19 décembre 2018

Brignais - Givors : une alternative de plus à l'A45 ?

Suite de nos réflexions sur les possibilités d'alternatives à l'A45. Nous avons précédemment évoqué les évolutions possibles sur la relation ferroviaire Lyon - Saint Etienne, et cette fois-ci, nous mettons en discussion une piste complémentaire, qui est assez régulièrement évoquée : la réouverture de la section Brignais - Givors pour prolonger la desserte Lyon - Brignais intégrée au réseau du tram-train de l'Ouest Lyonnais. En ligne de mire : proposer une jonction entre la vallée du Gier et l'ouest de l'agglomération sans avoir à transiter par le centre de Lyon, et en particulier améliorer l'accès à certaines zones d'emplois périphériques.

carte-NFL-brignais-givors

Le sujet mérite d'être examiné mais on peut d'ores et déjà identifier plusieurs limites :

  • entre Brignais et Givors, l'emprise ferroviaire se située dans la vallée du Garon, alors que les trois principales communes (Vourles, Millery et Montagny) sont plutôt sur les collines alentours : de ce fait, la chalandise direct est assez limitée et suppose d'organiser des rabattements (bus, vélo, voiture). Même remarque pour les emplois : hormis les zones industrielles de Brignais et de Chaponost, voire la zone commerciale de Francheville, peu d'activités sont directement accessibles ;
  • l'intégration de la ligne dans le noeud de Givors suppose des scénarios en rupture et, pour le coup, le tram-train peut être un facilitant (c'est suffisamment rare pour être souligné) ;
  • la concurrence du prolongement du métro vers le pôle hospitalier Lyon Sud, dont les travaux viennent de débuter, et les réflexions pour une nouvelle extension jusqu'à l'A450 (voie rapide amorce de l'A45 entre l'A7 et Brignais).

La suite dans ce nouveau dossier de transportrail dans notre série consacrée à l'exploration des potentielles réouvertures de lignes ferroviaires en France.


09 décembre 2018

Boën, c'est bien... mais pour Clermont ?

Autre bonne nouvelle du millésime ferroviaire 2019, le retour des trains à Boën, après les travaux de renouvellement de l'infrastructure depuis Montbrison. SNCF Réseau a procédé au remplacement de 8,4 km de rails et à la rénovation de 2 tabliers métalliques, sans compter un sévère débroussaillage puisque la nature avait décidé d'occuper le terrain abandonné par le train. Un chantier modeste sur les 17 km de la ligne pour seulement 8 M€...

La desserte en semaine comprendra 6 allers-retours, parmi les 10 relations Saint Etienne - Montbrison existantes. En revanche, le samedi et le dimanche, aucun train ne dessert Boën, mais il est vrai qu'ils sont déjà peu nombreux à s'aventurer dans le Forez puisqu'on ne compte que 4 allers-retours durant le week-end entre Saint Etienne et Montbrison.

L'intérêt de cette relation reste tout de même très modeste. S'il ne faut pas décourager les bonnes volontés en matière ferroviaire, il faut tout de même rappeler que la Région Auvergne Rhône-Alpes et la SNCF ont, en choeur, sabordé la relation entre Saint Etienne et Clermont-Ferrand, deux agglomérations de plus de 300 000 habitants, ce qui est un fait unique au cours des 30 dernières années... Encore une fois, s'il y a une autoroute, c'est bien qu'il y a un flux, donc pourquoi n'y aurait-il pas de trains ?

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18 octobre 2018

A45 : heureuse nouvelle si...

On le pressentait depuis plusieurs mois mais c'est maintenant officiel : le projet de seconde autoroute Lyon - Saint Etienne, l'A45, vieux serpent de mer lyonno-stéphanois depuis plus de 30 ans, passe à la trappe. Autant le dire tout de suite : cela ne nous tire pas des larmes ! Au contraire. Mais avec notre optimisme sélectif, nous dirons que c'est une heureuse nouvelle si elle est accompagnée réellement d'un plan d'envergure pour des solutions alternatives.

