13 juin 2019

Tarbes - Bagnères de Bigorre : une idée disruptive

Activité insolite en Bigorre : l'usine CAF (ex Soulé) de Bagnères de Bigorre a reçu la première des 43 rames MI2N de la RATP pour rénovation mi-vie. Les rames sont acheminées par la voie ferrée jusqu'à Tarbes et doivent ensuite être convoyées par la route jusqu'à l'usine CAF, ce qui suscite quelques commentaires localement, alors que l'usine était accessible par le rail. L'imparfait est de rigueur, même si la voie existe toujours (souvent sous la végétation), y compris la section urbaine sur la quasi-totalité du tronçon entre l'ancienne gare et l'entrée de l'usine, même si la gorge du rail a été remplie de bitume.

Parallèlement, certaines voix esquissent la possibilité de réactiver la ligne pour un service voyageurs, sachant qu'on enregistre un milliers de navetteurs sur ce corridor de fond de vallée de 18 km entre Tarbes et Bagnères de Bigorre et un intérêt touristique lié aux activités en montagne, en été comme en hiver, avec l'accès au domaine skiable du Pic du Midi de Bigorre, mais aussi aux routes mythiques pour les amateurs de vélo, avec les cols du Tourmalet et d'Aspin.

Pour cette ligne, un scénario assez innovant pourrait être envisagé, avec un concours de CAF qui pourrait participer au financement de cette réhabilitation voire même aller plus loin et, comme l'entreprise le suggère avec son projet NEXTram, en faire un terrain d'expérimentation grandeur nature pour un tramway frugal interurbain. Resterait à définir les modalités d'accès à Tarbes car la ligne de Bagnères se branche à 3,5 km de la gare, sur la transversale pyrénéenne.

Une idée... disruptive, pour utiliser un mot à la mode !

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02 juin 2019

Arc languedocien : améliorations en vue

L'ouverture de la gare de de Nîmes-Manduel, baptisée Nîmes Pont du Gard, va impacter la desserte de la ligne classique et en particulier l'offre périurbaine autour de Montpellier, grâce à la création de 6 allers-retours supplémentaires et une révision de la politique d'arrêts. Le report de la moitié de la desserte TGV sur CNM libèrera de la capacité sur l'axe historique, mise à profit pour la desserte du bassin de vie héraultais. Ce n'est pas encore le RER de Montpellier, mais on commence à s'en approcher.

Les TER Occitanie desserviront donc systématiquement la gare nouvelle, soit 22 allers-retours par jour. Logiquement, l'actuelle gare de Manduel et Redessan va fermer. Elle ne disposait que de 6 allers-retours par jour.

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Nîmes - 30 décembre 2014 - La gare de Nîmes, étriquée, devrait profiter du report d'une partie de la desserte TGV sur CNM avec desserte de la gare nouvelle située à Manduel. Connectée au réseau classique, elle sera donc probablement privilégiée par les voyageurs pour se diffuser dans les gares héraultaises, puisque la gare nouvelle de Montpellier est d'accès pour le moins... problématique ! © E. Fouvreaux

Même logique d'arrêt systématique à Baillargues : depuis la transformation de la halte en pôle d'échanges multimodal, le nombre de voyageurs a doublé. Elle gagnera ainsi 10 allers-retours par jour.

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Baillargues - 27 décembre 2011 - Avant sa transformation en pôle de rabattement afin d'éviter les encombrements à l'entrée de Montpellier, la halte de Baillargues était de rôle secondaire dans un environnement peu entretenu. Elle est devenue incontournable dans le schéma de desserte de l'arc languedocien. © transportrail

Deux autres gares vont elles aussi bénéficier de cette desserte généralisée : Vergèze-Codognan, où le trafic a augmenté de 25% en 3 ans... mais quadruplé en 10 ans, et Beaucaire. Dans les deux cas, un pôle d'échanges sera aménagé, avec l'objectif de rabattre un maximum de flux, notamment avec une augmentation de la capacité de stationnement et la coordination avec les dessertes par autocars.

