19 septembre 2021

Faire vivre le patrimoine ferroviaire

Les Journées du Patrimoine sont l'occasion pour le grand public de découvrir certaines coulisses du monde ferroviaire, qui attire un public nombreux, preuve que le chemin de fer jouit toujours d'un capital sympathie assez fort dans la poulation, même si cette affection connaît parfois - souvent ? - quelques poussées d'humeur, qui peuvent avoir parfois quelques bonnes raisons.

Nous reviendrons tout prochainement sur les 40 ans de la grande vitesse ferroviaire en France. Pour marquer l'édition 2021 des Journées du Patrimoine, rendons hommage à ceux qui ne ménagent pas leur temps à préserver quelques pièces historiques et certaines infrastructures pour faire vivre ce patrimoine industriel. Difficile d'être exhaustif : la sélection de transportrail vous propose un dossier sur le tourisme ferroviaire en Puisaye-Forterre, dans l'Yonne, avec un cyclorail et un parcours en autorails des années 1950, et cette vue de la CC40110 de l'association Matériel Ferroviaire Patrimoine National (qui possède aussi la 231K8), à l'occasion d'un trajet de Paris à Reims, qui enchaînait par correspondance pour Givet avec un autorail des Chemins de fer Touristiques du Sud Ardennes. Première locomotive avec cette esthétique particulière, conçue pour la haute vitesse européenne, nos évoquons l'histoire de cette série atypique dans notre dossier consacré à ces engins au nez cassé...

Notre rubrique Culture et Patrimoine (qu'il faudrait que nous étoffions) vous propose une - petite - sélection pour de prochaines escapades ferroviaires... l'année prochaine, puisque pour la plupart des associations, la mi-septembre est synonyme de changement de rythme, ne serait-ce que pour s'occuper des véhicules et des installations.

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Nogent l'Artaud - 18 septembre 2021 - C'est bien évidemment quand le train approche que le vilain nuage se met pile devant le soleil. Mais quand même, quelle belle allure que cette CC40100 parfaitement restaurée. La locomotive Diesel en queue est prévue au cas où, signe d'une certaine prudence de la SNCF à l'égard des circulations touristiques de matériels anciens. © transportrail

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Villiers Saint Benoît - 18 juillet 2021 - L'X3814 de l'AATY repart vers Charny. Cette série d'autorails, incarnation de l'omnibus des années 1950, a circulé jusqu'en 1987. Il est un incontournable par sa simplicité d'usage et son allure agréablement désuète !© transportrail

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29 mai 2021

La Mure : le train touristique de retour cet été

Après l'éboulement qui a gravement - et peut-être irrémédiablement - endommagé ses infrastructures à La Clapisse le 26 octobre 2010, le chemin de fer électrique Saint Georges de Commiers - La Mure va faire son retour au mois de juin. Les réservations sont ouvertes sur le nouveau site du train touristique isérois.

Sur un parcours de 15 km entre La Mure et les Grands balcons de Montreynard, 10 allers-retours seront assurés chaque jour en haute saison (5 en basse saison) sur un trajet de 15 km parcouru en 40 minutes. Dans un premier temps, 2 rames de 200 places ont été entièrement rénovées, en conservant la livrée rouge et en remettant à neuf les locomotives historiques du SGLM. Au terminus des Grands balcons, ont été construits un bistrot et un restaurant panoramique. Les voyageurs pourront aussi visiter le musée de la mine et profiteront d'expositions en gare de La Mure.

Alors qu'il accueillait 70 000 visiteurs par an avant l'arrêt de l'exploitation, Edeis, nouvel exploitant pour le Département de l'Isère, espère atteindre 120 000 visiteurs avec la rénovation de la ligne, du matériel roulant et la diversification des activités, malgré un accès moins facile depuis Grenoble.

 

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26 février 2021

Il y a 40 ans, le premier record du TGV

Joyeux anniversaire : il y a 40 ans, le 26 février 1981, la rame TGV PSE n°16 bat le record du monde de vitesse sur rails de mars 1955 en atteignant 380 km/h entre Saulieu et Avallon. Elle se payait le luxe de faire l'ouverture des journaux de 20 heures sur TF1 et Antenne 2, dans une actualité pourtant chargée, notamment après la tentative de putsch militaire en Espagne.

