04 janvier 2017

Belfort - Delle : réouverture en 2018

Ce n’est pas si fréquent dans un contexte ferroviaire français plutôt marqué par la remise en cause de la consistance du réseau. La section de ligne Belfort – Delle sera rouverte afin de desservir la gare TGV de Belfort-Montbéliard tant depuis Belfort que depuis Delle. Un projet dont le coût atteint 110,5 M€ cofinancé par la Suisse à hauteur de 28 M€ (dont 24,7 M€ par la Confédération et 3,2 M€ par le Canton du Jura). La Région Bourgogne – Franche-Comté est le premier financeur du projet à hauteur de 33,4 M€. L’Etat français apporte 32,9 M€, le Département 5,5 M€, SNCF Réseau 4 M€, l’Union Européenne 3,7 M€, l’Agglomération de Belfort 2,5 M€ et l’Agglomération Sud Territoire 550 000 €.

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Le projet prévoit notamment de dévier la ligne de son tracé initial pour desservir la gare TGV existante au plus près. La gare de Delle sera commutable 25 kV – 50 Hz et 15 kV – 16 2/3 Hz.

En 2006, les CFF ont conduit une première étape consistant en le retour des liaisons régionales Delémont – Delle, suspendues depuis 1995 puisque limitées à Boncourt.

Les arbitrages en cours entre la Région Bourgogne – Franche-Comté et le Canton du Jura tablent pour l’instant sur 10 allers-retours par jour transfrontaliers et 6 allers-retours côté français. Delémont serait à 1h13 de Belfort, et par conséquent à 1h de la gare TGV.

Cette réouverture permettrait de donner plus d’intérêt à la gare TGV en la connectant au réseau existant. Il pourrait notamment être bénéfique pour la Haute Saône de se connecter au TGV par le prolongement des TER venant de Vesoul et Lure.  En revanche, pour les autres axes, il n’est pas prévu de bénéficier de la connexion au réseau TGV. Mais Belfort-Montbéliard TGV ne sera plus isolée : c’est déjà ça…

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25 décembre 2016

VFCEA : débat public jusqu'en mars

Depuis le 15 décembre et jusqu'au 20 mars prochain, le projet VFCEA (Voie Ferrée Centre Europe Atlantique) initié par la Région Bourgogne avant qu'elle ne fusionne avec la Franche-Comté, est en débat public. Rappelons que ce projet s'intéresse à plusieurs fonctionnalités :

  • réparer l'erreur historique de l'implantation de la gare TGV du Creusot au nord de la ligne Nevers - Chagny, pour en augmenter son attractivité, moyennant une déviation de la ligne classique sur quelques kilomètres ;
  • électrifier la ligne pour en faire un itinéraire alternatif au transit par l'Ile de France des trains de fret du corridor européen n°4 reliant l'Espagne à l'Allemagne, afin de gagner en fiabilité ;
  • raccorder la ligne Nevers - Chagny à la LGV pour une utilisation par des TGV Intersecteurs et notamment les liaisons Rhin-Rhône.

Les études préliminaires ont évalué le projet à environ 560 M€. Le CPER 2015-2020 prévoit 247,2 M€, ce qui permettrait une première tranche assez consistante de réalisation.

L'enjeu du débat public sera notamment de hiérarchiser les fonctionnalités. On notera par exemple qu'au cours des premières réunions du débat public, l'accent a été d'abord mis sur les liaisons Lyon - Strasbourg plus que sur les liaisons Lyon - Nantes quant aux fonctionnalités TGV. L'évaluation socio-économique sera un outil déterminant pour préciser les fonctionnalités les plus pertinentes. Elle dépendra notamment de la prise en compte d'une part d'une dose de report modal voyageurs par l'amélioration des liaisons ferroviaires et de l'accès au réseau TGV au Creusot, mais aussi de l'appétit des clients du fret pour cet itinéraire face aux difficultés de transit par l'Ile de France : ceux-ci déplorent la mauvaise qualité des sillons proposés entre l'Atlantique et la vallée du Rhin. Avec la VFCEA, à défaut de gagner du temps, ils pourraient éviter d'en perdre.