L'Etat commence à pousser ses pions en affirmant que son engagement de 400 M€ envisagé sur l'A45 serait bien honoré sur le territoire mais avec d'autres solutions. Il y aura assurément des investissements à consentir sur l'actuelle autoroute A47 pour continuer la mise en sécurité de cet axe, Grand Prix de Monaco permanent, limité à 90 km/h (sauf le contournement de Saint Chamond à 110 km/h car ce conception plus récente), où le respect du Code de la Route devient dangereux tant les automobilistes et les poids-lourds y cultivent une conduite de course de Formule 1. Pour le coup, des radars à intervalles resserrés et un contrôle de l'interdiction de dépassement pour les camions pourraient être de bonnes mesures, très impopulaires, mais essentielles pour la sécurité de l'ensemble des usagers de cette route à grande circulation.

Venons-en au ferroviaire : évidemment, il doit être le pivot de la réponse alternative, pour calmer les élus aux esprits pollués par un indice d'octane trop élevé, offusqués de cette décision de l'Etat contre les territoires et l'enclavement stéphanois. Il y a au contraire matière à faire de Lyon - Saint Etienne un cas d'école misant sur un programme d'investissement ambitieux sur le réseau ferroviaire.

Nous l'avions déjà esquissé dans un dossier de transportrail, mais en voici les grandes lignes, quelque peu enrichies de pistes complémentaires :

  • cadence à la demi-heure toute la journée entre St Etienne et Lyon Part-Dieu (trains diamétralisés vers Ambérieu) ;
  • cadence à la demi-heure toute la journée entre St Etienne et Lyon Perrache via la rive droite du Rhône entre Givors et Lyon pour des trains ne desservant que la gare d'Oullins (correspondance métro B) ;
  • cadence à la demi-heure toute la journée entre Givors et Lyon Perrache, desservant toutes les gares de la rive droite ;
  • cadence à la demi-heure en pointe uniquement entre une nouvelle gare à Yvours (près de l'échangeur A7 - A450) et Lyon Perrache ;
  • réflexion sur la diamétralisation des missions Perrache vers Lyon Vaise voire Saint Germain au Mont d'Or pour dépasser le seul stade de la desserte d'un axe au profit d'une démarche RER lyonnais, ce qui amènerait à repenser l'entrée Ouest de Lyon Perrache dans une logique simplification-fluidification ;
  • création d'une nouvelle station TER dans le quartier du Confluent, à proximité de la station Montrochet du réseau de tramways ;
  • réflexion sur les possibilités de cadence au quart d'heure entre Lyon et Montluel, éventuellement dans un système de desserte en recouvrement à l'heure de pointe entre des missions Saint Etienne limitées à Montluel (terminus à aménager) et des missions Lyon Perrache - Ambérieu, afin de répartir la charge ;
  • utilisation plus régulière du sillon existant Lyon - Saint Etienne sans arrêt, aujourd'hui partiellement utilisé par les TGV Paris - Saint Etienne et quelques TER Lyon - Le Puy ;
  • renouvellement de la signalisation à prévoir d'ici 2030 avec ERTMS niveau 2 ;
  • augmentation de la capacité des trains en allant vers des UM3 ou l'acquisition de Régio2N longs (mais non compatibles avec l'actuel atelier de maintenance conçu pour des éléments de 83 m) dont il faudrait aussi envisager une meilleure motorisation (4 bogies moteurs) pour disposer de bonnes performances notamment entre Givors et Saint Etienne (rampe de 15 à 18 /1000 tout de même).

Dernier point et non des moindres : quelles ressources et en particulier quel engagement de SNCF Réseau sur ces axes structurants ? La tendance du côté de Bercy est plutôt à serrer les vis de tous les côtés pour réduire la dette...

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29 août 2018

Clermont-Ferrand garde (malheureusement) son train direct

Visite éclair de la ministre des Transports à Clermont-Ferrand aujourd'hui, au cours de laquelle la desserte de la capitale auvergnate et plus globalement du territoire auvergnat a été évoquée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est à peu près intégralement à côté de la plaque.

