15 octobre 2019

Nexon - Brive : la Région mobilise 43 M€ sur les deux extrémités

Clarification de la Région Nouvelle Aquitaine qui, une fois de plus, se substitue à l'Etat pour éviter le scénario de contraction du réseau ferroviaire : en comité de ligne la semaine dernière, elle a annoncé une augmentation de sa participation pour porter l'enveloppe consacrée à la ligne Limoges - Brive par Saint Yrieix la Perche de  27,2 à 47,4 M€. Dans le CPER, la Région était engagée à hauteur de 18,3 M€, l'Etat à hauteur de 1,8 et SNCF Réseau était attendu avec 4 M€.

Dans un premier temps, ces crédits sont fléchés sur les deux sections exploités : Nexon - Saint Yrieix la Perche et Brive - Objat. La Région ne ferme pas la porte au retour des trains sur la section centrale mais considère que la priorité est d'assurer la pérennité de ces tronçons, avec probablement une démarche de revitalisation.

En effet, en l'état actuel, une seule rame en navette pourrait assurer une offre à cadence horaire entre Brive et Objat, et il en faudrait 2 pour le même service entre Limoges et Saint Yrieix, avec un régime de navette entre Nexon et Saint Yrieix.

En scénario de moyen terme, la réactivation de la section centrale entre Saint Yrieix et Objat pourrait se traduire par une desserte aux 2 heures avec un minimum de moyens. Reste à voir la facture de cette remise en état...

Posté par ortferroviaire à 20:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,

01 octobre 2019

Améliorations de desserte en Nouvelle Aquitaine

La nouvelle convention Région - SNCF Mobilités se met en place et 4 axes vont bénéficier d'améliorations de desserte en 2020 dans un contexte favorable : en moins de 3 ans, le trafic journalier est passé de 45 000 à 60 000 voyageurs, et de nombreux trains sont désormais d'une capacité limite (voire plus...). Qui plus est, l'organisation de la production semble sur de meilleurs rails avec une ponctualité en nette hausse, atteignant certains mois les 94%.

Pour un montant annuel supplémentaire de 300 M€, la Région va donc financer à compter de décembre prochain une soixantaine de circulations supplémentaires soit une augmentation de l'offre de 8%.

Sur la liaison Bordeaux - Sarlat, c'est d'abord... le retour des trains. Interceptée depuis le début de l'année pour renouveler la section Libourne - Bergerac, les trains ont fait leur retour le 30 septembre dernier. Les temps de parcours ne seront cependant améliorés qu’au service annuel 2020, mi-décembre : Bergerac - Bordeaux en 1h17 (gain de 6 minutes avant ralentissements) et Sarlat - Bordeaux en 2h20 (gain de 25 minutes). La desserte gagnera un aller-retour Bordeaux - Bergerac et le prolongement à Sarlat d'un aller-retour actuellement limité à Bergerac. Au total, 31 TER circuleront chaque jour sur l’axe Bordeaux - Sarlat.

Sur cet axe, un important travail de concertation est actuellement engagé avec les territoires pour répondre aux demandes relatives à une refonte de l’offre à compter du SA2021, afin de poursuivre le travail d’amélioration des dessertes entrepris avec la réouverture.

030217_81676saintes1

Saintes - 3 février 2017 - L'étoile de Saintes fait partie des premières bénéficiaires des renforcements d'offre, avec une première étape dans la restructuration de l'axe Bordeaux - La Rochelle, une liaison matinale vers Angoulême et la régularisation d'une liaison le week-end sur Angoulême - Royan. Avec la bonne dynamique du trafic, la Région devrait prolonger ses efforts, dans les limites des possibilités actuelles des infrastructures qui auront besoin d'importants investissements à court et moyen terme pour aller plus loin encore. © transportrail

L’étoile de Saintes n’est pas en reste avec la création de 2 nouvelles dessertes sur l’axe Royan-Saintes-Angoulême. Un aller Saintes - Angoulême sera créé au petit matin du lundi au vendredi (Saintes 5h11 - Angoulême 6h14) pour donner correspondance au TGV pour Paris (Angoulême 6h22 - Paris 8h08). Saintes à 3h03 de Paris, un record. La relation de milieu de matinée Angoulême 10h36 - Royan 12h10 deviendra quotidienne (elle ne circule qu'en fin de semaine), comblant un creux de desserte avec à la clé 2 correspondances sur un TGV radial et une liaison province-province.

