17 mai 2019

Paris - Belfort : du prestige à l'aménagement du territoire

Voilà longtemps que nous avions commencé à plancher sur cet axe - en principe - connu de tous les amateurs, parce qu'il a accueilli de grandes séries de locomotives à vapeur de vitesse, avec les imposantes 241A et 241P, parce qu'il a été un des premiers terrains pour les TEE incarnant la construction de l'Europe ferroviaire et parce qu'il a été le bastion des CC72000 pendant plus de 40 ans. Dernière grande radiale n'étant pas encore totalement électrifiée, celle qu'on appelle encore Ligne 4, n'est plus l'axe prestigieux qu'elle a jadis été. La desserte voyageurs est intégralement passée sous la coupe de la Région Grand Est, qui a mué le service Intercités en une longue relation au service du réseau de petites et moyennes agglomérations entre l'Ile de France et le Territoire de Belfort, et restauré un accès direct à Mulhouse.

Les travaux d'électrification ont débuté entre Gretz-Armainvilliers et Troyes : une opération d'inspiration très politique, contrepartie à des financements régionaux sur le développement du réseau à grande vitesse, bénéficiant surtout à l'Ile de France pour traiter des problèmes capacitaires sur la relation Paris - Provins... et l'épineuse question de la desserte de Bry-Villiers-Champigny du Grand Paris Express.

En revanche, à l'autre bout de la ligne, la ligne a besoin d'investissements conséquents, entre une voie bien usée et une signalisation obsolète (quoique suffisante pour écouler 5 allers-retours voyageurs et quelques trains de fret très épisodiques), et, qui sait, s'il fallait trouver un itinéraire pour le fret à grand gabarit, peut-être que cette grande radiale à faible trafic, et comprenant surtout peu de tunnels, pourrait trouver un nouveau souffle...

transportrail vous emmène donc sur Paris - Belfort !

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02 avril 2019

TGV Intersecteurs : les conséquences de Ouigo

On ne peut nier que le développement des infrastructures à grande vitesse et leur usage relèvent d'abord d'une logique radiale dans la grande tradition française centralisatrice, une sorte de nouvelle étoile de Legrand. Néanmoins, depuis près de 30 ans, l'offre TGV s'est enrichie de liaisons tantôt qualifiées de province-province ou d'Intersecteurs, destinées à relier les grandes agglomérations entre elles en évitant le transit entre les gares parisiennes. Relier Lille et Lyon en 3 heures est un mérite du système TGV au moins aussi important que de mettre Marseille à même distance-temps de la capitale. Elles concourent ainsi à la mise en réseau des grandes agglomérations, avec une propension non dissimulée à graviter autour de Lyon.

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Couzon au Mont d'Or - 9 avril 2012 - Les TGV Intersecteurs doivent apprécier la bonne cuisine lyonnaise compte tenu de leur organisation largement organisée autour du noeud de Lyon Part-Dieu. La rame PSE62 franchir la gare de Couzon et franchira la Saône après avoir longé une des plus célèbres tables françaises... © transportrail

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Lyon - Tranchée des Hirondelles - Août 2005 - Les TGV Duplex ont progressivement mis la main sur les liaisons Intersecteurs... et bien évidemment, la SNCF a misé sur leur plus grande capacité pour réduire la voilure sur les dessertes. Depuis, Ouigo a rendu encore moins lisible ces offres ! © transportrail

Ces relations transitent par l'Ile de France, en utilisant soit la Grande Ceinture au sud de Paris pour relier les LGV Sud-Est et Atlantique (ce qui leur vaut d'être plus structurante pour la trame horaire nationale que les liaisons radiales) et la ligne nouvelle dite d'interconnexion pour accéder aux LGV Nord et Est.

En ce cens, ces relations ont un autre mérite : celui de ne pas cantonner la desserte nationale de l'Ile de France aux seules gares situées au coeur de Paris. Massy-Palaiseau, Marne la Vallée, et l'aéroport de Roissy, gares auxquelles il faut ajouter plus marginalement Versailles Chantiers et Mantes la Jolie, proposent une solution alternative, le plus souvent bien maillée avec les lignes structurantes d'Ile de France. Mixer des flux radiaux et transversaux est ainsi une grande force de ces relations.