Pour le grand public, le TGV passait véritablement de l'objet de recherche à quelque chose de bien plus réel, d'autant que certaines rames avaient commencé à circuler sur des rapides entre Paris et Lyon pour tester à 160 km/h les réactions des voyageurs habitués aux voitures TEE Mistral 69 et aux Corail alors toutes récentes. L'inauguration eut lieu le 22 septembre suivant.

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07 décembre 2020

VGE et le TGV : une certaine ambiguïté

Le décès de l'ancien Président de la République Valéry Giscard d'Estaing a été l'occasion ces derniers jours d'évoquer le TGV, construit durant sa présidence. Cependant, il convient de rétablir quelques repères historiques.

Au début des années 1970, il faisait partie des opposants au projet : ministre des Finances sous les gouvernements de MM. Chaban-Delmas et Messmer, il demandait à la SNCF de s'occuper de son déficit avant de se lancer dans des projets jugés ruineux. Il rejoignait évidemment Air Inter, l'influent Marcel Dassault ou encore la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon et - plus surprenant - la DATAR (Délégation interministérielle à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale). Pourtant, le rapport Coquand (en 1971) et Le Vert (en 1973), confirmaient l'intérêt économique du TGV, projet de transport le plus rentable de tous ceux élaborés depuis 1945. L'influence de Jean Bertin sur le ministère des Finances et celui de l'Equipement était réelle et se traduisait aussi par une petite mesquinerie ferroviaire : il fut interdit au TGV001 de battre le record du monde de vitesse de 1955 (il se limita à 318 km/h)...

Le projet de liaison à grande vitesse entre Paris et Lyon fut inscrit au Conseil Interministériel du 5 mars 1974 puis au Conseil des Ministres du 6 mars 1974, l'un des derniers présidé par Georges Pompidou, dont l'état de santé n'était plus un mystère que pour ceux qui ne voulaient plus le voir, sous l'action influente de la SNCF qui craignait d'une victoire de VGE ne relègue le TGV aux oubliettes. A l'époque, la star, c'était l'aérotrain. Après son élection, VGE tenta de reprendre le dossier pour l'enterrer (comme il le fit d'ailleurs pour le RER). Jacques Chirac, alors à Matignon (mais ça n'allait pas durer !), valida le 12 février 1976 le marché relatif à l'acquistion des rames TGV en traction électrique et signa le 23 mars 1976 la déclaration d'utilité publique du projet Paris - Sud-Est. 

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16 octobre 2020

A propos d'innovations...

Merci à l'un de nos lecteurs de nous avoir transmis ce court texte de Michel Bigey, le père du tramway français moderne, disparu au début du mois. Ecrit voici une quarantaine d'années, il n'a rien perdu de sa pertinence, au contraire, dans une époque qui voit fleurir des concepts disruptifs qui éludent quelques réalités techniques bassement matérialistes.

Un métier d'avenir : l'invention de moyens de transports

Il faut être au départ doué d'un certain aplomb, connaître l'art de convaincre. Il faut aussi être débarrassé d'un certain nombre de craintes et de scrupules qui ne sont pas justifiés en l'espèce. Et d'abord ne pas être arrêté par le fait qu'on ignore tout du problème.

L'expérience ne sert à l'inventeur que si son invention doit être utilisée. Or on rétrécit considérablement l'éventail des inventions possibles si on s'impose au départ une condition aussi restrictive : faire une invention utilisable.

Il faut songer à l'utilité de l'invention pour ceux qui, à défaut d'améliorer ce qui existe et d'équiper là où ce serait utile, doivent détourner l'attention du public, alimenter ses rêves, lui promettre des après-demain qui chantent.  

Bref vous n'aurez pas à chercher longtemps, et c'est normal car vous n'êtes pas chercheur, mais inventeur.

Pour la présentation il vous sera nécessaire de faire quelques schémas et dessins. Rassurez vous, personne ne vous posera de questions sur autre chose que le principe de fonctionnement ; la complexité est coûteuse à réaliser, mais pas à dessiner.

Si vous êtes bien introduit dans les milieux technocratiques, vous pourrez obtenir quelques miettes des importants crédits prévus par différents ministères, de quoi faire un petit tronçon d'essai, une maquette, ou pour le moins une plaquette polychrome sur papier glacé. Tentez d'abord la plaquette, que vous enverrez aux journaux et dans les ministères.

