08 octobre 2018

Corse : le périurbain passe en unité multiple

Les Chemins de fer de la Corse ont mis en oeuvre avec la rentrée scolaire les premiers trains périurbains entre Bastia et Casamozza exploités en UM2 d'AMG800 pour faire face au succès de fréquentation qui ne se dément pas au point que l'offre a également augmenté par des circulations supplémentaires. L'objectif est d'endiguer le trafic automobile avec le développement de l'intermodalité par des parkings de rabattement sur le train et une coordination des offres train-bus à Bastia. L'objectif d'un cadencement au quart d'heure des dessertes périurbaines est désormais clairement affiché. A plus long terme, le prolongement dans le centre de Bastia dans une logique de tram-train, avec des tramways circulant entre Casamozza et le port de Bastia reste la cible souhaitée par la Collectivité Territoriale.

Pour Ajaccio, l'exploitation des navettes périurbaines Ajaccio - Mezzana en UM2 est elle aussi au programme mais viendra après la mise en oeuvre de la commande centralisée l'année prochaine, qui autorisera un nombre de circulations accrues. Même chose, l'avenir est aussi à une exploitation de type tram-train avec un prolongement urbain dans Ajaccio.

 

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05 mai 2018

Corse : un rapport acide sur les coûts d'exploitation

C'est ce qu'on peut appeler une coïncidence de calendrier. Alors que plusieurs médias, dont transportrail, évoquent régulièrement la relance des Chemins de fer de la Corse, la Chambre régionale des Comptes a publié un rapport sévère sur l'exploitation du réseau insulaire. Ce rapport évoque une faible maîtrise des coûts, notamment par des niveaux de prime très élevés,  un contrôle insuffisant des horaires réels d'un personnel surdimensionné, par une gestion particulièrement relâché des approvisionnements en matière, une connaissance très partielle des recettes du fait de contrôles assez aléatoires.

Parmi les 12 recommandations, on citera :

  • l'installation d'un système efficace de comptage des voyageurs ;
  • le renforcement du contrôle des billets et la révision du système de vente qui repose souvent sur ce dernier ;
  • la constitution d'un inventaire précis des biens de l'exploitation ;
  • un meilleur pilotage des investissements et une comptabilité analytique ;
  • une clarification des procédures de marché ;
  • un plan de formation et une redéfinition des effectifs.

Paradoxalement, ce rapport vient conforter indirectement l'argumentaire déjà développé : assurément, il y aurait moyen de mieux maîtriser les coûts de production du service et d'améliorer le recouvrement des recettes, manifestement encore un peu dans l'artisanat corse... et avec une garantie de ressources de la Collectivité. Mais finalement, la mise en oeuvre des principales préconisations de la Chambre aurait pour effet d'améliorer encore un peu plus la situation du réseau. Si, comme le rapport semble le considérer, les 20,4 M€ de contribution annuelle représentent un budget supérieur au coût réel du service d'une part, et si les recettes étaient améliorées par une plus grande rigueur commerciale de l'opérateur, l'indicateur final qu'est la contribution de la Collectivité par voyageur pourrait donc encore diminuer. Entre 2011 et 2017, le ratio contribution / fréquentation annuelle est passé de 29 à 19 € environ. Rapporté au nombre de voyageurs-km, la contribution de la Collectivité est passé de 0,71 à 0,52 € / VK soit une baisse de 27%. Pas si mal tout de même...

Qu'il y ait encore du chemin à parcourir est indéniable, mais cela vient donc conforter la pertinence d'un modèle alternatif d'exploitation pour certaines lignes ferroviaires à caractère local...

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25 avril 2018

Corse : et maintenant des tramways ?

Les bons résultats des Chemins de fer de la Corse ne sont plus un secret : depuis le début de la grève à la SNCF, plusieurs articles de la presse nationale et reportages de journaux télévisés ont mis en avant le modèle d'exploitation atypique du réseau insulaire.

Evaluant les potentiels nouveaux trafics pouvant être captés par le train, la Collectivité Territoriale mise sur le développement de la desserte périurbaine de Bastia et d'Ajaccio avec pour objectif une cadence 15 minutes à Bastia et 30 minutes à Ajaccio, nécessitant des investissements sur l'infrastructure et la gestion du trafic, mais aussi l'acquisition de nouvelles rames pour pousser à la réforme les rames Soulé X97150 trentenaires.

La Collectivité Territoriale consulte en vue d'acquérir un nouveau matériel destiné aux dessertes périurbaines : les 12AMG800 ont le mérite d'être en service et d'être récents, mais ils sont peu adaptés à une desserte fine en milieu urbain. L'orientation retenue consiste en l'utilisation d'un matériel de type tramway de 30 à 40 m de long, au gabarit 2,65 m, comme les AMG800.

Ces rames seraient au moins partiellement électriques afin de réduire les nuisances et améliorer les performances : la Collectivité Territoriale semble assez ouverte aux propositions sur la motorisation. On pourrait imaginer un matériel à recharge en station, mais une motorisation thermique pourrait être nécessaire par exemple au titre des échanges de matériel entre Bastia et Ajaccio ou pour phaser les installations liées à la circulation en mode électrique.