Cependant, la stratégie de la SNCF engagée ces dernières années, et notamment le tournant du transport à grande vitesse à bas coût incarné par Ouigo, a fortement remis en question ces dessertes. Misant d'abord sur les gares périphériques, surtout en Ile de France, afin de réduire le coût du sillon, Ouigo a commencé par cannibaliser l'offre TGV Intersecteurs préexistante. Cette reconversion ponctuelle de sillons n'a pas été sans conséquence sur l'équilibre des dessertes avec une dégradation de la lisibilité de la consistance du service et de son tarif. Ouigo s'attaque désormais aux liaisons radiales depuis les gares centrales, avec les mêmes conséquences.

Les sillons transversaux n'ont-ils donc d'avenir qu'à convertir au low-cost ? Les relations Intersecteurs ne sont-elles destinées qu'à proposer aux familles un trajet à coût réduit vers le parc Disneyland (interrogation volontairement caricaturale) ?

Dans ce nouveau dossier de transportrail, qui s'inscrit dans le prolongement de nos réserves sur la stratégie de segmentation par l'horaire entre InOui et Ouigo, nous nous penchons sur ce que pourrait être une remise à plat de la desserte à grande vitesse sur ces liaisons transversales, avec en ligne de mire la constitution de lots techniquement indépendants, bien que pouvant être physiquement superposés, dans la perspective d'un marché ouvert, que ce soit dans une logique d'open-access ou d'une système contractualisé avec l'Etat.

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24 mars 2019

Nantes - Bordeaux : le début de la renaissance ?

76 km de ligne, 172 km de rail, 120 000 tonnes de ballast, 136 000 traverses, 88 M€ : ce sont en résumé les 4 chiffres à retenir du renouvellement de la section Nantes - La Roche sur Yon, engagé en janvier dernier et qui devrait s'achever en juin. L'opération est financée sur fonds propres de SNCF Réseau, via le Contrat de Performance, puisque c'est la seule section de la transversale Nantes - Bordeaux à être considérée comme du réseau structurant, classée groupe 6 dans ce qui est improprement appelé classification UIC. C'est aussi la section la mieux équipée, électrifiée en 25 kV, dotée du Block Automatique Lumineux jusqu'à Clisson et du BAPR au-delà.

Nantes - La Roche sur Yon constitue la première étape de modernisation de la transversale Nantes - Bordeaux. L'année prochaine, les 103 km entre La Roche sur Yon et La Rochelle seront fermés. La voie est particulièrement dégradée, imposant depuis 4 ans un ralentissement à 60 km/h sur une zone à 110 / 130 km/h coûtant plus de 50 minutes. La signalisation n'est guère meilleure, l'antique Block Manuel régional Nantes-Bordeaux étant maintenu a minima. La solution retenue fait couler beaucoup d'encre et de salive : SNCF Réseau renouvellera une seule voie, dotée de 2 évitements à Luçon et Marans, solution amplement suffisante pour écouler les 4 allers-retours existants, et jusqu'à 4 fois plus de circulations avec l'usage d'un seul point de croisment. Autant dire que le retour de la deuxième voie n'est pas pour demain : il faudrait en outre mobiliser 100 M€ de plus sachant que les 138 M€ de l'opération qui sera engagée l'an prochain ont été obtenus in extremis. La Roche sur Yon - La Rochelle sera en outre la première application de NExT Regio, une évolution du BAPR, en technologie numérique, avec télécommande par fibre optique de la ligne depuis le poste informatisé existant de La Roche sur Yon.

Plus au sud, la situation devient particulièrement critique et les ralentissements à 60 km/h entre Beillant et Saint Mariens prolifèrent. SNCF Réseau devrait profiter de la fermeture de 15 mois entre La Roche sur Yon et La Rochelle pour réaliser des travaux dans cette zone, afin de retrouver les performances nominales et ainsi pouvoir revenir à une liaison Nantes - Bordeaux en 3h45 à 3h50, tirant profit des aptitudes du Coradia Liner. De son côté, la Région Nouvelle Aquitaine planifie déjà pour 2021 des développements d'offre sur les relations Intervilles Bordeaux - Saintes - La Rochelle et sur la desserte périurbaine jusqu'à Saint Mariens, avec dans ce cas la contrainte d'une exploitation tendue par l'absence de voie de terminus, qu'il faudra intégrer à terme (avec une opportunité qui semble se profiler à moyen terme, les postes d'aiguillage de Saint Mariens étant à renouveler d'ici 5 à 7 ans...)

