28 avril 2017

Carcassonne - Quillan : une première étape

Ligne parmi les plus menacées, Carcassonne - Quillan était un des étendards de la nouvelle Région Occitanie. L'accord sur le principe et le financement des travaux fut difficile à négocier. Néanmoins, une première tranche de travaux a été effectuée entre janvier et mars 2017 sur la section de 26 km entre Carcassonne et Limoux. L'opération a d'abord consisté en un remplacement des rails et des traverses. Le renouvellement intégral des voies et du ballast n'a concerné que 2,5 km.En outre, 4 ponts-rails ont été renouvelés. Une deuxième phase de travaux est programmée au premier trimestre 2018 pour traiter les 10 km restants et 2 ouvrages, assurant a priori la pérennité de la section Carcassonne - Limoux. En revanche, entre Limoux et Quillan, l'avenir reste très incertain, en dépit des annonces de la Région.

Le renouvellement de l'infrastructure est une chose, mais maintenant, il faut faire venir les voyageurs et mettre des trains sur la ligne à un coût supportable pour la Région. Carcassonne - Quillan fait partie de ces lignes qui pourrait être un laboratoire pour des exploitations alternatives, ne serait-ce qu'un affermage comme sur Carhaix - Guingamp - Paimpol.

Plus d'informations et des photos du chantier sur le site De gares en lignes.

 

 

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24 avril 2017

Gare TGV de Manduel : avis favorable

Dans ce dossier ô combien sensible, l'avis favorable de la Commission d'Enquête Publique sur le projet de gare nouvelle à Manduel, à l'intersection de la LGV Méditerranée, du Contournement de Nîmes et Montpellier et de la ligne classique Tarascon - Narbonne vient assurément rassurer ses partisans. Elle vient aussi conforter ceux qui ont soutenu la gare nouvelle de Montpellier Sud France dont l'ouverture, prévue le 7 juillet 2018, en fera un lieu quasi-fantômatique avec seulement 2 allers-retours par jour. Fort logiquement, la SNCF se montre extrêmement réticente à la desservir tant qu'il n'y a pas de desserte de l'agglomération nîmoise. La faute, diront certains, à l'abandon du raccordement de Saint Brès, à l'est de Montpellier, qui aurait permis aux TGV d'emprunter CNM et de desservir la gare centrale de Montpellier.

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Néanmoins, un point reste à éclaircir sur le projet de gare de Manduel : l'aménagement d'une troisième voie sur la ligne classique pour exploiter des navettes Nîmes - Manduel... ou de façon plus souhaitable, des liaisons Manduel - Nîmes - Montpellier, en plus des TER Marseille ou Avignon vers Nîmes et Montpellier.

Une connexion forte entre la future gare TGV de Manduel et le réseau classique est en effet indispensable si on veut compenser - autant que possible - les effets de l'éloignement de la desserte par ces gares excentrées. Cependant, la gare centrale de Nîmes disposerait de 17 arrêts par sens et par jour, tout comme la gare centrale de Montpellier, "principalement" vers l'Ile de France, ce qui sous-entend que la desserte de la transversale Bordeaux - Marseille n'est pas encore clarifiée.

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15 février 2017

Brive - Aurillac : mobilisation pour préserver la ligne

Il faut bien admettre que, si noble soit la cause, la tâche est rude. Brive - Aurillac est certes inscrite dans le CPER Occitanie afin de maintenir en théorie l'exploitation jusqu'à Bretenoux, mais au-delà, l'avenir est en pointillés, la Région Auvergne - Rhône-Alpes n'en faisant pas une des priorités de son plan de "sauvetage" du réseau régional. Cependant, les liaisons ferroviaires vers l'ouest sont de plus en plus difficiles : il n'y a aucune liaison directe entre Clermont et Limoges, ni vers Brive. Ne reste donc qu'une possibilité via Aurillac par correspondance et une combinaison Limoges - Clermont avec changements à Montluçon et Riom des plus dissuasives. Bref, le champ est libre pour la route... mais les autocars libéralisés ne s'intéressent guère à ce territoire.

Brive - Aurillac, avec ses 4 allers-retours, est en fâcheuse posture. Les trains ont cessé d'y circuler pendant l'automne en prévision des éventuels risques d'adhérence et de déshuntage et finalement sont revenus au début de l'année mais pour combien de temps ? Deux ans, quatre ans tout au plus ? Le trafic est maigre, puisqu'on n'enregistre guère plus de 80 à 100 voyageurs par jour. Avec un temps de parcours majoré de près de 20 minutes du fait des ralentissements, le train ne fait pas bonne figure, même s'il fait encore jeu égal avec la route pour relier les deux villes. La circulation routière est modérée, avec tout au plus 3500 véhicules / jour au point de comptage de Bretenoux.