Sur la liaison Bordeaux - La Rochelle, la Région doit faire face à un net accroissement de la demande sur les liaisons périurbaines Bordeaux - Saint Mariens, dont l'essor est sévèrement bridé par l'absence de voie de terminus. Les trains occupent les voies principales et le passage de la voie 2 à la voie 1 pour redescendre vers Bordeaux est une opération millimétrée, entre les relations vers Saintes et au-delà. Dans un premier temps, il sera possible d'ajouter quelques circulations, toujours avec des manoeuvres un peu à la hussarde sur les voies principales, en lien avec un premier niveau de développement du RER bordelais, probablement dès l'horaire 2021. Pour aller plus loin, il faudra attendre la réalisation d'un terminus à Saint Mariens, lié au renouvellement des postes de signalisation de cette gare, soit au mieux vers 2025.

Outre cette offre périurbaine, la Région intensifie la desserte vers Saintes et La Rochelle, mais de façon pour l'instant relativement limitée (+9% quand même), du fait de l'état de la voie entre Saint Mariens et Beillant, où les ralentissements continuent de prendre de l'ampleur. SNCF Réseau est pressé de préparer le chantier pour le réaliser de préférence en même temps que le renouvellement de la section La Roche sur Yon - La Rochelle.

Néanmoins, malgré un contexte difficile au niveau des infrastructures, la Région Nouvelle-Aquitaine a souhaité repenser en profondeur le plan de transport sur la ligne. L’axe Rochelle-Bordeaux jouant même le rôle de préfiguration de la démarche qui sera généralisée sur l’ensemble des lignes de la région entre 2021 et 2025.

Les objectifs poursuivis sont :

  • une meilleure articulation entre les offres TER et Intercités avec des fréquences mieux réparties tout au long de la journée ;
  • des correspondances améliorées et fiabilisées à Bordeaux, entre l’axe Nantes -  Bordeaux et l’axe Bordeaux - Marseille ;
  • des temps de parcours cibles de 2h (IC) et 2h15 (TER) entre La Rochelle et Bordeaux, au lieu d'une référence hors ralentissements en 2h30.

Pour l'horaire 2020, l'effort aboutira essentiellement à la mise en place d’une offre régionale de bout en bout entre Bordeaux et La Rochelle, gommant ainsi les anciens effets frontières à Saintes.

Les fréquences « TER + IC» entre La Rochelle et Bordeaux passeront ainsi en semaine de 12 à 15 liaisons, en attendant les évolutions du niveau d’offre Intercités : la résurrection d'un quatrième aller-retour Nantes -  Bordeaux semble quasiment actée. Reste à en connaître l'échéance, probablement à la prise d'effet du contrat de délégation de service public sur cet axe (et Nantes - Lyon).

Au Pays Basque, la Région met en oeuvre 4 allers-retours supplémentaires entre Bayonne et Cambo les Bains. Le nombre de trains est donc doublé sur cette section dont le penchant périurbain s'affirme de plus en plus. Trois arrêts peu fréquentés sont supprimés : Jatxou, Itxassou et Louhossoa. La Région finance dans ce cadre la remise en service de l'évitement de Cambo. C'est la première étape d'un processus de revitalisation de la ligne Bayonne - Saint Jean Pied de Port dont transportrail vous a déjà parlé.