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Viaduc de Cubzac les Ponts - 21 octobre 2018 - Vu grâce à un drône, le viaduc de Cubzac dans toute sa splendeur : l'UM de Coradia Liner apparaît minuscule sur cet ouvrage de plus de 2 km. Sa rénovation sera un morceau de choix des travaux à mener sur la transversale dans la décennie à venir. Et la Région s'interroge sur l'électrification de la section Bordeaux - Saint Mariens... © A. Querleau

Ces travaux sont d'autant plus nécessaires que Nantes - Bordeaux, comme Nantes - Lyon, fait l'objet de l'appel d'offres pour l'exploitation de ces deux transversales, se partageant le même matériel entretenu à Nantes : les potentiels candidats surveillent logiquement de près l'évolution de l'infrastructure pour élaborer leurs propositions et notamment une nécessaire augmentation du nombre de relations...

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15 mars 2019

Nîmes-Manduel TGV : le salut de la gare Montpellier Sud de France

En décembre 2019, la nouvelle gare de Nîmes-Manduel située au croisement de la LGV Méditerranée, du Contournement de Nîmes et Montpellier et de la ligne classique Tarascon - Narbonne sera ouverte... mais pas totalement achevée prévient SNCF Réseau compte tenu des délais très resserrés et des intempéries qui ont impacté l'avancement des travaux.

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Nîmes - 30 décembre 2014 - Avec la mise en service de la gare TGV de Nîmes-Manduel connectée au réseau classique, le transport régional devait pouvoir profiter de la capacité libérée pour renforcer la desserte du littoral, et notamment pour les relations entre Nîmes et Montpellier et leurs besoins périurbains. © E. Fouvreaux

A cette occasion, la desserte nationale sera remaniée sur l'arc languedocien. Les Intercités Bordeaux - Marseille seront à nouveau tous tracés par les gares centrales de Nîmes et Montpellier, mettant fin à la situation transitoire peu cohérente avec les 2 relations rapides tracés par CNM... mais à 140 km/h seulement puisque l'homologation de rames tractées à 160 km/h n'avait pas été demandée !

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Montpellier Sud de France - août 2018 - Un quart de l'offre voyageurs sur ce seul cliché ! La BB22325 assure l'Intercités Marseille - Bordeaux. Les 2 allers-retours rapides de cette relation doivent se contenter d'une vitesse de 140 km/h. Ils reviendront dans les gares historiques dès le mois de décembre 2019 pour le service annuel 2020. (cliché X)

Du côté des TGV et des Ouigo, la nouvelle offre sera assez équilibrée puisque les deux gares nouvelles languedociennes disposeront de 24 arrêts par jour, tandis que les gares centrales historiques en conserveront 26.

La connexion de la nouvelle gare de Nîmes-Manduel au réseau classique fera assurément la différence : elle sera desservie par 44 TER Occitanie, c'est à dire l'intégralité des trains circulations régionales sur la section Tarascon - Nîmes. En revanche, la connexion de la gare de Montpellier Sud de France reste toujours aussi précaire, dans l'attente du prolongement de la ligne T1 des tramways depuis l'actuel terminus Odysseum.

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10 mars 2019

Toulouse - Bayonne : Coradia Liner en vue

A partir du 29 avril et jusqu'au 26 juillet, la SNCF va introduire 9 nouvelles rames Coradia Liner sur la relation Toulouse - Bayonne dont les 4 allers-retours abandonneront les rames tractées de voitures Corail associées aux BB7200 pour une nouvelle version de cette automotrice déclinée du Régiolis d'Alstom. En effet, comme le précise le site Actu TER Occitanie, il s'agira de rames de 4 caisses avec l'aménagement intérieur dérivé des rames déjà introduites sur Paris - Mulhouse, Nantes - Lyon et Nantes - Bordeaux. Ces 9 nouvelles rames seront uniquement électriques mais leur capacité a de quoi poser question : 173 places seulement dont 23 en 1ère classe. L'exploitation est prévue en unité simple du lundi au vendredi et en UM2 les samedis et dimanches, ce qui semble assez peu compatible avec les besoins du vendredi et du lundi, liés aux étudiants et scolaires des internats.