Les pôles d'échanges de Sète et de Lunel joueront un rôle particulier. Ces deux opérations en cours d'achèvement auront une fonction de terminus intermédiaire soit pour des navettes Montpellier - Sète ou Montpellier - Lunel, soit pour réaliser des missions passe-Montpellier, de type Avignon - Sète ou Narbonne - Lunel.

Le schéma de desserte (dont vous pourrez trouver le détail sur le site ActuTER Occitanie) prévoit :

  • 32 trains par jour entre Montpellier et Sète dont 11 omnibus
  • 33 trains par jour entre Montpellier et Lunel dont 9 omnibus
  • 28 trains par jour entre Lunel et Nîmes dont 3 omnibus (ce qui montre tout de même un contraste dans la démarche, ou du moins un phasage).

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Béziers - 28 février 2019 - Franchissant l'Orb, cette ZGC passe au pied de la cité biterroise avec sa livrée très réussie (quand elle n'est pas taguée). Ce matériel assure la quasi-totalité des prestations régionales en attendant la fin de carrière des Z2... et probablement l'engagement estival de certains Régio2N détournés de l'étoile de Toulouse en été. © R. Behrbohm

Autres améliorations prévues à l'horaire 2020 :

  • une nouvelle phase de montée en charge de l'offre directe Toulouse - Perpignan, qui passera de 3 à 7 allers-retours par jour ;
  • un repositionnement des TER Marseille - Languedoc pour compléter la trame Intercités Bordeaux - Marseille ;
  • le prolongement systématique des TER de Cerbère à Port-Bou pour assurer la correspondance avec les trains de la RENFE.

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Fitou - 18 février 2015 - Croisement d'un TER pour Cerbère et d'un TGV pour Paris, sur cette partie de la section de l'arc languedocien où le train navigue entre terre et mer. Outre un évident rôle de décongestion des axes routiers, le train sur cet itinéraire est aussi une autre façon de profiter du paysage. © R. Behrbohm

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Cerbère - 26 octobre 2014 - La partie la plus escarpée de la Côte Vermeille est bien connue des amateurs. La Z27853/4 vient de quitter Cerbère et longue la mer. La section Narbonne - Cerbère bénéficiera également d'une recomposition de sa desserte, plus modeste, et d'abord le fait du développement de l'offre Toulouse - Perpignan shuntant Narbonne. © J. Herv

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12 mai 2019

Lignes des Causses : face aux risques, quels possibles ?

Depuis 2017, la liaison Béziers - Neussargues fait l'objet d'une situation transitoire, censée durer initialement 2 ans mais prolongée d'une année supplémentaire, avec une forme de cogestion du TET, le seul train qui parcours la ligne des Causses de bout en bout. Son avenir est de plus en plus incertain car les moyens à consentir pour pérenniser la ligne sont très élevés, dépassant la centaine de millions d'euros sur l'infrastructure, sans compter la caténaire, qui peut à elle seule doubler l'addition.

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Ruynes en Montagne - 19 janvier 2014 - Les Z2 assurent encore la desserte voyageurs, mais leur avenir est scellé à court terme. Elles ont au moins l'avantage d'un peu mieux encaisser les nombreuses irrégularités de la voie qu'un AGC. © O. Savoye

transportrail met à jour son dossier et tente d'ouvrir le débat sur l'avenir de cette ligne emblématique.

19 avril 2019

Occitanie : offre accrue sur la transversale pyrénéenne

L'horaire 2020 sur l'axe Toulouse - Bayonne sera marqué, après la généralisation des Coradia Liner sur la liaison Intercités, par un renforcement substantiel de la desserte régionale au départ de Toulouse avec 10 allers-retours supplémentaires et un ajustement des circulations existantes pour équilibrer les missions et leur positionnement tout au long de la journée. Les améliorations portent d'ailleurs principalement sur les périodes d'extrême matinée et de soirée d'une part et l'heure creuse d'autre part puisque la Région n'ajoute que 2 allers-retours en pointe.  Elles portent aussi d'abord sur la desserte périurbaine, où le besoin capacitaire est le plus net.

