A propos de la situation de la ligne Nice - Digne, transportrail relaie l'article de Rails du Sud : elle est inteceptée depuis plus de 3 ans suite à un accident sur le chantier de rénovation du tunnel de Moriez, situé à la sortie de Saint André des Alpes. Pour l'instant, seul un confortement temporaire a été engagé en attendant des travaux destinés à reprendre l'exploitation. Or ceux-ci ne sont pour l'instant pas programmés, nourrissant - à juste titre - des inquiétudes sur le devenir de la ligne.

Conséquence, Digne, préfecture des Alpes de Haute Provence, est ferroviairement isolée, comme Privas en Ardèche. Alors que, concernant la jonction avec l'axe Marseille - Briançon, les réflexions portent sur à peu près toutes les solutions possibles sauf le chemin de fer, alors que foisonnent les discours en faveur d'une cohésion territoriale entre les grandes villes et les territoires plus ruraux, Digne fournit un bon exemple de marginalisation par une accessibilité difficile... et uniquement pensée par voie routière.

Il faut aussi ajouter, comme le précise l'article, que le renouvellement des autorails SY, quinquagénaires, n'est toujours pas engagé, ce qui renforce logiquement les inquiétudes sur le devenir de la desserte Nice - Digne, en dépit de sa mission de service public (pour l'instant largement interrompue) et d'une évidente dimension touristique.

Et comme si cela ne suffisait pas, la Région et la Métropole ont engagé des discussions pour examiner les conditions de transfert de la gestion de l'infrastructure de la première à la seconde sur la section comprise entre Nice et La Tinée (26 km), incluant en des termes encore vagues l'hypothèse d'une intégration au réseau urbain (comprendre le tramway ?) et l'hypothèse d'un nouveau tracé - alternatif ? - par la rive droite du Var. Il est vrai que le tracé en rive gauche, coincé entre le fleuve et la voie rapide, n'est pas commode, par exemple pour la desserte de la zone industrielle de Carros, mais l'alternative pénaliserait assez lourdement les temps de parcours.

Bref, l'avenir de la ligne est quelque peu brouillé. Rappelons rapidement les suggestions de transportrail :

  • l'intégration au réseau urbain n'est pas aisée puisque la ligne des CP est à voie métrique et le réseau urbain à voie normale, sans compter la différence fondamentale de motorisation et de gabarit ;
  • le terminus niçois est excentré, mal connecté, que ce soit à la gare ou au réseau urbain : dans une approche un brin helvétique, un tunnel traversant la ville, via la gare, aboutissant vers la place Garibaldi, transformerait complètement le rôle des CP dans la desserte de la Métropole ;
  • l'électrification de la partie périurbaine de la ligne s'impose pour développer le trafic et s'affranchir de carburants d'origine fossile (surtout avec notre idée de tunnel), mais pose la question de la motorisation des rames assurant les liaisons intervilles ;
  • en l'état actuel de l'infrastructure, le service ne peut excéder un cadencement aux 20 minutes, compte tenu d'un temps de trajet de 8 à 9 minutes entre 2 gares de croisement, et il faudra s'en contenter sauf à réaliser de lourds travaux ;
  • travaux qui pourraient cependant être en partie justifiés car le tracé dans la vallée du Var positionne la voie côté fleuve, ne facilitant pas l'accès au centre commercial de Lingostière.