Bref, pour sauver Brive - Aurillac, seule la quête d'un modèle d'exploitation ferroviaire plus économique permettrait de rendre soutenable pour la collectivité le maintien de ce service. Le statu quo n'en est pas un et conduirait inéluctablement à l'adoption définitive d'une exploitation par autocars. La directeur régional SNCF Mobilités a affirmé que son entreprise "n'avait pas à payer les surcoûts de la ruralité". Il y avait 300 manifestants ce week-end à Biars sur Cère, soit 4 fois plus que la fréquentation journalière de la ligne. La plupart réclamaient non seulement le maintien des trains mais aussi des guichets dans les gares. Soit, mais en milieu rural, n'y a-t-il pas d'autres façons de commercialiser le service ferroviaire que de maintenir du personnel sédentaire : tant que celui-ci est requis pour l'exploitation (du fait des contraintes du block manuel), une polyvalence peut préserver les deux fonctions, mais un jour viendra où une exploitation automatisée télécommandée depuis une gare excentrée reposera la question de la présence à demeure d'agents en gare, surtout pour un trafic limité.

Pour sauver Brive - Aurillac, il faudrait donc accepter une rupture franche et repenser l'ancrage local des services ferroviaires, faute de quoi, la rupture sera sur pneus...

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13 février 2017

Occitanie : bilan des Etats Généraux du Rail

C'était une annonce forte pendant la campagne électorale des élections réginales. Une fois élue, Carole Delga a bien lancé les Etats Généraux du Rail et de l'Intermodalité, avec près de 40 réunions publiques dans toute la Région Occitanie. Objectif : écouter les territoires pour forger la politique des transports dans une Région vaste, marquée par de fortes disparités (l'hypertrophie de la métropole toulousaine, la continuité urbaine du littoral languedocien, mais aussi la Lozère et les plateaux de Cerdagne), tout en affirmant la priorité au rail.

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Foix - 9 juillet 2015 - Sous une verrière aux formes typiquement Midi, cette ZGC sur la liaison Toulouse - La Tour de Carol : une ligne rescapée grâce au Plan Rail, qui connaît une croissance soutenue du trafic par l'influence grandissante de la métropole toulousaine. Pour la nouvelle Région Occtanie, la tâche est immense pour améliorer l'attractivité du train. Mais derrière, quelle politique de dynamisation des territoires ? © transportrail

Onze axes prioritaires d'action ont été dégagés. Certains ressemblent à de vieux refrains déjà entendus depuis des décennies, notamment sur le fret ferroviaire. D'autres peuvent confiner au paradoxe, avec des positions délicates à assumer quant aux projets de LGV dont la piètre articulation avec le réseau existant n'est pas le moindre des défauts.

  • La qualité de service : ponctualité, propreté, intégration des langues régionales (... sujet central pour l’avenir ferroviaire s’il en est !)
  • La simplification de la tarification et la multimodalité dans les grandes agglomérations ;
  • La sauvegarde du réseau avec un objectif minimal fixé à 6 allers-retours, dans le cadre de l’actualisation du CPER ;
  • L’analyse des solutions alternatives d’exploitation ferroviaire (comprendre : sans la SNCF) pour le Train Jaune, Rodez – Millau, Carcassonne – Quillan, Montréjeau – Luchon, Alès – Bessèges et la rive droite du Rhône ;
  • La réorganisation des réseaux d’autocars, désormais de compétence régionale, pour organiser le rabattement vers le train ;
  • L’aménagement des pôles d’échanges ;
  • La mise en accessibilité ;
  • La grande vitesse avec GPSO et LNMP, notamment la question du financement et de la configuration de LNMP, pour laquelle la Région préconise une mixité intégrale et une première section de Saint Jean de Védas à Béziers ;
  • Les TET avec notamment le maintien du Cévenol, une période expérimentale de 2 ans sur L’Aubrac et le rétablissement du train de nuit Paris – Port Bou ;
  • Le fret avec un soutien aux lignes capillaires fret et la mise en place d’une écotaxe régionale ;
  • La concertation locale et la mise en place d’un comité entre les autorités organisatrices.