On notera enfin que la Région semble vouloir examiner les possibilités d'utilisation de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique pour améliorer la liaison Poitiers - Angoulême - Bordeaux : il serait question de TERGV sous une forme à déterminer.

30 avril 2019

Nouvelle Aquitaine : vers un Plan Rail ?

Le 12 avril dernier, la Région Nouvelle Aquitaine a adopté le principe d'un plan directeur de sauvetage et de modernisation du réseau ferroviaire régional. Il prévoit de porter l'effort de financement de la Région, en dehors de sa compétence légale sur les transports (qui ne porte que sur l'exploitation, la tarification et le matériel roulant) de 33 à 66,5 M€ sur la période 2019-2027 soit une contribution de 532 M€ cumulés.

La Région rappelle que l'audit mené sur son territoire évalue le besoin de financement sur les infrastructures ferroviaires à 3 MM€ sur la décennie à venir dont un tiers sur les lignes de desserte fine du territoire.

Par ce biais, l'appel du pied se fait donc insistant auprès de l'Etat, à la fois dans son rôle de financeur des Contrats de Plan Etat-Région mais aussi en tant qu'actionnaire unique de SNCF Réseau, dont les modalités de participation deviennent de plus en plus restrictives (ce qui n'est pas la moindre des contradictions de la part de celui qui est encore propriétaire de ces lignes).

Souhaitons dans cette démarche, puissent émerger des opportunités d'amélioration des performances du réseau ferroviaire, singulièrement sur les lignes de desserte fine du territoire, comme l'effet du cadencement sur la consistance de l'infrastructure utile, l'optimisation des vitesses selon le profil et la politique d'arrêt, la prise en compte de réels besoins d'amélioration de la capacité : on pensera par exemple à la section Libourne - Bergerac, actuellement en renouvellement et sur laquelle à terme, il faudra peut-être se résoudre à créer quelques sections à double voie pour absorber le trafic.

Question subsidiaire un peu poil à gratter : et que fait-on de Bedous - Canfranc ?

Posté par ortferroviaire à 11:46 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,
18 avril 2019

Un RER à Périgueux en 2021 ?

Serpent de mer qui coule depus des années dans les eaux de l'Isle, la valorisation du réseau ferroivaire pour améliorer la desserte de Périgueux et limiter l'afflux d'automobiles aboutira-t-elle enfin en 2021 ? Le projet consiste en une desserte à la demi-heure en pointe et à l'heure en journée entre Mussidan, Périgueux et Niversac, complétant la desserte voyageurs existante vers Bordeaux, Brive et Agen. A l'ouest, le projet couvre un large périmètre, lié aux possibilités de terminus à moindres frais.

250915_81601perigueux1

Périgueux - 25 septembre 2015 - Le projet déjà ancien de desserte périurbaine autour de la préfecture de la Dordogne va-t-il finalement aboutir ? L'amélioration de l'offre ferroviaire couplée à la réorganisation du réseau d'autobus pourrait rendre bien plus attractifs les transports en commun. Ne manque plus qu'un petit accord tarifaire... © transportrail

Une nouvelle station pour les TER sera mise en service à Boulazac en 2020, entre Périgueux et Niversac afin de renforcer le maillage de l'agglomération. Située à l'entrée sud-est de la commune, elle se situe cependant à l'écart du bassin de chalandise que pourrait constituer la zone commerciale que longe la voie ferrée. Le scénario retenu semble privilégier une logique de rabattement en voiture des territoires plus à l'écart, créant une potentielle redondance avec la gare de Niversac bien placée dans cette logique puisqu'au bord de la RD6089. Une implantation plus au nord, près de l'Agora de Boulazac aurait été peut-être plus judicieuse, avec une possibilité de correspondance entre le train et le réseau de bus de Périgueux, notamment le corridor en BHNS est-ouest en cours de réalisation.

