C'est peut-être un cas extrême, mais probablement pas tant que cela. A chaque accident grave à un passage à niveau, revient la question de leur nombre important - plus de 13 000 - sur le réseau ferroviaire français et une forme d'incompréhension sur leur maitien. Outre le fait que, dans 99 % des cas, l'origine de l'accident est du côté du trafic routier, il est considéré un peu trop systématiquement que la seule solution est de supprimer complètement ce croisement à niveau entre une route et une voie ferrée.

Il y a plusieurs moyens de supprimer un passage à niveau. Il est parfois possible de simplement fermer la route de part et d'autre de la voie ferrée. C'est assurément le moyen le plus économique... mais ce n'est pas une solution universelle. Par conséquent, il faut en passer par des ouvrages. Et donc des investissements importants. D'où le fait qu'une action par des aménagements routiers est à privilégier, pour maintenir les passages à niveau mais avec une contrainte accrue sur la circulation routière, par la signalisation, la réduction de la vitesse et un contrôle sytématique (par radar).

La suppression du passage à niveau de la gare de Viviers-du-Lac était attendue de longue date, car il était situé en agglomération, dans une rue en pente, avec un virage à angle droit et à hauteur d'une courbe sur la voie ferrée, le tout à proximité d'un point d'arrêt. Ajoutez un trafic assez intense, approchant les 200 trains par jour (c'est suffisamment rare hors de l'Ile-de-France) et vous aviez tous les facteurs d'un lieu critique. La réalisation de cet ouvrage a profondément transformé l'espace en lisière du bourg. Signe qu'il n'est pas toujours aisé de réaliser de tels aménagements. Coût de l'opération : 11 M€ !

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Viviers-du-Lac - 20 décembre 2022 - La gare et son passage à niveau sont situés à gauche du cliché. La réalisation du franchissement dénivelé a nécessité la transformation d'un vaste terrain pour que la route soit plus sûre et puisse passer sous la voie ferrée. A cette occasion, le parking de la gare a été complété d'un nouvel espace de stationnement. En revanche, les supports de la caténaire sont toujours d'origine PLM, sous lesquels passent les TGV pour Milan et Annecy transitant par Culoz : la rame de tête est à destination de Milan, celle de queue - pour Annecy - est séparée en gare de Chambéry et repasse une vingtaine de minutes plus tard dans l'autre sens. © transportrail