Parmi les sujets étudiés dans le schéma directeur de l'axe Paris - Clermont-Ferrand, figure le devenir de l'unique aller-retour direct tracé en 2h59 minutes et 30 secondes pour satisfaire les élus clermontois afin d'afficher symboliquement un - mauvais - train en moins de 3 heures... Mauvais car fréquemment en retard en raison d'une marge de régularité tellement compressée que le moindre aléa en ligne se paie en minutes perdues, et, dans le sens pair, d'un positionné avec une arrivée immédiatement après le premier train caboteur. Il était donc question d'ajouter les arrêts de Nevers, Moulins, Vichy et Riom afin d'avoir une politique d'arrêt unique, au bénéfice de l'ensemble de l'axe, qui plus est à des horaires des plus attractifs. Regardons ce qu'il en est au service 2018, avec au passage un meilleur temps de 3h10 du fait de travaux :

  • le matin, le train 5954 direct arrive à Paris à 9h03, soit 6 minutes après le 5950 parti 18 minutes plus tôt de Clermont-Ferrand... mais derrière, aucune arrivée à Paris avant 11h58 !
  • le soir, le train 5977 quitte Paris à 17h57, générant pour Nevers, Moulins, Vichy et Riom un creux de desserte de 2 heures en pleine pointe de soirée, ces villes ne bénéficiant d'aucun départ entre 16h57 et 18h57 ;
  • évidemment, tout ceci requiert une rame supplémentaire pour ce seul aller-retour...

Le choix d'une desserte unique sur l'axe aurait permis d'instaurer un service de base toutes les 2 heures avec un renforcement à l'heure en pointe du matin et du soir. Le bilan économique d'un tel scénario à 9 allers-retours, avec donc un aller-retour de plus pour Clermont-Ferrand et 2 pour les autres gares desservies, aurait même été jugée positivement par l'Etat (soucieux de ne pas dépenser un centime de plus sur les TET) et SNCF Mobilités (c'est dire !). Sans être pour autant conforme avec les préconisations du rapport Avenir des TET (12 allers-retours), les bases d'une desserte plus attractive auraient enfin été posées.

Mais ce n'est pas tout : pour rassurer les élus des villes moyennes d'Auvergne, la ministre a demandé à Air France de travailler, avec sa filiale Hop!, à l'amélioration de la desserte d'Aurillac et du Puy en Velay (ville chère au président de la Région)... ce qui prouve que la transition énergétique reste encore dans le verbe (et encore du bout des lèvres) plus que dans les actes :

  • le bilan énergétique d'un voyageur en avion sur de telles relations doit être assurément des plus vertueux ;
  • il faut continuer à maintenir ces petits aéroports à coup de subventions des collectivités locales ;
  • le maintien de ces dessertes, voire leur développement, suppose aussi des subventions indirectes supplémentaires au transport aérien, ne serait-ce que la détaxation du kérosène.

Personne n'a évidemment eu l'idée d'associer les sujets dans un plan ferroviaire auvergnat articulé, notamment, sur une meilleure offre Paris - Clermont-Ferrand et des relations ferroviaires améliorées en nombre sur une infrastructure renouvelée et optimisée à destination d'Aurillac et Le Puy pour se limiter uniquement à ces deux villes évoquées dans les discussions de ce jour (on ajouterait Montluçon, mais aussi les liaisons vers Saint Etienne, Lyon, Limoges, Brive, Nîmes, Mende et Béziers pour faire bonne mesure) : ah oui, c'est vrai, au-delà de Clermont-Ferrand, c'est le domaine des UIC 7 à 9, donc de ces lignes dites sans avenir... (en plus, ce n'est même pas vrai, car la section Clermont-Ferrand - Issoire est classée UIC 6...)

Un ministre de la transition écologique aurait démissionné pour moins que cela...

22 juillet 2018

Lyon - Saint Etienne : des TER plutôt que l'A45 ?

Le Conseil d'Orientations des Infrastructures avait préconisé pour le noeud ferroviaire lyonnais de lancer une concertation sur une base multimodale : les projets de l'autoroute A45 et du Contournement Ferroviaire de l'agglomération lyonnaise étant l'objet de forts clivages, la commission ne s'était pas avancée dans une direction plutôt qu'une autre.