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Saint Julien sur Garonne - 6 janvier 2017 - C'est bientôt la fin pour le couple 7200 - Corail sur la transversale pyrénéenne... mais les nouvelles automotrices annoncées seront-elles assez capacitaires ? Une énième version du Régiolis / Coradia Liner va être développée pour les 9 rames affectées à la relation Toulouse - Bayonne. © S. Costes

Sur le plan économique, la faible capacité de ces rames fait évidemment bondir le prix à la place. A environ 8 M€ la rame, le prix de la rame à la place offerte revient tout de même à 46 242 €. En comparaison, la version régionale de 220 places atteint un coût de 36 363 € : un bel écart de 27% qu'il faudra assurément compenser par des circulations en UM2 en semaine puisque la capacité proposée par une seule rame correspond à l'équivalent de 2 voitures Corail, pour des trains qui en comportaient a minima le double. A défaut de pouvoir envisager des Régiolis à 6 caisses (incompatibles avec les installations de maintenance de Toulouse), il va certainement falloir recourir aux UM2 a minima le vendredi et le lundi.

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14 février 2019

TET : les incohérences de la Cour des Comptes

Dans son rapport général 2019, la Cour des Comptes épingle la gestion des Trains d’Equilibre du Territoire et la convention entre l’Etat et SNCF Mobilités (voir le chapitre du rapport). En résumé, plutôt que d’inciter l’Etat à mieux exercer sa mission, la Cour des Comptes propose de l’abandonner au profit d’une exploitation aux risques et périls du transporteur et assurément de l’existence de ces offres : compte tenu de la propension de l’opérateur français à élaguer ses services (il suffit de voir ce qui se passe sur les liaisons TGV), nul doute que des relations dont les recettes couvrent en moyenne 70% des charges (163 M€ de déficit en 2017) seraient elles aussi passées à la moulinette…

Parmi les arguments curieux de la Cour des Comptes, assez mal inspirée, citons pêle-mêle la propension de ces trains aux retards et annulations et les subventions aux Régions dans le cadre du transfert de la gestion des lignes du Bassin Parisien. Justifications d’autant moins compréhensibles qu’on cherche le lien entre la qualité du service et le statut des lignes (convention ou open-access).

Notons aussi que le conventionnement des trains n’est pas une spécificité franco-française : certaines liaisons interurbaines exploitées aux Etats Unis par AMTRAK sont elles aussi en partie subventionnées. Si même le plus libéral des pays s’abaisse à ces pratiques…

La Cour des Comptes a été jusque très récemment plutôt favorable au transfert de compétence aux Régions (voir notre dossier). Sauf à vouloir aller à l’affrontement politique avec les Régions (on n’est plus à ça près), cet expédient n’est pas envisageable sans application de mesures d’accompagnement (notamment financières). Comble de l’absurde, la Cour propose dans son dernier rapport de continuer à transférer des lignes : Nantes – Lyon, Nantes – Bordeaux et Toulouse – Bayonne. Mais à quelle Région ? A la rigueur, il aurait été plus judicieux de suggérer un Groupement d’Intérêt Economique entre Régions, mais cela n’a manifestement pas effleuré des « sages » mal inspirés.

La ministre des Transports a rapidement réagi : « On ne peut pas avoir que des approches comptables : il y a aussi des enjeux d’aménagement du territoire ». L’air de dire : « La vérité n’est pas que dans un tableau Excel ».

Ceci dit, l’Etat n’est pas à l’abri de critiques légitimes dans sa façon d’exercer son rôle d’autorité organisatrice sur ces relations, dans son suivi de la production ou par exemple dans le pilotage du renouvellement du matériel roulant sur Paris – Clermont-Ferrand, Paris – Toulouse et Bordeaux – Marseille…

Plutôt que d’inciter l’Etat à mieux assurer sa mission d’autorité organisatrice, à renforcer le contrôle des prestations de l’opérateur et – soyons fous – tirer profit de l’ouverture à la concurrence pour comparer les offres des candidats et améliorer la consistance de la desserte, la Cour semble avoir sombré dans la facilité : comme disait Talleyrand, « tout ce qui est excessif est insignifiant »…

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24 janvier 2019

Pour une relance des trains de nuit

En ce début d'année, nous ne manquons pas à transportrail l'occasion de nous remettre à l'ouvrage sur le dossier des trains de nuit. Idéalistes, nous ? Non, peut-être tout simplement empreints d'une volonté pragmatique d'examiner sereinement et objectivement un marché mis à mal au-delà des conséquences logiques du développement du TGV raccourcissant les distances... mais pas partout.