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Valentine - 12 mai 2015 - L'exploitation des TER dans la haute vallée de la Garonne en Z2 et en unité simple est à reléguer au chapitre des images du passé : l'explosion démographique autour de Toulouse, et de plus en plus loin, entraine une hausse non moins soutenue du trafic ferroviaire. L'arrivée des Régio2N et des Régiolis risque cependant de rapidemnent s'avérer insuffisante... © S. Costes

La liaison Intervilles vers Tarbes et Pau gagne 2 allers et 3 retours, avec 11 rotations Toulouse - Tarbes dont 5 prolongés à Pau. S'y ajoutent ensuite :

  • 5 allers-retours pour Montréjeau (au lieu de 3 actuellement)
  • 8 allers-retours pour Boussens (au lieu de 5 actuellement)
  • 7 allers-retours pour Muret (au lieu de 6 actuellement)

Au total, sur la partie périurbaine, avec 20 allers et 19 retours, la trame de desserte, réduit assez nettement les creux de desserte en journée, sans totalement les effacer. L'intervalle au départ de Muret n'excède plus 74 minutes et la trame en pointe comprend 4 trains par heure : un Muret, un Boussens (tous deux omnibus), un semi-direct (pour Tarbes ou Pau ou Bayonne) et un omnibus pour Montréjeau. C'est mieux, mais les contraintes du tronc commun avec la ligne de l'Ariège entre Toulouse et Portet sur Garonne, tout comme celles exportées par la signalisation à faible débit entre sur la partie centrale de la transversale, restent encore assez nettes. Un pas de plus vers le RER de Toulouse.

Détail des horaires sur le site non ActuTER Occitanie.

En revanche, il semblerait que les travaux de renouvellement de la voie sur la transversale accusent un certain retard : la Région Occitanie a déjà accepté une forte massification des chantiers avec des périodes de fermeture diurne sur 9 heures, dans l'espoir de maximiser l'efficacité des opérations. Les nouvelles circulations risquent de faire les frais d'un report de l'achèvement des travaux si le retard venait à ne pas être comblé dans les délais initialement impartis.

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04 avril 2019

Occitanie renforce son parc de Régiolis

Avec déjà 33 éléments commandés, la Région Occitanie poursuit le renouvellement de son parc ferroviaire : le renouvellement des Z2 est nécessaire mais il faut aussi faire face à l'augmentation de la fréquentation. Aussi, 13 nouvelles rames Régiolis ont été commandées pour un montant de 80 M€. Dans ce lot, deux versions ont été retenues : 5 bimodes et 8 électriques, toutes deux en configuration 4 caisses, avec aménagement périurbain à 6 portes par face.

En parallèle, des travaux d'allongement de quais sont prévus pour recevoir des trains en UM2 : c'est notamment le cas sur la ligne Toulouse - Latour de Carol, sur laquelle la Région souhaite engager des Régio2N en UM2 pour faire face à l'explosion du trafic. Il faudra aussi renforcer l'alimentation électrique aujourd'hui notamment insuffisante pour accepter ces compositions.

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13 février 2019

Rodez - Millau : une question de cohérence

Elle fait partie des lignes prioritaires par la Région Occitanie suite aux Etats Généraux du Rail et de l'Intermodalité. Reliant la préfecture et la sous-préfecture de l'Aveyron, la section Rodez - Séverac le Château a été suspendue à l'exploitation en décembre 2017, supprimant la relation ferroviaire Rodez - Millau, du fait du mauvais état de l'infrastructure. Sur le plan symbolique, c'est aussi l'arrimage de l'Aveyron à la capitale régionale, à Toulouse, qui est en jeu.

Cependant, le caractère prioritaire du rétablissement de la liaison ferroviaire peut être sérieusement questionné dès lors que la Région soutient - en même temps ! - la réalisation dans les plus brefs délais de la mise à 2x2 voies de la RN88 entre Rodez et l'A75 (sortie de Séverac le Château). En 2016, le trafic sur cette nationale était de l'ordre de 7000 véhicules / jour entre Séverac et Laissac et atteint 11 000 véhicules / jour à hauteur de Bertholène. L'objectif est moins d'augmenter la capacité de la route que de sécuriser un itinéraire réputé assez accidentogène.