Le Préfet de Région a donc lancé cette concertation qui suscite le mécontentement des partisans de l'autoroute A45 qui considère que l'Etat n'avoue pas l'enterrement du projet. Pour le coup, l'Etat semble considérer que la priorité devrait plutôt aller sur le réseau ferroviaire et plus particulièrement au renforcement de l'attractivité des TER Lyon - Saint Etienne par un développement de l'intermodalité : capacité de stationnement automobile, cheminements piétons, liaisons cyclables. Du bon sens... mais toutefois à nuancer. Il ne sera pas possible d'attirer plus de monde au train si celui-ci ne progresse pas en capacité, en performance et en qualité de service. Qui plus est, il sera difficile de travailler dans cette direction à court terme puisque la desserte va être revue à la baisse, voire même taillée à la hache, à l'occasion des travaux de transformation de la gare de Lyon Part-Dieu.

Et comme par hasard, la Région, cherchant à réduire ses dépenses sur le transport régional, envisage de réduire, voire de supprimer une bonne partie des dessertes via la rive droite du Rhône c'est à dire via Grigny, Vernaison, Pierre-Bénite et Oullins alors que cet itinéraire permettrait de maintenir un niveau d'offre acceptable. Le RER de la métropole lyonnaise, ce n'est donc pas pour tout de suite...

A ne plus rien y comprendre...

 


19 juillet 2018

Saint Gervais - Martigny : la Région avance 24 M€

Devant l'absence de décision de l'Etat et de SNCF Réseau, la Région Auvergne Rhône-Alpes a décidé de financer seule l'intégralité du renouvellement de la voie à réaliser sur la ligne à voie métrique de la vallée de Chamonix, principalement entre Le Fayet et Servoz. De la sorte, la voie aura été complètement renouvelée sur la ligne. La signalisation est neuve. Reste la rénovation des - nombreux - ouvrages d'art de la ligne.

Par ailleurs, les élus de la vallée se mobilise pour dynamiser encore l'usage de cette ligne en soutenant une desserte à la demi-heure toute la journée, ce qui renforcerait évidemment l'attractivité du train dans une vallée de renommée mondiale, qui souffre de la pollution liée au trafic routier. Si le transit international doit trouver d'autres voies, la desserte locale peut s'appuyer sur le train, qui doit devenir le mode de transport de référence sur les trajets de proximité.

On en profitera pour rappeler une fois de plus que la suppression du train de nuit Paris - Saint Gervais n'a pas fait du bien à la fréquentation de la voie métrique et à la commodité d'accès à la vallée de Chamonix par le train...

 

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14 juillet 2018

Montbrison - Boën : des travaux pour réactiver la ligne

Voici deux ans, la SNCF coupait par le milieu, selon la bonne vieille méthode ancestrale, la liaison Saint Etienne – Clermont-Ferrand entre Thiers et Montbrison. Les élus locaux ont obtenu d’une Région peu favorable au développement du transport ferroviaire en ce moment la restauration de la desserte entre Montbrison et Boën, sur une distance de 21,8 km.

Un budget de 8,3 M€ a été affecté dans le « plan de sauvetage des lignes régionales » de la Région Auvergne Rhône-Alpes sur cette relation. La Région finance la moitié du coût et le reste est apporté par le Département de la Loire et les intercommunalités. Les travaux vont durer un an car depuis la « suspension » de l’exploitation, la nature a repris le terrain et la dégradation des ouvrages a été  amplifiée.

Outre le renouvellement de la voie, deux tabliers métalliques seront remplacés et la signalisation rénovée. Les trains circuleront à 100 km/h, comme auparavant. Cependant, ces travaux parent au plus pressé.

En outre, le niveau de desserte reste à définir car comment s’étonner de la faible fréquentation des trains avant 2016 (environ 100 voyageurs par jour sur la section considérée) : il ne restait plus qu’un seul aller-retour au-delà de Montbrison contre 5 lorsque la desserte Saint Etienne – Clermont-Ferrand se tenait encore. On compte 9 allers-retours actuellement entre Saint Etienne et Montbrison. Seront-ils prolongés à Boën ?