Aussi, l'électrification de Nevers - Chagny semble bien constituer le socle intangible du projet. Pour les connexions TGV, une approche par l'horaire permettra d'identifier d'abord la capacité utilisable sur la section sud de la LN1, et ensuite les modalités de valorisation du gain dans le temps de parcours des liaisons Lyon - Strasbourg. Du côté de la Région, on espère pouvoir réinjecter ce gain dans une desserte systématique de Dijon pour offrir d'abord une liaison rapide Dijon - Lyon et d'autre part améliorer l'ouverture vers l'est.

Cependant, à la lecture des documents du débat public, il semble que l'intérêt de la fonction TGV soit abordé avec prudence. Reste donc la question du fret. Nous reviendrons sur le sujet à l'issue du débat.

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17 novembre 2016

Autun... suspends ton train !

Pardon pour le calembour de bas étage...

A partir du 20 novembre, SNCF Réseau arrête l'exploitation sur la section Etang sur Arroux - Autun, arguant de dysfonctionnements récurrents de la signalisation et de la sécurité des voyageurs. Une décision prise en catimini en mettant la Région Bourgogne Franche-Comté devant le fait accompli. SNCF Réseau annonce que des études vont être lancées pour définir le programme de modernisation afin de pérenniser la ligne, mais celle-ci ne figure pas dans le CPER 2015-2020, ce qui sous-entend que l'arrêt du trafic durera quelques années.

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Autun - 18 juillet 2009 - Une photo à ranger au rang des souvenirs ? L'X73500 dont on aperçoit le museau au premier plan arrivait d'Avallon, tandis que l'EAD venait d'effectuer une navette depuis Etang sur Arroux. La première liaison a disparu et la seconde va connaître le même sort. Le déménagement du territoire... © transportrail

Cette annonce de dernière minute montre non seulement que la gestion du réseau se fait à la petite semaine et que la connaissance de l'obsolescence - voire de la dégénérescence - de l'infrastructure n'est pas réellement connue et encore moins maîtrisée, mais elle illustre aussi le fait que la stratégie de la SNCF préconise des fermetures par tronçon et que les promesses de pérennité des sections conservées n'engagent que ceux qui les croient.

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27 octobre 2016

Besançon - Le Locle : la piste suisse

Un constat simple pour commencer : 13 000 voitures franchissent chaque jour le col des Roches par la route reliant Morteau à La Chaux de Fonds. L'industrie de précision, située dans cette région de tradition horlogère à cheval sur la France et la Suisse, génère de nombreux déplacements pendulaires transfrontaliers.

La desserte ferroviaire illustre presque de façon carictaturale l'écart de conception entre les deux pays. En Suisse, la liaison Le Locle - Neuchâtel est assurée avec une cadence horaire, et renforcée à la demi-heure en pointe. Au total, 18 allers-retours par jour. Côté français, seuls 5 allers-retours par jour circulent au-delà de Morteau vers Le Locle. Une récente étude, réalisée à la demande de la Ville de La Chaux de Fonds par le Centre de Compétences Trafic Régional - Rieder, a jugé cet écart incompatible avec les besoins de transports du 21ème siècle alors que le besoin existe et est facilement identifiable.

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Le Locle Col des Roches - Mars 1996 - La ligne fut longtemps un bastion des X2800 qui ont précédé les actuels X73500. L'X2898 marque l'arêt dans la gare marquant la frontière entre les deux réseaux. © A. Knoerr

Cette étude propose un scénario assez radical, surtout par rapport au discours actuel offrant peu de perspectives d'avenir aux lignes secondaires françaises si ce n'est tomber dans les bras de l'autocar...

Elle part du besoin de renouvellement de la signalisation suisse Signum en 2021, qui sera remplacée par l'ERTMS niveau 1. A cette échéance, les X73500 ne pourront plus venir en Suisse puisque non équipés ERTMS. Dès lors, le maintien de la liaison franco-suisse impose de sortir du cadre actuel.