Etant donné que le réseau relève du STRMTG, la cohabitation devrait être un peu moins complexe qu'un tram-train sur le réseau national, d'autant qu'il est envisagé de requalifier en mode Tram les sections terminales de Bastia et d'Ajaccio tout en y maintenant évidemment la circulation des AMG800.

Le besoin serait dans un premier temps de 8 rames, ce qui libèrerait complètement les AMG800 de leurs prestations périurbaines pour aller remplacer les rames Soulé, mais il pourrait atteindre 20 rames dans une configuration maximaliste.

Le choix d'un matériel plus urbain est d'autant plus justifié que les études sur les extensions urbaines à Bastia (vers le port Toga) et Ajaccio (vers la place Serafini) se poursuivent, tout comme la restauration d'une partie de la ligne de la plaine orientale. A plus longue échéance, une desserte ferroviaire des aéroports de Bastia et Ajaccio pourrait être envisagée.

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19 avril 2018

Corse : des études pour une réouverture

Des études pour une réouverture, c'est possible ! En Corse, encore une fois dans l'actualité, avec le cas de la ligne de la plaine orientale qui reliait jadis Bastia à Porto Vecchio. Bombardée en 1944, la ligne a été fermée après-guerre. La Collectivité Territoriale a missionné Systra pour une étude préliminaire sur les modalités de création d'une desserte ferroviaire périurbaine entre Bastia et Folelli, avec la réactivation de 10,5 km de cette ancienne ligne, à partir de Casamozza. Il semblerait que des solutions légères type tramway (à voie métrique) aient un certain ascendant compte tenu du caractère périurbain d'une part et pour s'affranchir de l'epineuse question des passages à niveau d'autre part, la directive Bussereau étan sortie renforcée de l'accident de Millas. Le tramway aurait également pour avantage de mieux s'insérer sur les parties de la ligne qui ont été transformées en voirie. In fine, la question de l'électrification d'une partie du réseau corse - entre Bastia et Casamozza dans le cas présent - pourrait émerger. Coût estimé à ce stade : 42 M€, et une mise en service dans un délai de 5 ans après la décision.

 

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02 avril 2017

Corse : 5 ans d'exploitation locale et quel succès !

Dans le contexte de marasme dramatique du réseau ferroviaire régional, la Corse serait-elle en passe de devenir un Eldorado ? En 2011, lors du renouvellement de la DSP attribuée en 2001 à la SNCF, l'opérateur proposait un devis à 51,2 M€ par an, plus de deux fois plus élevé que les estimations initiales de la Collectivité, qui décidait de ne plus exploiter le réseau en DSP et de le reprendre en direct dans une Société Anonyme d'Economie Mixte Locale détenue avec les deux agglomérations de Bastia et d'Ajaccio et les Chambres de Commerce. Après 5 ans d'exploitation, les résultats sont sans appel :

  • l'offre a augmenté de 30%, passant de 771 000 km-trains à un million ;
  • le coût du km-train est passé de 30 à 27 €, ce qui n'est pas étonnant pour un réseau assez montagnard ;
  • le trafic est passé de 701 000 voyageurs annuels à 1,2 millions soit une hausse de 71% ;
  • le nombre de voyageurs-km a progressé de 35%, du fait d'une hausse principalement concentrée sur le périurbain de Bastia et Ajaccio et la Balagne ;
  • les recettes ont progressé de 30% ;
  • la contribution annuelle de la Collectivité est restée globalement stable autour de 20,4 M€ ;
  • la contribution annuelle par voyageur est passée de 29,1 à 17 €, soit une baisse de 71%, équivalente à la hausse du trafic !

Sans commentaire... si ce n'est vous inviter à parcourir notre dossier sur les Chemins de fer de la Corse !

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12 juillet 2016

Corse : et si le train pénétrait dans Ajaccio ?

La gare d'Ajaccio est actuellement légèrement excentrée par rapport au centre-ville et surtout, elle longe une des principales artères de la ville, le Cours Napoléon, qui est passablement engorgée. Alors que par le passé, il fut question de reculer la gare des Chemins de fer de la Corse pour récupérer le foncier et supprimer la circulation des trains au milieu de la voirie, les difficultés de circulation pourraient motiver une réflexion en sens inverse, c'est à dire de prolonger la ligne jusqu'au coeur d'Ajaccio.

Le nouveau dossier de transportrail explore cette possibilité et les points critiques sur les 880 m potentiellement concernés par cette étude : l'articulation entre la navette de l'aéroport pourrait être réexaminée, tout comme avec les bateaux assurant la liaison avec le continent. De quoi faciliter l'accès au réseau ferroviaire qui constitue un excellent moyen de découvrir la Corse, et de renforcer son rôle dans la desserte de l'agglomération ajaccienne pour contenir le trafic automobile.

