03 février 2015

Les chemins de fer russes plancheront sur les trains de nuit français

Etonnante déclaration du président des chemins de fer russes : il annonce un partenariat avec la SNCF, à la demande de celle-ci, pour travailler au devenir des trains de nuit en France, et met en avant l'expérience des RZD dans le domaine et sur des relations parfois étalées sur plusieurs jours.

Les RZD viennent déjà en France, avec le célèbre aller-retour Nice - Moscou (32 heures de voyage) et qui connaît un certain succès - mais pour une clientèle aisée qui n'est pas tout à fait la même que celle des liaisons comme Paris - Briançon ou Metz - Port Bou - et depuis le 27 janvier dernier, sur une relation trihebdomadaire Paris - Moscou indépendante, puisque le Paris - Berlin auquel elle était rattachée a été supprimé. Les relations sont assurées par du matériel neuf produit par Siemens sur la base des voitures de la gamme Viaggio. Le temps de parcours de Paris à Moscou est tout de même de 37 à 38h pour un coût de 327 à 1154 €.

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Une des voitures Viagio produite par Siemens pour les chemins de fer russes, munies de bogies à écartement variable pour circulation sur les lignes à écartement normal et large du réseau russe. (cliché X)

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26 janvier 2015

Trains de nuit : réduction d'offre entre l'Est et la Méditerranée

Dans son dernier communiqué, la FNAUT interpelle le ministère des transports, autorité organisatrice des liaisons nationales, sur la nouvelle réduction de l'offre de trains de nuit : depuis le 14 décembre dernier, les liaisons Strasbourg / Metz - Dijon - Nice / Port Bou ne circule plus que du vendredi au dimanche alors qu'elles étaient auparavant quotidiennes. En outre, la branche de Strasbourg est désormais tracée via Chalindrey, en raison de travaux entre Besançon et Belfort, ce qui allonge le temps de parcours (arrivée plus tardive) et augmente les tarifs. Pris dans la tenaille des prix jugés trop élevés, de l'offre TGV et du vieillissement du matériel, les trains de nuit sont dans la tourmente.

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23 janvier 2015

Picardie : les Régiolis sur Paris - Boulogne

Face au vieillissement des BB67400 assurant la traction entre Amiens et Boulogne de ces trains Intercités, la SNCF et la Région Picardie ont convenu d'un accord pour engager rapidement le renouvellement du matériel de ces trains qui complètent l'offre Paris - Amiens qui est assurée évidemment en traction électrique avec des BB15000 et des BB22200.

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Port le Grand - 28 avril 2013 - La BB67600, un peu défraichie, emmène un Intercités sur l'axe Paris - Boulogne entre Abbeville et Noyelles. Les Régiolis vont venir diminuer les prestations de ces machines essoufflées.© transportrail

En attendant les affectations de Régiolis commandés par l'Etat au titre des Trains d'Equilibre du Territoire, ce sont les rames commandées par la Région Picardie pour les relations TER qui sont engagées ainsi que quelques rames Basse-Normandie louées temporairement par Intercités. Etrange mécanique qui semble répondre à une logique d'urgence...

D'une capacité de 316 places en unité simple soit 632 en rame double, elles offrent moins de places assises que les rames de 9 voitures Corail (732 places). Aussi sont-elles engagées sur des trains de journée moins fréquentés. Pour l'instant, 2 allers-retours sont prévus du lundi au samedi.

  • 2013 Paris Nord 10h35 - Boulogne sur mer 13h01
  • 2035 Paris Nord 19h31 - Boulogne sur mer 22h01
  • 2008 Boulogne sur mer 6h53 - Paris Nord 9h29
  • 2026 Boulogne sur mer 14h57 - Paris Nord 17h29

Le dimanche, une seule rotation est assurée : 2014 Boulogne sur mer 9h59 - Paris Nord 12h29 et retour au 2017 Paris Nord 13h17 - Boulogne sur mer 16h31.

L'emploi des Régiolis mieux motorisés et surtout l'abolition du relais traction d'Amiens procure au total un gain de temps de l'ordre de 16 minutes par rapport aux horaires du service 2014.

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Thello lance 2 liaisons Nice - Milan

Le 12 avril prochain, Thello augmentera sa desserte sur le littoral méditerranéen avec la création de 2 allers-retours Nice - Milan complétant la rotation journalière sur Marseille. Les trains quitteront Nice à 8h09 et 14h09 et dans l'autre sens partiront de Milan à 7h05 et 11h10, ce qui procurera au départ de Nice trois liaisons quotidiennes matin, midi et soir, vers Milan. Ces trains seront assurés avec le même matériel Treinitalia que la liaison sur Marseille.

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Bordeaux - Lyon en autocar

Avant même l'adotion de la loi Macron pour essayer de ranimer l'électrocardiogramme décidément bien plat de la croissance française, les transporteurs routiers se positionnent sur le marche. Première fléchée envoyée par Starshipper qui proposera dès la fin février une liaison Lyon - Bordeaux en 7h30, c'est à dire aussi rapide que ne le faisait le train quand il existait, pour 27 €. Un marché d'autant plus facile à conquérir que le ferroviaire a démissionné sur cette liaison.