Autre interrogation : le devenir de la halte de Périgueux Saint Georges qui desservait jusqu'en 2017 les faubourgs sud. L'arrêt a été supprimé par SNCF Mobilités faute de trafic (mais d'abord faute de trains). Sera-t-elle à nouveau desservie par le RER périgourdin ?

RER-perigueux

Posté par ortferroviaire à 20:29 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
12 avril 2019

Niort - Saintes : inquiétudes sur la ligne

Frappée de deux ralentissements à 40 km/h à Beauvoir sur Niort et 60 km/h sur tout le parcours entre Saint Jean d'Angély et Saintes, on ne peut pas dire que la ligne Niort - Saintes soit dans une situation florissante. Faiblement desservie, avec 5 allers-retours en semaine, renforcé d'un sixième le vendredi, l'offre s'avère peu attractive d'autant plus qu'on compte 4 politiques d'arrêts pour si peu de trains... ce qui montre que la Région Nouvelle Aquitaine a encore du travail pour toiletter ses offres, ce qui devrait être mis en oeuvre dans le cadre de la nouvelle convention avec SNCF Mobilités.

Ce qui est naturellement plus préoccuppant, c'est l'incertitude quant au devenir de l'infrastructure compte tenu de son état et des difficultés à mobiliser des financements, l'expédient habituel du CPER étant à bout de souffle, ne serait-ce que parce que l'Etat n'arrive pas à honorer les engagements pris en 2015.

Certes, ce CPER prévoyait plus de 180 M€ pour les projets d'électrification des lignes charentaises, Niort - Saintes, Angoulême - Saintes et Saintes - Royan, ce qui laisse potentiellement une petite marge de manoeuvre pour réorienter les budgets sur des opérations plus utiles. L'Etat semble d'accord sur les principes, mais ses engagements restent pour le moment virtuels.

Renouer avec les performances nominales, à 100 km/h sur l'ensemble du parcours, replacerait Saintes à 55 minutes de Niort environ, mais il faudrait idéalement gagner quelques minutes supplémentaires pour qu'une rame puisse assurer correctement une rotation en 2 heures et ainsi, avec 2 rames, assurer une cadence horaire sur l'axe, dans une logique - désormais bien connu des lecteurs de transportrail - d'optimisation du triptyque temps de parcours / moyens de production / niveau de service. A priori, il serait possible de relever la vitesse à 120 km/h entre Saint Jean d'Angély et Saintes, disposant d'un tracé plus favorable avec une courbe dimensionnante de 600 m de rayon.

D'autre part, Niort - Saintes est également l'itinéraire naturel pour les flux vers la Méditerranée, marché visé par la plateforme de transport combiné de Saint Florent, dont le principal client, Modal Ouest, a jeté l'éponge en octobre dernier, tant par la sous-estimation de l'endurance nécessaire pour lancer une activité ferroviaire que par les effets de la grève du printemps 2018. Niort - Saintes accueille également un trafic saisonnier de céréales, et figure toujours en bonne place comme itinéraire alternatif à l'axe Paris - Bordeaux : difficile pour l'instant de jouer ce rôle étant donné l'état de dégradation de l'infrastructure.

En outre, il semble assez logique de prioriser à court terme les investissements sur deux autres branches de l'étoile de Saintes :

  • sur Angoulême - Beillant, afin d'achever les travaux de modernisation de cet axe, devenant l'itinéraire de référence entre la cote charentaise et le réseau TGV ;
  • sur Saintes - Bordeaux, pour stopper l'hémorragie sur la transversale Nantes - Bordeaux et restaurer les performances nominales dans les meilleurs délais... et notamment d'ici 2022 puisque c'est à cette date que débutera le contrat de délégation de service public sur la transversale.

Mais la question est la suivante : peut-on faire patienter la ligne Niort - Saintes sans risquer la suspension brutale de l'exploitation ?