Puisque l'Etat semble - du bout des doigts - vouloir amorcer un début d'ouverture du marché longue distance à la concurrence avec 2 liaisons diurnes, voici quelques idées pour structurer un renouveau des trains de nuit en ciblant évidemment la mer et la montagne, depuis Paris mais aussi sur quelques liaisons transversales dans le but de compléter l'amplitude du service des liaisons diurnes, et esquisser une vision européenne dans une stratégie bas carbone qui commencerait à réorienter - très - progressivement une partie du trafic aérien de moyenne distance vers des modes terrrestres.

Mais une première question déterminante apparaît immédiatement : le train de nuit doit-il comme aujourd'hui être une activité sous contrat avec une autorité organisatrice (ici l'Etat), ou en open-access aux risques et périls de l'opérateur ? La première option s'inscrit en continuité de la situation actuelle en France. La seconde s'inspire de la situation des ÖBB en Allemagne. Reste une troisième voie (que certains qualifieront ironiquement de macronienne) : c'est la théorie du «  en même temps », qui consisterait en une contractualisation ayant pour objectif de réduire la contribution de l'Etat, afin de soutenir l'activité.

La deuxième question est liée à la capacité du réseau ferroviaire français la nuit, puisque la maintenance, encouragée par un contrat de (non-) performance, a tendance à oublier que - de temps en temps - il faut bien laisser passer quelques trains... Evidemment, avec des plages de travaux de 6 à 8 heures la nuit, non seulement le fret se retrouve quasiment interdit de séjour, mais le train de nuit rejoint de cortège des bannis du rail.

Allez, soyons fous et jetons les bases raisonnablement ambitieuse de ce que pourrait être une relance des trains de nuit. Bonne lecture !

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09 janvier 2019

L'Etat ouvre le marché TET sur 2 lignes

Les liaisons TET Nantes - Lyon et Nantes - Bordeaux constituent le premier lot que l'Etat mettra en appel d'offres l'année prochaine. Venant de bénéficier du renouvellement du matériel roulant avec des Coradia Liner B85000, l'Etat intègre aussi dans son calendrier la période de trois ans qui débute ces prochains jours, marquée par l'accumulation d'importants chantiers de renouvellement sur Nantes - Bordeaux. Cette année, la section Nantes - La Roche sur Yon va bénéficier d'un renouvellement complet de la voie. En 2020, débuteront les travaux de modernisation entre La Roche sur Yon et La Rochelle, avec nouvelle signalisation et mise à voie unique moyennant 2 évitements (Luçon et Marans), largement suffisants pour écouler l'offre actuelle... fut-elle quadruplée. Dans l'ombre de cette opération (réalisée en ligne fermée), SNCF Réseau essaie d'intégrer le renouvellement de la section Beillant - Saint Mariens où les ralentissements n'en finissent pas de tomber. Dans ce schéma, la relation Nantes - Bordeaux devrait circuler sur une infrastructure un peu plus pérenne. Sur l'axe Nantes - Lyon, la section sensible, entre Saint Germain au mont d'Or et Saint Germain des Fossés est a priori à l'abri de mauvaises nouvelles, avec des engagements de SNCF Réseau, notamment sur la section L'Arbresle - Le Coteau classée UIC 7.

Aussi, le nouveau contrat ne débutera qu'en 2022 sur ces deux lignes.

De cet appel d'offres, il faut d'abord espérer qu'il se place dans un meilleur état d'esprit que celui qui a prévalu lors de l'appel à manifestation d'intérêt pour les trains de nuit, sur lequel tout avait été à peu près fait pour qu'il échoue. Il importe notamment de laisser aux candidats le soin de se distinguer par la consistance de l'offre et les services aux voyageurs qu'ils soumettront à évaluation. La note financière sera évidemment importante, et il faut espérer que la stratégie de l'Etat privilégie un budget globalement constant pour envisager une amélioration du service dans cette enveloppe. Rappelons quand même que le rapport de la Commision Avenir des TET dirigée par l'incontournable député Philippe Duron suggérait 4 allers-retours sur des Rennes - Bordeaux et Nantes - Lyon. Espérons que les candidats s'en souviennent (sinon, transportrail aura modestement contribué à leur rafraîchir la mémoire...).

Il y a quand même une question délicate : ces deux relations forment un ensemble homogène parce qu'aujourd'hui les B85000 sont entretenus par le même technicentre de Nantes. A supposer que la SNCF ne remporte pas l'appel d'offres, il faudrait que le nouvel opérateur se dote de son propre atelier aux abords de la gare de Nantes (donc probablement sur le site de Blottereau, juste à côté du technicentre SNCF), ou qu'il compose avec ce technicentre SNCF, soit par un contrat de maintenance, soit en considérant qu'il s'agit d'une facilité essentielle d'accès au réseau... éléments qui sont en principe du ressort de SNCF Réseau et non pas de SNCF Mobilités. Néanmoins, quel que soit le périmètre, cette question se serait inéluctablement posée pour l'ensemble des relations TET...