Il reste encore possible de relier directement les deux villes avec un aller-retour de TGV, via Montpellier et Toulouse, en 6h13 (Lyon Part Dieu 16h10 - Bordeaux Saint Jean 22h23 et Bordeaux Saint Jean 8h38 - Lyon Part Dieu 14h52), pour la modique somme de 93 à 115 €. D'autres combinaisons sont possibles, toujours par TGV, mais il faudra transiter par Massy, Saint Pierre des Corps ou Toulouse...

On ne reverra pas de sitôt un train classique au travers du Massif Central, puisque l'autocar aura capté la clientèle moins sensible au temps de parcours, et surtout, aura ratissé les liaisons intermédiaires comme Lyon - Limoges ou Bordeaux - Clermont Ferrand.

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20 janvier 2015

Poitiers - Limoges : la Région Centre monte au créneau

La Région Centre appuiera un recours au Conseil d'Etat qui sera déposé par des conseillers régionaux, probablement issus du Département de l'Indre, contre la DUP accordée à la LGV Poitiers - Limoges. Jugeant cette DUP contraire aux avis du Conseil d'Etat et de la Commission Mobilités 21, la Région rappelle les investissements mis en oeuvre sur la ligne classique, le POLT, afin de la moderniser. La Région souhaite d'ailleurs s'engager sur la poursuite de cette rénovation via le nouveau Contrat de Plan Etat-Région.

La prise de position de la Région Centre est plus que logique puisque la Sologne et le Berry seraient les principaux perdants si la LGV Poitiers - Limoges était réellement mise en service. En effet, les études socio-économiques considèrent que le report de la liaison Paris - Limoges via Poitiers ne peut être "amortissable" qu'à condition de purger radicalement l'offre classique via Châteauroux. Comprenant actuellement 11 relations par jour, il faudrait tomber à 4 allers-retours pour que le trafic sur la LGV soit suffisamment conséquent. Ou comment accentuer le déménagement du territoire...

Et encore, c'est probablement sans compter sur l'effet du niveau des péages sur la LGV, qui pourrait entraîner un réajustement in fine de l'offre réelle sur la ligne nouvelle, puisque les péages sur la LN2 seront majorés (pour financer les travaux de réaménagement de l'entrée de la gare Montparnasse notamment) et ceux de SEA devront amortir d'une part le coût de la ligne (7 MM€) supporté par le PPP et sa maintenance, sachant que l'entretien d'une ligne à 320 km/h se révèle 20% plus cher qu'une ligne à 300 km/h. Aussi, on ne peut écarter que dans un scénario de réalisation effective de Poitiers - Limoges, l'opérateur historique propose moins de TGV via Poitiers que de TET actuels via Châteauroux, et dans ce cas, le Limousin serait aussi perdant.

Bref, la Région Centre semble tenir une posture courageuse dans cette affaire. La FNAUT déposera elle aussi un recours contre la DUP de la LGV Poitiers - Limoges. Suite au prochain épisode.

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19 janvier 2015

Paris - Bordeaux : un Corail dès le printemps

Surprise de ce début d'année, la SNCF annonce la mise en place, le samedi et le dimanche, d'un aller-retour Intercités en rame Corail sur la relation Paris Austerlitz - Bordeaux Saint Jean à compter du mois d'avril prochain. Le train quittera Paris à 6h58 pour atteindre Bordeaux à 11h36, soit un temps de parcours de 4h38. Au retour, en quittant Bordeaux à 18h30, les voyageurs arriveront à Paris à 22h49 soit un temps de parcours 4h29. La politique d'arrêt n'est pas encore connue mais on peut supposer que ce train desservira a minima Les Aubrais, Saint Pierre des Corps, Poitiers et Angoulême.

A l'heure où se prépare la desserte TGV Atlantique 2017 avec l'ouverture des LGV SEA et BPL, la SNCF serait-elle en train de préparer des contre-feux pour répondre à une demande à petits prix qui ne pourrait se satisfaire des rares places Prem's sur les TGV enpruntant la ligne nouvelle, ni du temps de parcours et de l'inconfort d'un éventuel autocar sur l'A10 ?

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12 janvier 2015

Poitiers - Limoges : la DUP honteuse

Que peut bien faire un Premier ministre de la République française un dimanche matin, après avoir pris son petit déjeuner et avant d’aller accueillir plus de 50 chefs d’Etats avant d’aller défiler contre le terrorisme et l’intolérance ? Tout simplement signer la Déclaration d’Utilité Publique de la LGV Poitiers – Limoges…

Signée le dimanche 11 janvier, la DUP de Poitiers – Limoges ne peut en aucun cas être considérée comme anodine, d’autant plus que Manuel Valls et Ségolène Royal ont ajouté le qualificatif « urgent » au lancement des travaux.