Il n’en reste pas moins que la suppression de la desserte ferroviaire Saint Etienne – Clermont-Ferrand est une honte : les autocars qui ont pris le relais des trains relient les deux agglomérations (d’au moins 300 000 habitants) en 3h26 avec 7 arrêts intermédiaires… et encore, il n’y a qu’un seul aller-retour par jour ! Scandaleux quand on pense que les 5 allers-retours qui existaient il n’y a pas si longtemps proposaient un temps de parcours  de 2h03 avec des X4630 en référence, pourtant pas réputés pour leurs performances transcendantes sur des lignes à profil sévère…

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08 juillet 2018

L'Ouest Lyonnais attend toujours sa troisième branche

Elle existe, elle est exploitée, mais elle a fait les frais de l’arrivée du tram-train sur les deux autres dessertes du réseau Ouest Lyonnais sur tous les tableaux : suppression de la liaison directe et réduction du nombre de circulations. Et son avenir à court terme était loin d'être assuré...

La desserte mise en œuvre en septembre 2002 proposait 18 allers-retours par jour Lyon Saint Paul – Lozanne avec cadence à l’heure en journée et renfort à la demi-heure en pointe. L’arrivée du tram-train a entraîné non seulement la limitation des trains au parcours Tassin – Lozanne, avec correspondance imposée sur les trams-trains Lyon – Sain Bel, mais aussi la réduction drastique de l’offre à 10 allers-retours.

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Le devenir de cette branche dépend donc de l’achèvement du projet de modernisation de l’Ouest Lyonnais. Le schéma de desserte à 8 circulations / heure / sens implique la mise à double voie complète du tronc commun entre Ecully et Lyon Saint Paul, et donc du tunnel des Deux Amants, conçu pour la double voie mais au gabarit réduit par un « chemisage » lors de la construction du viaduc de l’autoroute A6 afin de consolider la voûte.

Cependant, le tram-train étant d’un gabarit inférieur (2,65 m) au gabarit UIC, la mise à double voie semble possible mais fait l’objet de débats contradictoires.

Or le devenir de cette branche est loin d’être anodin car, avec le déclassement de l’autoroute A6, elle pourrait voir son rôle assez sensiblement accru, notamment par le biais d’un parc-relais à créer sur l’ancienne gare de Limonest, à recréer, afin d'améliorer l'attractivité des transports en commun. Si le secteur est desservi par les lignes de bus des TCL, il faut compter au moins 30 minutes pour rejoindre le métro (Gare de Vaise) depuis le secteur de la Porte de Lyon, alors que par le tram-train, il serait possible dans le même temps d'atteindre la gare Saint Paul, plus proche du centre de l'agglomération.

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 Dardilly - 1er mars 2012 - Ambiance bucolique à Dardilly avec l'X72623 circulant sur la branche Lozanne de l'Ouest Lyonnais. En dépit de ce passage en sous-bois, la ligne longe d'importantes zones d'activités du nord-ouest lyonnais et pourrait jouer un rôle de drainage avec la contrainte exercée sur le trafic routier par le déclassement de l'autoroute A6 et la réalisation progressive d'aménagements de réurbanisation de cette artère. © N. Godin - Lyonrail

Il serait même souhaitable d’aller plus loin : une cadence à la demi-heure en milieu urbain est insuffisamment attractive. Mais pour atteindre une cadence au quart d’heure entre Limonest et Lyon, il faudrait non seulement recréer la gare avec un terminus mais retravailler encore le tronc commun pour digérer 10 circulations / heure / sens, notamment dans la gare de Lyon Saint Paul.

Evidemment, pour être encore plus attractif, le tram-train de l'Ouest Lyonnais devrait être prolongé dans le centre de Lyon pour atteindre la Part-Dieu mais les esprits ne sont pas mûrs (et ce, avec une grande constance depuis près de 20 ans de vie du projet Ouest Lyonnais).

Le trafic sur le réseau Ouest Lyonnais est encore loin des prévisions initiales qui tablaient en 2020 sur 20 000 voyageurs par jour : ils sont actuellement environ 9000, soit une hausse de près de 40% par rapport à l'ancienne exploitation par autorails.

