Beaucoup d'agitation depuis quelques jours à propos de la transformation de la gare du Nord. Le coût prévisionnel de l'opération contractualisée entre SNCF Gares & Connexions et Ceetrus (filiale du groupe Auchan) est passé de 389 à 750 M€, portant l'addition sur la totalité du périmètre à plus de 1,5 MM€ contre 600 M€ initialement. Autant dire qu'il n'y a pas que le volet purement ferroviaire qui semble avoir dérapé. L'horizon de réalisation n'est pas tenu (mais était-il réalisable ?) et le projet ne pourra être livré avant les JO 2024, mais au plus tôt en 2026.

Le groupe SNCF annonce donc la résiliation du contrat et l'engagement rapide d'une première étude destinée à améliorer le fonctionnement de la gare en vue de la coupe du monde de rugby 2023 et des JO 2024, et d'un nouveau projet de transformation, qui interviendra dans un second temps. L'Etat a défini une enveloppe budgétaire de 50 M€ pour les travaux à court terme.

Alors que la nouvelle gare Montparnasse doit être tout prochainement inaugurée, cette annonce pas vraiment surprenante devrait amener à interroger le modèle économique des grandes gares et les principes de partenariat avec des grands groupes commerciaux, mais aussi le dimensionnement de la maîtrise d'ouvrage et les relations avec les collectivités locales. C'est peu dire que le projet ne faisait pas vraiment consensus sur le plan politique, mais il fallait étouffer les critiques au nom de l'intérêt supérieur de l'image de Paris - et de la France ! - scrutée par le monde entier avec ces événements planétaires.

En attendant, que vont devenir les voies 20 et 21, actuellement neutralisées dans la perspective des travaux préliminaires du projet initial qui vient donc de capoter ?