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Le Locle Ville - 23 mars 2011 - Certains X73500 franc-comtois sont équipés du système Signum suisse. L'arrivée de l'ERTMS va chasser le matériel français : l'occasion de repenser la desserter et de suggérer de bousculer les lignes. Le matériel a été rajeuni mais le service reste rachitique : 5 allers-retours mais aucun train de 8h à 16h. Difficile d'être surpris par la densité du trafic routier... © A. Knoerr

Elle préconise une desserte à 18 allers-retours par jour - contre 5 actuellement - afin de maîtriser le flux de circulation automobile, en prolongeant le service existant de La Chaux de Fonds à Morteau, et en visant un objectif de temps de parcours de 10 minutes - contre 15 actuellement - entre Morteau et Le Locle pour intégrer la structure horaire cadencée et limiter les besoins en matériel roulant.

Il s'agirait de transformer les navettes suisses Le Locle - La Chaux de Fonds en Morteau - La Chaux de Fonds, en confiant l'exploitation de la section française à l'opérateur suisse. Comment faire ? Retrancher Morteau - Le Locle du RFN, en confier la propriété à la Région qui pourrait, dans la législation actuelle, l'intégrer à un Groupement Européen de Coopération Transfrontalière confiant la charge de son exploitation et de sa maintenance à l'opérateur du pays limitrophe, moyennant une séparation physique entre la partie française et la partie suisse à Morteau.

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Besançon Mouillère - 21 août 2015 - Arrivée d'un TER en provenance de Morteau dans la petite halte située dans les faubourgs bordant le Doubs. L'avenir de cette ligne dépend de financements régionaux à mobiliser rapidement, sinon, le risque de suspension de l'exploitation restera tenace. © transportrail

Dans un premier temps, l'étude préconise la récupération de 2 automoteurs GTW Stadler circulant en Italie, qui vont être libérés par l'électrification de la ligne. Avantage : ce matériel est déjà connu en Suisse et l'homologation sera simplifiée. Procédure allégée en France puisque le matériel circulerait sous certificat de sécurité Suisse avec agrément du STRMTG (l'EPSF n'étant compétent que sur le RFN). L'investissement sur l'infrastructure se limiterait à la modernisation de la section française pour un budget d'environ 13 M€.

Dans un second temps, la ligne serait électrifiée. Côté Suisse, l'opération est prévue dans la planification cantonale 2030 pour un coût de 40 MCHF. L'électrification de la section française est estimée à 67 M€.

La solution préconisée permet de s'affranchir des complexités liées à la migration du système d'exploitation suisse vers l'ERTMS, alors que le matériel français n'est pas prédisposé pour l'accueillir, et de profiter de coûts d'exploitation plus accessibles en Suisse (15,70 CHF soit autour de 14 €, contre 24 € en moyenne en France).

Néanmoins, on peut rester circonspect sur la réalité du besoin de séparation physique de l'infrastructure à Morteau. Il est vrai que la réglementation française va actuellement en ce sens mais elle semble oublier qu'il n'y a nulle étanchéité entre le réseau RATP et le RFN, alors que le premier est sous réglementation STRMTG et le second sous réglementation EPSF. Si cette étanchéité pouvait se limiter à des taquets dérailleurs, préservant un plan de voie assurant la continuité de l'itinéraire, cela éviterait d'injurier l'avenir... et un assouplissement probable de la législation française.

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24 août 2016

Paris - Lyon en TER : une alternative à l'autocar

La Région Bourgogne Franche Comté propose 5 allers-retours TER entre Paris Bercy et Lyon Perrache, résultant de la diamétralisation de liaisons Paris - Dijon et Dijon - Lyon, permettant notamment une liaison directe entre le nord et le sud de la Région. Avec un temps de parcours de 5h06 et 20 gares desservies, le TER ne fait pas d'ombre au TGV, du moins pas sur le terrain du temps de parcours. En revanche, sur le prix, à 65,60 € en seconde classe (de toute façon, il n'y a plus de voiture de première classe sur ces trains) se situe dans la moyenne des tarifs proposés sur le TGV (pour un achat de billet à J-7).