13 décembre 2018

Paris - Montluçon : fin de la liaison directe

Le service annuel 2019, entré en vigueur dimanche dernier, a mis fin à la relation Paris - Montluçon.

La relation, comme les autres Intercités en Région Centre, est en cours de transfert de l'Etat à la Région. L'accord, conclu en fin d'année 2016, prévoit que l'Etat assume le déficit de ces trains jusqu'en 2019. A partir de 2020, selon un schéma dégressif, la charge sera supportée par la Région, qui a déjà apposé sa marque sur le matériel roulant.

Les deux allers-retours Paris - Montluçon sont désormais limités au parcours Paris - Bourges. Une correspondance est assurée avec les 3 nouvelles rames Coradia Liner dont l'acquisition a été financée par l'Etat, au titre du transfert de compétence.

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Vallon en Sully - 12 mars 2010 - Image désormais révolue d'un Intercités Paris - Montluçon approchant de la gare de Vallon en Sully. Néanmoins, l'autre sujet sensible qui devient de plus en plus pressant, c'est évidemment l'état de l'infrastructure. © transportrail

Cependant, la correspondance à Bourges reste un compromis. Pour les gares situées au-delà en direction de Montluçon, ce n'est pas la solution la plus rapide. Il faudrait privilégier une liaison Vierzon - Montluçon rabattue sur les trains de l'axe POLT. Mais dans ce cas, la desserte de Bourges est dégradée. Elle n'est déjà pas très consistante... On comprend la sensibilité du choix.

On rappellera enfin que les Régiolis, avec leur capacité de 218 places, sont évidemment largement sous-capacitaire sur la section Paris - Vierzon (et qu'il n'est pas question d'alléger la politique d'arrêt au risque de déshabiller encore un peu plus Orléans), et de surcroît limités à 160 km/h sur une infrastructure qui - en principe - doit autoriser la circulation à 200 km/h.

Notons aussi symboliquement que les rames Corail et les BB67400 perdent une relation de plus, ce qui est logique eu égard à leur âge avancé. Paris - Boulogne est leur dernier bastion...

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07 novembre 2018

Annecy - Marseille : un TGV anonyme disparaît

Dimanche 4 novembre, la relation TGV hebdomadaire Annecy - Marseille Saint Charles a circulé pour la dernière fois. Outre le fait que cette suppression démontre que le malthusianisme de l'offre ferroviaire redouble d'intensité en cette fin d'année 2018, cette disparition n'est pas totalement anodine. C'était la seule liaison empruntant le raccordement entre le sillon alpin sud (section Moirans - Valence) et la LGV Méditerranée vers le sud, qui était un des dossiers favoris de l'ancien vice-président aux Transports de la Région Rhône-Alpes, Bernard Soulage. Mis en service au début de l'année 2014, cette jonction n'a jamais connu plus qu'un aller-retour hebdomadaire. Il faut dire que pour les voyageurs du sillon alpin, il est un peu plus pratique d'emprunter les TER qui desservent la gare TGV, donnant accès à une offre bien plus fournie et surtout quotidienne, même si le délai de correspondance reste aléatoire, entre 7 minutes et une heure. Exemples :

  • Grenoble 13h30 - Valence TGV 14h35 / 14h43 - Marseille Saint Charles 15h50 (17522 / 5164) soit un temps de trajet de 2h20
  • Grenoble 15h30 - Valence TGV 16h35 / 17h31 - Marseille Saint Charles 18h47 (15728 / 6837) soit un temps de trajet de 3h12
  • Marseille Saint Charles 12h38 - Valence TGV 13h53 / 14h24 - Grenoble 15h30 (6874 / 17578) soit un temps de trajet de 2h52
  • Marseille Saint Charles 17h30 - Valence TGV 19h11 / 19h24 - Grenoble 20h30 (5180 / 17592) soit un temps de trajet de 2h33

Etant donné que tous les TER du sillon alpin donnent - plus ou moins rapidement - une correspondance avec un TGV vers le sud, il était assez évident que la pertinence de ce raccordement direct allait être plus que symbolique. C'est donc la première section de ligne nouvelle sans circulation commerciale.

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