La Région annonce un engagement financier pour le ferroviaire de 2,5  MM€ pour mener à bien ces 11 actions, dont 1 MM€ d'ici 2020.

Notre nouveau dossier fait le point sur ces Etats Généraux du Rail en Occitanie.

19 janvier 2017

Brive - Aurillac : on roule à nouveau !

... mais peut-être pas pour très longtemps ! La suspension du trafic "pour cause de déshuntages éventuels liés à la chute des feuilles mortes" est terminée et les autorails relient à nouveau Brive à Aurillac. Pour autant, ces problèmes ne sont pas résolus et rien n'a été fait durant la période d'arrêt de l'exploitation pour y remédier. En outre, la Région Occitanie a programmé des crédits pour renouveler la section Saint Denis près Martel - Lamativie, alors que sa voisine Auvergne - Rhône-Alpes souhaite fermer la section Lamativie - Viescamp sous Jalles.

Après enquête, il s'avère que la section la plus propice aux problèmes de déshuntages est celle des gorges de la Cère, c'est à dire sur une section où des investissements ont déjà eu lieu au titre de l'embryon de Plan Rail Auvergne, alors même que ces problèmes ne datent pas de l'arrivée des X73500 !

Alors un conseil : allez vite prendre le train sur Brive - Aurillac pendant qu'il en est encore temps !

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01 janvier 2017

Carcassonne - Quillan : enfin les travaux !

Dès demain 2 janvier, les trains ne circuleront plus entre Carcassonne et Quillan, mais c'est pour la bonne cause : jusqu'au 12 mars 2017, la ligne sera en travaux entre Carcassonne et Limoux. Il s'agit de la première phase de la modernisation de cette infrastructure. En revanche, de Limoux à Quillan, il faudra encore patienter et son sort n'est pas encore totalement garanti : il faudra attendre le vote des orientations budgétaires issues des Etats Généraux du Rail et de l'Intermodalité, dont transportrail vous parlera prochainement, pour confirmer le devenir de l'intégralité de la ligne.

Il semblerait que de nouveaux pseudo-arguments soient développés pour justifier le scénario décliniste : des normes européennes, ou de l'UIC, inapplicables sur les lignes secondaires françaises, seraient mises en avant par certaines voix, y compris au sein de la SNCF, pour expliquer qu'il n'y a d'autre issue que l'abandon de la ligne.

D'autres informations et analyses sur le site De Gare en Ligne.

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14 décembre 2016

TET : accord original en Occitanie

Nouvel accord en vue entre l'Etat et une Région, ici Occitanie, sur les TET avec deux liaisons emblématiques : le Cévenol et l'Aubrac. Sur la première, on compte aujourd'hui un seul aller-retour TET et 2 allers-retours TER reliant Clermont Ferrand à Nîmes. Sur la seconde, seul le TET Béziers - Neussargues circule de bout en bout, complété en semaine par un TER Béziers - Saint Chély et quelques rotations supplémentaires de Béziers à Millau.

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Campagnac Saint Genies - 1er février 2016 - L'Aubrac a perdu de sa splendeur et se contente d'une Z2 certes rénovée mais aux intérieurs déjà fatigués. Deux ans de sursis, à condition que la voie et les ouvrages d'art tiennent le coup ! © transportrail

La Région reprend de façon définitive le Cévenol. L'Etat confirme l'acquisition de 3 rames dont la configuration sera discutée avec la Région Occitanie, qui a déjà commandé 18 Régiolis bimodes (et 15 électriques), et pour être cohérente avec les 12 rames en cours de livraison en Auvergne, toutes à 4 caisses. L'hypothèse de Régiolis TER bimodes 4 caisses semble donc probable.

En outre, la ligne de crédits CPER sur la ligne des Cévennes est portée à 43 M€ pour assurer la pérennité - même minimale - de la ligne.

Pour l'Aubrac, la Région a obtenu une cogestion avec l'Etat de façon expérimentale pour une durée de deux ans. Reste à savoir si l'infrastructure tiendra ce délai, sachant que côté Auvergne - Rhône-Alpes, l'option d'un renoncement est clairement envisagée, condamnant à brève échéance la section Saint Chély - Neussargues, du moins pour les voyageurs, et tant qu'une solution n'aura pas été proposée pour la desserte de l'usine Arcelor de Saint Chély.

PS : article mis à jour le 15.12.2016. Merci au lecteur avisé...