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20 septembre 2020

Promotion touristique et valorisation ferroviaire

Depuis le printemps, les couloirs du métro parisien regorgent de campagne de communication de nombreuses Régions, Départements et Villes vantant les mérites de leur qualité de vie pour attirer des franciliens qui, pour certains, avaient quitté la région parisienne pendant le confinement. Il y a principalement deux axes à ces campagnes : attirer des familles à aller s'y installer pour profiter d'un meilleur cadre de vie et attirer des franciliens le temps d'un séjour touristique d'une journée ou d'un week-end. Intéressons-nous d'abord à cette seconde orientation.

Cet été, Chantilly a fait connaître ses atouts et il était surtout intéressant de regarder les petites lignes en bas de l'affiche : il est très rare que soient indiqués les modalités autrement qu'en voiture. Et là, les temps d'accès en train sont mentionnés pour aller profiter de la crème en matière d'apprentissage équestre !

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Pour être tout à fait objectif, il faudrait quand même préciser que depuis la gare, il y a un petit parcours en autobus pour gagner le château et les écuries... mais en voiture, il n'est pas dit qu'on puisse se garer facilement à proximité du château (on le sait... on a essayé !)

D'autres idées dans notre dossier train et tourisme.

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19 juillet 2020

Valorisons des vestiges ferroviaires au Pont du Gard

Avec l'été, complétons l'étude de transportrail sur le lien entre tourisme et chemin de fer. La situation économique et sanitaire amenant à restreindre les vacances à l'autre bout de la planète, c'est l'occasion de repenser à notre patrimoine national qui, justement, fait tant d'envieux dans le monde.

Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'évoquer des sites déjà accessibles par le train mais un haut lieu mondialement connu qui mériterait de l'être... d'autant qu'il y a déjà une fois ferrée inutilisée au fond du parking de ce joyau de la technicité des Romains. C'est le Pont du Gard.

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Ils sont fous ces romains... mais ils savaient construire solide ! © transportrail

Il ne faut pas se fier aux apparences : si la nouvelle gare de Nîmes Manduel - Pont du Gard porte ce nom, c'est plus pour évoquer cette oeuvre que sa proximité immédiate. En revanche, l'ancienne ligne de Remoulins à Uzès pourrait donner des idées. En voici quelques-unes dans ce nouveau dossier de transportrail.

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10 juin 2020

Un petit geste pour la ligne des Merveilles

Voilà une initiative intéressante engagée par le Fondo Ambiente Italiano. C’est une association italienne très implantée dans les milieux bourgeois. C’est en quelque sorte mi-chemin entre Nicolas Hulot et Stéphane Bern. Notre ligne de la Roya est dans le peloton de tête des lieux culturels préférés des italiens pour 2020. Donnez-lui un coup de pouce... ou de clic !!

Cette ligne non seulement dessert toute une région extrêmement touristique (Parc du Mercantour), mais elle assure aussi une liaison directe entre la Riviera - Côte d'Azur et le Piémont. Le trajet se faisait en 2h40 avant-guerre (en 4h50 aujourd'hui...).

Il y a 10 ans, la ligne accueillait selon les jours de 800 à 3000 voyageurs par jour. Ils sont moins de 200 aujourd'hui. Les trains ont quasiment disparu : leur nombre est passé de 12 à 2 allers-retours entre Breil et l'Italie... et la vitesse réduite de 80 à 40 voire 10 km/h. Qui plus est,  les correspondances entre les trains français de la section Nice - Breil et les italiens de la section Ventimille - Breil - Tende - Coni ont été supprimées….

Voici la procédure (pour ceux qui ne seraient pas parfaitement à l'aise avec l'italien)

  • NOME = Prénom
  • COGNOME = Nom de famille
  • email: inscrivez votre adresse mél
  • crea password:  inscrivez le mot de passe que vous souhaitez
  • ripeti password:  répétez le mot de passe
  • cliquez sur registrati

Allez dans votre boite mél  et ouvrez le message de confirmation. Cliquez sur ATTIVA dans le rectangle.

