C'est l'idée du président de la Métropole de Nancy en marge de la signature d'un livre blanc sur l'évolution des infrastructures et des dessertes en Lorraine, conclu le 25 novembre 2021.

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Il s'agirait de réduire de moitié le temps de parcours sur les 48 km entre Nancy et Metz : il est aujourd'hui au mieux de 38 minutes pour les trains les plus rapides, desservant Pont à Mousson et Pagny sur Moselle. Les omnibus mettent 53 minutes avec 9 à 11 arrêts intermédiaires.

La ligne existante permettrait dans l'absolu quelques évolutions de performance, se résumant essentiellement à 16 km pouvant en théorie passer de 140 à 160 km/h, qui évidemment ne sont pas à la hauteur de l'intention politique. Pour mémoire, en 1993, une étude sommaire avait été menée par la SNCF, préconisant une ligne nouvelle de bout en bout. Elle envisageait un tracé de 52 km, apte à 230 km/h pour relier Nancy et Metz en 24 minutes, sans aucun arrêt intermédiaire. Estimée à l'époque à 3 MMF, elle ne connut aucun développement.

Bref, une idée en l'air, mais la période pré-électorale est propice à ce genre de propos.

Quant au livre blanc, il résume deux années de concertation sur un territoire particulier, marqué à la fois par son polycentrisme et sa dimension transfrontalière. Les questions ferroviaires sont résumées au travers de deux objectifs principaux :

  • le développement du RER entre Nancy et Luxembourg avec un cadencement aux 10 minutes entre Nancy et Thionville et même à 7 minutes 30 entre Thionville et Luxembourg ;
  • l'amélioration des liaisons entre la Lorraine et l'axe Saône-Rhône pour rejoindre la Méditerranée, en passant par Dijon et par Belfort.

Si on trouve dans ce document une approche pertinente - mais très classique - sur l'intermodalité, le rôle du réseau ferroviaire dans l'aménagement du territoire et, à l'inverse, le rôle des politiques publiques pour valoriser le rail par les politiques d'urbanisme et l'accompagnement des acteurs économiques, certains vieux fantômes sont toujours présents, notamment une liste assez abondante de projets routiers, de la mise à 2x2 voies de la RN4 au dédoublement de l'A31. En revanche, les débats autour de la gare Lorraine, et plus généralement du rôle des liaisons à grande vitesse, sont mis à l'écart...