Posté par ortferroviaire à 13:49 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

15 février 2019

Libourne - Bergerac en travaux

Des travaux - très - attendus

Avec 14 allers-retours par jour et 3000 voyageurs quotidiens, la relation Bordeaux - Bergerac combine un trafic soutenu et des modalités d'exploitation difficile : se greffant sur l'axe Paris - Bordeaux à Libourne, la ligne est à voie unique dotée du BAPR et comprend 6 évitements, assez sollicités du fait d'un montage de la desserte multipliant les croisements entre les circulations. La vitesse avait été réduite de 120 à 100 km/h du fait de l'état de l'infrastructure, et un risque d'abaissement à 60 voire 40 km/h planait à court terme faute d'investissement.

Les travaux portent sur 62 km de ligne et SNCF Réseau engage une suite rapide, habituellement engagée sur les grands axes structurants : conséquence du Contrat de (non-)Performance, le bilan économique de ces trains-usines conduit à les démobiliser de certains axes intermédiaires, au risque de devoir verser des pénalités aux entreprises pour leur immobilisation. SNCF Réseau cherche donc à les éviter en trouvant des points de repli pour maintenir l'activité des suites rapides, y compris sur des axes sur lesquelles elles peuvent se révéler assez mal à l'aise : Libourne - Bergerac comprend pas moins de 72 passages à niveau pour 62 km, ce qui explique en partie la productivité journalière relativement moyenne du chantier, par la multiplication des relevages du train au franchissement des routes, avec à la clé un recalage des équipements pour assurer la conformité de la pose de la voie.

240908_2200port-sainte-foy

Port Sainte Foy - 24 septembre 2008 - Brumes matinales sur la Dordogne : la composition aujourd'hui disparue composée de 2 X2200 encadrant une remorque XR6200 se glisse dans la lumière matinale. La composante touristique de cette ligne est évidente, malheureusement handicapée par une offre faible le week-end. Avec une infrastructure remise à neuf en septembre, de nouveaux espoirs ? (cliché X)

Les travaux s'achèveront en principe le 29 septembre, date à laquelle les trains pourront à nouveau circuler à la vitesse de fond de la ligne, soit 120 km/h. D'un coût de 83,9 M€, l'opération est financée d'abord par la Région (35,2 M€), l'Etat (27,3 M€), SNCF Réseau (14,7 M€) et les collectivités locales (6,7 M€). Le tour de table fut assez difficile à réunir car la première évaluation sommaire réalisée lors de la préparation du CPER tablait sur un coût (superficiel) de 45 M€. Au cours des études, il est apparu nécessaire d'effectuer des travaux plus conséquents qu'un simple changement de rails, de traverses et de ballast, pour attaquer une plateforme qui avait été maltraitée par le déficit d'entretien, notamment des fossés. Ou comment renchérir la pérennisation du réseau en croyant faire des économies (de bouts de chandelle)...

En attendant la fin des travaux en septembre, la desserte est assurée par autocars depuis Bordeaux et Mussidan, tandis qu'un service de 7 allers-retours ferroviaires est assuré de Sarlat à Périgueux, rabattant sur des trains Limoges / Brive - Périgueux - Bordeaux.

D'importantes potentialités à explorer

Axe à dominante périurbaine, fortement polarisé par les flux à destination de Bordeaux, Libourne - Bergerac est aussi une section au potentiel touristique assez évident. Ce maillon de la relation Bordeaux - Sarlat mêle patrimoine historique et architectural - Sarlat est une destination touristique réputée, les châteaux de la vallée de la Dordogne aussi sans compter Lascaux qui pourrait être accessible par une navette d'autocars - et gastronomique, entre truffe du Périgord et grands vins du bordelais (n'y a-t-il pas une gare à Saint Emilion ?). Autant dire que le potentiel de cette relation est important, justifiant à terme un renforcement de la desserte en heures creuses et le week-end.

