Le gouvernement aurait-il, en matière ferroviaire, l’habitude du petit coup en douce ? On avait déjà découvert en juin dernier que l’Etat avait signé deux mois plus tôt, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, le nouveau contrat avec SNCF Réseau, en dépit de critiques unanimes.

Voici donc qu’au moment où Elisabeth Borne prononçait un discours très scolaire, sans âme et sans aucune nouveauté en clôture du congrès de Régions de France à Vichy, son ministère des Transports officialisait la relance de la procédure d’appel d’offres pour l’exploitation des Trains d’Equilibre du Territoire sur les relations Nantes – Lyon et Nantes – Bordeaux. Il avait été déclaré infructueux puisque seule SNCF Voyageurs y avait répondu.

Seule nouveauté de cette relance, les candidats devront répondre en option sur une nouvelle relation entre Nantes et Lille via Angers, Le Mans, Argentan, Lisieux, Rouen, Amiens et Arras. Un parcours au long cours, nécessitant lui aussi du matériel bimode. Cependant, comme nous l’avions déjà dit, cette relation apparaît d’intérêt discutable :

  • De Lille vers Le Mans, Angers et Nantes, le TGV procure un gain de 2 à 3 heures par rapport à ce que pourrait réaliser ce nouveau TET, même avec une sortie de la LGV Nord à Arras ;
  • Caen ne pourrait être desservi que moyennant un rebroussement très pénalisant sur le temps de parcours (d’où un tracé plutôt envisagé par le raccordement est de Mézidon) ;
  • Les matériels bimodes ne pourraient pas tirer profit des vitesses de 160 à 220 km/h entre Nantes et Le Mans, compliquant un peu plus le montage de la grille horaire sur cette section objet d’une tension croissante ;
  • Pour le sud normand (Caen, Argentan, Alençon), une correspondance au Mans est possible sur les trains régionaux et TGV existants ;
  • Il manque en revanche une relation entre Rouen, Le Mans et Tours pour faciliter les liaisons entre la vallée de la Seine et l’arc Atlantique sans passer par Paris.

Du point de vue de l’exploitation, un lot géographiquement éparpillé, même avec un terminus commun à Nantes, n’est pas forcément des plus simples pour la maintenance du matériel. Y aura-t-il cette fois plusieurs candidats ? Difficile d'être affirmatif à ce stade...