Mais la comparaison doit prendre aussi en compte l'autocar : avec un tarif variant de 18 à 35 € selon les jours, les heures et les opérateurs, la quête du plus bas prix conduira le voyageur sur l'autoroute plutôt que sur une voie ferrée et le trajet durera au moins une heure de plus que par le TER.

Prestations à bord

Avec le TER, des voitures Corail rénovées, offrant un niveau de confort acceptable pour le train. Lors de la rénovation, la Région a ajouté des prises 220 V mais elles ne sont pas systématiques. Bref, la tablette ou l'ordinateur a intérêt à disposer d'une bonne autonomie... à moins de se plonger dans un bon bouquin qui, lui, ne vous demandera pas de le recharger... Pensez aussi à votre panier repas car nulle voiture bar ni chariot à bord : la France a beau être le pays de la gastronomie, le train vous mettra au régime !

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Fleurville - 18 août 2012 - Le TER Paris - Lyon c'est aussi une autre façon de traverser la Bourgogne et ses paysages. Ici le célèbre site maintes fois photographié du château de Fleurville ! © transportrail

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Intérieur d'une voiture Corail rénovée Bourgogne : évidemment, les sièges sont "lie de vin" et les rideaux "moutarde". Le bleu sous les baies jure un peu. La tablette sur les sièges en vis à vis facilite l'accès aux places situées côté fenêtre mais s'avère d'usage peu commode... © transportrail

De leur côté, les autocaristes annoncent les prises 220 V et USB et même le Wifi... en se gardant de préciser que le débit est limité et qu'il sera bien difficile de regarder un film pendant le voyage...

Pour les bagages, le train est à son avantage car la capacité de stockage est importante (si tant est qu'on soit raisonnable) alors que les compagnies d'autocar limitent fortement le nombre de bagages admis.

Pour les toilettes, le train est aussi en position favorable avec en moyenne 1 espace pour 40 voyageurs contre 1 espace par autocar d'une cinquantaine de places. Reste que la réputation de mauvais entretien des toilettes SNCF hors TGV n'est pas totalement usurpée... mais le voyageur en est parfois - souvent ? - la cause réelle !

TER : une fréquentation importante

Question capacité, les TER sont composés de 9 voitures de 80 à 88 places. Au départ de Lyon, la charge est importante et elle a plutôt tendance à augmenter sur le parcours Lyon - Dijon. La capitale de la moutarde et du pain d'épices est évidemment un important lieu de brassage de voyageurs. Mais ce qui est intéressant de constater, c'est le nombre élevé de voyageurs qui restent dans le train à Dijon : jusqu'à 40% d'une voiture en fin de semaine.

Au-delà, le flux est plus linéaire : assez peu de voyageurs descendant dans les gares situées entre Dijon et Sens, et à l'inverse de nombreux montants, surtout en fin de semaine. Bilan, le train arrive en limite de capacité entre Montbard et Saint Florentin : pour les autres, ce sera debout, sauf à profiter d'une place qui se libère à la faveur d'un voyageur descendant (rassurez-vous, il y en a !).

Un marché entre le TGV et le TER

La fréquentation de ces TER et celle des autocars démontrent - s'il le fallait - qu'il existe un marché pour une offre plus lente que le TGV mais aussi moins chère. La desserte actuelle a le mérite d'exister mais le temps de parcours est tout de même important et ne creuse pas suffisamment l'écart par rapport à l'autocar qui - du moins pour l'instant - offre des prix très bas.

Alors n'y aurait-il pas "de la place" pour une offre classique Paris - Lyon, desservant Laroche-Migennes (pour récupérer la clientèle d'Auxerre), Montbard, Dijon, Chalon et Mâcon ? Un train en moins de 4h30 creuserait l'écart de façon importante avec l'autocar. Il semblerait que la SNCF y pense, mais la présence de l'offre TER impose une certaine prudence, au risque de "piquer" de la clientèle au TER alors que l'objectif premier est de capter des voyageurs qui se détournent du train pour aller dans les autocars et sur les sites de covoturage. A moins que la Région ne prenne les devants et développe elle-même cette nouvelle desserte ?