Sur la partie périurbaine jusqu'à Bergerac, il faudra évaluer les conséquences de l'augmentation du trafic : la voie unique devient de plus en plus handicapante et la perspective de création de sections à double voie ne doit pas être écartée, de même qu'une réflexion sur l'électrification de l'exploitation et pas nécessairement de l'infrastructure au sens d'une caténaire continue sur l'ensemble du parcours...

Posté par ortferroviaire à 18:18 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,
28 janvier 2019

Limoges - Brive via St Yrieix : une solution innovante ?

Plusieurs élus étaient réunis en fin de semaine dernière pour envisager l'avenir de la liaison Limoges - Brive via Saint Yrieix, parallèle à la liaison principale via Uzerche sur l'axe POLT. Suite à un éboulement à Vignols Saint Saulve, la ligne est interrompue sur sa partie centrale et exploitée en deux tronçons distincts : Limoges - Saint Yrieix et Brive - Objat. Un scénario qui pourrait être pérennes mais que certains élus locaux voudraient temporaire afin de restaurer la continuité de la liaison.

Il fut question de train à hydrogène (comme si la motorisation du matériel roulant pouvait résoudre un problème structurel d'infrastructure obsolète) et d'une idée complètement novatrice, poussée par un député du Limousin qui semble assez intéressé par un BHNS qui pourrait être sur route... ou sur rails.

Un BHNS sur route, c'est un peu un pléonasme, parce qu'en principe un autobus circule sur une route (on passera rapidement sur le fait qu'il s'agirait plutôt d'autocars interurbains que d'autobus urbains)... mais un BHNS sur rails, jusqu'à plus ample information, il paraitrait qu'on appelle cela un autorail... bref un train !

Il serait donc intéressant de revenir aux éléments essentiels c'est à dire l'avenir de cette infrastructure ferroviaire. Le maintien de l'exploitation actuelle, officiellement provisoire, peut être une solution, avec une exploitation sous le régime de la navette entre Nexon et Saint Yrieix ainsi qu'entre Brive et Objat, qui offrirait des possibilités d'augmentation de l'offre sur les deux bassins versants de la ligne avec des moyens de production limités.

On sait par expérience que l'interruption définitive de la desserte sur une section centrale précédait l'élimination des deux branches subsistantes, car le plus souvent, il n'y avait aucune densification du service sur les sections maintenues. Qu'en serait-il avec une exploitation renforcée, avec 10 à 12 allers-retours entre Limoges et Saint Yrieix d'une part, entre Brive et Objat d'autre part ? Cependant, le devenir de la desserte des gares intermédiaires entre Saint Yrieix et Objat constitue une question préalable.

Ces sujets nous semblent nettement prioritaires avant de phosphorer sur des solutions techniques mises en avant d'abord pour des questions d'affichage et de concurrence entre territoires...

Posté par ortferroviaire à 15:53 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,
23 juin 2018

Bordeaux - Le Verdon : soigner le Médoc

C'est l'été alors intéressons-nous une nouvelle fois à l'une de ces lignes dont le trafic profite de la situation géographique littorale, même si dans le cas présent, cet aspect s'avère finalement très ponctuel puisqu'il ne concerne que la petite station de Soulac. La ligne du Verdon pourrait passer pour relativement anonyme mais son histoire est émaillée de singularités liées à l'activité portuaire bordelaise qui remonta l'estuaire de la Garonne pour éviter les encombrements de navigation au coeur de Bordeaux et surtout pouvoir recevoir des navires de plus en plus grands. C'est aussi l'histoire de la liaison transatlantique ; à l'époque où pour aller aux Amériques, il fallait prendre le bateau...