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Rodez - 24 juillet 2014 - Arrivée d'un X73500 assurant la liaison Millau - Rodez. Investir sur la voie ferrée et soutenir l'amélioration de l'axe routier parallèle : il ne faudra pas s'étonner des futures critiques de la Cour des Comptes (qui n'aura pas totalement tort sur ce coup !) © transportrail

On ne connaît pas encore le coût du projet ferroviaire, mais il se chiffre assurément en dizaines de millions d'euros. Le doublement de la RN88 est estimé entre 300 et 350 M€. La Région devra supporter l'essentiel du coût du premier et devra également être un financeur de premier plan pour le second, dans les deux cas par le biais du CPER.

Le doublement de la RN88 créera entre les deux villes un axe rapide, parcouru au moins à 110 km/h, offrant un temps de parcours de l'ordre de 50 à 55 minutes contre 1h10 actuellement. Le train aura du mal à rivaliser avec cette performance : difficile de dépasser les 70 km/h entre Millau et Séverac, parcours sinueux et en forte rampe, tandis que le tracé entre Séverac et Rodez autoriserait au mieux 90 à 100 km/h (contre 75 km/h initialement) pour un gain de temps de 5 à 6 minutes. En outre, l'exploitation ferroviaire avec une seule rame limite la desserte à 6 allers-retours par jour, ne permettant pas de jouer sur l'effet fréquence.

Il semble donc qu'un choix s'impose. Si, au total, la Région se dit prête à investir a minima 100 M€, et probablement au moins le double, sur la liaison Rodez - Millau, est-il pertinent - et cohérent - d'afficher un soutien à la cause ferroviaire et de l'affaiblir encore un peu plus par un investissement massif sur l'axe routier parallèle ? On peut aussi interroger le projet routier à la lumière des questions environnementales, même si en zone rurale les alternatives sont nettement moins évidentes que sur des territoires plus urbains.

Ne pourrait-on pas penser globalement cette liaison Rodez - Millau et considérer deux alternatives radicales :

  • maintien du projet routier, avec par conséquent abandon de la liaison ferroviaire et développement de l'offre routière (comprenant déjà 6 allers-retours par jour) avec un service Intervilles sans arrêt et une desserte de cabotage, sur la base de l'alternat de dessertes cadencées aux 2 heures ;
  • abandon du projet routier, limité à des améngements de sécurité routière, au profit d'un projet de développement de la liaison ferroviaire comprenant non seulement le renouvellement de l'infrastructure entre Rodez et Séverac, mais aussi le traitement de la section Séverac - Millau de la ligne des Causses, et la création d'un évitement placé dans l'objectif une desserte renforcée assurée par 2 rames pour atteindre une cadence horaire.

Le second scénario est, inéluctablement le moins probable, d'autant qu'il élargit le sujet à la ligne des Causses dont l'avenir est aussi incertain que politiquement sensible. Difficile en effet de ne pas se pencher sur le sort de Séverac - Millau sans s'interroger sur l'intégralité du parcours Béziers - Neussargues.

Pour autant, l'hypothèse de doublement de la RN88 et de réactivation de la desserte ferroviaire pour une offre symbolique n'est pas du tout à écarter... quand bien même, sur le plan des finances publiques, elle est loin d'être la plus saine...

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15 décembre 2018

Initiative pour un RER toulousain

Ce matin à 8h50, un train spécial a quitté Castelnau d'Estretefonds pour Bazièges en passant par Toulouse Matabiau. Cette circulation a été affrêté par le collectif Rallumons l'étoile qui se mobilise pour soutenir le développement d'un RER toulousain. Le sujet a été quelque peu étouffé lors des débats sur la troisième ligne de métro, probablement en confondant les rôles de ces deux projets. Assurément, le métro n'est pas une réponse suffisante aux enjeux de congestion routière de Toulouse... mais le train n'est pas non plus capable de traiter les questions de desserte fine de l'agglomération. Près de 300 voyageurs ont participé à cette manifestation.