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30 avril 2016

Corse : plus d'un million de voyageurs en 2015

Depuis 2013, la fréquentation des Chemins de fer de la Corse enregistre une croissance élevée de sa fréquentation, notamment autour de Bastia et Ajaccio où les services périurbains ont transporté en 2015 20% de voyageurs de plus qu'en 2013. Sur l'ensemble du réseau, comprenant 232 km de voies, on compte désormais plus d'un million de voyageurs par an. La nouvelle desserte mise en place à partir de 2012 et l'exploitation des AMG800 portent donc leurs fruits. La Société d'Ecomie Mixte Locale ne mise pas seulement sur les déplacements périurbains et les trajets de bout en bout, mais aussi et de plus en plus sur la coordination entre l'offre ferroviaire et le tourisme en Corse, tant sur les plages de Balagne que dans la montagne, notamment pour les amateurs de randonnée sur le GR20 (qui passe à Vizzavona). Un programme d'investissements de 140 M€ sur 10 ans est également mis en oeuvre pour la rénovation des gares et des haltes, la mise en accessibilité des principaux points d'arrêts et la création de parkings de rabattement autour de Bastia et d'Ajaccio. La mise en place d'une commande centralisée au-delà de la section Bastia - Casamozza est également mise à l'étude pour succéder aux liaisons radios en montagne.

 

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01 novembre 2014

Regain de succès pour les Chemins de fer de la Corse

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Corte - 25 octobre 2014 - Les AMG800 sont le symbole de la revitalisation des chemins de fer corses. L'autorail Bastia - Ajaccio entre en gare de Corte. On notera qu'il porte encore l'ancien logo "carmillon" rappelant l'ancienne exploitation par la SNCF. C'est désormais une société publique locale détenue par les collectivités locale qui assure l'exploitation. © transportrail

Comptant parmi les 5 réseaux à voie métrique ayant résisté au démantèlement massif des lignes secondaires, les chemins de fer corses n'ont pas été épargnés par les vissicitudes qui n'ont pas manqué d'alimenter la chronique locale avec l'affaire de la conformité des nouveaux autorails AMG800. La page est tournée et après avoir investi près de 30 M€ pour l'achat de ces 12 autorails, ce sont pas moins de 200 M€ qui ont été consacrés à la réalisation de grands travaux de modernisation de l'infrastructure, ce qui permet au réseau de regarder l'avenir avec moins d'inquiétudes que par le passé.

Les Chemins de fer de la Corse permettent de découvrir l'île de Beauté d'une côté à l'autre en passant par la montagne. Elle compte parmi les plus beaux itinéraires français qui permet aux randonneurs du GR20 de rejoindre l'une des villes après avoir arpenté le célèbre sentier. Mais aujourd'hui, le rôle du train ne veut pas se limiter à une simple attraction touristique : s'il est assez naturel en Balagne du fait de la notoriété des plages, la Collectivité Territoriale souhaite développer l'usage du train autour de Bastia et d'Ajaccio, afin de contenir le trafic automobile dans des villes relativement exiguës.

transportrail vous propose son nouveau dossier consacré aux chemins de fer corses. A vos commentaires !

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16 octobre 2010

Chemins de fer de la Corse : les AMG800 cloués au dépôt

... ou des vertus du sérieux en matière de construction ferroviaire.

Alors qu'on le prédisait à de funestes destins, le réseau ferroviaire corse a été entièrement rénové - tout en restant à voie métrique -  pour en améliorer ses performances, avec comme point d'orgue la réception de nouveaux autorails panoramiques AMG800 plus puissants, plus modernes et plus confortables. Bref en un mot un panorama idyllique du renouveau ferroviaire, sauf que... ces autorails sont cloués à l'arrêt et qu'une expertise a été confiée au Centre d'Ingénierie du Matériel de la SNCF.

En résumé... c'est édifiant :

  • le système de freinage est mal positionné sur le bogie et provoque une usure prématurée des semelles et des roues pouvant affecter la sécurité du convoi : sur certains autorails, la semelle et la roue sont en position de frottement permanent...
  • la liaison caisse - bogie étrangle une durite du système de freinage pouvant conduire à l'absence de réponse à une sollicitation du conducteur
  • la surconsommation d'huile se retrouve dans le collecteur d'échappement, avec un risque d'incendie à la clé
  • les mouvements de caisse sur le réseau corse provoquent une usure des cardans qui, en cas de rupture, peut conduire l'autorail hors des rails
  • le moteur doit être nettoyé pour éliminer les pénétrations diverses de poussière, sable, feuilles mortes, qui peuvent provoquer l'échauffement de la motorisation
  • et cerise sur le gâteau, des dysfonctionnements de la climatisation intérieure (ce qui en Corse peut s'avérer d'autant plus problématique que les engins n'ont pas de baies ouvrantes !)

Et maintenant, place aux batailles d'experts et d'avocats... en attendant la mise en conformité pour permettre leur circulation et assurer l'avenir des CFC. La Région envisage de modifier le pilotage du réseau pour sortir d'une situation aux limites de l'absurde.

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