Quant au matériel roulant, face à des Corail en fin de carrière, l'hypothèse Régio2N dans une version Intervilles apparaît séduisante : arrêts relativement espaces même sur les TER actuels, accès de plain-pied, capacité importante et possibilité d'offrir un minimum de services (prises 220 V, distributeurs automatiques...)

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22 août 2016

VFCEA : vers un débat public

Saisie par la Région Bourgogne Franche Comté, la Commission Nationale du Débat Public a conclu que les enjeux du projet Voie Ferrée Centre Europe Atlantique (VFCEA) justifiaient bien un débat public.

Rappelons que le projet VFCEA comprend principalement trois volets :

  • itinéraire fret Atlantique - Allemagne / Italie évitant le passage par l'Ile de France en utilisant une transversale Tours - Vierzon - Bourges - Nevers - Chagny à électrifier entre Nevers et Chagny et mettre au gabarit fret pour les conteneurs de grande capacité ;
  • connexion TER-TGV avec la déviation de la ligne Nevers - Chagny afin de créer une gare parallèle à la gare TGV du Creusot ;
  • amélioration des liaisons TGV transversales par la création de raccordements entre la LGV et l'axe Nevers - Chagny pour les relations Lyon - Strasbourg et pour des liaisons Lyon - Tours - Nantes complémentaires aux TGV via Massy, pouvant venir en substitution des TET existants, avec desserte de Montchanin, Nevers, Bourges, Vierzon et Tours.

Dans l'actuel CPER 2015-2020, figurent des crédits d'études et plus particulièrement pour le deuxième volet, relatif à la desserte par TER de la gare TGV du Creusot.

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09 mai 2016

Ligne des Hirondelles : un terrain d'expérimentation ?

C'est ce qu'envisage le Vice-Président aux transports de la Région Bourgogne - Franche-Comté, en l'affirmant dans une émission de la station régionale de France 3. La ligne des Hirondelles, entre Saint Claude et Andelot, pourrait être un terrain d'expérimentation d'une exploitation alternative à celle de la SNCF, jugée trop lourde pour une ligne à vocation purement régionale et au trafic modeste. « Nous pensons qu’il n’est pas obligatoire que cette ligne soit exploitée par la SNCF. Nous pourrions en reprendre l’exploitation et la confier à d’autres opérateurs ».

Expérimenter une délégation de service public issue d'un appel d'offres - évidemment ouvert à la SNCF qui pourrait tenter de se positionner via Keolis - constitue un acte fort dans le contexte politique actuel, peu favorable au ferroviaire : le monopole actuel souffre d'une inertie qui le rend peu adapté à des lignes sur lesquelles il faudrait être au plus près du territoire et de la chalandise de la ligne. Qui plus est, les vingt ans d'expérience de la régionalisation ont démontré que l'opérateur historique est - au mieux - mal à l'aise sur de type de desserte ou - et ce serait plus grave - coupable d'une "active passivité", c'est à dire un laisser-faire défaitiste.

Située au coeur du massif du Jura français, on sera évidemment tenté de faire un parallèle avec les lignes du Chemin de Fer du Jura, côté suisse.

Si chercher à développer un modèle économique adapté aux lignes rurales qui ne les ferait pas tomber dans l'alternative "statu quo ou fermeture" est une intention salutaire, la question du financement du renouvellement des infrastructures se pose avec d'autant plus d'acuité que cette ligne de moyenne montagne comprend de nombreux ouvrages d'art à entretenir et conforter. La Région aura--t-elle les moyens de financer la mise de fonds ? Compte-t-elle sur les économies sur les coûts d'exploitation pour dégager des budgets d'investissement pour pérenniser la ligne ?

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12 septembre 2015

Belfort - Delle : c'est parti !

Une bonne nouvelle pour le réseau ferroviaire français, c'est suffisamment rare pour être souligné en ce moment. Les travaux de dépose de l'actuelle ligne Belfort - Delle ont débuté. Ils dureront jusqu'en décembre. Ensuite, débutera le chantier de construction de la nouvelle voie, comprenant 3 évitements, un dans chaque station, avec en particulier la création d'une correspondance en gare de Belfort Montbéliard TGV, sur la commune de Méroux, afin de connecter par le rail non seulement Belfort mais aussi Delle et Delémont côté Suisse au réseau à grande vitesse. La réouverture de la ligne est programmée le 11 décembre 2017. Coût de l'opération : 110,5 M€ avec un financement mettant autour de la table la France (Région, Département, territoire et agglomération de Belfort), la Suisse, l'Union Européenne et SNCF Réseau.