Le développement des RER dans les grandes métropoles, plus précisément de dessertes périurbaines au moins cadencées à la demi-heure toute la journée et tous les jours, a été assez largement repris dans les différentes déclarations du gouvernement, notamment de la ministre des Transports, mais, comme nous l'avons développé dans ce dossier de transportrail, la mise en oeuvre n'est pas toujours aisée, même si du point de vue capacitaire, la plupart des étoiles ferroviaires permettraient d'atteindre relativement rapidement ce niveau d'offre.

Mais ce qui fait le plus défaut, au-delà de l'augmentation des dessertes, c'est la coordination fine des offres urbaines et ferroviaires, de l'organisation d'une communauté tarifaire au traitement des correspondances entre les réseaux.

 

 

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24 novembre 2018

Brive - Aurillac : défaut d'alignement des Régions

Dans la catégorie des lignes sur la corde raide, la relation Brive - Aurillac figure régulièrement en tête de liste et plus particulièrement le maillon central entre Saint Denis près Martel et Viescamp sous Jalles, deux localités que seuls les ferroviphiles peuvent connaitre quand on n'est pas du coin (et encore...)

Elle est déjà handicapée par l'accumulation de ralentissements, qui coûtent environ 15 minutes aux trains :

  • sur Brive - Saint Denis près Martel, tronc commun aux relations vers Rodez et Aurillac, avec une vitesse limitée à 80 km/h pour une vitesse nominale de 90 à 110 km/h ;
  • sur Saint Denis - Bretenoux, à 60 km/h au lieu de 90 km/h ;
  • et entre Bretenoux et Viescamp, à 55 km/h au lieu de 75 km/h.

Ajoutez les fréquentes interceptions de l'exploitation à l'automne en raison de la chute des feuilles morts dans les gorges de la Cère, générant des problèmes de shuntage, les effets de la chaleur estivale sur la dilatation des rails dont les plus jeunes ont 60 ans et les plus anciens 101 ans. Cela fait déjà beaucoup.

Mieux, la relation est à cheval sur 3 Régions : Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Auvergne Rhône-Alpes, qui ne sont pas sur la même longueur d'onde. D'un côté, le duo Nouvelle Aquitaine - Occitanie a programmé le financement de travaux de renouvellement entre Brive et Lamativie. Ils se dérouleront entre avril et septembre 2019 pour un montant total de 33,5 M€ dont 13,5 M€ sur la section Brive - Saint Denis près Martel et 20 au-delà jusqu'à Lamativie. Au menu, un RVB sur la section Brive - Bretenoux et un remplacement de rails et de traverses de Bretenoux à Lamativie avec évidemment pour objectif de lever les ralentissements et restaurer un temps de parcours de l'ordre de 1h35.

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Puybrun - 23 juillet 2010 - L'X73537 vient de franchir l'ouvrage sur la Dordogne, de type pont-cage, avec piliers maçonnés. La desserte est assurée par du matériel estampillé Auvergne, mais les trois Régions concernées par la relation Brive - Aurillac (Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Auvergne Rhône-Alpes) ne sont pas forcément sur la même longueur d'onde... © transportrail

Côté Auvergne Rhône-Alpes, la ligne est vue avec beaucoup de circonspection : seul investissement consenti, l'installation de compteurs d'essieux pour éviter les problèmes de shuntage, mais pas de travaux pour la levée du ralentissement. Bref, une posture d'attente...

Ce n'est pas la première fois que les Régions Nouvelle Aquitaine et Occitanie se heurtent à leur voisine : la première a essuyé récemment un refus sur le retour à Lyon de l'ex-Intercités Bordeaux - Montluçon tandis que la seconde constate le manque de volonté sur le duo Causses-Cévennes.