A elle seule, cette signature balaie les discours répétés depuis des mois par les gouvernements successifs et les présidents des EPIC ferroviaires sur la priorité accordée aux transports du quotidien et la rupture avec le tout-TGV. Les discours d’un côté, les actes de l’autre : une telle schizophrénie est un cas d’école.

Pire, il faudrait s’intéresser à la légalité de cette signature alors que le Conseil d’Etat a rendu un premier avis fermement négatif sur ce projet dont l’utilité est loin d’être avérée. Le récent rapport de la Cour des Comptes n’avait pas non plus manqué de citer en exemple ce projet parmi les plus nocifs pour le système ferroviaire, la gestion de la dette et l’aménagement du territoire.

Cette signature semble devoir répondre à une logique clientéliste, au début d’une année électorale chargée qui s’annonce plus que difficile pour l’actuelle majorité.

Pourtant, rappelons-le, le Conseil d’Etat, gardien du fonctionnement des institutions, avait sévèrement rejeté le projet. Cet organe de la République, lointain descendant du Conseil du Roi instauré par Louis XIV qui se méfiait des dérives son administration, saura-t-il – pourra-t-il – réagir ? Louis XIV, lui, suivait l’avis de son Conseil…

Il fallait absolument signer la DUP avant le 12 janvier 2015 pour ne pas envoyer définitivement aux oubliettes le projet actuel. De la sorte, le gouvernement agit par faiblesse – hypocrisie ? lâcheté ? – en attendant une saisine du Conseil d’Etat en annulation de la DUP puisque politiquement, renier Poitiers – Limoges serait un symbole manifestement trop lourd à porter dans une année de scrutins départementaux et régionaux. On est décidément bien loin d’une posture responsable…

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16 décembre 2014

Marseille - Milan : Thello se lance sur les liaisons de jour

Depuis dimanche, Thello assure un aller-retour de jour entre Marseille et Milan, liaison disparue de longue date avec l'ancien TEE Ligure, circulant de 1957 à 1982. Quittant Marseille à 15h30, c'est à 22h50 que le train atteint la gare centrale de Milan après un trajet de 7h20, contre 6h en voiture. En sens inverse, quittant Milan à 15h10, c'est à 22h29 que Thello atteint Marseille. Deux rames sont utilisées, de 7 à 9 voitures, issues du parc classique de Trenitalia, mais en arborant les couleurs de Thello. Le dimensionnement du parc laisse présager de possibles développement moyennant l'obtention de meilleurs sillons. Des liaisons Nice - Milan sont envisagés en complément de cette rotation sur Marseille.

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Marseille Saint Charles - 14 décembre 2014 - Une fois de plus, Thello recourt à des BB36000 pour assurer la traction de ses trains franco-italiens. Cependant, pour l'instant, un relais traction reste prévu à Vintimille. Leur transformation en 36300 aptes à circuler en Italie serait souhaitable de même que l'installation de la réversibilité puisque les rames italiennes utilisées comprennent une voiture pilote. © R. Douté

Thello rappelle les contraintes de l'exploitation ferroviaire sur le littoral azuréen pour expliquer ce temps de parcours, qui s'avère néanmoins un net progrès par rapport à la situation antérieure avec correspondance à Vintimille. Il est toutefois à rappeler que 7h20 était le temps de parcours en 1957 avec les autorails Breda ALn442-448 et que le meilleur temps en 1977 était de l'ordre de 6h30.

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02 décembre 2014

Poitiers - Limoges : stop ou encore ?

Le feuilleton continue. Après que le Président de la République ait reçu et assuré de son soutien des élus mobilisés pour le projet de LGV Poitiers - Limoges, et alors même que la Déclaration d'Utilité Publique doit être signée avant le 12 janvier prochain au plus tard, la question de l'arrêt du projet Poitiers - Limoges est plus que jamais d'actualité. Considéré non prioritaire par la Commission Mobilités 21 et objet de critiques dans le petit monde ferroviaire, la LGV Poitiers - Limoges est à son tour visé par le Conseil d'Etat qui pourrait bloquer la DUP compte tenu de l'analyse du projet et surtout de son bilan socio-économique négatif, en résumé, un projet générateur de dette pour la collectivité.

Or le corps technique de l'Etat peut-il aller contre une LGV qui a encore tout récemment reçu le soutien de l'Elysée. C'est possible, mais on ne peut écarter une solution de défaussement : parvenir à signer la DUP avant le 12 janvier pour afficher le symbole (peu importe la réalité des coûts, c'est la comm' qui compte) et la faire casser par le Conseil d'Etat (qui endosserait au passage le rôle de "vilain bougre"). La Cour des Comptes pourra aussi en faire ses choux gras... les émissions et journaux satiriques aussi, sur les incapacités décisionnelles au sommet de l'Etat qui sont de moins en moins dissimulables...

 

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