l’un des 3 opérateurs privés en République Tchèque, qui opère également vers la Slovaquie et la Pologne et dispose d’un agrément pour circuler en Allemagne, assurant jusqu'il y a peu pour le compte de Flixtrain la desserte en open-access entre Berlin et Stuttgart.

Par cette acquisition, la RENFE se positionne sur le marché européen, alors qu’en Espagne, elle est désormais face à la SNCF (avec Ouigo Espagne) et prochainement Trenitalia avec ILSA dont les services débuteront l’année prochaine.

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25 août 2021

Belgique : les voitures M7 entrent en service

En Belgique, il ne faut pas confondre M7 et M7…La STIB engage progressivement ses nouvelles rames de métro, et la SNCB ses nouvelles voitures à deux niveaux sur ses dessertes Intercity.

En 2015, la SNCB avait attribué à Bombardier un contrat pour la production de voitures à 2 niveaux de nouvelle génération avec un volume de marché de 1362 voitures dont 445 en tranche ferme. Ces voitures sont aptes à 200 km/h en Belgique, y compris sur les lignes à grande vitesse, aux Pays-Bas et au Luxembourg.

Longues de 26,8 m, larges de 2,83 m et hautes de 4,63 m, elles peuvent être combinées avec la précédente génération de voitures Intercity à 2 niveaux, les M6. Elles sont aussi compatibles avec les voitures à un niveau I11, les M4 et I10 Les premières ont été mises en service commercial le 23 août 2021.

Ce marché se distingue par son caractère mixte, puisqu’il comprend notamment la fourniture de 90 voitures-pilotes motorisées. Elles peuvent en principe être associées par paire pour former des unités automotrices, avec des voitures intermédiaires, ou en formation mixte de rame réversible avec une locomotive. Automotrice ou rame tractée ? La SNCB choisit de se laisser la possibilité de ne pas choisir...

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Ostende - 23 août 2021 - Voici les nouvelles voitures M7. Au premier plan, une remorque pilote. La première porte est compatible avec la dessertes de quais bas. La seconde, comme celle des voitures intermédiaires, se situe au-dessus des bogies, dont avec des marches d'accès. © Ch. Scheemaekers

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Ostende - 23 août 2021 - Voici la version automotrice de la voiture-pilote. Les salles sont de faible dimension, la majorité de la longueur de la caisse étant occupée par les équipements techniques. On aperçot aussi une partie d'un accès de remorque, avec son emmarchement pivotant pour la desserte des quais bas. © Ch. Scheemaekers

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A l'intérieur, commençons par la plateforme et les accès vers les salles haute et basse, avec des portes assurant une isolation thermique et phonique. (cliché X)

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Salle haute de première classe : le niveau de confort est assez frustre : 4 places de front comme en seconde classe, pas d'accoudoirs intermédiaires, des quarts de tablettes sur les places en vis-à-vis et des petites tablettes pour les sièges en file. L'ambiance essaie d'être chaleureuse... (cliché X)

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Salle basse en seconde classe avec uniquement des places en vis-à-vis. Le revêtement des sièges change, les matériaux au sol aussi... et l'ambiance est toujours d'une folle gaité ! (cliché X)

La tranche ferme comprend également 65 voitures-pilotes non motorisées et 290 voitures simples dont 145 de seconde classe et 145 configurées dans les deux classes. En décembre 2020, la SNCB a notifié une commande de 204 voitures supplémentaires.

Ces voitures suscitent des commentaires d’abord sur leur accessibilité avec des plateformes d’accès à 63 cm au-dessus du rail : la SNCB explique que cette solution résulte d’un compromis entre les différentes hauteurs de quai du réseau belge. De son côté, Infrabel, le gestionnaire d’infrastructures, rappelle son projet de généralisation de la hauteur des quais à 760 mm avec un premier programme concernant 150 gares à horizon 2025, ce qui confirme le besoin d’un accès avec assistance.

La SNCB a également décidé que la deuxième tranche de 204 voitures sera prévue pour la desserte de quais à 760 mm. Les autres matériels modernes récemment livrés, notamment les Desiro ML de Siemens, ont leurs accès à cette cote.