Dans ces conditions, imaginer une relance de l'offre ferroviaire entre Brive et Aurillac reste encore prématuré. Le trafic routier est assez modeste, de l'ordre de 3000 véhicules / jour sur les routes départementales parallèles. Les 4 allers-retours actuels, généralement tracés avec 6 arrêts, relient les deux villes en 1h50, avec une perte de temps de l'ordre de 15 minutes par les ralentissements. Leur suppression restaurerait la compétitivité du temps de parcours par rapport à la route (1h44 en conditions normales). Le positionnement horaire est assez surprenant car les trains sont principalement destinés à donner des correspondances sur les IC Paris - Brive - Toulouse, avec en conséquence une large amplitude horaire : le premier train quitte Aurillac pour Brive à 5h15 et le derrnier quitte Brive à 22h10. Au départ de Brive, le premier train de la journée est à 11h30 tandis que le dernier depuis Aurillac est à 17h10. Ce service nécessite tout de même 3 rames, pour les départs du matin d'Aurillac et la croix du midi calée sur les correspondances de Brive : il y aurait certainement matière à concevoir un meilleur service avec seulement 2 rames...

A lire, également l'article bien documenté du site indépendant ActuTER Occitanie.

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08 octobre 2018

A quand la réouverture de Perpignan - Villefranche de Conflent ?

Du jamais vu. Jamais une ligne de chemin de fer n'a été fermée aussi longtemps suite à un accident de passage à niveau. Conséquence d'une procédure judiciaire complexe qui met en lumière des incertitudes techniques mais aussi un raisonnement à l'émotion. Le passage à niveau de Millas a été rouvert à la circulation routière en juillet dernier... mais les trains sont toujours interdits de circulation sur la ligne Perpignan - Villefranche de Conflent ce qui pose une question de fond.

Oui, il existe encore des points à instruire sur le fonctionnement du passage à niveau, mais entre les dégâts provoqués par l'accident en lui-même et le temps de suspension de l'exploitation, il va devenir de plus en plus difficile d'évaluer si l'état actuel des équipements correspond à l'état au moment du choc et donc définir la part de responsabilité éventuelle de l'équipement ferroviaire. Parallèlement, l'enquête semble aussi confirmer que la conductrice de l'autocar prenait un traitement médical peu compatible avec le niveau de sécurité exigé pour le transport scolaire.

On en arrive donc à la conclusion suivante : qu'est-ce qui motive le maintien de l'interdiction de la reprise du trafic dès lors que le fonctionnement du passage à niveau apparaît manifestement hors de cause ?

 

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06 septembre 2018

Montréjeau - Luchon : quel juste prix ?

Le dossier est d'autant plus sensible qu'il concerne des terres chères à la présidente de la Région Occitanie et que la ligne est devenue un étendard de la politique ferroviaire de la Région après les Etats Généraux du Rail et de l'Intermodalité lancés à son initiative.

L'étude menée en 2015 par Egis Rail pour le compte de SNCF Réseau avait évalué le coût de réouverture de la ligne Montréjeau - Luchon à 36 M€ soit environ 1 M€ / km. Deux ans plus tard, SNCF Réseau réévalue le coût à 59 M€. Evidemment, la réaction de la Région n'a pas été franchement enthousiaste. Il y a de quoi... du moins en apparence.

L'argumentation de SNCF Réseau n'est pas dénuée de fondements. La première étude a chiffré essentiellement le coût de renouvellement de la voie, mais n'a pas pris en compte tous les éléments nécessaires à la réactivation de cette ligne suspendue en 2014 : traitement des ouvrages d'art, rénovation des passages à niveau, mises aux normes des points d'arrêt, modification du régime d'exploitation (instauration d'un système en navette impactant la gare de Montréjeau) comptent parmi les facteurs expliquant cet écart. Moins que le montant total de l'investissement, deux éléments au moins peuvent être pointés : les lacunes de la première étude et le déficit de contrôle de celle-ci par SNCF Réseau avant restitution à la Région. S'il fallait en ajouter un troisième, c'est peut-être un excès de confiance de la Région envers SNCF Réseau, d'autant que la collectivité commence à disposer d'une solide expérience du domaine, ne serait-ce qu'avec le Plan Rail Midi-Pyrénées...

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