210418_81739le-verdon2

Le Verdon - 21 avril 2018 - Le B81739/40 vient de quitter la gare du Verdon pour Bordeaux et traverse la zone forestière. Sur cette section, la voie est récente et la caténaire mixe des poteaux standardisés et un ensemble fil de contact + suspension de type Midi. © transportrail

Aujourd'hui, la ligne du Verdon est peut-être à l'aube d'une nouvelle époque : il faudra se pencher sur le renouvellement de l'infrastructure - sujet critique puisque la ligne est classée UIC 7 à 9 -  et le devenir d'installations électriques plus qu'octogénaires... mais aussi sur son rôle dans la desserte de la métropole, d'où le choix de transportrail de coupler les dossiers consacrés à cette ligne à notre étude sur le développement d'une offre périurbaine de type RER sur l'étoile ferroviaire bordelaise.

Posté par ortferroviaire à 12:18 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,
16 avril 2018

Retour des trains à Royan

Alors que la question du maillage du territoire par le réseau ferroviaire est désormais véritablement au centre des débats, une réouverture après travaux sur une ligne UIC 7 à 9 : depuis le 13 avril, les TER circulent à nouveau sur Saintes - Royan après 4 mois de travaux, et quand le trafic n'est pas réduit à néant par la grève toujours en cours...

Au menu : renouvellement du rail et du ballast entre Saintes et Saujon, remplacement des traverses en bois par des traverses en béton entre Saujon et Royan, reprise de la plateforme sur 11 km avec assainissement et rénovation des ouvrages hydrauliques. La vitesse des trains sera rétablie à la vitesse nominale de 120 km/h. Cependant, des réservations ont été ménagées pour un relèvement à 140 km/h.

030217_81675+81689royan1

Royan - 3 février 2017 - A droite un TER en provenance de Niort. A gauche, un TER pour Angoulême. Royan a renoué avec ses trains sur une ligne renouvelée. Le confort de voyage en AGC s'en trouvera accru. © transportrail

Coût du chantier, 34,9 M€, financé aux deux tiers par la Région Nouvelle Aquitaine, le Département contribuant à 22,4% et SNCF Réseau à 11,4%.

Il n'est pas interdit de penser que la Région Nouvelle Aquitaine pourrait remettrre à plat la desserte des Charentes pour améliorer la connexion au TGV à Angoulême, afin de proposer un service plus conséquent de nature à reléguer au fond du placard une électrification des plus onéreuses (de l'ordre de 120 M€) soutenue par certains élus influents pour y amener quelques TGV en été. Dans la situation actuelle, il y a franchement plus important...

C'est l'occasion de relire notre dossier sur la desserte de Royan.

Posté par ortferroviaire à 20:47 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : ,
15 mars 2018

Limousin : 2 suspensions temporaires... pour l'instant

Inquiétude grandissante en Limousin sur le devenir des lignes de maillage ferroviaire : après la suspension des circulations entre Pompadour et Objat en raison d'un affaissement de remblai dans le secteur de Saint Solve, la majeure partie de la ligne Limoges - Angoulême, entre  Saillat et Angoulême, est interrompue depuis le 13 mars dernier en raison d'un défaut de géométrie de la voie. Cependant, les perspectives sont assez différentes dans les deux cas.

Limoges - Brive par Saint Yrieix devrait être coupée en deux sections par le milieu, selon la bonne vieille méthode traditionnelle, avec la suspension du trafic en décembre prochain entre Saint Yrieix la Perche et Objat et de fortes interrogations sur le devenir des deux sections préservées, notamment sur la viabilité de navettes Brive - Objat.

Limoges - Angoulême devrait échapper à ce scénario compte tenu de l'engagement de la Région Nouvelle Aquitaine à maintenir la desserte ferroviaire, mais avec probablement une période de vaches - très - maigres - le temps de réaliser les travaux de première urgence en attendant un programme plus conséquent pour lever les ralentissements. Cela tombe mal, la mise à 2x2 voies de la route nationale parallèle progresse (application du théorème « Pour le rail on réfléchit, pour la route on élargit »). A priori, les trains devraient être de retour mi-avril selon SNCF Réseau...

Posté par ortferroviaire à 14:49 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,