Ces voitures sont très œcuméniques sur le plan industriel puisque la mise en œuvre du marché remporté par Bombardier et Alstom prévoyait la production des voitures-pilotes motorisées par Alstom à Valenciennes, l’utilisation du site Bombardier de Bruges pour les voitures non motorisées et l’usine de Charleroi d’Alstom pour les domaines électriques et ERTMS.

La mise en service des voitures a débuté en janvier 2020 mais elle s’avère laborieuse et contraignante notamment du fait de problèmes d’interférences sous 25 kV et au niveau des convertisseurs de traction. Manifestement, la cohabitation avec certaines locomotives n'a pas l'air simple.

Destinées au trafic Intercity, ces voitures procurent un confort « à la belge » plutôt frustre, puisque, par exemple, les places assises n’ont pas d’accoudoirs et les tablettes sont de faible taille, comme en Suisse. Certes, les parcours sont souvent de durée limitée mais quand même…

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Allemagne : l'industrie préfère le train à batteries

L'association allemande de l'industrie ferroviaire, sur la base de travaux menés par les universités de Dresde et de Berlin, préconise dans son nouveau rapport le développement de rames électriques à batteries pour éliminer la traction thermique sur les dessertes régionales. Il y a encore environ 2000 autorails fonctionnant au gasoil en Allemagne, ce qui représente les deux tiers de la consommation de ce carburant pour l'ensemble du transport ferroviaire.

En parallèle, elle propose la poursuite de travaux destinés à augmenter la part du réseau électrifié par caténaires, en passant de 60% à 70% d'ici 5 ans. L'objectif est assez ambitieux. L'objectif selon elle serait de choisir les sections, de façon combinée à l'usage de trains à batteries : la caténaire partout est considérée irréaliste (du moins à moyen terme) avec une évaluation à 21 MM€ de l'investissement pour la déployer. L'association estime le surcoût du matériel roulant entre 20 et 30% à l'achat mais souligne les meilleures performances et la simplification de la chaîne de traction. Elle rappelle que, sur le plan commercial, 80% des parcours réalisés en traction thermique débutent sur une ligne électrifiée.

De ce point de vue, la France a déjà largement progressé avec le développement des AGC et Régiolis bimodes, réduisant significativement (mais pas encore totalement) la circulation en traction Diesel sous caténaires. Elles constituent une base intéressante pour convertir progressivement ces centaines de rames à cette solution, d'autant qu'on peut espérer une amélioration de la performance des batteries... à condition de pouvoir financer l'électrification des sections les plus adaptées à la recharge des batteries (en ligne et aux terminus).

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23 août 2021

Transalpine : des marchés décisifs

Plus de 30 ans après les premières discussions, le projet Lyon – Turin n’en finit pas de compter les kilomètres de linéaire de dossiers et surtout de prises de position, souvent très contrastées entre partisans et adversaires.

L’attribution de marchés, côté français, portant sur la réalisation de 80% des 57,5 km du tunnel de base montre que le projet est bel et bien entré dans une phase irréversible. Côté italien, les notifications seront rendues au début de l’automne.

Actuellement, 18% des ouvrages ont été percés, soit environ 30 km de galeries : il s’agit d’abord des descenderies destinées à tester la nature des sols à creuser, puis à y amener les matériaux et enfin à évacuer les voyageurs en cas d’incident majeur, mais aussi de 9 km du tube sud côté français, servant de test.

TELT a désigné 3 consortiums : Eiffage remporte un lot de 22 km côté Modane, Vinci une section de 23 km au centre du tracé, incluant des sections en méthode traditionnelle au lieu du recours au tunnelier, tandis qu’Implenia se chargera d’une section de 3 km à l’ouest de l’ouvrage. Au pic des chantiers, 5 tunneliers seront en action côté français.

Autant dire que le projet est maintenant bel et bien en passe de devenir une réalité.

Le nouveau dossier de transportrail s’intéresse non seulement à la Transalpine, c’est-à-dire le tunnel de base de 58 km sous les Alpes entre la France et l’Italie mais aussi à 2 éléments indissociables sur le plan fonctionnel : les nouveaux accès depuis l’agglomération lyonnaise et le contournement ferroviaire de cette dernière.