Retournez sur: https://fondoambiente.it/luoghi/cuneo-ventimiglia-nizza-la-ferrovia-delle-meraviglie?ldc

  • Là vous pouvez voter en un clic sur le rectangle orange
  • Si vous y retournez ensuite, le rectangle change et de viens  FAI VOTARE I TUOI AMICI  (fais voter tes amis) qui permet de partager sur Facebook ou WhatsApp.

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25 mars 2020

Souvenirs du tramway franco-suisse à Morez

Essayons d'occuper les lecteurs de transportrail pendant cette période de confinement et inaugurons cette nouvelle page Culture et Patrimoine axée sur quelques souvenirs, souvent à l'aide de cartes postales, d'anciennes lignes de chemins de fer. Pour ce premier numéro, destination le Haut Jura, la capitale française de la lunette : Morez. Bien connue pour ses viaducs et sa ligne dite des Hirondelles, dont le devenir reste quand même à clarifier, Morez fut aussi de 1921 à 1958 le terminus d'une ligne internationale, à voie métrique, venant de Nyon. Malheureusement, l'histoire de ce chemin de fer secondaire franco-suisse fut assez brève côté français, tourmentée d'abord par l'inflation, puis la guerre et enfin par cette savante combinaison entre le manque de volonté et le manque de moyens, qui firent tomber bien des lignes.

CP-tram-morez

Morez, terminus. La légende de la carte postale est intéressante : une place militaire, une rue républicaine, un bureau de tabac... un tramway. Notez que le cliché a été probablement pris juste avant la mise en service car la voie est posée sommairement dans la chaussée.

Côté Suisse, si la situation est aujourd'hui florissante, avec la préparation du cadencement au quart d'heure jusqu'à Saint Cergue, la ligne revient de loin car jusqu'au début des années 1980, bien des études n'ont eu pour seul but que de supprimer le service ferroviaire. L'effet frontière est aujourd'hui radical entre une ligne moderne assurant une desserte de proximité et... rien ! L'hypothèse d'un prolongement en France pour desservir Les Rousses, station bien connue des amateurs de ski de fond, n'a jamais abouti sur un quelconque projet.

Bonne lecture !

Posté par JJ_Socrate à 19:04 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
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28 janvier 2020

Chemin de fer de La Mure : renaissance en juillet

Il aura fallu 10 ans, de la patience et de l'abnégation pour y arriver. En octobre 2010, un éboulement de la montagne au lieu-dit La Clapisse interceptait la voie ferrée du chemin de fer de La Mure. D'accès extrêmement difficile, il a été impossible de déblayer le terrain et de réparer les importants dégâts sur l'infrastructure du train touristique dont l'exploitation cessa immédiatement. Le devenir de la ligne était évidemment en péril.

Finalement, après la désignation d'un nouvel exploitant par le Département de l'Isère, un nouveau projet est maintenant sur les rails et en voie d'achèvement. En juillet prochain, la partie haute de la ligne, sur 15 km au départ de La Mure, reprendra vie après 26M€ d'investissement, essentiellement portés par le Département et la société Edeis qui assurera l'ensemble des prestations commerciales. L'infrastructure a été rénovée, en partie en récupérant les équipements récents qui avaient été posés en partie basse au début des années 2000, tout comme 2 rames de 200 places ainsi que leur locomotive électrique. Un restaurant panoramique a été construit sur le belvédère de Montreynard. Les voyageurs pourront aussi profiter d'un petit buffet en gare de La Mure, doublé d'une boutique et d'un musée sur l'histoire de la ligne, et de l'arrêt à La Motte d'Aveillans pour visiter le musée Mine Image. L'entretien du matériel sera assuré à La Mure. Avec un tarif de 23 à 25 € pour les adultes et de 18 à 20 € pour les moins de 15 ans, le nouveau chemin de fer de La Mure espère attirer 120 000 voyageurs par an avec ce trajet de 40 minutes, contre 95 000 à son apogée en 2003.

Quant à la partie basse, vers Saint Georges de Commiers, elle est durablement en sommeil : les 3000 m3 de roches tombées sur la voie ont emporté les ouvrages de la ligne établie à flanc de falaise. Si un accès au plus près de l'agglomération grenobloise, et de surcroît en correspondance avec la revitalisation de la ligne des Alpes, serait indéniablement un atout, le coût de ces travaux reste hors de portée d'un projet touristique.

 

Posté par ortferroviaire à 14:16 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
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