En attendant, le renouvellement des voies est prévu en 2022, financé principalement par la Région Auvergne Rhône-Alpes, qui pourrait à cette occasion rétablir une desserte à la demi-heure… mais toujours limitée à Tassin.

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05 mai 2018

Desserte de Montluçon : ça se présente mal...

La Région Auvergne - Rhône-Alpes ferme la porte au rétablissement de la liaison Bordeaux - Lyon par Limoges et Montluçon. La Région Nouvelle Aquitaine, en reprenant la compétence sur les quelques TET subsistants hors les 3 allers-retours Nantes - Bordeaux, a rétabli une liaison directe de Bordeaux à Montluçon. Mais le prolongement à Lyon semble bloqué car la Région Auvergne - Rhône-Alpes considère que l'Etat reste l'autorité organisatrice de cette liaison sur son territoire.

Voilà qui continuera de faire assurément le bonheur des autocars...

Et ceux-ci doivent certainement se réjouir des difficultés grandissantes de la desserte sur la ligne Bourges - Montluçon, qui accueille également la relation Paris - Montluçon. Cette fois, c'est avec la Région Centre que se fait jour le différend. Cette dernière ne souhaite pas financer seule le renouvellement de l'infrastructure, puisque SNCF Réseau reste financeur anecdotique sur de telles lignes UIC 7 à 9. Elle souligne que plus de 40% des voyageurs de cette ligne sont des montluçonnais, faisant ainsi un appel du pied à la Région Auvergne - Rhône-Alpes. Celle-ci a répondu assez laconomiquement qu'elle envisageait un budget de 22 M€ pour l'étoile ferroviaire de Montluçon, sans réelle nouveauté par rapport aux annonces de son plan de financement sur les lignes régionales, dont on sait qu'il est notoirement insuffisant pour assurer la pérennité de l'ensemble du réseau, surtout en Auvergne. Bref, tout porte à croire que le devenir de la ligne Bourges - Montluçon s'inscrit en pointillés, d'autant que l'escalade des ralentissements devrait connaître une nouvelle poussée aiguë qui se compteraient en dizaines de minutes supplémentaires pour cause d'extension galopante des zones limitées à 60 voire 40 km/h.

carte-plan-sauvetage-petites-lignes-TER

A noter sur cette carte que la Région mentionne un maintien de la performance et pas forcément la restauration de la performance nominale : il ne s'agit que d'éviter de nouveaux ralentissements et des suspensions de l'exploitation, mais il n'y a pas vraiment d'assurance en la matière, entre un budget très insuffisant, une Région pas très motivée, un Etat défaillant et un gestionnaire d'infrastructures qui n'est guère plus enclin à soutenir le maillage des territoires hors des grandes villes...

Bref, l'autocar s'en frotte les pneus à l'avance !

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25 avril 2018

Tramway du Mont-Blanc : la relève en 2022 ?

Pour les deux lignes exploitées par la Compagnie du Mont-Blanc, la relève approche ! En janvier dernier, le Conseil Départemental de Haute-Savoie, propriétaire de ces deux lignes, a accordé une subvention de 200 000 € pour une prestation d'assistance à maitrise d'ouvrage portant sur le renouvellement des 7 ensembles motrice + remorque assurant le service voyageur sur la ligne du Montenvers et celle du Nid d'Aigle. Le parc actuel date du milieu des années 1950.

On se doute que Stadler sera sur les rangs car le constructeur suisse connaît bien les contraintes d'un matériel de montagne sur mesure : il s'agit ici de doter les 2 lignes d'un matériel d'environ 30 m de long, correspondant aux compositions actuelles (une motrice et une remorque), et certainement plus commode d'accès. Il faudra cependant parvenir à configurer un matériel de grande capacité : les compositions actuelles peuvent accueillir jusqu'à 195 voyageurs - certes avec un coefficient d'entassement proche d'un métro à l'heure de pointe - ce qui constitue un véritable challenge pour le constructeur qui sera retenu.

En outre, le Département poursuit le programme de rénovation de l'infrastructure sur ses deux lignes, afin d'homogénéiser la voie avec des équipements modernes, ce qui facilitera l'arrivée du nouveau matériel roulant qui sera probablement plus lourd que l'actuel.

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