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15 octobre 2016

Brive -Aurillac suspendue le 21 octobre

Comme un goût de déjà vu... Au mois de mai, "en prévisions des fortes chaleurs", la SNCF avait "suspendu" l'exploitation de la section Montbrison - Thiers de la relation Saint Etienne - Clermont Ferrand. A compter du 21 octobre, les relations Brive - Aurillac subiront la même mesure en prévision de la chute des feuilles mortes et des risques de déshuntage.

A chaque saison son excuse : en été, il fait trop chaud. En automne, ce sont les feuilles. Au printemps, il pleut donc ça patine. En hiver, il fait trop froid. Un grand directeur de la SNCF - dont on taira le nom - considère en petit comité que "le système ferroviaire ne peut fonctionner que sous atmosphère stable, étanche vis à vis de la nature, avec une hygrométrie moyenne, sous une température régulée en permanence à 20 degrés".

D'autre part, la Région Occitanie a prévu dans son CPER des crédits pour rénover la section Saint Denis près Martel - Bretenoux, située sur son territoire, alors que la Région Auvergne Rhône-Alpes préconise la fermeture pure et simple de la ligne. Une situation inacceptable qui isolerait encore un peu plus le sud de l'Auvergne : Aurillac est en effet, avec Mende, l'une des villes les plus difficiles d'accès. L'Auvergne perdrait qui plus est un accès à l'ouest. La ligne Clermont - Ussel a déjà été rayée de la carte. Le devenir de Gannat - Guéret reste encore incertain (l'hypothèse de forts ralentissements n'est pas encore écartée). Si la liaison Brive - Aurillac disparaît, le déménagement du territoire auvergnat connaîtra un nouvel épisode.

Qu'importe : puisqu'on vous dit que l'autocar est tellement mieux ! Les ardents promoteurs du démantèlement du réseau, y compris au sein même de la SNCF, oublient qu'à la fin de leur coupable entreprise, c'est leur emploi qui deviendra inutile...

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11 octobre 2016

Train Jaune : 6,5 M€ pour gérer l'urgence

Dans la situation de la ligne, c'est mieux que rien même si les questions de fond ne sont toujours pas traitées. La Région Occitanie et le Département des Pyrénées Orientales confirment le financement de travaux d'urgence à hauteur de 6,5 M€ sur la section Font Romeu - La Tour de Carol : 29 km de rails et 6000 traverses seront remplacées. De quoi éviter le spectre de la fermeture de la section haute de la ligne.

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Olette - 8 juillet 2015 - Le renouvellement de la voie sur la partie haute pare au plus pressé... mais après ? Quand pourra-t-on véritablement considérer à sa juste valeur le patrimoine de la ligne de Cerdagne ? © transportrail

Pour la réponse aux questions de fond, il faudra encore attendre : que fait cette ligne dans le réseau dit national ? quel programme pour pérenniser la ligne au-delà de quelques années ? quels moyens ? quel modèle économique pour une ligne qui n'est pas simplement un train touristique ? quel matériel roulant possible sachant que les Z100 centenaires devront un jour être remplacées, et que l'expérience des Z150 s'est soldée par un échec, les voies pyrénéennes n'étant pas dans l'état des voies suisses ?

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06 juillet 2016

Ligne des Cévennes : des travaux mais toujours des questions

C'est en apparence une bonne nouvelle. Dès le mois de septembre, la ligne des Cévennes sera en travaux. Le projet est modeste : un renouvellement des voies sur 12 km entre Génolhac et Sainte Cécile d'Andorge, figurant au CPER Languedoc-Roussillon pour 9 M€. Dans la foulée, un autre chantier sera lancé en 2017, un peu plus conséquent puisqu'il concernera 33 km de ligne entre Génolhac et Alès pour 18 M€.  Une voie renouvelée, c'est bien, assurément, mais l'inquiétude subsiste car pour une ligne comme celle-ci, des rails, des traverses et du ballast neufs ne sont pas suffisants. La question des ouvrages d'art - et ils sont nombreux sur cette ligne - reste une épée de Damoclès car aujourd'hui, SNCF Réseau ne finance plus leur rénovation, et ils n'ont pas été intégrés aux maquettes budgétaires des CPER puisque le budget à consentir est souvent hors de portée des moyens mobilisables. Or la voie autorise le maintien de l'exploitation avec des ralentissements, parfois extrêmes, mais les ouvrages sont plus binaires, notamment les tunnels.

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