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23 juin 2015

Premier Régiolis en Franche-Comté

Le premier des 16 Régiolis de Franche-Comté a été livrée à la Région et inauguré le 19 juin dernier. Ces éléments à 4 caisses bimodes seront principalement engagés en remplacement des RRR sur l'axe principal Dijon - Besançon - Belfort. La Région et Alstom n'ont pas manqué de souligner que 80% des composants de ces rames venaient d'usines françaises et en particulier de celles situées dans le Doubs. Reste maintenant à préparer une nouvelle desserte dans la vallée du Doubs, notamment avec la fusion des Régions Bourgogne et Franche-Comté. La FNAUT a profité de l'événement pour pointer les incertitudes sur la desserte de l'axe Paris - Belfort qui dessert le nord de la Région.

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12 juin 2015

CPER Franche-Comté : l'après Rhin-Rhône

Le projet de CPER 2015-2020 en Franche-Comté prévoit de consacrer 105,7 M€ au ferroviaire. Après la réalisation de la LGV Rhin-Rhône, dont la première phase semble être aussi la dernière, du moins pour un certain temps, le réseau régional bénéficiera de crédits de modernisation qui concerneront les deux axes structurants, à savoir Dole - Besançon - Belfort et Besançon - Lons le Saunier - Bourg en Bresse, mais aussi les lignes des plateaux jurassiens.

Sur Dole - Belfort, où se concentrent 60% des voyageurs des TER Franche-Comté, 22 M€ sont provisionnés, dont 2 M€ pour les études. La formulation du contrat est encore assez allusive sur le contenu des opérations. Il est probable qu'à l'aune de la fusion avec la Bourgogne, une partie de ces crédits soit affecté au noeud de Dijon, outre des évolutions sur la section Besançon - Belfort.

Sur Besançon - Bourg en Bresse, 31 M€ sont prévus afin d'améliorer la régularité des circulations, notamment entre Mouchard et Saint Amour, avec la création dans un premier temps de deux évitements supplémentaires sur cette ligne à voie unique.

Le CPER régularise les contributions de l'Etat et de la Région sur le projet Belfort - Delle à hauteur de 10 M€, la Région ayant avancé cette somme à l'Etat lors du précédent contrat. La réouverture de la ligne, dont l'exploitation sera assurée par du matériel suisse et du personnel suisse, constituera une amélioraton notoire de la relation entre les deux territoires, avec comme pivot la gare TGV de Belfort qui sera ainsi plus facile d'accès depuis le Jura suisse.

Sur la ligne Besançon - Le Locle, le CPER prévoit 12,3 M€ dont  300 000 € d'études complémentaires et une première série de travaux qui devraient concerner prioritairement la section Morteau - Le Locle et le matériel roulant pour être compatible avec les équipements requis côté suisse. On compte actuellement 10 000 mouvements transfrontaliers quotidiens par la route dont seulement 300 sont captés par le train : la ligne des horlogers a donc un certain potentiel pendulaire (c'est le cas de le dire). Dans un premier temps, l'objectif est de faciliter l'arrivée du matériel français en suisse (au-delà des 4 X73500 équipés Signum), et au-delà, les hypothèses maximalistes pourraient aller jusqu'à l'électrification de la ligne pour assurer un service transfrontalier assuré par la Suisse entre Morteau et Le Locle, allant ensuite vers La Chaux de Fonds ou Neuchâtel. L'échec du projet TransRun côté suisse devrait cependant reporter cette perspective à un horizon assez lointain.

Pour la ligne Andelot - Saint Claude, 6 M€ sont provisionnés pour assurer des travaux de maintien en exploitation : la ligne des hirondelles risquait de se voir couper les ailes...

Enfin, le programme PMR est financé par le CPER à hauteur de 23 M€